Publié le 30 Novembre 2015

Quand les édiles vous mentent, super Dodiblog est là !

Chapeau bas à Messire Dodinot ! Pour moi, c'est un héros !

Il demande des comptes et on ne lui répond pas ? Il saisit les autorités compétentes et prouve la supercherie !

Merci M. Dodinot ! Je demande la Légion d'Honneur pour le Monsieur, lanceur d'alertes et défenseur de la société et de la démocratie !

Voici le lien qui a mis le feu aux poudres :

http://dodiblog.unblog.fr/2015/11/26/351-553-euros-24-le-vrai-budget-de-la-fete-des-tuiles/

Un article de France 3 ou l'on parle de tout ça, daté du 28 Novembre 2015

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La Fête des Tuiles de Grenoble aura coûté 351.553 euros
Alors que la municipalité de Grenoble promettait une fête comprise entre 160.000 et 200.000 euros, la célébration de la "Journée des Tuiles" aura coûté beaucoup plus. C'est un habitant de l'Isère qui a obtenu les comptes, non sans avoir bataillé contre la Ville.
Par Franck Grassaud Publié le 28/11/2015 | 11:49, mis à jour le 29/11/2015 | 16:48

La "Journée des Tuiles" est le nom donné à la fameuse émeute du 7 juin 1788 au cours de laquelle des habitants de Grenoble s'étaient levés contre un régiment, lançant des tuiles. On dit souvent qu'il s'agit d'un des événements les plus marquants du début de la Révolution française. Pour célébrer ce souvenir, la municipalité EELV-PdG a misé sur une grande fête le 6 juin dernier. Du matin au soir, les cours Jean Jaurès et de la Libération, sont devenus piéton avec des groupes musicaux, des défilés de chars... Malgré la pluie, qui s'est invitée en fin de journée, la fête était bien au coeur de la ville.

Fin avril, le maire Eric Piolle évoquait un budget de 160.000 euros. Au moment des festivités, on parlait de 200.000.

Un peu plus de 5 mois plus tard, on apprend que la fête a coûté 351.553 euros. C'est Olivier Dodinot, un kiné de Mens (Isère), qui le révèle sur son blog. L'homme, qui a un enfant étudiant sur Grenoble, dit avoir "un caractère curieux" et c'est pourquoi il s'est obstiné pour connaître le véritable coût des festivités. Entre juin et septembre, il a adressé 5 demandes consécutives par mail à la Ville. Pas de réponse. D'ou une requête à la CADA, la Commission d'Accès aux Documents Administratifs. Ce jeudi 26 novembre, la réponse est tombée avec la facture détaillée.

La hausse est de 134% par rapport au budget qui devait être dédié à la Fête des Tuiles.

"Ce qui me dérange le plus dans cette affaire, ce sont les difficultés rencontrées pour avoir ces comptes, alors que la municipalité s'est engagée à ce que les habitants aient accès à tous les documents auxquels ont accès les élus", explique Olivier Dodinot. "Et puis, je suis un contribuable radin", avoue-t-il, "d'où cette obstination". Olivier Dodinot n'est toutefois pas n'importe quel lanceur d'alerte. Il pointa jadis au MoDem et se présente aux élections régionales à la 7e position sur la liste "100% citoyen" en Isère.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Novembre 2015

Est-ce le meilleur moyen de retenir les contribuables ?

Je ne suis pas sûr que de faire des remboursements aux contribuables soit le meilleur moyen de leur montrer qu'ils ne sont pas pris pour des vaches à lait...

N'aurait-il pas été plus simple de ne pas les faire payer à l'avance ? En effet, faire payer quelqu'un une lourde somme est délétère, même si on rembourse par la suite...

Ainsi, je pense qu'il serait beaucoup plus judicieux de demander la juste somme liée à l'impôt dès le départ, ce, afin de ne pas faire penser au contribuable qu'il est surtaxé, même si c'est faux, le remboursement étant effectué quelques mois après. Psychologiquement parlant, je pense que le remboursement est une facilité qui ne remplit pas son rôle car le mal peut être fait au préalable et le contribuable peut avoir décidé de quitter le pays préalablement au remboursement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Août 2015

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926 millions
d'euros de remboursements dus au plafonnement de l'ISF
L'Etat a remboursé 926 millions d'euros à 8 872 contribuables -redevables de l'impôt sur la fortune en 2014, soit 27 % de plus qu'en 2013. Pour les bénéficiaires de cette ristourne – environ 3 % des personnes concernées par cet impôt –, la réduction moyenne de leur impôt s'est élevée à 104 500 euros. Depuis 2011, un dispositif de plafonnement de l'ISF à 75 % des revenus s'est substitué au bouclier fiscal. Cette année-là, l'Etat avait dû -débourser 700 millions d'euros pour le remboursement.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Novembre 2015

Il faut abandonner ces pratiques barbares !

Il est honteux que l'on applique encore ce genre de pratiques barbares au XXIe siècle ! Comment peut-on continuer à broyer des êtres vivants ?

Il faut donc trouver d'autres moyens pour abréger les souffrances de ces bêtes, au minimum. Au minimum, car je ne pense pas que la fuite en avant dans la malbouffe soit la voie à suivre dans notre pays. Il faut redonner du naturel aux pratiques d'élevage afin d'augmenter la qualité de la viande, même si elle doit devenir plus onéreuse. Donc, pour moi, même la détermination du sexe de l'animal dans l'oeuf, ne représente pas la panacée.

Le bien-être animal, mais aussi humain, est à ce prix.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Août 2015

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Des parlementaires se mobilisent contre le broyage de poussins vivants
Considérés comme inutiles par la filière avicole, près de 50 millions de gallinacés mâles sont tués à la naissance chaque année
Mâle ou femelle ? Pour nombre d'espèces la question est déterminante. Pour les poules et les coqs d'élevage, elle a un effet immédiat. Quelques heures après être sortis de leur œuf, futures pondeuses et poussins mâles sont séparés. Les seconds sont considérés comme inutiles. Comme ils n'ont pas les mêmes caractéristiques que les poulets élevés pour leur chair, ils sont directement éliminés : gazés, jetés vivants dans une broyeuse mécanique – ce qui est légal – ou bien entassés dans un sac-poubelle où ils vont progressivement étouffer – ce qui ne l'est pas.

Ces dernières semaines, trente-six parlementaires ont interpellé le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, sur ces pratiques. Ces vingt-six députés et dix sénateurs, membres d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), mais aussi du Parti socialiste (PS) et du groupe Les Républicains (LR), ont exprimé peu ou prou leur stupéfaction d'apprendre ce qui se passe dans les couvoirs, où l'on met à mort sans aucune considération des millions de gallinacés chaque année. Pour ne prendre qu'un exemple, François Loncle (PS), député de l'Eure, appelait de ses vœux une solution pour parvenir à " un abandon de la pratique abominable du broyage des poussins ", dans une question écrite au gouvernement publiée au Journal officiel le 30 juin. On pourrait aussi citer Jean-Vincent Placé (EELV), Jean-Marie Bockel (UDI) ou Olivier Dassault (LR).

Une telle mobilisation en faveur de toutes jeunes volailles n'a pas fini de surprendre l'association L214, qui milite pour que les animaux ne soient plus traités " comme des déchets ". " Nous avons écrit à tous les parlementaires à ce sujet, c'est la première fois que nous rencontrons un tel succès auprès d'eux, confie Brigitte Gothière, porte-parole de l'organisation. Je pense que si les poussins les ont fait réagir, c'est que dans le milieu politique comme le grand public on est loin d'imaginer les réalités de l'élevage industriel aujourd'hui. Chaque année, plus de 90 millions d'œufs éclosent dans les couvoirs, la moitié environ, près de 50 millions, sont éliminés. " La cruauté certes, mais aussi une forme de gaspillage de la vie animale : ces pratiques finissent par choquer.

Détermination du sexe dans l'œuf
Le mouvement d'indignation actuel est né d'une vidéo tournée clandestinement par un employé d'un couvoir de Bretagne. On y voit des poussins agonisant au milieu d'une benne à ordures ou même écrabouillés sur le sol. Après l'avoir postée sur son site en novembre, L214 avait écrit à Stéphane Le Foll et lancé une pétition qui a engrangé 85 000 signatures. " Ses services avaient alors indiqué qu'ils allaient se pencher sur cette question, remettre à plat des normes de la mise à mort en dehors des abattoirs, témoigne Brigitte Gothière. Comme rien ne s'est passé depuis, nous lui avons écrit à nouveau en avril en lui proposant de détailler les avancées de l'Allemagne sur cette question. "

Le ministre allemand de l'agriculture, Christian Schmidt, a en effet annoncé une interdiction prochaine de l'élimination des poussins mâles dans les couvoirs outre-Rhin. Car l'université de Leipzig a mis au point une méthode de détermination du sexe des volailles dans l'œuf, au troisième jour de leur développement, grâce à une technique de spectrométrie, ce qui permet de trier les embryons avant leur éclosion. Les mâles n'en réchappent pas pour autant. Si le principe s'avère généralisable, des mesures réglementaires pourraient s'appliquer dès 2017.

Le ministère de M. Le Foll assure, lundi 10 août, qu'une réponse sera apportée aux parlementaires, dans laquelle seront rappelés le cadre réglementaire européen mais aussi le souhait de " faire évoluer les pratiques dans l'aviculture française ". Le cabinet précise qu'il finance en outre actuellement " des études sur des outils permettant le sexage des poussins avant l'éclosion ".

L214 note pour sa part que l'opinion publique évolue vis-à-vis de la cause animale. Près de 250 000 personnes suivent désormais ses écrits sur Facebook. Tenant compte de ces évolutions, l'Assemblée nationale a modifié le code civil en janvier 2015 pour élever les bêtes au rang d'" êtres vivants doués de sensibilité ".

Martine Valo

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Novembre 2015

Quand M. Nicolas Sarkozy n'a (encore) rien compris !

Quand j'étais au collège, en cours d'éducation manuelle et technique (la fameuse EMT), on a eu une séance où il fallait faire des gaufres. Des crétins ont cru intelligent de mettre le sel dans le paquet de sucre, et le sucre dans le paquet de sel. Quand la prof a voulu goûter la pâte, elle l'a trouvée un tout petit peu trop salée... elle a donc ajouté ce qu'elle pensait être du sucre... Inutile de vous dire que les crêpes n'étaient pas les plus bonnes que j'ai jamais mangées...

Aujourd'hui, M. Nicolas Sarkozy me fait penser à cette prof d'EMT, qui, pensant qu'il a fait une erreur continue toujours dans la même voie suicidaire en étant persuadé que c'est la meilleure : M. Nicolas Sarkozy continue à ajouter ce qu'il pense être du sucre dans la pâte à crêpe et ne se rend pas compte un seul instant de son erreur. Il ne se rend toujours pas compte qu'on ne peut pas perdre une élection contre un responsable politique qui n'a jamais été ministre, par hasard ! Il ne se rend toujours pas compte que ce n'est pas M. François Hollande qui a gagné, pauvre hère balancé à ce poste pour un coup de bite malheureux à New-York, mais bel et bien M. Nicolas Sarkozy qui a perdu !

La bataille ne se jouera pas à l'extrême droite : quand l'électeur bascule dans ce camp, il faut plus que de beaux discours et de belles promesses pour le faire revenir ! La bataille se jouera au centre, comme elle s'est toujours jouée au centre, où des discours tranchés sur la droite forte ne passent pas !

M. Nicolas Sarkozy est comme le fou dans la fameuse phrase : "Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt". M. Nicolas Sarkozy continue à regarder le doigt en s'indignant de la position de M. François Bayrou et Corinne Lepage, qui ont appelé à voter contre lui alors même qu'ils sont du même camp ! Et si ces deux personnages politiques ont choisi d'appeler à voter contre lui, c'est parce que M. Nicolas Sarkozy s'orientait trop à droite !

Aujourd'hui, il veut refaire les erreurs d'hier : les centristes sauront lui rappeler qu'il a tort...

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'entête-t-il dans cette voie ? Tout simplement car cela a été une stratégie gagnante en 2007 face à Jean-Marie Le Pen. Mais ce que Nicolas Sarkozy ne veut pas comprendre, c'est que gagner contre Jean-Marie Le Pen, qui n'a jamais été un amouraché du pouvoir, ce n'est pas gagner contre sa fille, loin s'en faut ! La stratégie du FN n'est pas la même en Jean-Marie et sa fille : Marine Le Pen est beaucoup plus fourbe et n'hésite pas à mentir sur les véritables intentions du parti pour prendre le pouvoir, car c'est le pouvoir qu'elle recherche ! Elle n'hésite pas à présenter le FN sous un jour présentable alors qu'il ne l'est en rien ! De plus, M. Nicolas Sarkozy a exercé les plus hautes fonctions et a montré qu'il n'avait pas été à la hauteur de ses fonctions et loin s'en faut : explosion de la dette publique, aucune amélioration de la place de la France dans l'échiquier international et, le pire du pire, une utilisation du pouvoir à son profit personnel et celui de ses potes en refilant 400 Millions d'Euros à Bernard Tapie !

Sarko : on ne veut plus de toi alors, citation d'un de nos plus illustres présidents de la Ve : "Casse-toi pauvre con" !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Août 2015

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La " Madeleine " du FN, cœur de cible des Républicains

Pour Nicolas Sarkozy, il était hors de question de rester politiquement inactif pendant ses vacances. Jeudi 6 août, Valeurs actuelles a publié une interview du président du parti Les Républicains. Au cours de cet entretien, l'ancien président de la République n'annonce pas sa candidature à la primaire de 2016 mais répète une de ses convictions : 2017 se gagnera en persuadant une bonne partie des électeurs du FN de voter pour la droite.

" Je ne ferai pas l'erreur de culpabiliser les électeurs du Front national. On doit lutter contre le FN en essayant de convaincre ceux qui veulent voter pour lui, en apportant des solutions à leurs angoisses, et non pas en les méprisant ou en leur donnant des leçons ", confie-t-il dans les colonnes de cet hebdomadaire très lu par les partisans d'une droite dure. Et d'évoquer Madeleine, électrice de l'UMP déçue qui, en 2012, a préféré le FN de Marine Le Pen. Afin de rétablir le lien avec ces " Madeleine " qui lui ont fait défaut il y a trois ans, M. Sarkozy prône le " parler-vrai " d'où " naîtra la confiance " et évoque " le chômage, l'immigration, l'insécurité, trois sujets sur lesquels les Français ont le sentiment qu'on ne leur dit pas la -vérité ".

Stratégies divergentes
Depuis son retour, l'ancien chef de l'Etat est convaincu que l'élection présidentielle de 2017, comme celle de 2007, se gagnera en défendant l'idée d'une République forte et en siphonnant l'électorat de Marine Le Pen.

Il a déjà commencé à appliquer cette stratégie. Dans la dernière ligne droite avant le premier tour des élections départementales, il avait ainsi dénoncé les repas de substitution dans les cantines scolaires et s'était prononcé pour l'interdiction du port du voile à l'université. Le 13 juin, il avait estimé devant des adhérents que la question de la remise en question du droit du sol pouvait " se poser ".

Cette analyse ne fait pas l'unanimité dans son propre camp. Alain Juppé et ses proches font le pari que la droite doit avant tout s'intéresser aux réformes économiques en attirant les déçus de François Hollande et les centristes. " L'erreur serait de vouloir reproduire 2007, car dix ans de crise sont passés par là. Il faut se préoccuper des sujets économiques, car c'est de la crise que découlent les peurs et les préoccupations identitaires ", résume Benoist Apparu, député de la Marne et soutien de M. Juppé.

M. GR

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Novembre 2015

Les problèmes de la France résident-ils réellement dans un manque législatif ?

A chaque changement de Président de la République, à chaque changement de gouvernement, ce sont les mêmes rengaines : rien ne va donc on va pondre des Lois à tout va... Ca fait 30 ans que ça dure et la France s'enfonce encore et toujours dans la médiocrité et perd des places, en matière d'économie, d'éducation, sur l'échelon mondial.

Donc, on pond des lois, ça ne sert à rien, mais, en plus, on a le plus grand mal à les faire appliquer car bon nombre de décrets d'application ne sont même pas publiés !

Dès lors, à quoi bon dépenser autant d'argent à rémunérer des députés si c'est pour avoir des Lois qui ne servent à rien ?

Le sursaut de la France doit repasser par la case Démocratie en redonnant le pouvoir au peuple puisque telle est la définition même de la Démocratie ! Il faut donc en finir avec cette course en avant consistant à pondre des Lois pour un oui ou pour un non afin de faire croire à la population que les parlementaires travaillent.

Il faut donc moins de Lois, mais des Lois claires et efficaces afin de redonner le pouvoir au peuple et redonner la place que mérite la France sur l'échiquier international !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Août 2015

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Ces lois qui restent encalminées
Les parlementaires votent des textes qui s'appliquent tardivement, voire pas du tout, faute de décrets
Lorsqu'il était premier ministre, en 2008, François Fillon en avait fait l'objet d'une très solennelle circulaire. " Chaque disposition législative qui demeure inappliquée est une marque d'irrespect envers la représentation nationale et de négligence vis-à-vis de nos concitoyens ", écrivait-il alors en sermonnant ses ministres, porteurs d'une " obligation de résultats " dans l'application de la loi.

Plus de sept ans après, François Hollande n'est guère plus satisfait dans ce domaine, et pour bousculer son gouvernement, le chef de l'Etat préfère, lui, en passer par un classement officieux de ses ministres, selon l'avancement de leurs lois.

