Publié le 31 Août 2015

Assez de ces élus qui se conduisent comme des pourris !

Je vous invite à rejoindre cette page Facebook :
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Nous comptons, en effet, lutter contre des pratiques honteuses où des élus considèrent trop souvent le contribuable comme un porte-monnaie sur pattes, ce, sans exercer d'actions suffisantes dans l'intérêt général !

Il est temps que cela cesse et rapidement !

L'action est donc de monter une manifestation de plusieurs centaines de personnes afin d'investir une réunion de la communauté de commune du Grésivaudan afin de montrer la colère du contribuable !

Tous ensembles, montons donc cette action afin qu'elle agisse comme une manifestation de colère envers des élus qui doivent privilégier l'intérêt général à la place de leurs intérêts propres !

En avant !

Un article de France Bleu daté du 29 Avril 2014

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Isère : des élus augmentent leurs indemnités de 140%
Mardi 29 avril 2014 à 08h15

Les conseillers communautaires ont quadruplé l'indemnité du président et plus que doublé celle des vice-présidents. © Maxppp

Les conseillers de la Communauté de communes du Grésivaudan ont voté vendredi l'augmentation des indemnités du président de la collectivité et des quinze vice-président. La première vient d'être quadruplée, de 500 à plus de 2000 euros. Les autres plus que doublées, passant de 500 à 1200 euros bruts. Depuis les élections municipales et communautaires, certains élus qui avaient décidé de baisser leurs indemnités, comme à La Tour-du-Pin ou Grenoble, voici ceux, au contraire, qui augmentent les leurs. En temps de restrictions des comptes publics, la décision a du mal à passer.

418% d'augmentation pour le président

La Communauté de communes du Grésivaudan (Isère) compte 47 communes pour 100.000 habitants. À la tête de la collectivité depuis 2012, Francis Gimbert recevait environ 500 euros bruts, tout comme son prédécesseur, François Brottes, qui était député. Mais Francis Gimbert est simple conseiller municipal, il a démissionné de son mandat de conseiller régional et n'es pas député. Il recevra désormais 2090 euros bruts soit la moitié du plafond autorisé. Cela, personne ne le conteste. En revanche, Geneviève Piccard a voté contre la hausse des indemnités des vice-présidents qui perçoivent non plus 500 mais désormais 1200 euros bruts : "j'ai voté contre parce que je trouve scandaleux qu'il y ait une telle augmentation en période de crise, et il faut savoir par ailleurs que les postes de vice-présidents sont occupés par des maires." L'élue MoDem de Saint-Ismier ne comprend pas l'empilement des indemnités "un cumul de fonctions éxécutives et un cumul d'indemnités." Elle ajoute même que dix jours plus tôt, les maires s'étaient entendus entre eux.

Des élus communautaires votent la hausse de leurs indemnités dans le Grésivaudan. (Gérard Fourgeaud)

Les seize élus concernés ont donc participé au vote de leur propre augmentation, comme cinquante autres. Dix se sont abstenus et sept ont voté contre.
"Certains vice-présidents ont des activités à mi-temps et n'ont pas de gros salaires"

Sur les quinze vice-présidents, douze cumuleront cette indemnité avec celle de maire. Seulement trois ne sont pas maires, trois femmes. Certains sont retraités et n'ont pas de perte de revenu. D'autres expliquent comme Francis Gimbert, le président de la Communauté de communes du Grésivaudan, qu'ils ont dû réduire leur activité et donc leur revenu. "Certains vice-présidents ont des activités à mi-temps et n'ont pas de gros salaires, donc c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte dans le calcul des indemnités. Alors après, est-ce qu'il faudrait les mêmes indemnités pour tous ? C'est une question que l'on peut se poser... La Loi ne permet pas de faire des indemnités à la carte", conclut Francis Gimbert. Reste qu'une augmentation de 140%, cela fait rêver. Est-ce scandaleux ou bien l'indemnité était-elle scandaleusement basse jusque-là ?

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Parti Renouveau Politique

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Publié le 28 Août 2015

Il faut supprimer sa retraite à ce pourri !

M. Philippe Varin est-il un pourri ? Assurément ! Prendre les gens pour des imbéciles en s'engraissant avec de l'argent provenant en partie des caisses publiques et en n'ayant pas rempli ses fonctions, cela s'appelle être une pourriture, et de première en plus !

De plus, quand on est retraité, par définition, on ne travaille pas. Là, ce Monsieur continue à travailler. Cela pourrait être louable, sauf que quand on voit les résultats du bonhomme, on est en droit de s'interroger sur la pertinence de filer autant d'argent à une personne dont les compétences n'ont pas été bluffantes à son précédent poste.

De plus, un président de directoire ne peut être considéré comme un salarié. Où est donc la légitimité d'être retraité à ce titre ?

Je pense qu'il est temps que le citoyen réagisse face à de tels actes odieux qui ont eu aussi le blanc seing de nos hommes politiques.

Tous pourris ? On voudrait le démontrer qu'on ne serait pas comporté autrement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 07 Mai 2015

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Le joli bla-bla des retraites chapeaux

Au pays de Tartuffe, les bons comédiens sont rois. Et rémunérés en conséquence. Philippe Varin, l'ex-président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, avait fait dans le théâtral au moment de la polémique sur sa retraite chapeau fin 2013. La tirade était magnifique, dans laquelle rivalisaient le tragique, le sens de l'honneur et la générosité. L'artiste annonçait " renoncer " à la retraite surcomplémentaire pour laquelle le groupe automobile avait mis 21 millions d'euros de côté.

En fait de renoncement, le jeune retraité toujours actif – il est désormais président du conseil de surveillance d'Areva et rémunéré en tant que tel – perçoit une retraite chapeau de PSA d'un montant de 299 000 euros par an. Comme l'a révélé le site spécialisé sur la déontologie financière Déontofi, cette pension qui s'ajoute à ses autres régimes de retraite lui sera versée ad vitam parce qu'il est resté " salarié " du groupe automobile jusqu'au 1er juin 2014, bien qu'ayant été remplacé à son poste dès le 31 mars par Carlos Tavares.

En ce 27 novembre 2013, PSA publiait pour la seule fois de son histoire un communiqué de presse qui se réduisait à un topo entre guillemets de son patron. Du grand théâtre, vous dis-je : " Compte tenu de la polémique que ce sujet a suscitée, de l'émotion dans notre pays qui a aujourd'hui besoin d'être rassemblé plutôt que divisé, compte tenu de l'immense respect que j'ai pour les collaborateurs du groupe ", etc., disait M. Varin. Puis vint le sacrifice de sa personne : " J'ai décidé de renoncer aux dispositions actuelles de mes droits à la retraite. " Tout était dans le " actuelles ". A la tombée du rideau fusèrent les vivats. Le président de la République salua " une décision sage ", les syndicats patronaux Medef et l'Association française des entreprises privées (AFEP) se félicitèrent du " sens de la responsabilité et de la décision courageuse " de leur confrère qui démontrait " l'efficacité de l'autorégulation ".

Arnaud Montebourg, qui s'y connaît en théâtre, alors ministre du redressement productif, s'était arrogé une victoire supplémentaire : " Le gouvernement a fait plier M. Varin."

15 millions d'euros

Le beau théâtre devrait rester sur les planches. Quand il en sort, cela devient le plus irrespectueux des bla-bla. Car au final, ce renoncement sacrificiel se limite à une réduction de 27 % par rapport à la retraite chapeau initialement prévue.

Ce qui avait choqué l'opinion, à juste titre, était qu'un patron puisse partir avec une telle rente à vie après moins de cinq années passées dans l'entreprise. De surcroît, à un moment où 8 000 emplois étaient supprimés chez PSA et un accord de modération salariale signé avec les syndicats. Le montant de 15 millions d'euros n'aurait en rien calmé la colère que les 21 millions avaient soulevée. Cela s'est concocté une fois le rideau baissé. Chapeau l'artiste, mais n'invoquez plus " le respect des collaborateurs " !

Jean-Baptiste Jacquin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Août 2015

Est-ce du rôle de la France de se prendre pour la Cour des comptes ?

Dans les grandes lignes, je suis largement d'accord avec les conclusions de la Banque de France. Le problème, c'est que je ne vois pas trop la légitimité de la Banque à parler. Elle n'est pas la Cour des comptes, et elle n'a pas fait, elle même, un travail parfait concernant une juste adéquation de ses dépenses par rapport à ses missions, qui ont largement baissé suite à l'adoption de l'Euro.

Bref, je m'interroge face à la légitimité même du discours.

Quant au fait que l'éducation soit aussi une des causes du marasme économique de notre pays, pour moi, c'est une évidence et ne contredit en rien le discours de la Banque.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 07 Mai 2015

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La Banque de France fustige l'insuffisance des réformes
Le gouverneur, Christian Noyer, s'est livré à un réquisitoire contre les rigidités hexagonales et le choix d'un Etat trop lourd et dépensier

La France va mieux, mais elle décroche face au reste de ses partenaires européens. Si le constat n'est pas nouveau, il n'en est pas moins inquiétant. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, l'a une fois de plus assené, mardi 5 mai, à l'occasion de la traditionnelle présentation du rapport annuel de l'institution.

Alors qu'il quittera la Banque de France au mois d'octobre, après douze ans de mandat, l'énarque n'a pas mâché ses mots pour décrire les maux dont souffre, selon lui, l'Hexagone. " La France est impuissante à créer les emplois nécessaires à ses jeunes ", a-t-il expliqué, estimant que les perspectives de croissance pour 2015 et 2016 sont moins favorables chez nous que dans le reste de la zone euro. Et ce, malgré le demi-point de croissance que la baisse des cours du pétrole et la dépréciation de la monnaie unique face au billet vert devraient offrir à notre économie.

Cette embellie conjoncturelle représente d'ailleurs un risque, estime-t-il : celui que la France s'endorme sur ses lauriers, tombe dans l'attentisme. " Le niveau exceptionnellement bas des taux d'intérêt peut agir comme un anesthésiant ", prévient-il. Or, une hausse durable d'un point de l'ensemble des taux d'emprunt en 2015 coûterait 40 milliards d'euros aux finances publiques, soit deux points de produit intérieur brut (PIB) d'ici à cinq ans, selon les calculs de la Banque de France.

L'ennui, c'est que la dette publique culmine déjà à près de 95 % du PIB, tandis que le niveau de nos dépenses publiques, à 57 % du PIB, détient désormais le record au sein des pays développés, " sans qu'il en résulte un accroissement du bien-être ", juge M. Noyer.

Pire : selon lui, les performances économiques françaises se révèlent décevantes. " Une partie du tissu industriel s'étiole, les parts de marchés se rétrécissent ", a-t-il expliqué. Entre 2010 et 2013, l'investissement de l'industrie manufacturière a ainsi progressé de 12,1 % seulement, contre 20,3 % en Allemagne, selon Eurostat. Et le taux de marges des entreprises a plongé de 33,5 % de la valeur ajoutée avant la crise, à moins de 30 % aujourd'hui, selon l'Insee.

Les raisons de ce décrochage ? Les " freins puissants, souvent anciens ", paralysant l'économie française et l'empêchant de profiter de ses atouts, estime le gouverneur de la Banque de France. Il ne s'est pas privé de lancer un avertissement à François Hollande : pour lever ces rigidités, il convient de poursuivre les réformes structurelles engagées.

Et d'abord, en maîtrisant mieux les finances publiques. " La France est, dans la zone euro, le pays dont l'ajustement est le plus lent et le moins prononcé depuis 2010, alors même qu'elle a mieux résisté à la crise ", pointe-t-il. Il conviendrait de revoir en profondeur l'action publique. Mais aussi, d'aller au bout des réformes engagées en matière de retraite et de carte territoriale. Si le redécoupage des régions entamé par le gouvernement va dans la bonne direction, il " reste de portée limitée face à l'ampleur du problème ".

Autre priorité : revoir le fonctionnement du marché du travail, en réduisant là aussi les rigidités, tout en abaissant les coûts. Pour l'énarque, l'un des principaux problèmes est la méthode de revalorisation du smic, trop dynamique et déconnectée de l'évolution de la moyenne des salaires.

Progression de la précarité

De ce fait, elle exposerait les jeunes à un risque de chômage accru. S'ajoutent à cela les seuils sociaux, " obstacles identifiés à la croissance des entreprises ", la complexité du code du travail ou encore la dualité des contrats de travail, avec d'un côté, " un régime très protecteur qui dissuade l'embauche ", et de l'autre, " des régimes précaires dont l'importance croît ". M. Noyer appelle à l'instauration d'une flexisécurité à la française, avec par exemple la création d'un contrat unique.

In fine, rares sont les mesures du gouvernement socialiste trouvant grâce aux yeux du gouverneur, particulièrement critique. La réforme de la formation professionnelle de mars 2014 ? Peu efficace. Celle de l'assurance-chômage ? Insuffisante. La libéralisation des professions réglementées ? Trop timide… " A cause de notre choix d'un Etat toujours plus lourd et plus dépensier, nous laissons à nos enfants, qui prendront leur retraite à 65 ou à 67 ans, un pays endetté, un niveau de chômage insupportable et un potentiel de croissance plus faible que jamais ", a conclu M. Noyer.

Si ces recommandations rappellent celles de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elles ne font pas consensus parmi les économistes – en particulier ceux affichant une sensibilité de gauche. " Certaines sont faiblement fondées ", juge Xavier Timbeau, à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, les remèdes prescrits par la Banque de France passent à côté du problème de l'échec scolaire et des failles de l'éducation française, en partie responsables du chômage.

Pour Xavier Ragot, président de l'OFCE et professeur à l'Ecole d'économie de Paris, la Banque de France sous-estime le problème de demande dont souffrent la France et l'Europe à court terme. " De plus, le problème d'offre de la France, illustré par la désindustrialisation, est en grande partie le résultat de la divergence des coûts unitaire du travail en Europe, un sujet encore tabou. "

M. C.

Reprise des investissements en vue

Nouveau signe de la reprise économique en France : les chefs d'entreprise de l'industrie manufacturière se préparent à augmenter de 7 % leurs investissements en 2015, selon une enquête de l'Insee publiée mercredi 6 mai. Les industriels français les avaient au contraire réduits de 5 % en 2013, et ne les avaient accrus que de 2 % en 2014. A présent, ils semblent déterminés à dépenser davantage, en particulier pour renouveler et moderniser leurs équipements, alors que nombre d'usines de l'Hexagone vieillissent dangereusement. Seuls 14 % des projets visent à augmenter les capacités de production. La relance des investissements anticipée est particulièrement nette dans l'automobile (+ 15 %), l'un des secteurs qui ont le plus souffert de la crise.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Août 2015

Le système hypocrite du NHS ne doit pas être adopté en France

Ce n'est pas parce qu'un système est gratuit qu'il n'a pas un coût.

Ainsi, sous couvert d'un service gratuit, en Angleterre, on aboutit à un système hypocrite et inefficace car source importante d'abus. En matière de santé comme en bon nombre de domaines économiques, la gratuité est une fausse bonne idée car elle a tendance à déresponsabiliser les bénéficiaires. On le voit dans cet article : des bénéficiaires se comportent en tant que clients, alors que la notion de clientèle d'un service public n'existe pas. On ne peut pas tolérer que des gens se servent d'ambulances comme de taxis ou râlent quand ils ne s'estiment pas servis en temps et en heure.

D'ailleurs, l'Angleterre à une espérance de vie inférieure à celle de la France, signe que le tout-gratuit, car source de gabegie, ne résout pas tout.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 Mai 2015

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Au chevet du NHS
Les élections britanniques 2-|4 Fondé en 1948, le National Health Service fait la fierté des Britanniques. Système de santé universel et gratuit, son modèle est aujourd'hui en crise, et les candidats aux législatives du 7 mai rivalisent de remèdes

Gary Green, veste de camouflage et petit cœur tatoué sur l'oreille, a la carrure d'un boxeur, mais l'émotion l'étreint lorsqu'on lui demande son sentiment sur le National Health Service (NHS). " Pour moi, c'est la chose la plus merveilleuse du monde. " Ce quinquagénaire sort prendre l'air : son épouse vient d'être admise en soins intensifs à l'University College Hospital (UCH), un centre hospitalier réputé, situé non loin de la gare St Pancras, à Londres. " Une infirmière veille sur elle. Tout le personnel est fantastique, se réjouit-il. Nous, les Anglais, nous pouvons être fiers du NHS. "

" Fierté " : le mot revient systématiquement dans la bouche des usagers interrogés à leur sortie de UCH. Près de soixante-dix ans après sa fondation, en 1948, le NHS, système britannique de santé universel et gratuit, demeure l'institution la plus populaire du Royaume-Uni avec la monarchie. " Le NHS est la religion de ce pays. Personne ne peut y toucher ", résume le docteur Joud Abduljawad, 37 ans, chef du service des urgences de UCH. Un diplomate britannique choisit une autre métaphore : " C'est une institution soviétique au centre d'un pays ultralibéral. "

Un enjeu ultrapolitique

Avec ses 1,6 million de salariés dont 170 000 médecins, rétribués directement par l'impôt, et son budget de 130 milliards de livres sterling (176 milliards d'euros), ce mammouth bureaucratique, aux performances à la fois admirées et contestées, est une composante essentielle de l'identité nationale. Par sa taille, il est le cinquième employeur du monde, derrière le ministère américain de la défense, McDonald's, Walmart et l'armée populaire chinoise. Symbole des espoirs de justice sociale nés sous les bombardements nazis, il a survécu à tous les bouleversements politiques. Même Margaret Thatcher n'a pas osé y toucher. Et chaque Britannique se souvient avec émotion du ballet des infirmières du NHS dans la fresque retraçant l'histoire nationale composée pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2012.

Géré par l'Etat, le NHS est logiquement une affaire d'Etat et un enjeu ultrapolitique. Pas un jour ne se passe dans la campagne pour les élections législatives du 7 mai sans que le système de santé ne fasse l'objet de promesses et de controverses. Les responsables politiques se sont d'ailleurs donné le mot pour évoquer ce monument national cher au cœur des électeurs : ils ne se contentent pas de parler " du NHS ", ils invoquent sans cesse " notre NHS ". " Mon mari n'a rien payé pour son opération, témoigne fièrement Barbara, qui sort de l'hôpital avec Alan, son époux, septuagénaire. Nous avons le meilleur système du monde. Vous avez ça, en France ? Vraiment ? Alors vous nous avez copiés. "

Pourtant, ce système révéré fait l'objet d'incessantes attaques et nourrit les pages à scandales des tabloïds. " Les erreurs du NHS tuent 12 500 personnes par an ", peut titrer le Daily Mail,tandis que The Sun décrit régulièrement un système " au bord du gouffre ". Placé en majesté, le NHS est aussi traité comme un grand malade, car son modèle est en crise.

Dans l'entrée aux murs pastel du service des urgences de UCH, un tableau rempli de chiffres symbolise l'obsession des statistiques qui caractérise le système. " 387 patients " ont été accueillis hier, " 98,5 % ont été traités dans les quatre heures ", il s'est écoulé " 18 jours " depuis qu'un patient a fait une chute et " 384 jours " depuis qu'un autre a souffert d'escarres.