Les méthodes diffèrent, mais le problème reste le même : alors que le Parlement vote de plus en plus de lois chaque année, celles-ci s'entassent ensuite dans le goulet d'étranglement des décrets d'application qui demandent parfois plusieurs années avant d'être publiés par les administrations, voire ne le sont jamais.

Ce qui a changé depuis la circulaire de François Fillon, c'est que tous les six mois, le site Legifrance.gouv.fr – émanant du secrétariat général du gouvernement – publie désormais des bilans de l'application des lois. Le dernier disponible, au 31 décembre 2014, mesure ainsi le " taux d'exécution " des lois promulguées depuis 2012 et jusqu'au 30 juin 2014, soit pendant les deux premières années du quinquennat de M. Hollande. Le chiffre est sans appel : seuls 59 % des décrets nécessaires avaient été publiés à cette date, c'est-à-dire à peine plus d'un sur deux. A échéance équivalente, au 31 décembre 2009, Nicolas Sarkozy pouvait se targuer d'avoir fait publier 84 % de ses décrets.

Une proportion qui redescendait toutefois à 71 % au bilan suivant, le 30 juin 2010, alors que, selon nos calculs, le gouvernement socialiste a rattrapé son retard avec 72 % des décrets publiés au 30 juin 2015. Il n'empêche. Ces résultats restent insuffisants au regard de la multiplication des annonces gouvernementales, du nombre croissant de lois votées sur un rythme effréné, et des critiques récurrentes de l'exécutif envers la supposée lenteur du Parlement. Sans compter que ce " taux d'exécution " ne permet pas de distinguer les décrets qui ont certes été pris mais avec parfois beaucoup de retard.

Ainsi, samedi 1er août, l'association des sages-femmes libérales a pu se réjouir de la publication de l'unique décret de la loi sur l'expérimentation des maisons de naissance votée en… décembre 2013. Jusqu'alors, cette expérimentation était théoriquement légale mais pratiquement impossible.

" Service après-vente "
De la même manière, l'un des trois décrets de la loi sur la Banque publique d'investissement n'a été pris qu'en juin 2015, soit deux ans et demi après le vote de la loi. La loi sur la sécurisation de l'emploi, issue de l'accord interprofessionnel entre les partenaires sociaux et votée en juin 2013, a également dû patienter deux ans pour certains de ses décrets, tout comme la loi de juillet 2013 sur l'enseignement supérieur et la recherche.

Sur ce texte, deux décrets restent d'ailleurs à publier, dont un censé préciser les critères d'attribution des logements étudiants ; cette disposition devait pourtant " assurer justice et transparence " selon les mots du gouvernement pendant le débat parlementaire… L'énumération pourrait s'allonger. La loi sur la psychiatrie de septembre 2013 ? Son premier article est toujours partiellement inapplicable, puisque le décret précisant les modalités des programmes de soins ambulatoires ou à domicile n'est pas sorti. En décembre 2013, une loi contre la fraude fiscale avait été votée qui prévoyait, entre autres, la création d'un registre des trusts – ces montages juridiques opaques servant souvent à l'évasion fiscale –, consultable par tous. Cette mesure visant à favoriser la transparence avait été introduite dans le texte à l'initiative des écologistes mais contre l'avis du gouvernement : ceci explique sûrement pourquoi, deux ans plus tard, le décret fixant les modalités de consultation de ce registre n'a toujours pas été publié.

De nombreuses lois votées entre janvier et juillet 2014 attendent, elles aussi, la publication d'une bonne partie de leurs décrets dont, pour ne citer qu'elles, les lois sur les retraites, sur la consommation, sur l'artisanat ou encore sur l'économie sociale et solidaire. Le 16 juin, à l'occasion d'une question au gouvernement à l'Assemblée, le député Thomas Thévenoud demandait des comptes sur le " service après-vente " de sa loi sur les taxis, votée en octobre 2014. Entre autres, le registre public " de disponibilité " censé recenser les taxis vacants en temps réel pour mieux faire face à la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur n'est toujours que théorique, alors que le décret devait être pris au 1er janvier 2015.

Mais surtout, la logique de la force d'inertie veut que, plus une loi est grosse et riche, plus elle est lente à être appliquée. Il en va ainsi de la loi logement (177 articles), votée en mars 2014 et dont il manque toujours 65 % des décrets d'application, ou encore de la loi agriculture (96 articles), votée en octobre 2014, qui attend encore 40 % de ses décrets. Il va donc sans dire que le coup d'accélérateur mis à l'Assemblée sur la loi Macron avec l'utilisation du " 49-3 "ne suffira sûrement pas à garantir une application rapide de ce texte, et de ses 308 articles.

Hélène Bekmezian

Le contexte
Faire adopter une mesure par un vote de la loi au Parlement ne suffit pas, bien souvent, à la rendre effective. Dans leur grande majorité, les lois nécessitent des " décrets d'application " pour devenir réalité, qui dépendent du pouvoir réglementaire (et non du pouvoir législatif) et précisent les modalités d'application du texte. Concrètement, il en faut un à chaque fois qu'une loi prévoit l'entrée en vigueur d'une mesure " selon des conditions fixées par décret ". Quand ils sont pris, les décrets sont publiés au Journal officiel, parfois sans crier gare comme ce fut le cas pour celui sur la réforme du collège, pris au lendemain d'une journée de mobilisation des enseignants contre cette réforme, le 20 mai – ce qui avait été vu comme un " passage en force " par l'opposition

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Novembre 2015

L'Homme, espèce animale la plus stupide de la planète ?

On dit souvent que l'Homme est en train de détruire la planète. Il n'en est rien. La Terre en a vu d'autres et beaucoup d'autres, elle pourra donc largement se remettre du passage de l'Homme sur sa surface.

Par contre, concernant l'avenir même de l'humanité sur la planète, c'est une toute autre histoire ! L'Homme est en train de tout faire pour gréver lourdement son propre avenir au sein de sa maison. Pire : on a beau lui dire, les actions ne se trouvent pas à l'auteur des enjeux pouvant lui permettre d'avoir une survie sur la planète à longue échéance.

L'Homme est, et de loin, l'animal le plus stupide habitant cette planète car il sait comment handicaper son avenir en se tirant une balle dans le pied, et est persuadé d'être plus intelligent que les autres.

Que l'on n'engage pas les moyens pour faire en sorte de laisser une maison correcte à nos enfants et plus dure sera la chute... La chute sera l'extinction même de la race humaine à la surface de la Terre : cela sera dommage pour nous mais la Terre ne s'en portera que mieux...

Pendant ce temps, notre maison continue de brûler et nous continuons à regarder ailleurs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Août 2015

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Le savoir de l'homme, un danger pour la vie
2|7Les intellectuels face à Hiroshima Le progrès technologique, telle la maîtrise de l'atome, s'est réalisé aux dépens de la Terre. L'" Homo sapiens ", défini par ses connaissances, doit tendre vers une plus grande sagesse, faute de quoi il risque de détruire la nature
Il y a soixante-dix ans, des humains utilisaient pour la première fois deux armes nucléaires pour amener le Japon à capituler… A la fin de ce conflit mondial, les grandes puissances, essentiellement les Etats-Unis et l'Union soviétique, se livreront à une course à l'accumulation d'armes nucléaires, qui amènera au pic de 1985 avec 70 000 engins prêts à être utilisés. Si diverses nations disposent de ces armes, le nombre total d'engins a bien diminué aujourd'hui, puisque nous l'estimons à environ 4 500 opérationnels.

Si l'inquiétude pour la menace pesant sur la vie suscitée au cours de la guerre froide, devant l'amoncellement dramatique du nombre d'engins nucléaires, était très forte, le sujet est beaucoup moins discuté aujourd'hui. Il était néanmoins au cœur d'une récente conférence des scientifiques (plus de 2 000 participants), " Our Common Future under Climate Change ", (" Notre avenir commun à l'ère du changement climatique "), qui s'est tenue à l'Unesco, à Paris, du 7 au 10 juillet.

L'une des sessions parallèles (le 9 juillet, à l'université Pierre-et-Marie-Curie), animée par des chercheurs de l'université Rutgers (New Jersey), avait trait au thème " Climat et conflits ", et les exposés présentés tournaient autour du rôle du changement climatique sur le déclenchement de conflits armés et, à l'opposé, sur l'influence possible de conflits armés sur le climat. Nous sommes revenus à ces travaux conduits dans les années 1970, et qui avaient été quelque peu abandonnés, sur les conséquences d'un " hiver nucléaire ".

Autodestruction
En s'appuyant sur des traces géologiques et paléontologiques, la recherche a su montrer comment l'histoire de la planète a été marquée par de vastes crises d'extinction massive des populations d'espèces vivantes. Selon les connaissances actuelles, une soixantaine de ces épisodes d'extinction sont survenus depuis huit cent millions d'années. Cinq d'entre eux, les plus célèbres et les plus graves, se sont déroulés il y a 440 millions d'années (Ma), 368 Ma, 252 Ma (la fin des trilobites, des coraux tabulés, 96 % des espèces continentales et marines s'éteignant), 215 Ma et 65,5 Ma (la fin des ammonites et des dinosaures).

Quelles ont été les causes de ces crises ? A chaque fois, elles sont très largement multifactorielles : intense activité volcanique, avec de gigantesques épanchements de lave et d'énormes émissions de gaz à effet de serre (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, dioxyde de soufre, anhydride sulfureux…), relargages massifs de méthane à partir d'hydrates marins et du dégel du permafrost (sol gelé en permanence), chute du niveau d'oxygène dans l'atmosphère et dans l'océan, réchauffement rapide d'au moins 6°C, impacts de gigantesques astéroïdes… Tous ces facteurs sont évoqués pour expliquer ces disparitions massives. La collision de la météorite tombée à la fin de l'ère secondaire dans une zone délimitée du Yucatan au Mexique, en partie responsable de la cinquième crise majeure, a été largement documentée. Un tel événement peut réellement avoir des conséquences planétaires.

Les grandes explosions volcaniques historiques ont été beaucoup étudiées, notamment leurs conséquences sur l'équilibre de la Terre (volcans de l'île de Lombok et Krakatoa en Indonésie, ceux de l'archipel du Vanuatu, Pinatubo aux Philippines, Santorin)…

Les gigantesques quantités d'énergie libérées sur les zones d'impact ou d'éruption, dégageant des chaleurs énormes (la vie peut " cuire " sur place !)dues aux fantastiques quantités defumées et de poussières libérées, sont toujours suivies d'une période de nuit prolongée entraînant la destruction de la vie végétale photosynthétique et faisant dramatiquement chuter les températures, lumière et chaleur du rayonnement solaire ne parvenant plus au sol.

Sur les menaces qui guettent aujourd'hui l'humanité, si nous excluons l'impact d'un gigantesque astéroïde, toutes les autres sont intérieures et liées aux activités humaines. Elles seraient la résultante de nos guerres de civilisation ou idéologiques, avec autodestruction par usage massif d'engins nucléaires ; le cocktail explosif de la misère et de l'humiliation, qui mène au terrorisme et à la tyrannie ; l'arrogance d'ultra-riches face à une désespérante pauvreté ; la démesure de l'économie financière. A cette liste il faut encore ajouter la destruction de l'habitabilité humaine de la Terre avec un défi écologique grandissant face à la dérégulation du climat, aux pollutions, aux surexploitations de l'environnement… Tout cela risque en outre de provoquer des migrations massives de populations. Quel est donc le rôle de la science ? Quel usage fait-on des découvertes scientifiques ?

En 1758, le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) désigne le mammifère humain sous la dénomination de Homo sapiens (homme savant et sage). Sommes-nous réellement parvenus à ce stade ? Edgar Morin parle en 2010 de " Homo demens " (" fou "), mais peut-être en sommes-nous toujours au stade de l'Homo faber, dont l'intelligence se borne à savoir fabriquer, sans capacité critique. Cet humain saura-t-il s'adapter à lui-même ? Est-il capable d'accepter ces menaces qu'il perçoit, sa folle démographie, les gigantesques incidences de ses activités sur la vie – humaine et non humaine – et sur les grands équilibres bio-géo-chimiques ? Face à ces " scepticismes " de tous ordres, ces dénis, le scientisme s'installera-t-il ? Où sont, liées à notre dignité d'humain, nos considérations éthiques ? L'humain peut-il s'accepter lui-même ?

Deux attitudes délétères caractérisent l'humain : l'arrogance et la cupidité. Elles sont totalement à proscrire si nous voulons nous préparer un monde soutenable qui restituera l'harmonie entre l'humanité et son environnement, entre l'humain et le non-humain. Cette économie d'extraction autorisant de vastes profits sur la destruction immédiate de la nature ou sa surexploitation, nous le constatons tous les jours, ne fonctionne pas à terme : alors, si tout le monde parvient au même diagnostic, nous devons changer, mais comment le faire dans le bon sens, le partage, l'humilité et le retour à l'harmonie ? Le vivant offre à l'humain une fantastique réalité, il est renouvelable ! Alors stoppons ces stupides surexploitations qui dépassent les seuils de " renouvelabilité " et tuent en permanence la poule aux œufs d'or !

Conscience planétaire
Réutiliserons-nous ces armes nucléaires de destruction massive ? Cette force de dissuasion qui a démontré sa réalité jusqu'ici, comment est-elle considérée aujourd'hui ? Nous préparons-nous de nouveaux Hiroshima et Nagasaki ? Le lauréat du prix Nobel de chimie de 1995, le météorologue et chimiste hollandais Paul Josef Crutzen, a proposé un terme en 2000, qui n'a pas encore été homologué par les géologues, mais qui a beaucoup plu aux écologues, " l'anthropocène ". C'est la fraction de l'histoire durant laquelle le plus puissant moteur de l'évolution est devenu, sur Terre, la présence de l'humain, associé à son cheptel domestique et agronomique, et son cortège d'activités. Alors qu'auparavant ces facteurs étaient le climat, la température, le sel de l'océan, l'oxygène, la lumière, l'activité volcanique… tout a changé ! L'humain s'est montré capable de faire un trou dans la couche d'ozone, d'accumuler de gigantesques " continents de plastique " sur l'océan, de polluer l'ensemble des sols et des eaux, de détruire de vastes fragments de forêts tropicales et des récifs coralliens (qui sont les écosystèmes les plus riches de la planète en nombre d'espèces vivantes), d'épuiser des stocks de pêche, de tout disséminer partout, de changer le climat…

Quand débute l'anthropocène ? Avec la domestication du feu, il y a huit cent mille ans ? Est-ce au moment du néolithique, vers 12 000 ou 10 000 ans avant Jésus-Christ, lorsque notre espèce quitte son nomadisme, accélérant sa démographie en inventant agriculture et élevage ? Est-ce au moment du passage du " cheval animal " au " cheval-vapeur ", vers 1784, quand James Watt (1736-1819) invente la première locomotive, date à partir de laquelle nous allons massivement exploiter charbon et pétrole ? Ou bien est-ce au Japon, en 1945, quand explosent les premières bombes atomiques ? Cette année 1945, qui sera suivie par une explosion démographique sans précédent (trois fois plus d'habitants en soixante-dix ans !), marque très certainement une charnière dans l'histoire de l'humanité.

La plus grande menace guettant l'humain est finalement lui-même ! Alors, comment avoir la bonne pensée politique complexe pour notre harmonie à retrouver avec la nature ? Comment accomplir cette métamorphose pour parvenir à une conscience d'humanité planétaire ? En estimant les vitesses d'évolution, en tentant de prédire les trajectoires possibles et en planifiant les mécanismes à l'avance, nous pourrions sans doute fortement réduire l'impact de l'humain sur les espèces et les écosystèmes, et sérieusement améliorer les coûts économiques et sociaux de nos activités sur la nature. Il n'y a pas d'agriculture durable autre qu'écologique, il n'y a pas de santé durable autre qu'écologiquement fondée. Le capital naturel ne peut indéfiniment être appauvri et nous ne pouvons pas nous passer des services rendus par les écosystèmes. L'humain a aussi un besoin profond de communication étroite avec la nature, nous l'oublions trop souvent !

Une prise de conscience généralisée est en cours, mais suivrons-nous un rythme de changement de nos habitudes au moins aussi rapide que celui des changements environnementaux de tous ordres que nous déclenchons autour de nous ? Enfin, saurons-nous pleinement justifier au cours de ce XXIe siècle, et enfin mériter, ce terme de " sapiens " dont nous nous sommes affublés ?

par Gilles Bœuf

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Novembre 2015

Quand la pourriture se dit victime !

Décidément, il ne manque pas d'air le père Sarko ! Après avoir pris la République comme son porte-monnaie personnel à payer 400 Millions son pote Bernard Tapie, voilà qu'il se pose en victime car il a oublié de mettre en concurrence les entreprises qui bénéficiaient de l'argent public !

Le problème avec cette pourriture, c'est qu'elle n'a jamais pris conscience qu'elle se devait de gérer l'argent de l'Etat comme elle gérait son propre argent !

M. Nicolas Sarkozy a donc fait une royale confusion : ne pas gérer le budget comme si c'était son budget, mais gérer l'argent de l'Etat à son pur profit personnel ! C'est toute la différence entre faire de la politique pour privilégier l'intérêt général et se servir de ses fonctions dans son seul intérêt...

Il est temps de signifier à cette pourriture que le peuple ne veut pas de lui en 2017. Dehors la pourriture !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Juillet 2015

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Nicolas Sarkozy se pose en victime d'une justice " instrumentalisée "
L'ancien chef de l'Etat, dont nombre de proches sont poursuivis, a lui-même été mis en examen pour " corruption et trafic d'influence "
C'est une litanie judiciaire dont il se serait évidemment bien passé. Lancé à la reconquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy doit gérer un agenda qu'il ne maîtrise pas : celui des auditions, des gardes à vue et mises en examen de son ancienne garde rapprochée. En octobre 2014, Eric Cesari, homme de confiance qu'il avait installé comme directeur général de l'UMP, a été mis en examen dans l'affaire Bygmalion. En mars 2015, son secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a connu le même sort dans l'enquête ouverte sur des soupçons de financement par la Libye de la campagne présidentielle de 2007.