Durant l'hiver, les chiffres reflétant le temps d'attente aux urgences ont alimenté les premières escarmouches de la campagne électorale. " Trois millions de patients sont sur liste d'attente pour voir un spécialiste et les délais pour consulter un GP - general practitioner, généraliste - traduisent une crise nationale ", ont dénoncé une centaine de médecins dans une lettre ouverte à David Cameron. En retour, le premier ministre conservateur a accusé les travaillistes de transformer honteusement la santé publique en " arme électorale ". Certes, le système de santé a échappé aux coupes drastiques dans les dépenses publiques pratiquées par le gouvernement Cameron, mais l'objectif national visant à traiter 95 % des patients en quatre heures aux urgences est loin d'avoir été atteint et la dépense par habitant a diminué. Plus de 20 000 patients diagnostiqués pour un cancer attendent plus de deux mois – la norme – pour commencer un traitement. L'espérance moyenne de vie des Britanniques (81,5 ans) est inférieure d'un an à celle des Français.

Ed Miliband, qui veut succéder à David Cameron à Downing Street, promet de " sauver le NHS ". Les travaillistes dénoncent la " privatisation " rampante du système par le gouvernement conservateur, en mettant notamment en concurrence des fournisseurs de soin, tendance qu'ils ont eux-mêmes lancée lorsqu'ils étaient au pouvoir. Mais, pour le Labour, l'enjeu est particulièrement important, car le système de santé est l'un des sujets sur lesquels les électeurs lui accordent davantage de confiance qu'aux conservateurs.

30 milliards de livres de déficit en 2020

Sur un point crucial, cependant, chacun s'accorde : la viabilité financière du NHS n'est pas assurée à moyen terme. Son déficit, creusé par le vieillissement de la population et l'inflation des coûts, est évalué à 30 milliards de livres (40,6 milliards d'euros) à l'horizon 2020. Pour combler ce trou, les conservateurs promettent d'injecter 8 milliards sans préciser comment ils les dégageront. Le Labour, lui, promet 2,5 milliards supplémentaires chaque année, et affirme qu'il les financera par une taxe sur les grosses propriétés immobilières valant plus de 2 millions de livres (2,8 millions d'euros) et par un impôt sur le tabac.

Selon un rapport de Simon Stevens, le patron de NHS-England, publié en octobre 2014, le NHS doit dégager 22 milliards de livres d'ici à 2020 pour survivre, grâce à des gains de productivité. Un objectif jugé " de plus en plus inatteignable " par le King's Fund, un cercle de réflexion spécialisé. Aussi la perspective d'un rationnement des soins est-elle envisagée sérieusement par les groupements de médecins de ville qui, depuis une réforme de 2012, gèrent localement le système. Les fumeurs et les personnes obèses pourraient être les premières catégories à se voir refuser l'accès à certains traitements ou opérations. Déjà, les conservateurs envisagent de supprimer l'indemnisation des arrêts maladies aux personnes touchées par des addictions ou par l'obésité. Quant à l'idée de faire acquitter un forfait pour chaque consultation, elle est jugée " inévitable " par Mark Porter, le président de la British Medical Association. Mais, en pleine campagne électorale, aucun responsable politique ne peut se risquer à envisager pareille brèche dans le dogme de la gratuité.

Car ce n'est pas le moindre paradoxe du NHS : si le système repose sur ce principe de gratuité (les médicaments sous ordonnance sont facturés 8,25 livres quel que soit leur coût véritable et sont gratuits pour les jeunes, les personnes âgées et les chômeurs), on ne cesse d'y parler argent. " Lorsque je prescris un traitement, son prix s'affiche sur mon écran, raconte la docteure Mathilde Mbouck-Samnick, un médecin français qui travaille depuis douze ans pour le NHS à Londres. Notre liberté de prescription est contrôlée. Toutes les ordonnances sont examinées et la commission locale du NHS peut vous faire des remarques. Chaque circonscription dispose d'un budget qu'il convient de ne pas dépasser. " Selon plusieurs témoignages de patients, l'accès à certains traitements coûteux est contingenté ou retardé en application d'algorithmes implacables et des contingences budgétaires locales. Un traitement disponible dans un quartier de Londres peut ne pas l'être dans un autre. Quant aux médecins, soumis à de lourdes contraintes administratives, ils font l'objet d'une notation par les patients publiée sur le site NHS Choices, comme n'importe quelle marchandise ou service sur le Web.

Des urgences saturées

L'extrême politisation du fonctionnement du NHS est aussi source de difficultés, selon la praticienne : " Les responsables politiques répètent que chacun a le droit de voir un médecin quand bon lui semble. Ils font de la surenchère en promettant des cabinets de généralistes toujours plus disponibles et des délais d'attente toujours plus courts. Le résultat est que les rendez-vous sont pris toutes les 10 minutes, ce qui est impossible à tenir. " Si la demande de médicaments apparaît moins forte qu'en France du fait de vigoureuses campagnes d'information, la gratuité des consultations n'est pas sans entraîner des abus. " Beaucoup de gens viennent consulter pour de simples bobos en nous rappelant que nous sommes payés avec leurs impôts. Cela nous laisse encore moins de temps pour les cas sérieux. "

Selon la docteure Annie MacGuinness, médecin urgentiste au UCH, des abus concernent aussi les ambulances, qui, selon la norme, doivent se présenter " dans les huit minutes " d'un appel jugé sérieux. " Beaucoup de gens utilisent les ambulances comme des taxis parce qu'elles ne leur coûtent rien ", témoigne-t-elle.

Pourtant, la ferveur du public envers le NHS et la focalisation des médias présentent aussi des vertus, souligne le Dr Joud Abduljawad, car elles maintiennent la pression sur les politiques. " Je fais confiance à l'opinion britannique pour que notre financement soit garanti, explique-t-il. Certes, il existe des délais – trois mois pour une prothèse de la hanche – qui produisent des frustrations. Mais chacun dans ce pays a accès au meilleur traitement possible et les patients sont les seules personnes auxquelles nous avons à rendre des comptes. "

Convaincu que " le principe de gratuité n'est pas menacé ", le jeune patron du service des urgences se dit pourtant témoin d'un " changement culturel " : les patients ne supportent plus d'attendre et certains accourent aux urgences faute d'obtenir rapidement un rendez-vous avec un généraliste. Le service qu'il dirige traite 130 000 patients chaque année. Sur le plan national, 21 millions de personnes, soit l'équivalent d'un Britannique sur trois, se présentent dans un service d'urgences médicales. Victime de son succès, le NHS tire aussi sa résilience de l'extraordinaire engouement qu'il suscite dans l'opinion et, partant, de l'extrême sollicitude dont il fait l'objet de la part des responsables politiques.

Les deux principaux partis politiques en lice pour les législatives ne se battent-ils pas à son chevet ? Tandis que le Labour jure que, s'il gagne, " chaque patient pourra voir un généraliste dans les 48 heures ", les tories promettent des cabinets médicaux " ouverts 7 jours sur 7 ". Dans quel autre pays du monde la santé fait-elle l'objet d'une pareille rivalité ? Au Royaume-Uni, à l'approche des élections, rien n'est trop beau pour le NHS.

Philippe Bernard

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Août 2015

Quand des dirigeants d'entreprise veulent continuer à s'en mettre plein les poches

Comment un dirigeant d'une entreprise, dont l'Etat dispose de nombreuses actions, peut-il se comporter de la sorte ? En effet, obligé de quitter l'entreprise à cause de résultats médiocres, ce monsieur n'oublie pas de se faire allouer une retraite complémentaire de près de 300 000Euros par an, alors qu'il n'a pas passé 5 ans dans la boite.

Cela est révoltant et choquant et cela se passe avec la bénédiction de nos politiques.

A un moment, il va falloir penser à démettre de leurs fonctions tout ce joli monde qui oublie trop souvent l'intérêt général pour ne servir que leur seule petite personne.

Un article du site 'L'Obs' daté du 06 Mai 2015

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Retraite chapeau : le subterfuge de Philippe Varin, l'ex-patron de PSA

Grâce aux nouvelles règles mises en place par PSA en janvier 2014, Philippe Varin touchera bien une retraite chapeau de près de 300.000 euros par an, alors qu'il devait y renoncer.

Il avait promis d'y renoncer, il la touchera finalement : l'ancien président du directoire de PSA Philippe Varin, qui a quitté la tête du groupe automobile début 2014, percevra une retraite chapeau de près de 300.000 euros par an, alors qu'il s'était engagé à ne pas le faire, révèle le site internet Deontofi.com.

Fin 2013, en partance du groupe automobile alors en difficultés, Philippe Varin avait dû renoncer aux 21 millions d'euros prévus pour sa retraite chapeau, face à l'avalanche de critiques suscitée par la publication de cette somme colossale.

Un petit subterfuge plus tard, l'ex-patron de PSA touchera finalement 299.000 euros brut par an de retraite supplémentaire.

L'ex-président du directoire du groupe a profité de la révision du système des retraites chapeau de ses dirigeants mises en place par PSA Peugeot Citroën depuis le 1er janvier 2014.

Au moins 5 ans d'ancienneté

L'information est d'ailleurs mentionnée dans le document de référence 2014 de PSA publié fin mars :
Philippe Varin [...] bénéficie du régime résultant du nouveau règlement ayant pris effet au 1er janvier 2014 [...] Il a fait valoir ses droits à la retraite au cours de l'exercice 2014. À ce titre, il bénéficie d'une pension de retraite supplémentaire d'un montant annuel brut de 299 000 euros", indique ce document.

Mais pour bénéficier de ce nouveau système, Philippe Varin devait afficher au moins 5 ans d'ancienneté dans l'entreprise, "autrement dit, il ne (devait) pas quitter Peugeot avant le 1er juin 2014 pour toucher le pactole", avance Deontofi.com, alors qu'il doit officiellement quitter la présidence fin mars.

Un nouveau contrat de travail

Or, son mandat a pris fin le 31 mars 2014, lorsque Carlos Tavares a pris la présidence du directoire de PSA.

Selon Deontofi.com, "Peugeot lui signera donc un nouveau contrat de travail pour une mission d'assistance à la mise en oeuvre des accords conclus avec l'Etat et Dongfeng", groupe chinois qui est entré au capital du Français depuis l'an dernier.

Ce contrat, effectivement évoqué par le groupe au moment de l'arrivée de Carlos Tavares, a pris effet au 1er avril et a permis à Philippe Varin de boucler les cinq années nécessaires au versement de cette retraite chapeau.

Contacté par l'AFP, PSA-Peugeot Citroën n'était pas joignable pour réagir à ces informations.

(Avec AFP)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Août 2015

Avec de tels comportements, le conflit sera sans fin...

Quand on voit comment Tsahal se comporte parfois, on se dit que la vengeance ne peut être qu'exacerbée par les Palestiniens.

Comment peut-on justifier de telles exécutions, souvent, à la tête du client ? Le conflit vivra car la haine sera toujours présente car nourrie par ces injustices.

Comment un peuple qui a tant souffert peut-il être à l'origine de telles pratiques ?

Décidément, la connerie humaine, la connerie politique et armée est sans limite car elle ne montre jamais à leurs auteurs qu'en agissant de la sorte, ils passent leur temps à se tirer une balle dans le pied dans une haine nourrie continuellement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Mai 2015

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Les dérives de l'armée israélienne à Gaza
Des soldats engagés dans l'opération " Bordure protectrice ", menée à l'été 2014, dénoncent les pratiques de Tsahal

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d'un poste de reconnaissance de l'armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L'un d'eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s'inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l'armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L'organisation non gouvernementale Breaking the Silence (" rompre le silence "), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d'entretiens accordés sous couvert d'anonymat par une soixantaine de participants à l'opération " Bordure protectrice ".

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit 32 tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L'offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l'ONG, " de graves doutes sur l'éthique " de Tsahal.

Breaking the Silence n'utilise jamais l'expression " crimes de guerre ". Mais la matière que l'organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l'exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. " Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l'avocat Michael Sfard, qui conseille l'ONG depuis dix ans. J'espère qu'il y aura un débat, mais j'ai peur qu'on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. "

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d'autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l'ONG, de dessiner un tableau des " politiques systémiques " décidées par l'état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l'armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l'offensive.

Règles brouillées

Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l'obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d'engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. " Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l'hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi ", précise l'introduction. " On nous a dit, il n'est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu'un, tirez ! ", se souvient un sergent d'infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d'une fenêtre ou d'un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l'armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n'y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on " stérilise ", selon l'expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

" Comme un jeu vidéo "

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 m des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme " terroristes ". Un sergent raconte le " Bonjour Al-Bourej ! ", adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les chars sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d'appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, " le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo ", témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l'état-major, il existait selon l'ONG trois " niveaux d'activation ", déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. " Plus l'opération avançait, et plus les limitations ont diminué ", explique l'ONG. " Nos recherches montrent que pour l'artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats ", souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d'infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : " Même si on n'entre pas - au sol - , c'est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. " L'officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un " niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C'est quelque chose d'indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ".

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. " On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas ", assurait-il. A l'en croire, chaque frappe aérienne fait l'objet d'une réflexion et d'une enquête poussée. Selon lui, " la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ". Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. " On dispose d'une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s'aperçoit qu'une partie significative a été déclenchée de ces endroits. "

Treize enquêtes ouvertes

L'armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l'ouverture d'une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n'inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B'Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu'elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d'une carte de crédit. Après l'opération " Pilier de défense ", en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l'armée fut jugé " professionnel ".

Piotr Smolar

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Août 2015

Même en matière d'immobilier, il existe de fausses bonnes idées...

Très clairement, la décision de Margaret Thatcher en 1980 d'avoir instauré le "droit à acheter" a été une bêtise. Quand on brade des logements, on devient moins riche et quand on devient moins riche, on ne peut plus financer des mesures sociales d'aide au logement. L'aide au logement doit être focalisée sur la location. En effet, tous les habitants pauvres ne restent pas nécessairement pauvres toute leur vie. Aider les pauvres au départ, pour arrêter de les aider quand ils sont devenus moins pauvres, vaut mieux que de leur donner un beau cadeau sur l'argent du contribuable.

Même en matière d'immobilier, il faut se méfier du populisme, de la démagogie et des fausses bonnes idées, car, à force de dépenser l'argent à faire de beaux cadeaux, il n'en reste plus du tout pour ne serait-ce qu'aider partiellement les futurs pauvres...

Il faut donc focaliser les aides sur un accès au logement en locatif dans un premier temps car l'aide à l'accession est trop chère et ne permet pas d'aider autant de monde. De plus, l'aide pour l'accession à la propriété peut créer des effets d'aubaine plus que malsains car ne pouvant être donnés à tous.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 Avril 2015

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Royaume-Uni : le blues de la " génération location "
A une semaine des législatives, les candidats débattent du sujet qui intéresse tous les électeurs : comment se loger à un prix décent ? Dans ce pays obsédé par l'immobilier, le taux de propriétaires recule

Outre-Manche, le logement est enfin un sujet de la campagne électorale. A une semaine du scrutin législatif du 7 mai, et alors qu'un dernier débat télévisé entre les candidats est organisé jeudi 30 avril, la question qui brûle les lèvres d'une large partie de la population – comment se loger à un prix décent ? – est enfin abordée. Le premier ministre conservateur, David Cameron, et le leader travailliste, Ed Miliband, ont fait des propositions : vente à bas prix de logements sociaux pour le premier, exonération du droit de timbre pour les primo-accédants et encadrement des loyers pour le second. " Des cautères sur une jambe de bois ", estime Christian Hilber, de la London School of Economics.

Le Royaume-Uni subit une crise généralisée du logement, aiguë à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre. Dans ce pays obsédé par l'immobilier, où on ne peut être invité à un dîner sans que le sujet soit abordé, le taux de propriétaires baisse depuis dix ans. Il est passé de 70 % à 64 % de la population. Dans le Grand Londres, le prix moyen d'une propriété atteint 7,5 fois le revenu moyen, moitié plus qu'il y a quatre ans. Inabordable pour l'immense majorité de la population.

Tant et si bien que les plus jeunes sont désormais surnommés la " génération location ". En 2001, 58 % des 25-34 ans possédaient leur logement ; ils sont aujourd'hui moins de 40 %. Ils subissent d'ailleurs l'envolée des loyers, qui repousse les classes moyennes vers des banlieues toujours plus lointaines.

" Nettoyage social "

Pour saisir l'ampleur du phénomène, il faut commencer par regarder vers le bas de l'échelle sociale. Sam Middleton, 21 ans, mère célibataire, son bonnet enfoncé sur ses longs cheveux roux, a tenu tête aux autorités locales et refusé le " nettoyage social " en cours.

L'histoire remonte à septembre 2013. Après avoir été pendant un an sans domicile fixe, Sam se retrouve enceinte. La mairie de Newham, dans l'est de Londres, lui trouve une place dans un foyer, appelé " Focus E15 ", non loin du parc qui a reçu les Jeux olympiques en 2012. Des jeunes mères y habitent depuis deux ou trois ans. Mais bientôt, vingt-neuf d'entre elles reçoivent une lettre leur annonçant leur expulsion. La raison : du fait de coupes budgétaires, les aides sociales doivent être réduites. La mairie de Newham leur propose bien des appartements… mais à Manchester, à Birmingham ou à Hastings, à des centaines de kilomètres de leur quartier.

" On a protesté mais on ne pensait pas qu'on nous écouterait ", se rappelle Sam. Contre toute attente, l'affaire passionne, surtout quand, en septembre 2014, les jeunes mères occupent deux semaines durant les appartements vacants du Carpenters Estate, des logements sociaux de Newham en bon état mais qui devaient être démolis. Toutes seront finalement relogées localement. Mais elles font figure d'exception : Newham compte 16 000 personnes en liste d'attente pour un logement social.

Ce sont trois décennies de politique du logement qui ont abouti à cette situation. Dans les années 1980, Margaret Thatcher lance la révolution, très populaire, du " droit à acheter " (" right to buy "), qui permet aux habitants de logements sociaux d'acheter leur appartement à un prix cassé. Le nombre de logements sociaux chute ; les municipalités n'ont jamais reconstruit autant qu'elles ont vendu. Aussi, les nouvelles constructions privées ont été limitées quand la population augmentait fortement. Les prix se sont envolés, surtout dans la capitale.

Pour compenser, l'Etat soutient financièrement des millions de Britanniques modestes qui louent. La facture a plus que triplé depuis 1989, à 35 milliards de livres (49 milliards d'euros) actuellement. Pendant les années d'austérité qui ont suivi la crise de 2008, le gouvernement de David Cameron a plafonné ces aides, pour le grand malheur des Londoniens, qui payent les loyers les plus chers.

Peu de logements sociaux, des prix astronomiques. La crise immobilière n'épargne personne. Janice Graham, 58 ans, est la mère de l'une des jeunes femmes mises à la porte de Focus E15. Son fils aîné – il a 36 ans – est revenu s'installer chez elle après son divorce. Il est postier et a un emploi fixe mais avec un enfant à charge ; il n'arrive pas à se loger à un prix abordable. Depuis cinq ans, il attend un logement social. " Tous les vendredis et lundis, la mairie de Newham met sur son site les nouveaux appartements disponibles. La dernière fois, il y en avait six. Il a aussitôt posé sa candidature mais il était déjà 80e sur la liste d'attente ", témoigne Mme Graham.

Six déménagements en six ans

Un gros cran social au-dessus se trouve Brianna L'Hostis. A 29 ans, cette mère de deux jeunes enfants se décrit comme membre de la classe moyenne. Elle enseigne le catéchisme à mi-temps et son mari est ingénieur, en début de carrière. " Ces six dernières années, j'ai déménagé six fois ", se souvient-elle.La raison ? Chaque année, les loyers augmentent violemment. Au Royaume-Uni, ils ne sont pas encadrés. M. Miliband propose de changer cela s'il est élu, en limitant la hausse des prix au niveau de l'inflation pour une période de trois ans.