Mardi 28 juillet, Jean-François Copé, secrétaire général du parti entre 2010 et 2012, a été entendu dans l'affaire Bygmalion. Mercredi, deux hommes clés du quinquennat, Patrick Buisson et Pierre Giacometti, ont été convoqués dans l'enquête sur les sondages de l'Elysée. Tous ont été ses proches, ses collaborateurs, ses conseillers de l'ombre. Au moment où Nicolas Sarkozy se pose en recours pour l'avenir, ces madeleines au goût désagréable gâchent la saveur de son retour.

Manœuvrier expérimenté
L'ancien chef de l'Etat a été lui-même mis en examen le 2 juillet 2014 pour " corruption et trafic d'influence " après des écoutes avec son avocat. Comme tout justiciable, il est présumé innocent. Mais l'homme politique est bien obligé de composer avec cette actualité. En manœuvrier expérimenté, il a décidé de se servir de ces affaires pour se poser en victime d'une justice partiale et instrumentalisée. " Deux ans et demi d'enquête, quatre perquisitions, vingt-deux heures d'interrogatoire. A l'arrivée : non-lieu. Qui me rendra mon honneur ? ", avait-il déclaré à propos de l'affaire Bettencourt sur France 2, après son retour en septembre 2014.

Lors de plusieurs meetings, il a de lui-même abordé ces sujets. Le 6 octobre 2014 à Vélizy-Villacoublay (Yvelines), alors que le parquet de Paris venait d'ouvrir une information sur le financement de sa campagne de 2012 : " Je continuerai à répondre à tout, mais cela a renforcé ma détermination, car je n'aime pas l'injustice. Si l'on voulait que je reste tranquillement dans mon coin, il ne fallait pas agir de cette façon. " Lundi 10 novembre à Caen, alors que Le Monde venait de révéler que François Fillon avait demandé à Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, de ne pas lâcher M. Sarkozy sur les affaires, il accuse : " Le pouvoir n'a-t-il vraiment rien d'autre à faire que de donner le sentiment de vouloir instrumentaliser en permanence la justice de la République ? "

A chaque fois, l'ex-président est acclamé. Il est donc décidé à poursuivre sur cette voie. Eric Wœrth, relaxé faute de preuves dans l'affaire Bettencourt – " il existe donc une forte suspicion de remise d'argent des fonds Bettencourt, sans que la démonstration de la remise soit totalement acquise ", a jugé le tribunal le 29 mai – a été érigé en symbole par l'ancien chef de l'Etat. Lors du congrès fondateur des Républicains, il a provoqué une longue ovationen l'honneur de son ex-ministre du budget, évoquant les " cinq années d'insultes et de procès médiatiques " vécues par un " très honnête homme " : " Il faut en finir avec cette culture de la suspicion, de la méfiance, de la mise en cause systématique et de la dénonciation. Ce n'est pas notre conception de la République. "

Cette stratégie de la victimisation sert à souder sa base mais aussi à se dresser en opposant. Et pour le moment, ses rivaux à droite sont bien obligés de le laisser faire. Même si les entourages des candidats à la primaire évoquent parfois en offla " possibilité que Nicolas Sarkozy soit empêché ", aucun ne peut l'exprimer publiquement au risque de passer pour un diviseur. Si loin de la primaire, l'évocation des affaires s'apparente à droite à une bombe atomique, une arme à usage unique dont les conséquences seraient incontrôlables.

Matthieu Goar

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Novembre 2015

A quoi a servi la réforme des régions ?

En toute théorie, la réforme des régions aurait du servir a rationaliser les coûts des institutions locales. Ca aurait du conduire à une mobilité fonctionnelle et géographique des agents afin qu'ils deviennent moins nombreux et plus polyvalents. Tout cela aurait du conduire à réduire de façon drastique le mille-feuille administratif qui mine nos pays et nos finances.

Las, la grosse réforme a conservé ses défauts, sans adopter les avantages : pas de diminution du nombre de fonctionnaire, donc, pas de rationalisation. A quoi a servi la réforme ? A jeter de la poudre aux yeux, à dépenser du temps et de l'argent à faire croire que l'on rationalisait alors que l'on conservait ce fameux mille-feuille administratif qui mine nos institutions et nos finances.

Encore une belle preuve de l'incompétence de nos politiques obnubilés et prisonniers de leur populisme...

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Régions : et les nouvelles capitales sont...
LE MONDE | 31.07.2015 à 12h30 • Mis à jour le 01.08.2015 à 09h41 | Par Bertrand Bissuel


Petit à petit, la nouvelle carte administrative prend tournure. Par petites touches, pour ne brusquer ni les élus locaux ni les fonctionnaires ni les usagers. Vendredi 31 juillet, lors du dernier conseil des ministres avant la trêve estivale, Manuel Valls a présenté une série de décisions qui tirent les conséquences de la réforme territoriale. Les nouvelles capitales régionales sont désormais connues et certains services déconcentrés de l’Etat vont être réorganisés, avec le souci – assure Matignon – de préserver l’emploi public.
Dans les régions dont le périmètre s’est élargi, il n’y a aucune surprise, s’agissant du choix de leur chef-lieu. Les communes lauréates sont celles qui étaient attendues depuis plusieurs semaines : Lyon en Auvergne-Rhône-Alpes ; Rouen pour la Normandie ; Lille dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie ; Bordeaux pour Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ; Toulouse pour Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ; Dijon en Bourgogne-Franche-Comté.
Officiellement, ces noms sont provisoires, la liste définitive n’étant arrêtée qu’en juillet 2016 après le renouvellement des assemblées régionales en décembre. Mais il est difficile d’imaginer que cet ordonnancement soit remis en cause, l’Etat et les collectivités locales ayant commencé à s’adapter à cette nouvelle donne. Quant à l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, son cas est définitivement réglé depuis la promulgation de la loi du 16 janvier qui a désigné Strasbourg comme capitale de ce vaste ensemble.

Dans cette opération, neuf villes perdent leur statut de préfecture de région, parmi lesquelles Montpellier. Son maire, Philippe Saurel (divers gauche), n’a pas digéré cette décision « prise à trois ou quatre dans une cabine téléphonique ». A Amiens, autre commune « déclassée », les édiles ont, eux aussi, rouspété, craignant un transfert massif d’agents publics de la métropole picarde vers Lille.

C’est pourquoi le premier ministre leur a rendu visite, jeudi, pour désamorcer les tensions, à quelques mois des élections régionales, et contrer le discours du FN, qui a fait du dépérissement des services publics l’un de ses thèmes de campagne. Marine Le Pen, qui sera tête de liste en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, peut espérer rafler cette nouvelle « super-région ».

« Mobilité géographique »
Les craintes des élus ne sont pas tout à fait infondées. Un rapport, rendu en avril par plusieurs inspections générales, soulignait que le redécoupage des régions « est susceptible d’entraîner une mobilité fonctionnelle ou géographique pour près de 10 700 agents ».
Jeudi, M. Valls s’est donc attaché à rassurer ses interlocuteurs. « Il n’y aura (…) pas de diminution du nombre de fonctionnaires d’Etat dans votre ville », a-t-il promis. La direction régionale de l’agriculture et celle chargée de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) « seront installées ici ». « Le rectorat d’Amiens sera maintenu » mais il y aura un rectorat de région à Lille, précise-t-on à Matignon, avec un partage des tâches bien délimité. Enfin, dans le chef-lieu de la Somme sera implantée « une plateforme nationale de validation des titres », qui emploiera une centaine de personnes.
Un traitement similaire est annoncé pour les autres ex-préfectures de région. Ainsi, Montpellier devrait conserver la direction régionale des affaires culturelles, la chambre régionale des comptes ou encore la DRJSCS. Le but de l’exécutif est de faire en sorte que les effectifs relevant de l’Etat dans les villes « rétrogradées » restent relativement stables ou enregistrent de faibles variations. Pour y parvenir, la quasi-totalité des sites des actuelles directions régionales seront maintenus en spécialisant les agents qui y travaillent. Exemple : une direction régionale de l’agriculture pourra être recentrée sur la viticulture, en ayant compétence sur l’ensemble de la nouvelle « super-région ». Un gros effort de formation sera réalisé, indique Matignon, afin de permettre aux fonctionnaires de changer de métier sans avoir à déménager. Le nombre de ceux qui seront amenés à faire leurs valises devrait être inférieur à 1 000.

Bertrand Bissuel
Journaliste au Monde

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Novembre 2015

Quand des pourritures sont mises en examen

Ah, elles sont belles les actions de M. Buisson, conseiller de M. Nicolas Sarkozy sous sa présidence ! Le rôle d'un politique est de préserver l'intérêt général et de gérer l'argent de la France comme si c'était le sien. Et bien non ! M. Nicolas Sarkozy, une pourriture de première car attribuant des marchés sans mise en concurrence, entraîne donc son complice dans des affres judiciaires... tout en n'étant pas, pour le moment inquiété...

M. Nicolas Sarkozy, pourri Ier, utilisait donc l'argent de la République pour rétribuer ses copains, ce, sans appel d'offre.

On a empêché la Justice de faire son boulot jusque maintenant, en occultant, toujours et c'est une constante, les principes élémentaires de l'intérêt général consistant à être exemplaire avec l'argent public.

Il est temps que le citoyen réagisse et s'oppose fermement à ce que cette pourriture qu'est Nicolas Sarkozy puisse se représenter devant les Français, ce, dans le seul but d'échapper à la justice...

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 31 Juillet 2015

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Buisson mis en examen dans l'affaire des sondages
L'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy a touché plus de 3 millions d'euros de l'Elysée de 2007 à 2012
L'un fut dans l'ombre le conseiller politique du président Sarkozy. Le second, toujours lié à l'ancien chef de l'Etat, son stratège. Patrick Buisson et Pierre Giacometti ont été convoqués par la police, mercredi 29 juillet, dans le cadre de l'affaire des sondages de l'Elysée. A l'issue d'une courte audition, Patrick Buisson a été mis en examen pour " recel de délit de favoritisme ", " abus de biens sociaux " et " détournement de fonds publics par un particulier " par le juge du pôle financier Serge Tournaire. Le fond du dossier n'a pas été abordé, mais devrait l'être à l'automne.

L'audition de Pierre Giacometti, l'ancien directeur de l'institut de sondages Ipsos et président du cabinet de conseil Giacometti-Péron, fut bien plus longue. Sa garde à vue a débuté mercredi matin, s'est prolongée tard dans la soirée et pourrait l'être à nouveau ce jeudi. Au terme de cet interrogatoire, deux scénarios sont possibles : M. Giacometti ressort libre ou il est présenté au juge d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen.

Cette enquête, ouverte en 2010 pour " délit de favoritisme " et " détournement de fonds publics ", rappelle ce qu'était l'exercice du pouvoir sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Comme souvent, ce dernier est l'absent omniprésent de l'histoire, en raison de l'irresponsabilité pénale d'un chef de l'Etat. Mais impossible d'occulter son nom : ce sont les sociétés de ses deux plus proches conseillers qui ont bénéficié, durant tout le quinquennat, de contrats plus qu'avantageux de commandes de sondages et de prestations de conseil.

L'enquête a tardé à démarrer puisque, pendant trois ans, le juge fut empêché d'instruire. Par deux fois, le parquet de Paris – alors dirigé par Jean-Claude Marin, aujourd'hui procureur général à la Cour de cassation – a fait valoir que l'immunité présidentielle – qui protège le chef de l'Etat de toute poursuite pour les actes accomplis lors de son mandat – s'étendait aussi à ses conseillers. Fin 2012, la Cour de cassation en a jugé autrement et a donné le feu vert aux investigations.

Marchés au coût " exorbitant "
Tout s'est accéléré il y a deux mois, lorsque les enquêteurs ont convoqué l'ancienne garde rapprochée du président. L'ex-directrice de cabinet Emmanuelle Mignon, les anciens secrétaires généraux Claude Guéant et Xavier Musca, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard, les experts en sondage Julien Vaulpré et Jean-Baptiste de Froment ont dû détailler le fonctionnement du pouvoir sous Nicolas Sarkozy.

Le cadre – ou plutôt l'absence de cadre – dans lequel ces conventions ont été accordées est maintenant connu, puisque, en juillet 2009 – et c'est ainsi que le scandale est révélé –, la Cour des comptes découvre que des marchés au coût " exorbitant " ont été attribués au mépris de toutes les règles de dépense de l'argent public. " Il n'y avait pas plus d'appel d'offres sur les sondages qu'il n'y en avait sur la boucherie ou la tente du 14-Juillet. Lorsque nous sommes arrivés à l'Elysée, personne ne s'est posé la question de la mise en concurrence ", a expliqué, au Monde, l'un des anciens membres du cabinet présidentiel. Si l'Elysée échappait depuis des années aux règles de bonne gestion, la nouvelle équipe n'a pas eu le souci d'en changer les pratiques, ni n'a été très regardante sur les dépenses de communication.

" Le chèque en blanc " signé à Patrick Buisson, comme l'a requalifié l'association de lutte contre la corruption Anticor, partie civile au dossier, parle de lui-même. Sur une simple feuille A4 vierge de tout en-tête, et daté du 1er juin 2007, le patron de la chaîne Histoire est autorisé en quatre paragraphes à commander autant de sondages qu'il le souhaite et l'estime nécessaire. Il ne s'est pas privé. Si l'on additionne son salaire de conseiller – 10 000 euros par mois – et les études d'opinion dont il a présenté la facture entre 2007 et 2012, l'Elysée a versé plus de 3,3 millions d'euros à ses sociétés Publifact et Publiopinion.

Le cabinet Giacometti-Péron, lui, chiffrait en 2007 à un peu plus de 65 000 euros par mois ses conseils à la présidence. Le montant a été revu à la baisse (52 000 euros, puis 39 600 euros) après le passage de la Cour des comptes, mais le cabinet avait entre-temps décroché des contrats auprès des ministres. Ces séances de coaching dispensées à Eric Besson, Rachida Dati, Brice Hortefeux, Laurent Wauquiez – là encore attribuées " dans des conditions contestables ", selon la Cour des comptes – font également l'objet d'une enquête.

" Une délégation de quoi ? "
Toute la difficulté de la justice dans ce dossier est de décrypter les non-dits derrière les signatures officielles. Qui décide de favoriser les sociétés amies de la maison ? Lorsque la directrice de cabinet Emmanuelle Mignon signe la fameuse convention " chèque en blanc " de Patrick Buisson, agit-elle en connaissance de cause ou obéit-elle à un ordre indiscutable ? Quel rôle a joué Nicolas Sarkozy ? Et Claude Guéant, son secrétaire général ?

Jean-Michel Goudard, l'ami publicitaire et " conseiller opinion " du président, semble lui ne pas s'être posé beaucoup de questions en reconduisant chaque année le contrat de Patrick Buisson.Le Monde lui avait demandé à l'automne 2012 s'il disposait d'une délégation de signature pour le faire. " Une délégation de quoi ? a-t-il répondu. Vous me parlez un langage que je ne comprends pas (…). C'est moi qui signais les trucs, oui, mais j'étais responsable de rien et de tout. Après le passage de la Cour des comptes, on a changé les procédures (…). Je n'ai jamais eu de contact avec une seule société d'études, je ne les connais pas. "

A deux ans de l'élection présidentielle de 2017, en ces moments où les alliances se forment et s'affinent, les stratégies de défense de chacun seront intéressantes. MM. Buisson et Giacometti ne seront pas seuls à devoir s'expliquer. Emmanuelle Mignon, qui signe le contrat originel de M. Buisson, le devra à coup sûr. Il n'est pas exclu que Claude Guéant, dont on a retrouvé la signature sur certains documents, le doive aussi. Ils pourraient être tentés de se défausser sur Nicolas Sarkozy, judiciairement intouchable. Mais l'image d'un probable futur candidat en serait entachée.

Emeline Cazi

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Claude Guéant a bien autorisé le contrat à l'Elysée

Claude Guéant s'est toujours tenu à distance de l'affaire des sondages. Quatre jours après sa garde à vue début juin, l'ancien secrétaire général de l'Elysée maintenait sur BFM-TV n'avoir " pas participé à la commande de ces sondages, - ni - vu tous les sondages ", tout en rappelant le caractère " absolument indispensable à un gouvernement moderne " d'avoir recours à de telles études.

Claude Guéant en sait en réalité bien plus qu'il ne le laisse croire. C'est lui qui a déposé le contrat Buisson sur le bureau d'Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. La feuille blanche, datée du 1er juin 2007 et déjà signée par le président de Publifact, la société de Patrick Buisson, était glissée dans une chemise à rabat.

C'est précisément ce rabat qui intéresse les enquêteurs. Trois notes manuscrites s'y succèdent. Or l'enchaînement de ces notes raconte ce qu'on ignorait jusqu'alors : le circuit suivi par le contrat Buisson avant que la directrice de cabinet y appose sa signature.

" Remarque de caractère mineur "
La première note, une carte de visite agrafée à la chemise portant la mention " Présidence de la République. Claude Guéant. Secrétaire général " et la date du 20 juin 2007, prouve que le contrat est passé entre les mains du secrétaire général. " Merci de mettre ce contrat à la signature et de faire retour d'un exemplaire à P. Buisson. CG ", écrit ce dernier à Emmanuelle Mignon. La directrice de cabinet se renseigne avant de signer et interroge M. Revel, le chef des services administratifs et financiers de l'Elysée. C'est l'objet de la deuxième note : " Merci de me dire si cela pose un problème juridique. A moins que Claude Guéant vous en ait déjà parlé. Merci. "

M. Revel répond le lendemain :" La convention aurait pu être conclue sous la présidence de la République plutôt que par le président de la République française. Mais cette remarque est de caractère mineur : au total, il n'y a aucun problème (juridique notamment). Les deux exemplaires, ci-joints, en retour, peuvent être mis à la signature du chef de l'Etat. " Emmanuelle Mignon, rassurée, a donc signé ce document " très confidentiel ".

E. Ca.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Novembre 2015

Quand on se permet d'aller construire chez le voisin

Des personnes décident de dépasser les limites de leur pays pour construire des bâtiments... et ils protestent quand ces bâtiments sont détruits... Où est le droit élémentaire à la propriété dans cette affaire ? Ce n'est pas parce que ses ancêtres vivaient dans un pays que l'on a le droit d'exproprier des habitants en s'arrogeant un droit suprême et éternel sur une terre !

Le droit sur une terre n'existe pas ! La terre n'appartient qu'à elle-même et le fait que ses ancêtres vivaient dans un lieu n'autorise personne à s'approprier ce lieu !

Il est plus que curieux que des membres d'un peuple qui a particulièrement souffert durant le XXe siècle se conduisent comme des voleurs en expropriant des terres sous le principe fallacieux de l'histoire, de la religion et de la tradition...

Au nom de quel principe a-t-on le droit de construire et de s'arroger des terres qui ne nous appartiennent pas ? Le droit à la propriété est accordé à un individu, non à un peuple ! Il est limité à un pays, avec des limites territoriales qui ne peuvent être dépassées, quelles qu'en soient les raisons ! Une réquisition pour "raison de sécurité" n'a rien de légal.

S'arroger des terres sous couvert de la religion c'est du vol car la religion n'est que supposition et la Bible n'engage que ceux qui veulent bien la servir...

La colonisation, c'est du vol. Il faut cesser ce vol car il ne sert pas les intérêts d'un peuple qui a suffisamment souffert dans l'histoire...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Juillet 2015

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Les colons de Beit El défient Nétanyahou
La destruction de deux immeubles, confirmée par la justice, scandalise les extrémistes religieux israéliens
Deux pelleteuses grignotent par à-coups les deux immeubles sous les regards vindicatifs des spectateurs. Parmi les colons de Beit El, en Cisjordanie, ce mercredi 29 juillet, certains prient pendant que d'autres jettent des pierres. Une mère et sa famille pleurent. Des jeunes, kippas vissées sur la tête, tentent de forcer les barrières installées autour de la zone par la police israélienne. Les forces de l'ordre repoussent sans ménagement les protestataires. Un grand camion blanc vient leur prêter main-forte en aspergeant largement la foule d'une eau sale envoyée sous haute pression.

Beit El, colonie israélienne de 6 000 âmes, située au nord de Ramallah, est devenue depuis bientôt dix jours le centre de l'attention médiatique et politique en Israël. Tout commence en 1970, quand l'armée israélienne s'installe sur un terrain séparé par une route du camp de réfugiés palestiniens de Jalazone. Une réquisition pour " raison de sécurité " autorisée par la loi israélienne. Mais, huit ans plus tard, quand les premiers colons s'établissent sur cette colline qu'ils estiment chargée d'histoire, les bâtiments militaires sont déplacés un peu plus loin, laissant alors un espace vacant. Il y a quelques années, les colons décident d'y construire deux immeubles. C'est Meir Draynoff, un entrepreneur israélien, qui est chargé de leur construction, d'où leur nom, les immeubles Draynoff. Vingt-quatre appartements devaient accueillir des nouvelles familles. La vue sur les collines de Cisjordanie était imprenable.

" Ces destructions sont un énorme gâchis ", maugrée Baruch Lévi. Ce Franco-Israélien, barbe blanche bien taillée, rappelle le manque de logements en Israël tout en réfutant l'illégalité des constructions sur le territoire palestinien. Violation que reconnaît pourtant le droit international. Pour les extrémistes religieux, la Judée-Samarie, le nom qu'ils donnent à la Cisjordanie, fait partie du Grand Israël. Israk Rosental, un jeune originaire de Jérusalem, venu prêter main-forte aux habitants, met, lui, la loi de Dieu au-dessus de tout. Il assène : " Les Juifs ont mis deux mille ans à revenir sur leurs terres. Nous n'allons pas nous contenter de ce que nous avons aujourd'hui, nous avons le droit de construire chez nous. " Avant de lâcher, un brin menaçant : " Ceux qui nous refusent ce droit vont contre la Bible. "

La Cour suprême israélienne ne l'a pas entendu de cette oreille. Soutenu par l'ONG israélienne Yesh Din, le propriétaire palestinien saisit en 2010 la plus haute instance judiciaire de l'Etat hébreu, qui finit par lui donner raison en février après une longue bataille judiciaire. La Cour exige la démolition des deux immeubles Draynoff dont la construction a été interrompue par la procédure. Une décision saluée par Yesh Din, qui exige désormais que les terrains soient rendus à leur propriétaire. C'est le début d'une autre bataille, sur le terrain cette fois-ci.

Jets de pierres et de bouteilles
Depuis quelques semaines, environ 200 jeunes avaient pris position à l'intérieur des immeubles pour empêcher physiquement leur destruction. Ils en ont profité pour peindre sur la façade deux immenses drapeaux israéliens, comme un pied de nez aux Palestiniens. Lundi 27 juillet, les forces de l'ordre israéliennes ont évacué de force les deux bâtiments. Cinquante réfractaires ont été interpellés pour refus d'obtempérer ou pour violence. Une violence que tente de justifier maladroitement Yair Laniry, 18 ans, tee-shirt vert et papillotes : " Nous sommes attaqués alors que nous luttons pour nos droits. " Installé à Beit El depuis sa naissance, il se tourne alors vers les barrières : " Regardez combien de policiers sont déployés ! Peu importe, nous reconstruirons ces maisons. Quoi qu'il arrive. " Tout ce qui tombe sous la main de ces jeunes manifestants est balancé : pierres, bouteilles d'eau ou même tables en bois et chaises en plastique. Plusieurs d'entre eux seront blessés lors des charges des forces de l'ordre.

L'annonce, mercredi 29 juillet, du premier ministre Benyamin Nétanyahou d'autoriser la construction immédiate de 300 logements à Beit El, n'aura pas suffi à calmer les esprits. La colère de Judy Simon, en tout cas, ne retombe pas. La porte-parole de la colonie, foulard noué sur la tête, enchaîne les interviews. " Nous avons toujours dit que si ces bâtiments tombaient, le gouvernement devait lui aussi tomber ", lâche-t-elle derrière ses lunettes de soleil. " Nous appelons tous les parlementaires, tous les membres du gouvernement qui aiment la terre d'Israël et se respectent à quitter ou arrêter de soutenir ce gouvernement. " Les colons peuvent pourtant se vanter d'avoir fait venir plusieurs membres influents du gouvernement. Parmi eux, Naftali Bennett, ministre de l'éducation et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif.

Les contreparties israéliennes à ces destructions ne passent pas côté palestinien. Depuis Ramallah, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dénoncé " une menace au processus de paix ". L'Union européenne, dans un communiqué, a même réclamé l'annulation de cette décision tout en rappelant son attachement à l'arrêt de la colonisation.

Le premier ministre israélien ressemble toujours un peu plus à un équilibriste. D'un côté, il doit répondre à la plus radicale de sa population, de l'autre il doit faire bonne figure auprès de la communauté internationale. Sa coalition, rassemblant 61 sièges sur 120 à la Knesset, ne tient qu'à un fil. Et l'on aperçoit toujours dans Beit El, comme un peu partout en Cisjordanie, les banderoles qui exigent que " Bibi " tienne ses promesses électorales en faveur des nouvelles constructions.

Nicolas Ropert

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Novembre 2015

Encore une réforme qui n'a pas donné les effets escomptés

2 mesures européennes ont été lancées et financées, mais avec de piètres résultats. On a donc, une fois de plus, jeté de l'argent par les fenêtres en mettant des objectifs trop contraignants. En clair : on finance beaucoup au moment où le jeune n'est déjà plus employable. Il faudrait faire le boulot de formation, d'éducation avant. Dans le cas présent, on a de gros moyens qui ne pourront mener qu'à l'échec alors que moins d'argent mis avant pourrait sauver la mise...

Il faudrait mettre le paquet sur l'éducation car c'est elle qui doit être chargée de mener à l'emploi. Mais vu le faible niveau de la France en la matière, j'ai bien peur que tous les fonds Européens destinées à lutter contre le chômage ne servent à rien...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Juillet 2015

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Le bilan du dispositif pour les jeunes est décevant
Le taux de chômage des jeunes reste à un niveau record, en dépit des investissements européens dans des programmes trop contraignants
Cela devait être la solution européenne au chômage des jeunes. Lancées en grande pompe il y a deux ans, " l'initiative pour l'emploi des jeunes " et la " garantie européenne jeunesse " devaient être, sur le papier, une petite révolution pour l'Union européenne. Lors d'un sommet, en juin 2013, les Etats membres s'étaient notamment engagés à proposer à tous les jeunes sans emploi et sortis du système scolaire une formation, un emploi ou un accompagnement dans les quatre mois (la " garantie pour la jeunesse ").

Pour appuyer ce programme, " l'initiative pour l'emploi des jeunes " prévoyait, elle, de financer à hauteur de 6 milliards d'euros des projets correspondant à cet objectif dans les régions où le chômage dépasse les 25 % (par exemple les outre-mer et le Nord-Pas-de-Calais ou la totalité des régions espagnoles). Les ministres de l'emploi français et allemand vantaient alors dans les colonnes du Monde un " new deal européen " et promettaient " des remèdes puissants, immédiats et durables au problème aigu de l'emploi des jeunes en Europe ".

Deux ans plus tard, malgré deux sommets intermédiaires uniquement consacrés à ces programmes, le taux de chômage des jeunes, du moins en France, reste à un niveau record (24,1 %), malgré la baisse du nombre de chômeurs de moins de 25 ans annoncée lundi 27 juillet par Pôle emploi (– 1,1 %). Et la déception est perceptible sur le terrain. " Pour toucher les aides, il va falloir que les jeunes soient en insertion 120 jours sur douze mois en entreprise, explique Didier Leschi, préfet à l'égalité des chances en Seine-Saint-Denis, qui voit seulement arriver les fonds maintenant. Mais ceux qui ont conçu ces programmes n'imaginent pas combien c'est compliqué de trouver des entreprises prêtes à prendre des jeunes en difficulté loin des codes et des savoir-être collectifs, comme ceux de notre département. " Il sent déjà qu'il va avoir du mal à dépenser les 11 millions d'euros de fonds européens mis à disposition de son département.

" Les règles de gestion sont très exigeantes, cela ne favorise ni l'innovation ni la rapidité ", critique également l'Association des régions de France (ARF), destinataire d'une partie des crédits. " Il n'y a aucune visibilité pour les citoyens, c'est uniquement un truc de techno ", lâche même un fonctionnaire qui travaille sur ces projets. " Cela a créé beaucoup d'attentes mais les réponses ne sont pas à la hauteur, appuie Margherita Bussi, chercheuse à la confédération européenne des syndicats. En Italie, il y a eu beaucoup d'inscriptions sans réponse sur le site Web. Si les jeunes ne sont pas suivis, l'idée de garantie n'existe pas. "" Une partie de l'argent n'est pas utilisée pour ce à quoi il est destiné ", s'inquiète également Guillaume Balas, un eurodéputé PS, en pointant les aides aux entreprises décidées par l'Espagne, qui ne semblent pas correspondre à l'esprit du programme. " On ferait bien d'être un peu moins tatillon sur la distribution des fonds et un peu plus précis sur leur suivi. "

" Aucun retour sur les projets "
Deux ans après le lancement, impossible en effet d'avoir un bilan précis de l'état d'avancement de ces programmes. A Bruxelles, la commissaire à l'emploi, la Belge Marianne Thyssen, n'est pas disponible pour en parler, mais la Commission ne cache pas que cela ne va clairement pas assez vite. " C'est trop tôt pour faire un bilan, il y aura un rapport en 2016, promet-on seulement. Mais on pense que la garantie jeune et l'initiative apportent des résultats : le taux de chômage des jeunes a reculé de 23,2 % à 20, 9 % depuis 2013. " Mais sans suivi des programmes pays par pays, difficile de savoir s'ils sont permis en quoi que ce soit de concrétiser cette baisse.

" Nous n'avons aucun retour sur les projets. Il y a eu du retard à l'allumage, l'Europe est allée plus vite que les éventuels porteurs de projet ", affirme l'eurodéputée (Les Républicains) Elisabeth Morin-Chartier. Début 2015, elle s'est battue pour faire adopter le plus rapidement possible un amendement assouplissant les avances financières de la Commission, qui étaient jusqu'ici trop faibles pour permettre à certains Etats, notamment en Europe du Sud, de lancer leurs programmes. " On n'a jamais fait aussi vite pour amender un programme ", assure Mme Morin-Chartier. Alors qu'à peine quelques millions avaient été dépensés jusqu'ici, près d'un milliard d'euros ont été mis à disposition des Etats fin mai dans l'espoir que les programmes débutent enfin réellement sur le terrain, notamment en Europe du Sud.

700 postes de conseillers
Pour une fois, le gouvernement français a pourtant fait figure de bon élève. Avec l'Italie, il a été le premier pays à détailler, dès l'été 2014, comment les 620 millions d'euros qui lui sont attribués seront répartis. 75 millions iront par exemple au financement de la " garantie jeunes ", qui consiste à assurer un suivi aux jeunes en difficultés en échange d'une petite allocation. 27 millions d'euros permettront de créer 700 postes de conseillers Pôle emploi spécialistes du suivi des jeunes. Le ministère du travail et de l'emploi promet que 100 % des fonds européens prévus pour la France seront bien programmés d'ici à fin 2015 et ensuite progressivement dépensés. Reste à convaincre les acteurs de terrain de s'emparer enfin vraiment de ces fonds.

J.-B. C.

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Publié le 13 Novembre 2015

Il est temps de réformer notre code du travail pour lutter contre le chômage

On ne peut toujours se satisfaire d'un taux de chômage toujours plus haut quant on parle de notre pays. Il faut réformer profondément notre pays pour sortir de cette impasse, de cette ornière que représente le chômage.

En France, on se satisfait d'un fort taux de chômage sous principe qu'il est bien indemnisé. On a toujours préféré un chômeur bien indemnisé à un travailleur mal payé. C'est un choix. Mais c'est un choix délétère car c'est un choix qui mine nos dépenses publiques, c'est un choix qui augmente nos dettes et c'est un choix que l'on ne pourra assumer indéfiniment sous peine de finir comme la Grèce !

Un pays qui se contente de ne pas travailler est un pays qui court à sa ruine ! Il est particulièrement surprenant qu'au pays de La Fontaine, on ne se souvienne pas que la cigale finit mal par rapport à la fourmi !

Le coût du travail est trop cher, surtout pour les personnes les moins qualifiées. Il faut donc axer les réformes sur la qualification et sur l'alignement du coût des moins qualifiés sur les autres pays. La baisse des coûts doit être transitoire en misant sur la qualification du personnel : c'est la clé des réformes à engager !

Quant aux propos de M. Bruno Ducoudré de l'OFCE, ils sont erronés : la démographie peut être source de croissance elle-même. Il est donc faux de dire que la France doit faire un effort supplémentaire par rapport aux autres pays. Elle doit juste s'aligner sur la qualité de la formation des autres pays. Pas besoin d'en faire plus : faisons-en déjà suffisamment, ce qui n'est pas le cas...

Il est temps que la France retourne au boulot car c'est de sa survie dont on parle dans ce cas !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Juillet 2015

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Chômage : pourquoi la France reste embourbée
La relative stabilisation du nombre de demandeurs d'emploi en juin s'explique surtout par un changement du mode de calcul
Il faudra encore patienter pour voir la courbe du chômage s'inverser. Selon les statistiques diffusées lundi 27 juillet par le ministère du travail et par Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) a atteint, au mois de juin, un peu plus de 3,553 millions en métropole, soit une très légère hausse de 1 300 par rapport au mois précédent. Si l'on y ajoute ceux ayant occupé une activité réduite (catégories B et C), il y avait, à la fin juin, un peu plus de 5,397 millions d'inscrits à Pôle emploi dans l'Hexagone (–0,3 % sur un mois).

Ces chiffres, qui semblent témoigner d'une stabilisation du phénomène, doivent, en réalité, être maniés avec précaution, parce que Pôle emploi a modifié ses méthodes de classement des chômeurs. Disposant d'informations plus précises qui lui permettent de savoir quels sont les demandeurs d'emploi en formation, en service civique ou en contrat aidé, l'opérateur a basculé une partie d'entre eux, relevant des catégories A, B et C, vers les catégories D et E (demandeurs dispensés de " faire des actes positifs de recherche d'emploi "). Sans cette opération, le nombre de chômeurs en catégorie A aurait été plus élevé de 10 000 en juin (et de près de 25 000 dans les catégories A, B et C).