Mme L'Hostis a pu trouver une maison avec trois chambres à un prix raisonnable, grâce à des connaissances. Mais le loyer de 1 150 livres par mois(1 600 euros) dévore près de la moitié des revenus du couple. " On fait attention à tout. On n'a pas de voiture, on marche pour éviter les transports en commun… Les mois où il faut acheter des chaussures sont stressants. " Elle a appris, à son grand soulagement, que son loyer ne va pas augmenter pour une deuxième année consécutive.

Son amie Lucia Hall, 33 ans, est tout en haut de la hiérarchie sociale de la " génération location ". Elle aussi a deux enfants en bas âge. Entre son emploi dans une école privée à temps partiel et son mari enseignant, le foyer gagne 60 000 livres (85 000 euros) par an. Le double du revenu moyen d'un ménage britannique. Pourtant, ils logent chez les parents de Lucia.

" On pourrait de justesse payer un loyer. Mais pour un appartement minuscule ", assureLucia. Si on louait, on ne pourrait jamais économiser pour payer l'avance nécessaire pour avoir un emprunt immobilier. " Elle regarde la résidence de ses parents, une belle maison de six pièces à Ealing, un quartier bourgeois de l'ouest de Londres : " Ça vaut 1,75 million de livres (2,5 millions d'euros). Ils l'ont achetée dix fois moins il y a vingt ans. " Quand elle était petite, ça lui paraissait évident : elle aussi aurait une grande maison. Aujourd'hui, c'est un rêve inatteignable.

éric Albert

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Août 2015

Même les juges ne sont pas au dessus des Lois !

Franchement, pour le pays inventeur des Droits de l'Homme, ça la fout mal... Se faire condamner par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour des motifs aussi triviaux, ça jette le discrédit sur notre pays, la honte aussi...

En plus, on ne se limite pas à une condamnation mais bel et bien à deux ! Effectivement, tant qu'à se faire condamner, autant le faire franchement !

Qu'est-ce qu'on nous reproche au juste ?

1. Le fait que la justice ait protégé abusivement ses juges (vous remarquerez le mécanisme de juge et parti) alors que ces mêmes juges avaient refusé de manière honteuse de donner tous les éléments à un avocat.
2. Une garde à vue trop poussée d'un avocat.

Ces deux éléments jettent un discrédit grave sur l'image de notre pays. C'est un véritable camouflet que vient de subir l'image de la France à cause de pratiques judiciaires honteuses.

Les magistrats, à l'origine de cette affaire, ne méritent pas leur robe.

Madame Marie-Paule Moracchini doit donc être démise de ses fonctions pour avoir ouvertement outrepassé ses fonctions en omettant d'avoir donné des éléments importants à la famille de la victime et en ayant refusé qu'un avocat puisse être présent lors d'une reconstitution.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Mai 2015

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Double condamnation de la France en faveur des avocats
La Cour européenne des droits de l'homme a donné raison à Me Morice dans l'affaire Borrel, consacrant et encadrant la liberté d'expression des avocats

L'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné la France, le 23 avril, fera date à plusieurs titres : il consacre et encadre minutieusement la liberté d'expression des avocats, sanctionne quinze ans de combat dans un dossier fameux, l'affaire Borrel, et a de surcroît été adopté à l'unanimité des 17 juges de la Grande Chambre, la plus solennelle formation de la Cour de Strasbourg – alors que depuis des années, les arrêts sur la liberté d'expression étaient au contraire adoptés à une courte majorité.

Les juridictions françaises ont reçu un second camouflet le même jour, et la France a été condamnée une seconde fois pour le placement en garde à vue, " ni justifié ni proportionné ", d'un avocat venu défendre dans un commissariat un mineur qui se plaignait de violences policières.

La Cour connaît bien l'affaire Borrel, qui a déjà donné lieu à une condamnation de la France en 2008. Bernard Borrel était un magistrat détaché à Djibouti et retrouvé mort, en partie carbonisé, dans des conditions passablement suspectes en 1995. Les deux juges d'instruction français, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, penchaient, comme les autorités de Djibouti, pour un suicide ; la veuve du magistrat et son avocat, Olivier Morice, pour un assassinat.

Les relations de Me Morice avec Mme Moracchini sont rapidement devenues rugueuses, surtout lorsqu'elle lui a refusé d'être présent à une reconstitution sur les lieux. La cour d'appel de Paris a finalement donné raison à l'avocat et dessaisi les deux magistrats du dossier le 21 juin 2000.

Quand Me Morice a demandé au nouveau juge désigné à consulter la vidéo de la reconstitution, le magistrat lui a répondu qu'il ne l'avait pas en magasin. Mme Moracchini avait effectivement omis de lui transmettre la cassette, de la coter au dossier et même d'ouvrir l'enveloppe. Il y avait à l'intérieur un petit mot aimable du procureur de Djibouti : " Salut Marie-Paule. (…) J'ai regardé l'émission “Sans aucun doute” sur TF1. J'ai pu constater à nouveau combien Mme Borrel et ses avocats sont décidés à continuer leur entreprise de manipulation. " Il concluait en lui demandant de " passer le bonjour à Roger " (Le Loire).

Me Morice, furieux, a dénoncé à la chancellerie " un comportement parfaitement contraire aux principes d'impartialité et de loyauté ", et assuré au Monde, le 8 septembre 2000, que la lettre démontrait " l'étendue de la connivence entre le procureur de Djibouti et les magistrats français ". Les deux juges ont porté plainte et obtenu gain de cause jusqu'en cassation, " les limites admissibles de la liberté d'expression dans la critique de l'action des magistrats ayant été dépassées ".

La suite a cependant plutôt donné raison à Me Morice. Le procureur de Paris a indiqué en 2007 que l'enquête sur la mort de Bernard Borrel s'orientait vers " un acte criminel ", et le procureur de Djibouti a été condamné l'année suivante pour subornation de témoin, avant d'être relaxé en appel. C'est ainsi que l'avocat a saisi en mai 2010 la Cour européenne, en lui demandant de définir la liberté d'expression de l'avocat hors du prétoire : les droits à la critique de l'avocat devant le tribunal sont déjà bien définis.

" Débat d'intérêt général "

La 5e section de la Cour, chargée notamment des affaires françaises, a donné raison à Me Morice en 2013 sur un point : un conseiller de la Cour de cassation avait publiquement défendu Mme Moracchini neuf ans avant de siéger sur le dossier Borrel : il aurait dû se déporter – " il faut non seulement que justice passe, dit un adage anglais, mais qu'elle soit vue comme passée ". En revanche, elle ne l'a pas suivi sur la liberté d'expression hors du prétoire. La Grande Chambre de la Cour a alors été saisie, ce qui n'a rien d'automatique, et a cette fois donné raison à l'avocat au terme d'un raisonnement méticuleux.

La Cour met en balance deux impératifs contradictoires : la liberté d'expression en général, celle des avocats en particulier, et le droit des magistrats à être protégés des attaques infondées – alors qu'il leur est interdit d'y répondre. La critique, même " virulente " ou d'un " ton acerbe ", est admise " dans le cadre d'un débat d'intérêt général ", en raison du droit d'informer le public.

Il faut bien sûr des éléments sérieux, et " il est indispensable que l'intéressé se voie offrir une chance concrète et effective de pouvoir démontrer que ses allégations reposaient sur une base factuelle suffisante. Tel n'a pas été le cas ", estime la Cour. Elle juge enfin que, vu le contexte, le terme " connivence " ne portait pas gravement atteinte à l'honneur de Mme Moracchini, et qu'" un avocat doit pouvoir attirer l'attention du public sur d'éventuels dysfonctionnements judiciaires ", la justice pouvant " tirer un bénéfice d'une critique constructive "…

La Cour a accordé à l'unanimité de gros dommages à Me Morice (34 000 euros) et, petite curiosité, le juge français, qui a donc changé d'avis depuis 2013, n'a pas jugé nécessaire de l'expliquer dans une opinion séparée. " C'est une victoire personnelle et une victoire pour l'ensemble de la profession, s'est félicité Me Morice. J'y vois la volonté solennelle de la Cour européenne de consacrer notre droit à révéler les dysfonctionnements, notamment dans les affaires qui concernent la raison d'Etat. "

Franck Johannès

Une autre condamnation par la CEDH

La France a également été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme le 23 avril pour avoir placé sans justification un avocat en garde à vue. Me Daniel François était venu, le 31 décembre 2012, assister un mineur au commissariat -d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le jeune se plaignant de violences policières, l'avocat avait exigé qu'il soit conduit à l'hôpital, mais le ton était monté et l'avocat avait été à son tour placé treize heures en garde à vue, sommé de passer un alcootest – qui s'était révélé négatif – et fouillé à nu. La Cour -européenne a fait part de ses " sérieux doutes " sur la nécessité du contrôle d'alcoolémie et de la fouille à nu – qui n'était pas -encore interdite dans ces conditions. Reste que ces mesures " excédaient les impératifs de sécurité et établissaient au contraire une intention étrangère à la finalité d'une garde à vue ".

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Août 2015

Des décisions honteuses pour la maîtrise des dépenses

Il faudrait savoir ! D'un côté on rend les Universités indépendantes et maîtresses de leur budget, et de l'autre, on taxe celles qui ne dépensent pas assez ! C'est honteux et scandaleux !

Du coup, ça donne une légitimité à ceux qui ne font pas d'efforts budgétaires !

En effet, à quoi cela sert-il de faire des efforts si l'Etat, dans sa grande bonté, joue les Robins des bois de paquotille en allant prendre aux riches pour donner aux pauvres ?

Avec ce genre de méthodes, il ne m'étonne donc plus du tout que Bercy et l'IGF excusent M. Mathieu Gallet d'avoir tant dépensé pour la rénovation de son bureau, et que les comptes de l'Etat soient à ce point désastreux !

On nous vante à chaque instant que nous sommes gouvernés par des génies et par des gens brillants ! Force est de constater que nous sommes avant tout gouvernés par des gens qui ne savent absolument pas gérer un budget et se conduisent perpétuellement comme des cigales et non comme des fourmis responsables !