Ces données montrent combien le problème reste écrasant. La France est d'ailleurs l'un des rares pays de l'Union européenne, avec l'Autriche, la Belgique, la Finlande et la Roumanie, où le taux de chômage a augmenté entre mai 2014 et mai 2015. Partout ailleurs, cet indicateur a reculé. Sur l'ensemble de l'Union, le pourcentage moyen de demandeurs d'emploi dans la population active est passé de 10,3 % à 9,6 %, alors qu'il a progressé de 10,1 % à 10,3 % dans l'Hexagone, selon Eurostat, l'institut statistique européen.

Toutefois, les pays d'Europe du Sud, touchés directement par la crise de la dette européenne, affichent des taux bien plus forts qu'en France (22,5 % en Espagne, 25,6 % en Grèce, 13,2 % au Portugal), mais ces ratios ont fortement baissé depuis un an, grâce à une reprise soutenue après plusieurs semestres de crise. Le cas de la Grèce est à part car son économie a d'abord pâti, ces derniers mois, de l'incertitude autour des négociations européennes et de la fermeture des banques ; elle risque maintenant de subir le contrecoup des mesures d'austérité adoptées mi-juillet à Bruxelles.

Le taux de chômage français étant très éloigné de ceux d'Europe méridionale, " la France ne peut pas être considérée comme le mauvais élève de l'Union européenne ", précise Bruno Ducoudré, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Mais les performances de notre pays sont loin d'être mirobolantes. Une morosité imputable, en partie, à une croissance un peu plus faible que la moyenne européenne. Avec + 0,1 % au dernier trimestre 2014 et + 0,6 % sur les trois premiers mois de l'année, la France a mis plus de temps à redémarrer que les autres pays.

L'évolution de la croissance n'explique que la moitié des variations du taux de chômage en Europe, d'après une étude publiée en mai par les économistes Tito Bœri (université Bocconi) et Juan F. Jimeno (Banque d'Espagne). " Les institutions du marché du travail et les politiques de l'emploi " jouent aussi un rôle, selon ces deux experts, qui pointent notamment du doigt le manque de flexibilité des salaires ou la rigidité du marché du travail en France. Résultat : en période de crise, le chômage augmente plus lentement, mais lorsque la reprise s'amorce, il met aussi plus de temps à refluer.

" 130 000 nouveaux entrants "
" Notre droit du travail se distingue à la fois par sa complexité et son instabilité, avance l'économiste Bertrand Martinot, auteur de Chômage, inverser la courbe (2013, Les Belles Lettres) et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Tandis que certains pays, parmi ceux qui ont le taux de chômage le plus élevé, l'ont en partie réformé – par exemple l'Italie ou l'Espagne –, la France, elle, s'est contentée jusqu'à maintenant de réformes homéopathiques sur ce terrain. "

Autre paramètre à prendre en considération, selon Bertrand Martinot : le coût du travail au niveau du salaire minimum " est l'un des plus élevés au monde si l'on raisonne en termes horaires ". " Cette situation pénalise les personnes peu ou pas qualifiées ainsi que celles qui débutent leur vie professionnelle ", assure-t-il, en évoquant les difficultés propres aux jeunes : 15 % à 20 % d'une classe d'âge sort de notre système de formation initiale sans aucun diplôme et l'apprentissage est insuffisamment développé, du fait du fort " tropisme " de l'éducation nationale en faveur de l'enseignement général. Bruno Ducoudré, lui, met l'accent sur d'autres facteurs explicatifs. La France, dit-il, doit composer avec le dynamisme de sa démographie, lié à un taux de fécondité parmi les plus élevés sur le Vieux Continent. " Cela se traduit par environ 130 000 nouveaux entrants sur le marché du travail chaque année en moyenne, affirme l'économiste de l'OFCE. Nous avons donc besoin de plus de croissance que bien d'autres pays européens pour absorber cette hausse de la population active. "

L'activité a pâti de la politique en matière de finances publiques. Elle a été placée sous le signe de " l'austérité ", considère Bruno Ducoudré, d'abord par un relèvement de la fiscalité au début du quinquennat de François Hollande, puis par une maîtrise des dépenses, qui s'est appliquée au détriment de la population. Cela a un " impact sur l'activité économique ", donc sur les besoins en main-d'œuvre, conclut Bruno Ducoudré..

Jean-Baptiste Chastand, et Bertrand Bissuel

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Publié le 12 Novembre 2015

Encore un qui prend la République pour une vache à lait !

Et hop, c'est reparti ! Encore un beau conflit d'intérêt ou comment les attributions ne permettent pas de servir l'intérêt général, mais ses petits intérêts propres !

Le pourri du jour est M. François Brottes, PS Isère... En effet, quand il était président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le faisait-il au nom des citoyens ou de ses future attributions dont il était, bien évidemment, au courant ?

Servir l'intérêt général ne peut se faire en même temps que servir ses intérêts propres, sinon, on est un pourri car on bénéficie d'argent public pour se servir soi-même. C'est un abus de confiance dans le mandat qui a été donné, in fine, un joli conflit d'intérêts...

En plus, on en profite pour filer le poste de Député à son suppléant sans passer par des élections, donc par le citoyen...

Abus de pouvoir ? Assurément au pays des pourritures !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Juillet 2015

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L'HISTOIRE DU JOUR

Court-circuit à l'Assemblée

L'intéressé ne voit pas où est le problème. Proposé jeudi 23 juillet pour la présidence du directoire de Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF, le député François Brottes (PS, Isère) élude le sujet. Quand on lui demande s'il n'y a pas un petit problème de conflit d'intérêts à voir le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale – c'est lui – prendre la tête d'une entreprise qui gère l'infrastructure de transport de l'électricité en France, il répond par un simple point d'interrogation. Un conflit d'intérêts ?

" La république des copains "
L'annonce passe mal chez certains socialistes. " Il faudrait reprendre ses prises de position sur les textes : qui parlait, le député ou le candidat à la présidence de RTE ? ", questionne l'un d'eux, sous couvert d'anonymat. M. Brottes, député depuis 1997, a présidé des commissions spéciales en 2014. Et non des moindres : celles sur la loi Macron et sur la loi sur la transition énergétique. Sa nomination à RTE, c'est la " république des copains ", a lancé le député Guillaume Larrivé (Les Républicains, Yonne). Et le sénateur Roger Karoutchi, de rappeler que la gauche n'hésitait pas à " hurler contre la droite sur la confusion des genres ".

Le passage dans le privé de l'ex-conseiller à l'énergie du candidat Hollande semble avoir été préparé de longue date. Le 19 février, le premier ministre, Manuel Valls, le chargeait d'une mission temporaire sur " la sécurité de l'approvisionnement électrique ". Selon la loi, si un " parlementaire en mission " voit ce travail excéder six mois, il est remplacé par son suppléant ; il n'est pas nécessaire d'organiser une partielle. Le poste à RTE étant à pourvoir au 1er septembre, Matignon n'a plus qu'à prolonger la mission de M. Brottes au-delà du 19 août, pour qu'il puisse laisser son poste de député sans entraîner de partielle.

Hélène Bekmezian

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Novembre 2015

Le va et vient permanent de nos politiques face à l'Ecologie

Entre le populisme de base et les nécessités écologiques de notre pays, notre chère Ministre de l'environnement a le plus grand mal à choisir.

A l'arrivée, un discours simpliste à l'emporte pièce qui résiste mal aux faits. Après l'abandon de l'écotaxe, on augmente maintenant la taxe carbone, mais notre chère Ministre rappelle que cet impôt sera compensé par un autre. En d'autres termes, on n'en profite pas pour faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat qui en manque cruellement.

Ensuite, des chiffres sortis du chapeau où l'on affirme que la transition énergétique ramènera 100 000 emplois dans la croissance verte, sans qu'on prenne un seul instant, le temps de démontrer ce chiffre.

Enfin, quand on connaît le populisme légendaire de Mme Ségolène Royal, on ne peut qu'être dubitatif face à une promesse du genre "rénovation énergétique de tous les bâtiments privés résidentiels avant 2025". Je sais, à l'avance, que c'est une mesure qui ne sera jamais tenue, par pur populisme.

Pas plus que ne sera tenue la diminution de moitié de la consommation énergétique finale en 2050 avec une baisse de la part des fossiles de 30%, agrémentée d'une réduction de la part du nucléaire à 50% : comment fait-on ces diminutions ? On n'en sait rien. On remplace par quoi le nucléaire ? On n'en sait rien non plus.

Effets d'annonce non réfléchis, approximations en tout genre : l'écologie est trop importante pour se contenter de belles paroles car la maison continue à brûler et que Mme Ségolène Royal est un pompier plus que médiocre...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Juillet 2015

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Ségolène Royal se résout à une vraie taxe carbone
Le Parlement a définitivement adopté la loi de transition énergétique, qui entérine la sortie du tout-nucléaire
C'est une France " exemplaire " qui accueillera, en décembre, la conférence mondiale sur le climat de Paris (COP21). Ainsi la ministre de l'écologie, Ségolène Royal, a-t-elle salué le vote définitif, mercredi 22 juillet, en début de soirée, du projet de loi de transition énergétique pour la croissance verte. Celui-ci a été adopté par l'Assemblée nationale, à main levée, avec les voix des groupes socialiste, écologiste et radical. Les Républicains se sont prononcés contre, l'UDI et le groupe communiste se sont abstenus.

Si le résultat du scrutin est sans surprise, cette ultime séance a réservé un coup de théâtre. Les députés ont repris, avec l'avis favorable de Mme Royal, un amendement du Sénat, soutenu par de nombreux parlementaires socialistes et par les écologistes, qui prévoit une forte augmentation de la taxe carbone. Cela, afin de donner " un signal prix efficace " aux industriels et de les inciter à réduire leurs émissions de CO2.

Cette taxe, de son vrai nom " contribution climat-énergie ", est la composante carbone des taxes intérieures sur la consommation des produits énergétiques d'origine fossile. Elle est aujourd'hui de 14,50 euros la tonne, et elle devait passer à 22 euros en 2016. Les députés ont retenu un " objectif " beaucoup plus élevé, de 56 euros la tonne en 2020, puis 100 euros en 2030, le niveau annuel restant à fixer par les lois de finances. Pour ses partisans, comme le député socialiste Jean-Paul Chanteguet, " la valeur carbone est nécessaire pour changer les comportements ".

" Chantiers du quinquennat "
Le matin même, en commission spéciale, le gouvernement avait pourtant donné un avis défavorable à ce même amendement, mais les membres de la commission étaient passés outre. La ministre a donc fait volte-face, expliquant que " les acteurs économiques ont besoin de visibilité sur le prix du carbone ". Ce renchérissement sera compensé par un allégement d'autres taxes ou impôts, a-t-elle promis, ajoutant : " Il est hors de question que - cette taxe - aboutisse à un alourdissement de la fiscalité. "

L'adoption de la loi de transition énergétique, présentée par François Hollande comme l'un des " grands chantiers du quinquennat ", constitue un incontestable succès politique pour Mme Royal. Même si son espoir d'obtenir un consensus des deux chambres parlementaires sur ce dossier emblématique a été douché.

Ambitieux dans leurs objectifs, les 66 articles dessinent, pour les décennies à venir, un système énergétique plus sobre, plus durable et moins nucléarisé : réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990) et division par quatre en 2050 ; diminution de moitié de la consommation énergétique finale en 2050, avec un premier palier de 20 % en 2030 ; baisse de la part des fossiles de 30 % à la même échéance ; promotion des renouvelables pour atteindre 32 % de la consommation d'énergie à la même date.

S'y ajoute la réduction de la part du nucléaire dans le bouquet électrique à 50 % " à l'horizon 2025 ", contre environ 75 % aujourd'hui. Un calendrier conforme à l'engagement du chef de l'Etat, contre lequel la droite a farouchement bataillé, en demandant que la baisse du poids de l'atome soit visée " à terme ", sans date butoir. De même, la puissance totale du parc électronucléaire est plafonnée à son niveau actuel de 63,2 gigawatts (GW), afin de contraindre EDF à fermer, lors de la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), des réacteurs de puissance équivalente. Les deux unités de Fessenheim (Haut-Rhin) sont en ligne de mire, même si elles ne sont pas citées. L'opposition a vainement réclamé que le plafond soit porté à 64,85 GW, ce qui aurait permis d'ajouter le nouvel EPR aux 58 réacteurs existants.

Pour " verdir " la France, deux grands leviers seront utilisés. D'abord, la rénovation énergétique des bâtiments, qui représentent près de la moitié de la consommation énergétique du pays. Elle sera obligatoire, avant 2025, pour tous les bâtiments privés résidentiels, tandis que les nouvelles constructions de l'Etat et des collectivités territoriales devront être " à énergie positive et à haute performance environnementale ".

Ensuite, les transports " propres ", ce secteur étant responsable de plus du quart des émissions de gaz à effet de serre. Lors du renouvellement de leurs flottes de véhicules, l'Etat et les établissements publics devront opter, " dans la proportion minimale de 50 % ", pour des modèles " à faibles émissions ". Il en va de même pour les taxis et les loueurs de voitures, à hauteur de 10 % de leur parc. De plus, les entreprises d'au moins cent salariés devront élaborer un " plan de mobilité " favorisant le recours aux transports en commun et au covoiturage.

Tous ces chantiers, comme le développement des filières renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, énergies marines ou biomasse), le recyclage des déchets (les volumes mis en décharge devront être divisés par deux en 2025) ou l'interdiction des sacs en plastique jetables à partir de 2016, doivent permettre, assure la ministre, " la création de 100 000 emplois dans la croissance verte " en trois ans. Pour les accompagner, elle promet, sur trois ans également, 10 milliards d'euros d'aides publiques, sous forme notamment de crédits d'impôt, de prêts à taux zéro ou de bonus, afin d'encourager la rénovation des logements ou le remplacement des vieux véhicules diesel par des voitures électriques.

Cette loi fait-elle pour autant de la France " la nation de l'excellence environnementale " vantée par Mme Royal ? Tout dépendra des décrets d'application – les premiers seront publiés " dès la rentrée 2015 ", promet la ministre –, mais surtout de deux dispositifs de pilotage qui permettront la mise en œuvre concrète de la transition énergétique.

Délais jugés trop serrés
D'abord, la stratégie nationale bas carbone, qui doit fixer, par décret et par périodes de cinq ans, les " budgets carbone " – c'est-à-dire les plafonds d'émissions à ne pas dépasser – dans les différents secteurs d'activité, transports, bâtiments, industrie ou agriculture.

Ensuite, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui, arrêtée elle aussi par décret, déterminera la trajectoire à suivre pour les différentes filières énergétiques. C'est elle qui permettra d'atteindre, ou non, les objectifs en matière de renouvelables et de nucléaire. La première PPE doit couvrir la période 2016-2018, ce qui aurait nécessité qu'elle soit établie avant la fin de cette année. Or, un amendement gouvernemental repousse sine die cette programmation, les délais étant jugés trop serrés. Les " consultations " seront seulement " engagées avant le 31 décembre 2015 ", même si la ministre promet que le document sera finalisé " le plus rapidement possible ".

Au final, " le projet de loi donne un cap utile et fixe des objectifs intéressants, mais l'essentiel reste à faire ", réagissent le Réseau action climat et le Réseau pour la transition énergétique. A leurs yeux, " décaler la publication de la première PPE, c'est reculer encore le moment des choix et c'est un très mauvais signal à quelques mois de la COP21 ".

Pierre Le Hir

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Novembre 2015

Quand certains abusent encore de leur position pour oublier la démocratie

Décidément, le fait que certains abusent de leur fonction pour s'en mettre plein les poches avec de l'argent public, me dépasse... Jean-Claude Casanova est la dernière pourriture en date !

Et hop, on paie quelqu'un 500 000Euros ! On s'en fout, ce n'est pas son pognon ! Le contribuable ? On s'en tape : il n'y connait rien et n'est au courant de rien non plus, alors, pourquoi se priver ?

Il est temps de montrer que notre pays est le royaume de la démocratie, et, qu'à ce titre, on ne doit pas dépenser l'argent public sans compter et sans, c'est le plus important, faire en sorte que la rémunération ne paie réellement les talents de l'employé !

M. Hervé Crès avait aussi dans ses attributions de surveiller M. Descoings. Las, là aussi, un simple rappel à la Loi lui sera infligé...

Les juges eux-mêmes se transforment régulièrement en complice des pourris en transformant des circonstances atténuantes en circonstances exonératoires ! Cela ne peut être toléré et doit donc cesser !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Juillet 2015

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Nouvel épisode dans l'affaire des salaires de Sciences Po
Jean-Claude Casanova est renvoyé devant la Cour de discipline budgétaire et financière
L'affaire Sciences Po " s'engage probablement dans sa dernière ligne droite. Après avoir débuté en 2012 avec le scandale des rémunérations de l'ancien directeur de l'école parisienne, Richard Descoings, son décès soudain en avril 2012 à New York, le rapport sévère de la Cour des comptes sur sa gestion, puis sa succession interminable, elle devrait s'achever, en 2016, par le jugement de Jean-Claude Casanova.

Selon nos informations, le parquet général près la Cour des comptes vient de décider de renvoyer le président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), chargée de la gestion de l'institut d'études politiques, devant la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF).

Il est reproché à Jean-Claude Casanova d'avoir procuré à Richard Descoings un avantage financier sans aucune base légale. Le salaire de M. Descoings, 505 806 euros en 2011, était " hors de proportion avec celui que perçoivent en France les dirigeants d'établissements publics d'enseignement supérieur ", avait relevé la Cour des comptes dans son rapport de 2012. En outre, il n'a été décidé " que sur sa seule proposition ", sans délibération du conseil d'administration que M. Casanova préside. Bref, celui-ci " n'a pas fait son job, selon une source proche du dossier. Sa responsabilité est engagée, avec une forte probabilité qu'il soit condamné ". La CDBF ne prononce que des amendes, qui peuvent aller jusqu'à cinq chiffres cependant, accompagnées de la publication de l'arrêt.

Révélée fin 2011, cette affaire avait plongé l'école de la rue Saint-Guillaume dans une crise sans précédent. Peu de temps après le scandale provoqué par la révélation de la rémunération de Richard Descoings et des principaux dirigeants de Sciences Po (dont sa conjointe), le décès brutal du directeur, à 53 ans, dans un hôtel de New York, avait donné une tournure tragique à la crise.

" Gestion défaillante "
S'ensuivit une succession rocambolesque, ponctuée d'intrigues, de coups de théâtre et de règlements de comptes. Cornaqué par Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau, alors président du conseil de direction de l'institut d'études politiques, le processus qui devait conduire Hervé Crès, directeur par intérim, à la tête de l'établissement, s'est heurté à la fermeté de Geneviève Fioraso, alors ministre de l'enseignement supérieur.

En novembre 2012, celle-ci bloque le processus, dans l'attente du rapport que la Cour des comptes achève sur la gestion de l'établissement entre 2005 et 2010, l'apogée du règne de Richard Descoings. La ministre ne veut pas que le nouveau directeur soit impliqué dans la " gestion défaillante " que la Cour a découverte.

Ce fameux rapport est le fond de scène de cette tragédie. Particulièrement sévère, il dénonce une " gestion laxiste " de Sciences Po, des " irrégularités récurrentes " et une certaine munificence dans l'utilisation des fonds publics. La rémunération de Descoings en est l'exemple le plus éclatant.

Finalement, M. Casanova en répondra seul devant la Cour. Ce renvoi est " la conséquence normale du rapport d'avril 2014 - celui établi par Alain Hespel, magistrat à la Cour des comptes, chargé d'instruire l'affaire - ", déclare M. Casanova au Monde. " Je suis content que cette affaire se dénoue avant mon départ de la FNSP en décembre ou février 2016. J'exposerai avec confiance les positions de droit et de fait de la FNSP. ".

Cinq anciens directeurs de Richard Descoings étaient aussi visés par l'instruction de la CDBF. Mais aucun ne sera renvoyé. Seul Hervé Crès, directeur adjoint de Sciences Po Paris de 2008 à 2012, chargé des études et de la scolarité, se voit notifier " un rappel à la loi ". Jeudi 23 juillet, il déclarait cependant ne rien avoir reçu. M. Crès était chargé de la gestion du service des enseignants sous statut public. Or, en 2012, la Cour des comptes avait pointé " des irrégularités multiples et récurrentes " dans cette gestion : des heures de cours " comptabilisées pour deux, trois ou quatre heures " ; des décharges rémunérées pour des enseignements complémentaires...

Mais pour M. Crès comme pour les autres personnes mises en cause, " il n'y a pas d'actes, de documents qui engagent leur responsabilité ", indique cette même source. " A Sciences Po, c'est Richard Descoings qui signait tout. Un drôle de système, très personnel. " Malgré le tournant décisif que prend aujourd'hui l'" affaire Sciences Po ", l'histoire n'est peut-être pas terminée. " Ils auront un mal de chien à faire condamner Jean-Claude Casanova, estime un observateur averti, qui requiert l'anonymat. La moitié de la CDBF, souvent considérée comme excessivement révérencieuse, est composée de conseillers d'Etat, ceux-là mêmes qui ont si souvent dirigé Sciences Po… A commencer par Richard Descoings et l'actuel directeur, Frédéric Mion. La Cour elle-même avait des liens étroits avec l'établissement parisien : l'ancienne patronne du parquet général de la juridiction - Hélène Gisserot - était membre de la commission des rémunérations de l'école… "

L'autre écueil qui menace la procédure est une sorte de jurisprudence qui tend à se développer, au moins dans les affaires financières. Les magistrats ont de plus en plus tendance à " transformer les circonstances atténuantes en circonstances exonératoires ", relève cette personne. Comme si les " faits d'armes " ou l'âge de celui qui répond d'infractions devant la CDBF suffisaient en eux-mêmes à passer l'éponge sur tout le reste.

" Tel prévenu, poursuit cette même source, est un “grand monsieur” ayant exercé des missions “bien difficiles”, ce qui justifie aux yeux des juges qu'il soit relaxé. Cela n'a aucune base légale. Mais Jean-Claude Casanova, économiste et intellectuel de 81 ans, président de la FNSP, directeur de la revue Commentaire, pourrait en bénéficier. "

Hasard ? Le parquet général près la Cour des comptes a semble-t-il décidé de rompre avec cette dérive en demandant au… Conseil d'Etat de rappeler que cette complaisance est illégale. L'occasion pourrait en être le pourvoi d'une récente affaire de versements irréguliers de primes au sein de l'Assistance publique, dans laquelle les prévenus ont été relaxés.

La suite reste donc à écrire. Le dossier est désormais " inscrit au rôle ". C'est au président de la Cour des comptes, Didier Migaud, de choisir une date d'audience afin que la CDBF examine le nouveau volet de l'" affaire Sciences Po ".

Benoît Floc'h

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Novembre 2015

Quand une mesure représente le Canada-Dry de la Démocratie

Ca a le goût de la démocratie, l'odeur de la démocratie, mais ce n'est en rien de la démocratie !

En effet, la base de la démocratie est supportée par l'information. Quand l'information est à ce point coupée d'une mesure, où est l'intérêt général ?

Oui, tout connaître de son élu peut être attentatoire aux libertés individuelles de ces élus. Cependant, ces députés, en étant représentant du peuple, se doivent d'être transparents vis à vis du peuple qu'ils sont censés servir !

S'ils jugent ces mesures attentatoires, ils sont libres de choisir un autre métier où cette obligation n'est pas de mise !

Cette mesure de rendre public, mais de cacher ce qui est rendu public, ne sert en rien l'intérêt général. Au contraire : elle relève d'une volonté de ces élus, qui ont voté une Loi pour défendre leurs propres prérogatives, de tenter de cacher un patrimoine dont le citoyen a le droit le plus fondamental de connaître la provenance. En effet : quoi de mieux que l'information peut permettre d'empêcher un élu de se servir de ses fonctions pour s'enrichir indûment en ne payant pas les impôts dus à notre pays ?

L'affaire Cahuzac est d'abord une affaire journalistique ! Dès lors, comment effectuer une enquête sur le patrimoine d'un élu si on ne peut pas prendre de notes ? Comment effectuer un travail de vigie alors qu'une Loi va à l'encontre de cette vigie interdisant la publication d'informations sous peine d'une amende de 45 000 Euros ?

Comment peut-on ne pas s'offusquer que l'on ait pu prendre une Loi avec une telle amende pour protéger des élus qui sont à la source de cette Loi ?

Le conflit d'intérêt est là et bien là puisque ce sont des élus qui ont voté une Loi pour les protéger eux-mêmes ! Où est la démocratie dans ce texte ? Où est le pouvoir du peuple par le peuple ?

Ce texte est une honte et ne sert pas la démocratie ! Il aurait pu être fait par un monarque autocratique. Le problème c'est qu'en 1789, les monarques ont mal fini...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Juillet 2015

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Déclaration de patrimoine " off the record "
Depuis le 10 juillet, les citoyens ont le droit de consulter en préfecture les situations patrimoniales de leurs élus
La déclaration de quoi ? " Manifestement, les standards et accueils des préfectures n'ont pas encore été informés. Cela ne fait qu'une dizaine de jours (depuis le 10 juillet) que ces administrations offrent un nouveau service aux citoyens : la mise à disposition des déclarations de situation patrimoniale des parlementaires.

Pour les consulter, nul besoin d'être électeur de la circonscription. Il faut simplement être inscrit sur les listes électorales et prendre rendez-vous dans la préfecture du département d'élection du parlementaire, conformément aux dernières lois sur la transparence de la vie publique, votées après l'affaire Cahuzac, en septembre 2013. Des documents publics mais non publiables, au risque d'être condamné à une peine de 45 000 euros d'amende. Concrètement, cela signifie que l'on peut tout savoir des patrimoines des élus, mais qu'on ne peut pas en parler. Une législation un peu absurde, d'autant plus au regard des conditions dans lesquelles s'opèrent ces consultations à la demande.

Pour expérimenter la mesure, nous nous sommes rendus dans quatre préfectures d'Ile-de-France afin de consulter différentes déclarations de députés et de sénateurs. D'abord, suivre à la lettre le mode d'emploi de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui centralise – et contrôle – les déclarations. Premier essai dans les Hauts-de-Seine, pour consulter les documents de Patrick Balkany, député Les Républicains et maire de Levallois-Perret, mis en examen pour " blanchiment de fraude fiscale ", " corruption " et " blanchiment de corruption ".

" Vous disposez d'une heure "
Au standard téléphonique de Nanterre, comme dans la plupart des préfectures, un premier tri automatique oriente les demandes. Mais, à l'injonction " prononcer le nom du service demandé ", il est inutile de s'escrimer à articuler " dé-cla-ra-tions-de-pa-tri-moines " au serveur vocal qui n'a " pas compris votre demande "… Au bout d'un instant, la première interlocutrice humaine qui décroche est désarçonnée.

" Ah… Mais je ne sais pas si on peut consulter ça sur Internet, madame.

– Non, justement, c'est uniquement en préfecture et sur rendez-vous.

– Ah d'accord. - A ses collègues - La dame dit que c'est en préfecture et sur rendez-vous ! Du coup, c'est quel service ? "

Une bonne dizaine de minutes d'errance téléphonique plus tard, la demande atterrit au service des élections, qui octroie un rendez-vous rapide, pour le lendemain. Une fois sur place, les modalités diffèrent selon les préfectures. Dans les Hauts-de-Seine, quelqu'un vient à votre rencontre le dossier sous le bras et vérifie vos papiers avant toute chose ; dans l'Essonne et en Seine-Saint-Denis, on vous laisse monter tout seul au service ad hoc, loin des salles surchauffées et des files d'attente interminables d'étrangers sollicitant des titres de séjour.

A Nanterre, les consignes sont données dès les premiers instants, juste avant de pénétrer dans un bureau exigu : " Vous disposez d'une heure. Pas de note, pas de photo et pas d'enregistrement audio, ce qui veut dire que votre consultation sera astreinte au silence. " A Evry, le ton est encore plus ferme et la responsable ajoute à trois reprises que " sinon, c'est 45 000 euros d'amende ". C'est d'ailleurs elle qui vous désigne la chaise sur laquelle prendre place – celle-là et pas une autre – après vous avoir prié de laisser le sac à distance et le téléphone portable dans une petite boîte en carton. Ici, les choses sont prises très au sérieux et, dans un deuxième temps, on nous demandera même de retirer notre montre, sait-on jamais.

Quinzaine de pages
En Seine-Saint-Denis, à Bobigny, les fonctionnaires préfèrent en plaisanter : " Je devrais presque vous fouiller, de nos jours on peut cacher une petite caméra dans les lunettes ! " Les consignes ont été données en haut lieu par les préfets et, par mesure de sécurité, certaines administrations vont même jusqu'à faire signer un document attestant que l'on a bien pris connaissance de la législation en vigueur.

Ce n'est qu'une fois toutes ces formalités passées que l'on peut accéder au dossier. Une liasse d'une quinzaine de pages que les responsables de service doivent télécharger à la demande sur le site de la HATVP grâce à une clé cryptée, puis détruire – ou conserver sous verrou – une fois la consultation terminée. On ne vous laisse d'ailleurs jamais seul en sa présence, quitte à ce qu'un agent reste assis juste à côté pendant tout le temps – " Je suis désolée mais je dois vous surveiller… ", s'excuse-t-on à Paris.

Une mobilisation de temps et de moyens humains supplémentaires dans des services où l'on imagine mal voir débarquer des vagues d'électeurs portés par cette " démarche citoyenne ". D'ailleurs, à part quelques journalistes ou opposants politiques, personne ne semble s'être précipité dans les préfectures…

Cela aurait été sûrement ingérable dans l'Essonne, où on ne peut consulter qu'une déclaration par rendez-vous. A Paris, c'est deux, mais à condition de les avoir demandées à l'avance alors qu'en Seine-Saint-Denis, on vous en montre autant que vous voulez durant l'heure impartie. Sur les cinq que nous avons consultées (Christophe Caresche, Claude Bartolone, Eliane Assassi, Serge Dassault et Patrick Balkany), certaines sont sans surprise, d'autres se lisent avec une étonnante rapidité ou, au contraire, sont riches de mille détails impossibles à mémoriser.

Restrictions de publicité
Sans pouvoir prendre la moindre note de tout cela, comment le citoyen peut-il exercer son rôle de " lanceur d'alerte " et saisir la HATVP " en cas de doute ", comme l'invite à faire le gouvernement ? Certes, la Haute Autorité a déjà fait une importante part du travail de contrôle. En préambule de certains dossiers – dont ceux de M. Balkany et M. Dassault –, elle a d'ailleurs inséré une note pour préciser quand elle avait eu un " doute sérieux " sur la déclaration et donc saisi la justice. De plus, certaines préfectures n'hésitent pas à proposer un nouveau rendez-vous pour consulter une seconde fois.

Malgré tout, ces restrictions de publicités, outre leur côté contraignant, s'avèrent contre-productives. En votant ces mesures, les parlementaires voulaient prévenir le risque d'une dérive vers une " démocratie paparazzi " ; au final, elles ne nous donnent que plus l'impression de regarder par le trou de la serrure.

Hélène Bekmezian

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Novembre 2015

Eleveurs : dépensons moins et recentrons-nous sur le haut de gamme

Face à la crise des éleveurs, la France a pris beaucoup de mesures qui forment des dépenses supplémentaires pour l'Etat... qui est déjà en déficit chronique (baisse des charges, aides à la trésorerie des exploitants, etc.).

Le problème est connu : la France souffre de la concurrence, sur le bas de gamme, des Allemands (entre autres) qui offrent des produits moins chers car sortis d'exploitations bien plus grandes avec des salaires aussi plus bas car payés à des personnes issues de l'immigration.

On essaie donc de se battre sur un marché bas de gamme où d'autres pays ont d'ores et déjà des avantages indéniables par rapport à nous.

Je pense qu'on aurait tort d'essayer de se battre sur ce marché. Il me semble, au contraire, beaucoup plus judicieux, de réduire fortement la taille de nos exploitations en élevant moins de bêtes, mieux et plus longtemps afin de gagner en qualité et monter en gamme. Laissons les supermarchés se fournir dans des pays à plus faible qualité et recentrons notre pays sur notre véritable savoir-faire : la bonne bouffe en élevant des poulets fermiers et des cochons suffisamment longtemps pour que la viande soit bonne et pas bourrée aux antibiotiques !

Après, rien n'empêche notre pays de taxer plus lourdement les produits carnés bas de gamme, histoire que notre pays puisse constituer une véritable référence sur la viande et sur son savoir faire.

Dans cette mesure, nous avons tout à gagner : une hausse générale de la qualité, la lutte contre la malbouffe et la survie de nos paysans. Cerise sur le gâteau : un gage de qualité pour ces mêmes paysans auxquels on pourra redonner la fierté de produire de la qualité et pouvoir reconnaître la plus-value de la France en la matière !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Juillet 2015

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Un plan d'urgence pour les éleveurs
L'Elysée promet de nouvelles aides alors que les acteurs de la filière ne parviennent pas à s'entendre
François Hollande n'a pas souhaité prendre le risque d'une extension de la contestation: il a annoncé un plan d'urgence en faveur des agriculteurs, mardi matin. Celui-ci, décidé lors d'une entrevue avec le ministre Stéphane Le Foll, lundi après-midi, devait être évoqué avec Manuel Valls lors de son déjeuner hebdomadaire à l'Elysée, puis finalisé mardi pour être annoncé au conseil des ministres de mercredi.

Ce plan, à en croire un conseiller ministériel, devrait comporter " des mesures conjoncturelles, censées aider les éleveurs concernés, producteurs de lait ou de viande, à résoudre leurs difficultés de trésorerie pour payer impôts et charges sociales. Ce serait de l'argent débloqué ou des remises et tolérances acceptées dans le paiement des différentes taxes ", dans une ampleur et une durée qui devaient être fixées aujourd'hui. Le dispositif comportera également des mesures structurelles sur les prix. " C'est sur cette base que l'Etat mettra la pression sur les industriels et les distributeurs ", poursuit ce conseiller. Sont également évoquées des aides à l'export ou une priorité donnée aux produits français dans les cantines publiques.

Dès lundi, la droite est monté au créneau, de François Fillon à Nicolas Sarkozy en passant par Alain Juppé. De son coté, Bruno Le Maire s'est rendu sur un barrage routier à Caen. " Notre agriculture et nos paysans sont en train de mourir donc il y a urgence à réagir ", a déclaré le député de l'Eure des Républicains (LR). Sur place, les manifestants réclament toujours la venue du ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll. Ce dernier leur a proposé de les recevoir jeudi à Paris, quand il aura pris connaissance du rapport que le médiateur des prix, qu'il a désigné, doit lui remettre mercredi à 17 heures.

Qui manifeste ?

Vendre leur production à un meilleur prix pour les sortir de la crise : voilà en substance ce que réclament les éleveurs qui manifestent depuis le mois de juin contre la faiblesse des prix de vente. Ils accusent les autres acteurs de la filière (transformation, distribution, etc.) d'avoir fait chuter les prix au point d'étrangler leurs moyens de subsistance. " Les éleveurs français n'ont plus de revenus. Ils sont incapables de régler les échéances bancaires ", s'alarmait ainsi en juin, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine.