Pauvre France !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Avril 2015

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Les universités soumises à un " exercice de solidarité " inédit
L'Etat a décidé de ponctionner 47 établissements de 100 millions d'euros pour financer le budget de l'enseignement supérieur
Elles patientent depuis six mois, mais l'attente est en passe de prendre fin. Lundi 27 avril, universités et écoles d'ingénieurs publiques connaîtront la dotation que l'Etat leur versera en 2015. Et, parmi elles, celles qui sont désignées pour participer à un inédit " exercice de solidarité " - selon l'expression du ministère de l'éducation nationale - de 100 millions d'euros seront également fixées sur leur sort.

Si leur budget, voté par le Parlement, est stable (à 12,8 milliards d'euros), l'ensemble des établissements qui dépendent du ministère de l'enseignement supérieur recevront cependant 200 millions supplémentaires cette année. Pour les financer, l'Etat dégage 100 millions d'euros grâce à la fin du chantier de désamiantage de Jussieu. L'autre moitié sera récupérée sur la dotation prévue de 47 établissements, l'Etat considérant qu'ils ont mis trop d'argent de côté ces dernières années.

Sont concernés 11 universités sur 76, 25 écoles d'ingénieurs sur 36 et 12 " grands établissements ". Les règles prudentielles imposent aux universités d'avoir au moins 30 jours de réserve - les " fonds de roulement " - devant elles. L'Etat s'est intéressé aux établissements qui avaient économisé plus du double (soit 65 jours). Selon un rapport des inspections générales de Bercy et du ministère de l'éducation remis le 10 avril, sur un total de 1,4 milliard d'euros de fonds de roulement, " de 350 à 375 millions d'euros ne sont pas engagés - dans des projets - et sont donc mobilisables ", précise le ministère. Manière de montrer que l'Etat, qui n'en retient que 100, est resté mesuré.

Cette modération affichée ne suffira sans doute pas à calmer la colère qui sourd sur les campus, surtout dans les établissements les plus touchés : l'université d'Artois (Pas-de-Calais) se voit retenir 24 millions d'euros mais ses réserves s'élevaient à 161 jours ! Lille-II 8,8 millions, Paris-II-Panthéon-Assas 7,7 millions… " La solidarité, très bien, j'y suis très attaché, indique Xavier Vandendriessche, président de l'université Lille-II. Mais j'y participe déjà à hauteur de 8 millions par an, somme qui devrait nous revenir, à en croire l'Etat lui-même, mais qu'il ne nous verse pas ! Par ailleurs, la solidarité ne devrait pas connaître de limites. D'accord pour partager l'argent, mais il faut aussi partager les postes… Il m'en manque 484, quand d'autres en ont 700 ou 800 en trop. "

Le fonds de roulement de Lille-II passera de 90 à 72 jours. L'université avait mis 43 millions de côté. " Pourquoi se fait-il que mon établissement dispose de cette somme ? poursuit M. Vandendriessche, parce que notre université a toujours été gérée avec mesure et rigueur. Nous essayons d'être efficaces en utilisant le moins d'argent possible. Aujourd'hui, le plafond de la fac de médecine fuit et l'IUT de Roubaix s'effondre. Si on me prend mes fonds de roulement, comment je fais les réparations ? "

Côté écoles d'ingénieurs, la colère est tout aussi vive. " C'est une mesure scandaleuse et inéquitable, estime François Cansell, président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI). Cela fait des années que nous assainissons nos comptes. Ce sont ceux qui y ont le plus travaillé qui seront pénalisés. " Comme lui, M. Vandendriessche déplore le message ainsi envoyé à la communauté universitaire : " C'est la prime à une gestion dispendieuse, s'agace-t-il : allez-y, dépensez votre argent ! A la fin, il n'y aura aucune conséquence, l'Etat fera une rallonge en prenant de l'argent aux autres… "

Excès de prudence
Ce n'est vraiment pas comme cela que l'on voit les choses au ministère. Sans oser prononcer les mots de " mauvais gestionnaire " à propos des établissements qui économisent trop, une source proche du dossier considère que " ce n'est pas une prime à la mauvaise gestion. Au contraire : des réserves prudentielles excessives ne sont pas signe de sagesse et de cohérence. L'excès de prudence n'est plus de la prudence. Les universités doivent développer une culture de l'investissement ". Le ministère rappelle d'ailleurs que " l'opération n'obère pas la capacité des établissements à investir : il a été tenu compte des projets d'investissement d'ores et déjà engagés, qui ont été placés en dehors de l'assiette de l'opération de mobilisation ".

L'Etat insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de réaliser des économies, mais de financer des mesures " qui étaient parfois attendues depuis longtemps par la communauté universitaire " : la compensation des frais d'inscription qui ne sont pas payés aux universités par les étudiants boursiers et l'augmentation mécanique des rémunérations (baptisée " glissement vieillissement technicité "). L'argent permettra également de financer des mesures catégorielles et les 1 000 emplois supplémentaires promis en 2015. Reste un point : l'opération sera-t-elle reconduite en 2016 ? Au ministère, l'idée ne choque pas.

Benoît Floc'h

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Publié le 18 Août 2015

Il faut stopper les frais liés à la chirurgie réparatrice des cancers du sein !

Dans ces dossiers, la solidarité nationale doit jouer à plein. Il n'est pas normal que les victimes des cancers du sein aient tant à payer pour se payer une chirurgie réparatrice. Le "reste à charge" doit être payé par la collectivité publique afin d'offrir un semblant de vie normal à ces victimes qui ont déjà trop payé de leur personne face à la maladie.

La double peine maladie-dépenses doit être abolie et l'ensemble des Français doivent être mis à contribution pour que ces femmes puissent se reconstruire et guérir, physiquement et psychologiquement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Avril 2015

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Après une ablation du sein, des freins à la reconstruction mammaire
Dans une étude menée auprès de 1 000 femmes, la Ligue contre le cancer rapporte les peurs des patientes et les coûts très élevés
Ne me laissez pas avec la moitié d'un corps d'homme. " En août 2014, avant de subir une mastectomie pour soigner son cancer du sein, Juliette Valette, 38 ans, avait prévenu son chirurgien, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) : une reconstruction mammaire devait suivre l'ablation. " Je ne pouvais pas m'imaginer sans sein. Je l'auraisvécu comme une perte de féminité. " Comme elle, après une ablation, 52 % des femmes se font reconstruire la poitrine. Mais 25 % choisissent de ne pas le faire, par refus d'une nouvelle intervention ou parce qu'elles ne jugent pas l'intervention vitale. Et 23 % sont dans un processus de réflexion.

C'est ce que montre la Ligue contre le cancer dans le rapport annuel de son Observatoire sociétal des cancers, publié jeudi 23 avril. A partir des réponses de 1 000 femmes ayant subi une mastectomie et d'entretiens individuels, l'association montre les freins psychologiques et financiers à la reconstruction mammaire. En France, 170 000 femmes souffrent d'un cancer du sein, et 20 000 mastectomies sont pratiquées chaque année.

Aude, une Nantaise de 49 ans qui souhaite rester anonyme, porte une prothèse externe. " Pour l'instant, la reconstruction, c'est plutôt non. Un sein en moins ne m'empêche pas de vivre ", dit-elle. Elle y réfléchit parfois cependant, mais est rebutée à l'idée d'une nouvelle opération qui l'éloignerait du travail.

Si le frein majeur est d'ordre psychologique (peur de l'intervention chirurgicale ou du résultat…),14 % des femmes qui ne souhaitent pas de reconstructionmettent en avant des raisons financières : l'Assurance-maladie prend en charge à 100 % les traitementspour les patients souffrant d'une affection de longue durée (ALD) comme le cancer. Mais, après la mastectomie, certaines dépensessont peu ou pas remboursées. Pour les femmes qui choisissent de ne pas faire reconstruire leur poitrine, le montant restant à charge s'élève à 256 euros par an. Les prothèses externes, par exemple, qui coûtent entre 70 et 220 euros et doivent être changées tous les ans, sont remboursées 70 euros.

" J'ai payé de ma personne "
Dans le cas d'une reconstruction, ce sont les dépassements d'honoraires qui pèsent le plus dans le budget, avec un reste à charge moyen de 1 391 euros. Une situation que connaît bien Delphine Camsat, 42 ans. En 2014, deux ans après sa mastectomie, elle s'oriente vers une technique peu connue – une sorte de ventouse qui décolle la peau pour créer une cavité et y injecter de la graisse, sans nouvelle cicatrice. Le procédé n'est pas pris en charge par la Sécu. " L'appareil coûte 1 500 euros et les dépassements d'honoraires pour l'intervention 2 300 euros, dit-elle, devis à l'appui. J'ai payé suffisamment de ma personne. J'ai des enfants en bas âge, un crédit pour la maison, je n'allais pas faire un crédit pour me faire reconstruire. "

Delphine Camsat se résigne alors à opter pour une technique moins chère et cherche un praticien sans dépassement d'honoraires. Même après l'intervention, les dépenses continuent : " Les frais de transport pour voir les spécialistes, les séances chez l'ostéopathe, les pommades pour les cicatrices. Tout ça mis bout à bout, ce n'est pas négligeable ! "

" Le retour à une vie normale passe aussi par le fait d'avoir des projets, mais certaines femmes doivent y renoncer à cause de ces frais ", note Emmanuel Jammes, délégué à la mission société et politique de santé de la Ligue. L'étude montre par conséquent que les femmes actives, bénéficiant de hauts revenus et bien remboursées par leur mutuelle, ont davantage recours à la reconstruction.

L'association propose plusieurs pistes pour en finir avec ces freins : fixer un prix limite de vente pour les prothèses externes, recenser les praticiens sans dépassement d'honoraires et informer sur la possibilité de négocier ce dépassement. L'enquête montre également que neuf femmes sur dix ayant subi une reconstruction jugent celui-ci " inacceptable ".