Si le mouvement a été initié par des producteurs de la filière bovine, ils ont été rejoints depuis peu par les éleveurs de porcs et de vaches laitières. Toutes filières confondues, 10 % des élevages seraient en difficulté financière estimait ainsi, vendredi, le ministère de l'agriculture.

Le prix du litre de lait s'est effondré en décembre 2014, la tonne étant payée 300 euros, une " crise mondiale liée au marché du beurre, de la poudre de lait, à la fin des quotas et à la contraction des grands marchés ", évoque M. Le Foll. Concernant le bœuf, le ministre parle d'" un problème plus national, la consommation évolue " qui fait que le prix d'achat du produit baisse, comme pour le porc.

L'accord du 17 juin

Dans ce contexte tendu par des mouvements de contestation à répétition, le ministère a réuni l'ensemble des acteurs de la filière et le 17 juin fixant un cadre de hausse des prix. Seuls la grande distribution et les industriels de la filière bovine avaient accepté de payer 5 centimes de plus par kilo de carcasse acheté dès le 18 juin, et d'augmenter les prix de ce même montant toutes les semaines jusqu'à ce que le prix d'achat aux éleveurs couvre les coûts de production. Selon le président de la Fédération nationale bovine, le coût d'achat moyen de la carcasse est de 3,7 euros le kilo pour un coût de production de 4,5 euros le kilo. L'accord du 17 juin devait donc permettre de combler en quelques semaines le différentiel existant.

Un mois plus tard, les accords n'ont été que très sommairement mis en application : des augmentations substantielles ont été pratiquées sur les prix d'achats de la viande mais elles restent inférieures aux sommes prévues par l'accord : le bœuf n'a été revalorisé que de 7 centimes le kilo sur un mois (contre une hausse de 5 centimes par semaine prévue dans l'accord).

La réponse des industriels et distributeurs ?

Les acteurs de la grande distribution ont assuré, lundi, avoir respecté leurs engagements. " Nous avons augmenté comme prévu les prix de 5 centimes chaque semaine. Simplement, visiblement, ça ne redescend pas. (…) Il faut que ce que nous avons fait se répercute sur les éleveurs ", indique Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution.

Certaines enseignes, comme LIDL France qui s'est exprimée par l'intermédiaire de son responsable des achats Michel Biéro, engagent, elles, directement la responsabilité des industriels auprès desquels l'enseigne se fournit. " Nous, on leur paye 10 centimes de plus sur chaque produit depuis deux semaines, et les éleveurs n'en ont reçu que deux. Les industriels se font du gras sur notre dos et c'est sur nous que s'abat la colère des éleveurs alors que nous avons tenu nos engagements ", ajoute-t-il.

Dès la signature de l'accord en juin, les différents acteurs de la filière bovine avaient accepté le principe d'une médiation sur la mise en œuvre de celui-ci. Pour Stéphane Le Foll, celle-ci devrait permettre de " savoir qui a joué le jeu " parmi les distributeurs et industriels.

Services Economie et France

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Publié le 4 Novembre 2015

Que Chris Froome démontre qu'il n'est pas dopé !

Cet article demande, de façon bien entendu ironique, que Mr Chris Froome démontre qu'il est propre. Malheureusement, ses chiffres tendent largement à démontrer le contraire, une puissance supérieure à 410 Watts, étant jugée plus que suspecte.

Et si Mr Chris Froome prenait M. Antoine Vayer au mot ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Juillet 2015

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RADAR|

" Chris, prouve-nous qu'on peut aussi croire en toi "

Nous souhaitons tous la transparence. Chris, tu vas nous faire la démonstration facile que les soupçons qui pèsent sur tes performances et ton éventuelle fraude technologique sont infondés. Tu vas reproduire, mais cette fois avec vérification systématique de ton moyeu arrière, sur nos deux derniers radars de La Toussuire (18 km à 6,15 %) le 24 juillet et le lendemain dans les 21 lacets de l'Alpe d'Huez (13,8 km à 8,09 %) ce que tu sais si bien faire : lâcher tes adversaires en passant de 20 km/h à 30 km/h, à une puissance instantanée de plus de 1 000 watts et en maintenant une cadence de pédalage de plus de 110 tours par minute pendant quelques secondes, puis, à moins de 160 battements cardiaques, développer plus de 420 watts en moyenne sur ces montées que tu peux boucler en 43 minutes pour la Toussuire et 38'30'' pour Huez.

C'est ta marque de fabrique. Elle a déjà stupéfié plus d'un million de personnes qui ont visionné la vidéo que nous avons postée de ta montée du Ventoux lors du Tour 2013 avec tes chiffres magiques en incrustation. Tu te dis plus en forme qu'il y a deux ans et " clean ". Donc, tu vas leur prouver que c'est " normal ", sans moteur.

Le bruit est trop assourdissant dans la caravane du Tour et chez tes pairs dégoûtés de ta supériorité. Comme pour le dopage, où on ne chercherait pas les bons produits au bon endroit, il se murmure que ce n'est pas dans le tube horizontal que se logerait un système d'aimants qui se rechargerait et qui serait actionné par bluetooth à volonté. Il faut faire taire cette rumeur ridicule. Aide-nous, Chris.

Car certains de tes rivaux, qui répandent la rumeur, le sont, eux, " transparents ". Des jaloux ? Leur bilan pyrénéen sur nos deux premiers radars (La Pierre-Saint-Martin et Beille) est édifiant. Le tenant du titre, Nibali, en est à 392 watts étalon. Contador, vainqueur en 2007 et 2009, à 400. Pinot à 368. Bardet à 356. Quintana affiche 409 (son équipe, Movistar, avec Valverde, nous soucie un peu, il est vrai). Mais pour l'heure, ils sont tous en deçà du seuil de la " suspicion " des 410 watts. L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) semble faire son boulot de manière de plus en plus efficace. Le peloton est plein de coureurs sains, qui ont compris. Mais l'AFLD n'a pas les compétences pour vérifier le matériel.

Dans La Pierre-Saint-Martin, nos radars t'ont flashé à 429 watts étalon. 29'50'' jusqu'au col de Labays dans la partie basse de l'ascension avec à la clé un record du col du Soudet qui appartenait à Hamilton pulvérisé de 2'30'' grâce à tes équipiers, ce n'est pas banal. Tu t'es même permis le luxe de ralentir dans le dernier kilomètre. Avec 412 watts dans le plateau de Beille deux jours plus tard, tu n'as sans doute pas voulu trop en faire sous la pluie en suivant ton équipier Thomas, ce petit nouveau. Tu as trop d'avance au classement général.

Mais maintenant, vélo et roues contrôlés, lâche-toi ! Comme tu l'as fait à Ax et au Ventoux en 2013, comme dans le col de la Madone, vers Monaco où tu habites et où tu as battu le record d'Armstrong à l'entraînement avec 472 watts étalon. Tu es " le vélo de demain ", dit-on. Prouve-le, Chris.

Greg LeMond, triple vainqueur du Tour, fait partie des sceptiques : " Du jamais-vu, tous sports confondus. Si Froome a un tel talent et un moteur physique si prodigieux, ce serait l'athlète le plus remarquable et talentueux que le cyclisme ait jamais connu. Il faudra voir s'il confirme. " Alors confirme, Chris.

Le choix est cornélien car si tu lâches les chevaux, tu risques, au bilan final des radars, de rejoindre Armstrong et Ullrich dans la catégorie des " miraculeux " à plus de 430 watts de moyenne.

Tu n'as pas contrevenu aux règles en ayant pris parfois des corticoïdes, du tramadol, en t'étant injecté des acides aminés, on sait. Rassure-nous, Chris. Montre-nous que tu es exceptionnel, comme le dit ton manager, qui a oublié ton poids, Brailsford. Fais péter les watts, en cadence. Vava Froome !

Post-scriptum : amis de l'UCI - Union cycliste internationale - , merci de vérifier le vélo et les moyeux de Chris avec les bons outils thermiques, lors des étapes de La Toussuire et de l'Alpe d'Huez.

par Antoine Vayer, ex-entraîneur de festina

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Publié le 3 Novembre 2015

La construction européenne doit venir du peuple !

On parle dans ce texte que tout serait plus simple s'il y avait un budget européen. Le problème c'est que les peuples sont plus que méfiants envers l'Europe, alors pourquoi et comment essayer de leur faire avaler ça, en plus ?

Il faut arrêter, de la part de nos politiques, de ne pas écouter la voix du peuple en leur faisant avaler des décisions sans leur demander leur avis : c'est le meilleur moyen qu'ils se rebiffent à terme ! Il faut arrêter l'idéologie consistant à toujours donner plus de pouvoirs à l'Europe sans poser la question aux peuples quant à leur véritable désir de fonder une Nation Européenne.

Remettons le peuple au centre de l'Europe ! C'est par là, et seulement par là, que se jouera son avenir.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Juillet 2015

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En France, la tentation fédérale en butte à l'eurosceptiscime généralisé
Les europhiles imaginent sans trop y croire l'approfondissement de la zone euro
Un très mauvais accord, même s'il évite le pire ", commente l'écologiste Daniel Cohn-Bendit. " Un jeu à somme négative dans lequel tout le monde a perdu ", soupire le centriste Jean-Louis Bourlanges. Pour les plus anciens et les plus fervents partisans de la construction européenne, comme ces deux ex-députés européens, la négociation du week-end du 12 juillet sur le nouveau plan d'aide à la Grèce a certes permis d'éviter à Athènes une sortie de l'euro, dont la plupart ne voulaient pas entendre parler. Mais elle a mis en lumière les failles de l'intégration européenne.

Chez ces europhiles, c'est l'inquiétude qui domine. Contraints d'affronter depuis des années le fort vent d'euroscepticisme qui souffle sur le continent, alimenté par la montée des aspirations identitaires et des partis xénophobes, ils doutent de la capacité – et de la volonté – des responsables politiques à consolider un édifice européen dont la fragilité est apparue au grand jour. " On a fait probablement le plus difficile - en évitant un " Grexit " - , mais il va falloir tenir la distance, avec ténacité et constance, pour sauver la Grèce et sauver le projet politique européen ", souligne Elisabeth Guigou, présidente (PS) de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et ancienne ministre des affaires européennes (1990-1993).

Chef de file des députés français du groupe du Parti populaire européen (PPE), Alain Lamassoure voudrait pour sa part mettre à distance le cas de la Grèce dont le " modèle ", selon lui, est celui d'un " pays en transition plutôt que d'un pays développé européen " et " qui n'est pas en mesure de respecter les règles européennes ". " Il y a trois ou quatre ans, le problème grec mettait en cause la zone euro. Aujourd'hui, le problème grec est un problème pour la Grèce. C'est une très bonne nouvelle. Full stop ! ", tranche l'ancien ministre des affaires européennes (1993-1995), qui invite à " laisser retomber le soufflé politico-médiatique ".

M. Bourlanges, qui se dit " profondément frustré ", est beaucoup plus pessimiste sur l'impact des dernières négociations : " La Grèce est embarquée dans une aventure impossible, avec une politique menée par un premier ministre qui n'y croit pas. L'Europe du Nord a dû consentir à éviter le “Grexit” au prix d'une montée de la défiance à l'égard des pays du Sud qui est épouvantable. Et en France, on s'est réjoui indûment d'avoir fait passer un compromis qui n'est bon pour personne. "

Fonctionnement " irrationnel "
" Depuis l'arrivée de Tsipras, poursuit-il, on a voulu négocier. C'est-à-dire mégoter, mentir et, pour finir, humilier. La vraie méthode, celle de l'âge classique de la construction européenne, aurait consisté à chercher d'abord un consensus de raison, en définissant un modèle économique pour la Grèce qui soit compatible avec son maintien dans la zone euro. Et, en l'absence de consensus, à étudier les conditions d'un “Grexit” qui ne fragilise pas la zone euro et ne soit pas une catastrophe pour la Grèce. "

S'ils apprécient différemment les conséquences sur l'Union européenne du sort de la Grèce, tous se rejoignent sur un plaidoyer en faveur d'une plus forte intégration économique et politique au sein de la zone euro. " Faire un plan de sauvetage en deux nuits blanches… Le fonctionnement de l'Europe est irrationnel, inefficace et dangereux ", constate M. Cohn-Bendit, qui déplore que la monnaie unique soit " gérée par la coopération intergouvernementale, faute de l'arme nécessaire, qui serait un budget européen ".

" Si ce budget était porté de 1 % à 10 % du PIB, le problème de l'aide à la Grèce serait soumis à une Commission européenne, un Conseil européen et un Parlement européen ", souligne-t-il, en rappelant que le budget fédéral des Etats-Unis est supérieur à 20 % du PIB. " La grande faiblesse de l'Union européenne, c'est le gouffre qui existe entre ses compétences juridiques et la taille infinitésimale du budget communautaire ", constate également M. Lamassoure. " Ce qui manque, c'est une autorité politique et morale unique qui définisse une politique cohérente pour la zone euro ", note M. Bourlanges. " Il faut un budget de la zone euro, et donc un Parlement de la zone euro ", renchérit Mme Guigou, qui souhaite également que des plans ambitieux en faveur du numérique et des énergies renouvelables viennent " donner de la visibilité " à ce budget européen, afin de " favoriser l'acceptation par les peuples ".

Car il reste à convaincre les peuples… et leurs dirigeants. " Si on veut pouvoir garder de la souveraineté, il faut la partager. Il faudra avoir le courage d'animer le débat public sur cette question, sans quoi on sera envahi par les nationalismes ", souligne Mme Guigou, qui estime que " c'est l'absence de perspective qui nourrit les peurs ". Instruit par l'expérience, M. Lamassoure craint que " les représentants des gouvernements freinent des quatre fers " sur la gouvernance de la zone euro. " On verra le degré de volonté politique des uns et des autres ", ajoute-t-il. " Je n'arrive pas à identifier des gouvernants ou des forces politiques capables de jouer aux “grands” de l'Europe comme dans le passé ", s'inquiète M. Cohn-Bendit.

Jean-Baptiste de Montvalon

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Publié le 2 Novembre 2015

L'hypocrisie Française sur le dopage

Voici un super article où l'on prend véritablement en compte toute l'hypocrisie sur le dopage, en France, comme ailleurs...

Tout le monde sait qu'il existe mais tout le monde ferme les yeux à moment ou à un autre, particulièrement ou l'enjeu de lutte contre des préjudices à l'intégrité humaine vont eux même à l'encontre de préjudices économiques.

En clair et en bref, peu importe qu'il y ait des morts et des blessés du moment où le fric peut continuer à faire vivre les coureurs et les sponsors...

Rien n'est plus important que la vie et l'intégrité humaine ! Cela doit être et rester le crédo car le fric ne sert à rien à ceux qui sont dans leur tombe !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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OMNISPORTS

Le grand gâchis antidopage
La première loi contre le dopage a été promulguée en France en 1965. Cinquante ans plus tard, ses missions sont sabordées par le mouvement sportif et le pouvoir politique
La lutte antidopage est par définition une course-poursuite : après un tricheur, un réseau de pourvoyeurs, une substance illégale. Un marathon qui vient de dépasser le demi-siècle d'existence et qui aurait bien besoin d'un petit remontant pour soulager ses handicaps. L'antidopage traîne en effet des boulets depuis qu'il s'est vautré sur sa ligne de départ, en 1965, avec la première loi française définissant le dopage.

Pour raconter le passé – qui éclaire le présent –, il faut un historien. En France, il n'y en a qu'un : le docteur Jean-Pierre de Mondenard, qui a l'avantage d'avoir " vécu le sport de l'intérieur " quand il était médecin-contrôleur, dans les années 1970, notamment sur le Tour, avec ce qu'il faut de pressions, d'intimidations, d'isolement sur le terrain des opérations. Le personnage est singulier : bourru, pinailleur, obsédé par le terme juste et par un combat d'arrière-garde, diront ses détracteurs ; un pisse-vinaigre qui replace une réalité gênante en face des trous.

L'encyclopédie du dopage se trouve chez lui, un pavillon discret de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne). Tout l'envers du sport y est classé, fiché, révélé. Par disciplines sportives, par dates, par substances, par étagères, dans des classeurs. Même si on s'est parfois -moqué de lui, personne n'a pu mettre en défaut ses trente-cinq années de travail, livres, chroniques, interventions médiatiques, autant de pièces d'un puzzle gigantesque et unique qui constituent une lecture saisissante une fois rassemblées. Rencontre.

" Des hormones associéesaux vitamines… "
La naissance de l'antidopage " a été motivée par le nombre élevé d'accidents et de décès de sportifs, relayés par la presse de l'époque et dus principalement à l'absorption de stimulants, commence Jean-Pierre de Mondenard. Les amphétamines causaient de sacrés dégâts ". Il cite les noms d'une douzaine de sportifs morts dans les années 1950, exhume des coupures de presse, des alertes de médecins, évoque le cysliste Jean Malléjac, qui a frôlé la mort sur les pentes du Ventoux en 1955, là où Tom Simpson mourra douze ans plus tard dans des circonstances analogues, ou encore le pistard danois Knud Jensen, tombé dans le coma lors d'un contre-la-montre pendant les Jeux de Rome en 1960. Des signes… avant-coureurs. " C'est le cyclisme qui a été à l'origine de cette prise de conscience. " C'est le -cyclisme qui servira de paratonnerre pendant quarante ans.

Paradoxalement, la société civile de l'époque louait ouvertement les vertus des stimulants quand quelques dirigeants de sport voulurent y mettre fin. " D'innombrables publicités d'alors vantaient les bienfaits des amphétamines, poursuit-il. Tenez, cette “réclame” en 1962 pour le Maxiton, des laboratoires Delagrange, qui jure que cette amphétamine “constitue une assurance-vie pour l'automobiliste” pour éviter l'assoupissement au volant. "

Sous l'égide de Maurice Herzog, alors haut-commissaire à la jeunesse et aux sports et alpiniste de renom (pour qui l'amphétamine n'était d'ailleurs pas inconnue), le premier colloque européen sur le " doping " se tiendra en janvier 1963 à Uriage-les-Bains (Isère). S'y retrouveront médecins, pharmacologues, toxicologues, sportifs, journalistes… " Le compte rendu sera publié un an plus tard dans l'organe officiel de la Société médicale française d'éducation physique et de sport, reprend Jean-Pierre de Mondenard. Et que découvre-t-on en deuxième page ? Une publicité plein pot pour le Durabolin, le nom commercial d'un stéroïde “expressément recommandé pour les sportifs”, est-il écrit ! Le principe actif du Durabolin est la nandrolone, l'un des stéroïdes phares des trente années suivantes. En somme, un aréopage de la médecine du sport de l'époque, tout comme les revues scientifiques qui rapportaient ses contre-vérités, avait une totale méconnaissance du sujet. "

Le texte de loi n° 65-412 du 1er juin 1965, annonçant la première disposition ministérielle contre le dopage, puis le décret n° 66-373 du 10 juin 1966, mis en application lors du Tour de France qui commencera onze jours plus tard, installeront le malentendu. " Il y est écrit que l'application de la loi “tend à la répression de l'usage des stimulants à l'occasion des compétitions sportives”, continue Jean-Pierre de Mondenard. Uniquement les stimulants ! Les revues médicales, et même des livres scientifiques, associaient les hormones aux vitamines ! Vous pensez bien que le monde sportif s'appuiera sur cet amalgame ahurissant pendant des années… " Quant aux catégories de substances interdites par le décret, " personne ne pouvait y comprendre quelque chose. Tenez, étaient prohibées pour les sportifs les dialcoylamides des acides alcoylaminobutyriques ! Même des pharmaciens ignorent ce que c'est ".

L'entrée du dopage " en clandestinité "
Pour ajouter à l'incompréhension, les premiers contrôles antidopage, réalisés en deux vagues pendant le Tour de France 1966, inaugureront un dispositif mal ficelé. Douze contrôles (urinaires) sont successivement réalisés à Bordeaux (28 juin) et à Revel (3 juillet). Résultats des analyses : six cas positifs (aux amphétamines), une grève immédiate des coureurs et des sanctions inapplicables. " Il fallait en effet prouver que le produit avait été pris sciemment ", rappelle Jean-Pierre de Mondenard. Le fameux " à l'insu de mon plein gré " de Richard Virenque était en fait né trente ans plus tôt. En cette année inaugurale, 32 % des contrôles antidopage menés en France – 87 % pour le seul cyclisme – se révéleront positifs. La plupart des cas seront blanchis.

Si la mort en direct de l'Anglais Simpson sur le Tour 1967 – mélange d'efforts, de chaleur, d'amphétamines et d'alcool – provoqua stupeur et tremblements dans la caravane du cyclisme, les tout premiers porte-voix institutionnels se voulaient déjà rassurants. Année après année, le nombre de contrôles positifs relevés en France – et principalement sur le Tour – ont diminué : 12,6 % en 1967, 4 % en 1968, 1 % en 1975 (soit le ratio actuel). " Tout le monde criait victoire ", se souvient Jean-Pierre de Mondenard. Témoins ces piles de communiqués plastronnant, affirmant qu'il n'y avait " aucun contrôle positif " sur les compétitions, le Tour de France en tête. Il en fut ainsi du claironnant " Tour de la santé ", sur les cendres de Simpson, partant de… -Vittel en 1968, au " Tour du renouveau ", proclamé en 1999 après l'affaire Festina, et autres slogans marketing évoquant un passé prétendument révolu qui ne cesse pourtant de ressurgir.

" Les organisateurs plastronnaient, les -médias tartinaient leurs propos, continue Jean-Pierre de Mondenard. Même des médecins du sport s'y mettaient, mais sans s'appuyer sur la moindre étude épidémiologique : leur seul argument, au nom de la santé publique, soutenait que les produits étaient dangereux et inefficaces. Vous parlez d'une dissuasion… Alors on a vu une ribambelle de titres annonçant la fin du dopage, l'efficacité des contrôles, le retour à la normale, comme s'il y en avait jamais eu un. En fait, à défaut, c'est l'école de la triche qui s'était mise en place. Le dopage était entré dans la clandestinité. "

D'avion renifleur, le dopage devenait sous-marin. Quand la lutte antidopage était confiée à d'illustres béotiens (du prince de Mérode au Comité international olympique - CIO - hier à des juristes aujourd'hui, ce qui fait dire à Jean-Pierre de Mondenard que " ce sont des amateurs qui s'occupent de professionnels "), la triche s'organisait avec ingéniosité. Et même avec cynisme : le " professore " Francesco Conconi, membre médical du CIO et rémunéré pendant quinze ans par le Comité olympique italien pour, prétendument, dépister l'EPO, la proposait en sous-main à des dizaines de sportifs…

Bien sûr, quelques prises spectaculaires devaient entretenir l'illusion. Pas plus stéroïdé qu'un autre, le Canadien Ben Johnson justifia cette chasse aux pestiférés. Rompu à une habituelle consommation de stanozolol qui provoqua son contrôle positif après la finale du 100 mètres des Jeux olympiques de Séoul (1988), le crucifié apporta à son corps défendant une preuve de l'inertie de la lutte antidopage : le fameux stanozolol ne put être décelé à coup sûr par les laboratoires d'analyses qu'en… 2013. Vingt-cinq ans de libre circulation ! Idem pour l'Oral-Turinabol, autre stéroïde très prisé des athlètes de l'Est. Ce n'est plus du retard, c'est du champ libre.

Et la plupart des substances ou manipulations inscrites sur la liste noire du CIO jouiront d'un délai de carence du même ordre. Les corticoïdes ? Interdits en 1978, mais décelables seulement en 1999. Les stéroïdes anabolisants ? Interdits en 1976, certains sont toujours indétectables. L'EPO ? Interdite en 1990, décelable en 2000, du moins dans sa première version. L'hormone de croissance ? Interdite en 1989, décelable depuis peu si un miracle de concordances analytiques s'en mêle. L'autotransfusion sanguine ? Interdite depuis 1984, et toujours en goguette. " “Ma loi n'a servi à rien”,m'avait avoué en 2004 Maurice Herzog, reprend Jean-Pierre de Mondenard. La liste française des produits interdits comprend 300 spécialités dopantes. Mais combien de substances indécelables ne sont pas dans cette liste ? Combien sont interdites mais pas détectables ? C'est un trou sans fond… " Un trou qui se mesure par son volume : 306 substances étaient recherchées en 2010 ; 450 en 2014.

" Les fédérations maîtresses du jeu "
Il a fallu que la faille débouche sur un séisme – le Tour de France 1998 et son affaire dite " Festina " – pour que la secousse tellurique agite le monde politique. Un an plus tard, sous impulsion de la France et du Conseil de l'Europe, l'Agence mondiale antidopage (AMA) voyait de terre, suivie en 2000 du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD, devenu en 2006 l'Agence française de lutte contre le dopage, AFLD) sur le territoire français. L'antidopage montait au front, montrait les dents ; la France ferraillait en première ligne dans ce combat, qui révéla les convictions de sa ministre des sports, -Marie-George Buffet, mais permit aussi de détecter l'EPO, grâce au test de dépistage mené à bien par le Laboratoire de Châtenay-Malabry, spécialisé dans la lutte contre le dopage, et ses chercheurs Jacques de Ceaurriz et Françoise Lasne.

Oui, la France donnait le tempo, mais la politique sportive innovante d'un soliste s'accordait (déjà) mal avec les barytons politiques du sport international. A défaut d'obtenir un statut d'agence intergouvernementale indépendante, l'AMA devint une entité hybride unique en son genre, composée à parts égales de représentants du mouvement sportif – en clair, le CIO – et de membres épars de différents gouvernements, aussi bien dans ses assemblées plénières que dans son mode de financement. Autrement dit, un assemblage hétéroclite dont aucune composante n'avait théoriquement la main. " Mais dans les faits, c'est différent ", pose Alain Garnier, témoin privilégié de l'évolution de l'antidopage depuis son passage dans l'administration du ministère de Marie-George Buffet au titre de chef du bureau médical avant d'être le directeur médical de l'AMA (2000-2010). " Le mouvement sportif est porté par une voix unique qui pèse la moitié du chèque, quand la représentation politique est constituée d'un ensemble hétérogène de gouvernements aux vues divergentes sur la question " et dans lequel l'Europe assure la moitié du budget.

Un constat que partage Michel Rieu, fort de ses treize années d'ancien conseiller scientifique du CPLD puis de l'AFLD et qui observa lui aussi le glissement de terrain quand il était le représentant de la Fédération internationale de la médecine du sport à l'Unesco. " Dès 2003, l'Unesco a cherché un moyen de transférer à l'échelle internationale la convention contre le dopage du Conseil de l'Europe, signée en 1989, rappelle-t-il. Les réunions ont donné lieu à deux ans de bras de fer entre les partisans d'une convention de Strasbourg réaménagée, dont l'Europe et l'Afrique, et ceux qui voulaient accorder tous les pouvoirs à l'AMA, récemment mise en place, les pays anglo-saxons principalement. La France, sous l'égide du ministre des sports Jean-François Lamour, s'est finalement ralliée à la deuxième option. " Car la lutte contre le dopage dérangeait. " Dans la perspective olympique de Paris 2008, Buffet avait refusé le concept d'extraterritorialité pour les contrôles, et les JO 2008 sont revenus à Pékin ", rappelle Michel Rieu.

La convention internationale de l'Unesco contre le dopage fut adoptée en octobre 2005. Le revirement français – marqué trois mois plus tôt par le retentissant camouflet des porteurs du projet olympique Paris 2012, qui faisait suite à celui de Paris 2008 – induisait d'autres enjeux : accueillir des événements internationaux d'envergure sans agiter le chiffon rouge de la lutte antidopage sur son sol devant les yeux du mouvement sportif. Ces contrôles antidopage seraient désormais placés sous l'autorité des fédérations internationales. " Au-delà du CIO, des fédérations internationales avaient menacé de ne plus attribuer d'épreuves à la France, précise Michel Rieu. Par exemple, l'UCI avait même placé de modestes courses françaises dans son calendrier international, réduisant de fait l'intervention de l'AFLD. " Et Michel Rieu de prendre de la hauteur : " Les Anglo-Saxons pensent que le sport doit rester entre les mains des dirigeants sportifs ; nous, on pense le contraire. Cet accord a permis aux fédérations internationales de devenir les maîtresses du jeu de la politique globale de l'antidopage. "

Conflits d'intérêts
A l'échelle nationale aussi, le combat " a été compliqué ", se souvient avec son ton feutré Pierre Bordry, l'actif président de l'AFLD (de 2005 à 2010) quand il s'est agi de défendre l'indépendance de l'agence tout comme son financement. Bien des ministres successifs aux sports – Roselyne Bachelot, Rama Yade, Jean-François Lamour, avec qui il eut même un contentieux juridique – tentèrent de diminuer son budget. " Mon levier de pression consistait à alerter les commissions parlementaires et… les médias ", reconnaît-il aujourd'hui. Un énième conflit l'a fait quitter son poste neuf mois avant la fin de son mandat.

Depuis, le budget de l'AFLD a maigri de 1 million d'euros, pour s'établir à 7,9 millions en 2015. Et tandis que le Laboratoire de Châtenay-Malabry, dont l'agence a la tutelle, a perdu de sa superbe au point d'être aujourd'hui transparent sur la scène internationale, un rapport de la Cour des comptes publié en février relevait pêle-mêle un désengagement de l'Etat (actionnaire à 90 %), une politique de prévention minimaliste, et des résultats insuffisants (supplément " Sport & forme " du 4 juillet) : 2,3 % de positifs en 2013, 1,24 % l'année suivante. Les contrôles antidopage sont quant à eux tombés de 11 040 échantillons en 2013 – sachant qu'un sportif peut subir plusieurs prélèvements par contrôle – à environ 6 200 cette année. " On fait du qualitatif et non plus du quantitatif ", nous répond-on. Tel le dispositif dit du " groupe cible " (430 sportifs), voulu par l'AMA et censé mieux identifier les fraudeurs : en sept ans, il a confondu un seul sportif.

La lutte antidopage n'étant pas – ou plus – une préoccupation majeure, voilà au moins un écueil franchi dans la perspective de la candidature de Paris aux Jeux 2024… Par -effet domino, " les agences nationales antidopage n'ont plus d'autorité sur leur propre territoire, reprend Michel Rieu. Elles sont pratiquement devenues des préleveurs de seringue. Depuis le code mondial antidopage de 2005, les fédérations internationales dictent la méthodologie des contrôles, les substances recherchées, et sont les seules à connaître les résultats. A Roland-Garros, par exemple, la Fédération internationale de tennis a confié ce rôle au laboratoire de Montréal, arguant que c'était économiquement moins cher " en dépit des navettes de transport. " Il y a un conflit d'intérêts sur le principe même des fédérations internationales, relance Alain Garnier. D'un côté, elles jouent le rôle de régulateur en dictant la règle ; de l'autre, elles sont les organisatrices des grands événements et en touchent les bénéfices. Il y a confusion -entre le législatif et l'exécutif. "

Beaucoup d'argent pour faire semblant
Et l'AMA dans tout ça ? En 2005, elle a eu pourtant l'occasion de faire valoir son émancipation quand L'Equipe a publié les résultats des prélèvements pratiqués pendant le Tour de France 1999 montrant la présence d'EPO dans les urines de Lance Armstrong. " Quand les contrôles positifs d'Armstrong ont été posés sur le bureau du directeur général de l'AMA, David Howman, rien n'empêchait l'agence de se saisir du dossier et de diligenter l'action qu'a menée l'Usada - l'agence américaine antidopage - sept ans plus tard, relève Alain Garnier. Elle n'a rien fait si ce n'est une enquête administrative pour connaître l'origine de la fuite. Le dossier Armstrong est la démonstration criante de son échec. Continuer à utiliser un système qui a fait la preuve de son inefficacité équivaut à tolérer le dopage. Si neuf radars sur dix étaient en panne, l'effet dissuasif serait-il le même sur les automobilistes ? L'AMA est devenu un prestataire du mouvement sportif et les juristes ont pris la place des médecins. "

Cette même année, Jean Réveillon, alors secrétaire général de l'Union européenne de radiodiffusion, a proposé à l'AMA le prélèvement de 1 % sur les droits télé perçus par les fédérations internationales pour le consacrer à la lutte antidopage. " On avait effectivement travaillé plusieurs mois sur cette hypothèse avec Alain Garnier, confirme l'ancien directeur général de France 2, mais les ayants droit comme les diffuseurs n'y ont finalement pas souscrit. Quant à la direction de l'AMA, je crois de mémoire qu'elle n'a même pas donné suite. "

Bilan troublant : après seize années d'existence, les compétences de l'AMA n'ont permis de sortir aucun des plus gros scandales de dopage connus (affaire Balco en 2003, Puerto en 2006, Armstrong en 2012). " Ses préoccupations ne sont pas de lutter contre le dopage mais de le gérer pour qu'il ne nuise pas au sport ", estime Alain Garnier, qui a pu se faire une idée de la réalité du sujet au gré des informations recueillies quand il œuvrait à l'AMA : " En fonction des enquêtes menées dans tel pays et par telle fédération sportive qui remontaient jusqu'à nous, on pouvait évaluer le taux de sportifs de haut niveau dopés entre 15 % et 25 %. Personne n'est dupe, pas plus les représentants gouvernementaux que les acteurs du sport. "

Personne n'est dupe non plus du budget de l'AMA : 27,5 millions de dollars (25 millions d'euros) par an pour surveiller le dopage sur toute la planète, c'est exactement le budget de l'équipe Sky de Chris Froome et c'est moins que celui du cinquième du Top 14 (Racing Métro). " C'est une farce, assène Alain Garnier. Par rapport au seul enjeu sanitaire, qui doit être une priorité, c'est ridicule. Ce manque de moyens montre bien que l'efficacité n'est pas l'objectif. Lorsque je me suis plaint de ne pouvoir traiter la masse de milliers d'AUT - autorisations à usage thérapeutique - que l'AMA devait contrôler, le directeur général m'a répondu de les mettre sous le tapis. "

" On dépense toutefois beaucoup d'argent pour du “faire-semblantisme”, renchérit -Michel Rieu. Le dopage affole tout le monde, mais la lutte antidopage n'intéresse personne. " Mais qu'elle soit mythe de Sisyphe ou tonneau des Danaïdes, l'hérésie perdure. Un gâchis financier qui se retrouve dans l'inefficacité des contrôles. Sur un ton -volontiers provocateur, Jiri Dvorak, le médecin-chef de la FIFA, expliquait avant le Mondial 2010 que, " pour attraper un tricheur, le monde du football doit dépenser 3 millions de dollars ". En France, le ratio n'est pas non plus glorieux pour l'AFLD : 46 sportifs convaincus de dopage en 2014 pour 8 millions d'euros de budget, soit 174 000 euros le contrôle positif… Pour faire baisser le prix à l'unité, les coureurs du Tour 2015, à l'instar du vétéran italien Luca -Paolini, pris à la cocaïne, pourrait peut-être faire un geste.

Pierre Ballester

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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