Maurane Speroni

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Août 2015

Quand M. Nicolas Sarkozy persiste et signe dans la connerie !

M. Nicolas Sarkozy n'est pas un idiot, pas plus un imbécile. A ce niveau là, c'est un con, et un con de première en plus !

M. Nicolas Sarkozy a perdu contre un candidat qui n'avait jamais été ministre et qui a représenté un second choix suite aux affaires Strauss-Kahn. Quand on perd contre quelqu'un qui est faible, ne doit-on pas se poser des questions ?

M. Nicolas Sarkozy avait gagné en 2007 en allant chasser sur les terres du FN. En 2012, il a eu, face à lui, un candidat différent, beaucoup plus fin et bien plus fédérateur. Quand on a un adversaire différent, on utilise une tactique différente. Las, ce qui avait réussi en 2007 a lamentablement échoué en 2012 : chasser sur les terres du FN marche bien contre Jean-Marie Le Pen, beaucoup moins bien contre Marine Le Pen qui offre l'avantage d'être l'originale par rapport à la copie.

La campagne de 2012 de Sarkozy a été un échec car le parti s'est déporté sur sa droite tout en faisant l'effet de repoussoir vers le centre : Mme Corinne Lepage et M. François Bayrou se sont écartés, à juste titre il me semble, d'une candidature beaucoup trop nauséabonde aux vues des valeurs Républicaines.

Cette "martingale gagnante" est donc purement et simplement une connerie qui doit être écartée, pour les raisons suivantes :

1. La perte de l'élection présidentielle en 2012 face à un candidat de seconde zone, montre que cette tactique ne marche pas
2. L'électorat FN préfèrera toujours l'original face à la copie, d'autant plus que la copie a, actuellement, un vernis beaucoup plus respectable !
3. Dans le triptyque, la priorité des engagements va à l'immigration. C'est le terreau essentiel du FN et représente le fondement du pourquoi l'électorat FN préfèrera toujours la copie à l'original !

Bref, tant que M. Nicolas Sarkozy persistera face à la bêtise, il échouera et sa martingale n'entraînera que sa défaite comme elle a déjà entraîné la défaite de 2012...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Avril 2015

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Face au FN, Sarkozy pense avoir trouvé la " martingale gagnante "
Le président de l'UMP était attendu à Nice, mercredi, pour soutenir la candidature de M. Estrosi aux régionales, face à Marion Maréchal-Le Pen
C'est une nouvelle étape dans l'opération reconquête de Nicolas Sarkozy en vue de la présidentielle de 2017 : le président de l'UMP devait effectuer un déplacement à Nice, dans les Alpes-Maritimes, mercredi 22 avril. L'occasion de roder sa stratégie face au Front national dans ce Sud-Est où l'extrême droite exerce une forte pression sur l'électorat de l'UMP.

Au menu : une réunion publique pour appuyer la candidature de Christian Estrosi, chargé de conduire la liste UMP en Provence-Alpes-Côte d'Azur aux élections régionales de décembre. Le maire de Nice sera opposé à Marion Maréchal-Le Pen, investie tête de liste du FN après le retrait de Jean-Marie Le Pen. La mise à l'écart du grand-père, qui illustre la volonté de Marine Le Pen de " dédiaboliser " sa formation, incite M. Sarkozy à poursuivre dans la stratégie qu'il a mise en œuvre pour attirer les électeurs du FN et contenir le risque d'hémorragie de ses troupes vers le parti frontiste. Sa méthode ? Exclure toute alliance avec le FN, mais reprendre ses thématiques traditionnelles (dénonciation de l'immigration, du communautarisme et de l'" assistanat ") tout en se démarquant sur le projet économique.

C'est, selon le camp Sarkozy, le triptyque gagnant face à l'extrême droite. " Pour endiguer le FN, il faut montrer que la barrière est infranchissable en refusant toute alliance. A partir du moment où la digue est érigée, on peut aller très loin en s'approchant le plus possible de la frontière ", estime l'ex-ministre Eric Wœrth. " On a vu lors des élections départementales que la martingale gagnante consiste à taper le FN sur l'économie, tout en assumant nos valeurs sur l'assistanat et le communautarisme ", abonde Laurent Wauquiez, numéro 3 de l'UMP.

M. Sarkozy suit cette stratégie à la lettre, y voyant aussi un moyen de se démarquer du positionnement plus modéré d'Alain Juppé, son principal rival pour la primaire. D'un côté, il érige les sujets identitaires comme des priorités, en ne cessant de faire des clins d'œil à l'électorat frontiste. Il affirme par exemple que " l'immigration menace notre façon de vivre ", plaide pour l'" assimilation ", et répète sa volonté de " maîtriser les flux migratoires ". Il dit aussi vouloir en finir avec le communautarisme et surfe sur l'islamophobie rampante dans la société, en proposant d'interdire le voile à l'université et les menus de substitution dans les cantines scolaires.

Maîtrise des impôts
D'un autre côté, M. Sarkozy accuse Marine Le Pen d'avoir " le même programme économique que Jean-Luc Mélenchon ", en dénonçant sa volonté de sortir de la zone euro ou sa promesse d'instaurer la retraite à 60 ans. Défenseur des entreprises et partisan d'une maîtrise des impôts, il s'érige également en contempteur de l'" assistanat ",thème dont il a fait une priorité au cours des dernières semaines. Mercredi, il devait ainsi assister à Nice à la présentation par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, du bilan de la lutte contre la fraude au RSA dans le département. Le 8 avril, il avait déjà demandé aux présidents des départements de droite d'expérimenter l'obligation pour les allocataires du RSA de travailler sept heures par semaine. Une mesure proposée pendant son quinquennat par Laurent Wauquiez, aujourd'hui secrétaire général de l'UMP.

" M. Sarkozy envoie tous les signaux pour que la porosité avérée entre les électorats de droite et d'extrême droite se fasse au bénéfice de son parti et non au profit du FN ", analyse le politologue Gaël Brustier. " On observe chez les Français une demande de libéralisme économique, ainsi qu'une demande de sécurité et une inquiétude sur les sujets identitaires. M. Sarkozy cherche à y répondre, en insistant sur ce qui sépare l'UMP et le FN sur le terrain économique pour attaquer la crédibilité gouvernementale du parti de Marine Le Pen ", complète Pascal Perrineau, ancien directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Il n'a pas échappé à M. Sarkozy que, dans les sondages, les électeurs UMP et FN convergent sur les questions identitaires, alors qu'ils restent profondément opposés sur les sujets économiques. 90 % des sympathisants UMP se retrouvent par exemple sur la proposition du parti d'extrême droite de diviser par vingt le nombre d'immigrés qui entrent chaque année en France, selon une étude IFOP pour Le Figaro magazine publiée le 3 avril. La sortie de la zone euro reste, en revanche, la vraie ligne de clivage entre sympathisants UMP et FN.

Alexandre Lemarié

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 14 Août 2015

M. Mathieu Gallet doit quitter ses fonctions ! 2/2

Comme je l'ai déjà dit, cette exonération pose question. En quoi l'IGF absout-elle un président qui est, par définition, responsable des dépenses de l'organisme qu'il dirige ? Tout simplement car l'IGF se dit que si elle condamne les pratiques d'un président de radio, elle devra aussi critiquer ses propres pratiques, et là, faut pas déconner !

M. Mathieu Gallet n'a pas procédé à des dépenses abusives ? En effet, tout est relatif...

68 000 euros de rénovation de boiseries d'un bureau ! Il ne faut pas déconner ! On rénove deux appartements de 50m² entièrement pour ce prix ! On y dit que le président n'a pu exercer d'influence alors même qu'il est président ! A la maison de la Radio, un président n'a pas d'influence ? A quoi il sert alors ? Il aurait pu suspendre les travaux selon lui... à mon avis, il aurait DU : la nuance est d'importance...

Comment on peut justifier 35 000 Euros pour changer des moquettes, un mobilier et des stores ? Au contraire du rapport, je dis que cette dépense est beaucoup trop élevée quand on est financé par l'argent du contribuable et que l'entreprise que l'on dirige est en difficulté !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Avril 2015

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Le PDG de Radio France exonéré sur ses dépenses
L'Inspection générale des finances estime que Mathieu Gallet n'a pas procédé à des dépenses abusives
Si l'IGF n'a relevé aucune entorse aux règles, elle se permet néanmoins d'" appeler particulièrement l'attention du président de Radio France sur l'importance de l'exemplarité des actions non seulement sur le fond mais aussi sur leur processus de décision ". En clair, M. Gallet aurait pu se montrer plus sensible au contexte et anticiper le fait qu'un changement de mobilier choquerait forcément au sein d'une entreprise s'apprêtant à endurer un plan d'économies et des suppressions de postes. " Il aurait pu surseoir à ces dépenses ", répète Jean-Paul Quennesson, membre de l'Orchestre national de France et délégué syndical (SUD).

L'IGF, qui a commencé son enquête le 30 mars, s'est donc penchée sur la rénovation du bureau présidentiel, mais aussi sur le contrat de communication conclu entre Radio France et Denis Pingaud pour un montant de 96 000 euros, ainsi que sur le changement de la voiture de service du PDG – deux autres dépenses qui avaient été relevées par la presse, fin mars.

Sur le bureau, les conclusions de l'IGF valident la défense de M. Gallet. Sur les 104 000 euros dépensés, 68 000 euros " de rénovation des boiseries en palissandre de Rio avaient un caractère patrimonial et étaient liés à des décisions sur lesquelles l'actuel président n'a pas pu exercer d'influence, car antérieures à son arrivée ". L'IGF rappelle néanmoins que M. Gallet aurait pu décider de suspendre cette rénovation, comme il l'avait lui-même reconnu dans un entretien au Monde.

Les 35 000 euros restants, correspondant à un changement de moquette, de mobilier et de stores, dans un bureau qui n'était pas hors d'âge, semblaient moins justifiables. Mais " la mission n'a pu retrouver d'éléments écrits permettant d'établir avec certitude l'origine de la décision, entre le président ou la direction de la réhabilitation ", qui pilote le chantier de la Maison de la radio. La seule intervention traçable de M. Gallet est le choix de sa table de réunion. Le rapport estime que cette dépense de 35 000 euros n'est " pas injustifiée " compte tenu des " fonctions de représentation " exercées par le PDG.

Autre élément qui a nourri la polémique : le contrat de communication conclu en juin 2014 avec Denis Pingaud, qui conseillait déjà M. Gallet quand celui-ci était président de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Ce contrat " n'est inhabituel (…) ni par son contenu ni par ses modalités de passation ", observe le rapport. Une clause de tacite reconduction, présente dans la première version du contrat, a été retirée dès juin 2014 sur recommandation de la direction juridique de l'entreprise, afin qu'une mise en concurrence puisse avoir lieu au bout d'un an. Le rapport rappelle que sous la présidence antérieure, un contrat équivalent existait, et comportait, lui, une clause de tacite reconduction – M. Gallet a donc, en ce sens, amélioré les choses.

" Nécessaire modernisation "
L'IGF valide également l'" effectivité de la prestation " du conseiller de Radio France : en dix mois, 350 courriels ont été échangés entre M. Pingaud et des membres du comité exécutif et il a assisté à 23 réunions, selon le rapport, sur des sujets concernant l'entreprise, pas uniquement l'image de M. Gallet.

Enfin, concernant le véhicule de service du PDG, " le changement (…) avait été prévu dès le mois de mai 2013 - avant sa prise de fonctions - et s'est s'inscrit dans le cadre des règles de l'entreprise, que ce soit pour les critères d'obsolescence de la précédente C6 (cinquante-trois mois et 121 383 km), ou pour le choix du modèle de l'actuelle 508 ".

Les enquêteurs ont aussi passé au crible les dépenses du comité exécutif (supérieures à 100 euros) et les choix des fournisseurs les plus récents. " Aucune des dépenses examinées, du président ou d'un membre du Comex - comité exécutif de Radio France - , ne présente de caractère anormal ou disproportionné par leur nature ou leur montant ", conclut le rapport. Tout juste souligne-t-il la justification fragile de deux voyages effectués par M. Gallet, l'un au Brésil au moment de la Coupe du monde de football, l'autre en Chine pour participer au sommet Young Leaders. Le rapport suggère, enfin, que l'entreprise se dote de règles plus transparentes en matière de contrôle et de publicité des dépenses. " Certaines dispositions nouvelles pourraient néanmoins utilement être mises en place afin que leur acceptabilité ne soit plus remise en cause ", propose le rapport. " Je n'ai jamais douté des conclusions de l'enquête de l'Inspection générale des finances, a réagi M. Gallet. L'important, maintenant, c'est l'avenir du service public de la radio et sa nécessaire modernisation. Nous allons y travailler avec l'ensemble des salariés de Radio France qui sont, comme moi, particulièrement attachés à l'entreprise et à ses missions de service public. "

Vendredi, le PDG a rencontré Dominique-Jean Chertier, le médiateur choisi par le gouvernement, pour discuter de la mission de celui-ci. M. Chertier, qui sera présent " à tiers temps " à Radio France, doit remettre sur pied le dialogue social. Il a aussi vu les syndicats, ensemble puis séparément. " C'est le démarrage ", souligne-t-on. La question qui agite la Maison ronde est désormais de savoir sicette relance du dialogue peut se faire avec une équipe de direction inchangée, ou si M. Gallet procédera à des mouvements – montrant au passage qu'il s'efforce désormais de reprendre la main.

Alexis Delcambre

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Publié le 13 Août 2015

Il faut reconstruire la pyramide de la police et de la gendarmerie

La pyramide hiérarchique au sein de la police et de la gendarmerie doit être revue. On ne doit pas avoir autant d'encadrants que d'hommes du rang. De fait, la revalorisation salariale ne doit pas aller forcément vers la montée en grade. On ne peut pas utiliser la montée en grade pour augmenter le salaire : la montée en grade implique des responsabilités d'encadrement.

Même si le salaire est augmenté, un bon homme du rang doit voir son travail valorisé sans passer pour autant par des responsabilités d'encadrant.

Le grade doit être lié à des responsabilités d'encadrement, non de salaire. A ce titre, il doit être surveillé pour garder une pyramide. La valorisation des hommes, elle, peut passer par un autre chemin, pas uniquement vu au niveau du grade.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Avril 2015

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Trop de gradés dans la police et la gendarmerie
Dans un référé, la Cour des comptes juge la gestion des carrières des forces de l'ordre " coûteuse "

La Cour des comptes épingle à nouveau les forces de l'ordre. Dans un référé rendu public lundi 20 avril, elle critique la gestion des carrières des policiers et des gendarmes. Début mars, elle avait déjà mis en cause les forces de l'ordre perdues, selon elle, dans leurs rivalités et incapables de travailler entre services.

Cette fois, la haute juridiction s'est penchée sur deux réformes " majeures " mises en œuvre entre 2004 et 2012 pour accélérer le déroulement de carrière des policiers et des gendarmes. Elle estime que ces réformes ont été " coûteuses " et ont " manqué d'une vision stratégique ",et dénonce " une gestion par à-coups des ressources humaines ".

En 2013 déjà, un rapport de l'Inspection générale de l'administration portant sur ce sujet avait constaté que " ses résultats sont impossibles à mesurer en matière d'efficacité de l'action policière ". De la même façon, les magistrats soulignent que la gendarmerie a augmenté le nombre de ses officiers " pour s'aligner sur les grades de la police, sans réflexion suffisante sur ses besoins fonctionnels ".

Selon la Cour, les réformes portant sur les carrières ont entraîné un surcoût annuel d'environ 503 millions d'euros dans la police et 169 millions dans la gendarmerie. Elle souligne avoir déjà rappelé à l'ordre le ministère de l'intérieur en 2013 sur ces sujets, l'avertissant sur la " hausse accélérée des dépenses " liées à ces réformes.

Car, à force d'accorder des promotions pour acheter la paix sociale, police et gendarmerie ressemblent à des armées mexicaines. Dans la police, le corps des officiers compte trois fois plus de capitaines que de lieutenants. Et, au sein du corps des gardiens de la paix, la pyramide des grades est certes conforme à l'objectif fixé, " mais la pertinence de cet objectif n'est pas établie " note le référé, qui estime qu'" en moyenne, il y aurait désormais un encadrant pour un encadré ".

Désorganisation des services

Dans la gendarmerie, la pyramide s'est déformée au sein de chaque corps " au profit des catégories les plus élevées et les plus coûteuses " : ainsi, la proportion des colonels et des lieutenants-colonels parmi les officiers est passée de 13 % en 2009 à 18 % en 2013.

Cette accélération des promotions de grade conduit à désorganiser les services. Certains gradés ou officiers " se retrouvent à encadrer leurs collègues d'hier alors même que leurs attributions hiérarchiques ne sont pas clairement définies ".

L'âge moyen d'accès aux grades de commandant et de major, grades les plus élevés respectivement pour les officiers et les gardiens de la paix, est inférieur à 47 ans. " Cette situation limite les perspectives de carrière (…) pour de nombreux policiers arrivés, près de dix ans avant leur retraite, au sommet de leur corps ", relève la Cour des comptes.

L'interruption de ces avancements accélérés provoque désormais des tensions. Dans la police, les taux de promotion dans le corps des gradés et gardiens ont été divisés au moins par deux en 2013. D'après la Cour des comptes, " ces perspectives réduites sont d'autant plus problématiques que près de 30 % des gardiens de la paix disposent des qualifications nécessaires pour prétendre au grade de brigadier ". Dans la gendarmerie, les avancements ont également été réduits de plus de 50 % pour les sous-officiers en 2013, et même de 70 % pour les adjudants.

Ce constat accablant dressé, les magistrats préconisent " de mettre en œuvre (…) une stratégie de gestion des carrières qui rééquilibre la pyramide des corps et évite les à-coups déjà observés ". La Cour a adressé le 3 février son référé au ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, qui disposait de deux mois pour répondre aux critiques, remarques et propositions formulées, mais n'a pas répondu dans les temps. " Le courrier du ministre est parti hier - lundi 20 avril - ", indiquait-on mardi matin Place Beauvau.

Dans sa réponse au précédent référé de la Cour des comptes sur les enquêtes judiciaires menées par la police et la gendarmerie, Bernard Cazeneuve avait jugé " excessif " le " tableau particulièrement sombre " brossé par la Cour.

L'association professionnelle des militaires et de la gendarmerie, Gend XXI, a fait savoir qu'il " partage globalement le constat des erreurs stratégiques " dressé par la Cour des comptes. Pour cette association créée début janvier, la multiplication des postes d'officiers et de hauts gradés " a conduit à une dévalorisation des fonctions exercées par les moins gradés " et pénaliserait aujourd'hui " les jeunes générations de gendarmes ".

Matthieu Suc

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Publié le 12 Août 2015

M. Mathieu Gallet doit quitter ses fonctions ! 1/2

Dans ce dossier, et pour les mêmes raisons que dans l'affaire du patron de la CGT, M. Thierry Lepaon, la légitimité de M. Mathieu Gallet pose problème.

Le rôle d'un patron est, je le répète, de gérer son entreprise, ce qui inclut, de facto, des responsabilités financières.

Que M. Mathieu Galet n'ait pas été directement à l'origine de la décision de la réfection de son bureau ne l'abstient absolument pas de se poser des questions quant à la légitimité des dépenses engagées.

Il était de la responsabilité du président, en tant que président, de gérer le coût de la rénovation d'un bureau, d'autant plus s'agissant du sien !

A ce titre, on ne peut pas dépenser 68.244 Euros pour rénover un bureau ! Ce n'est pas concevable, ce n'est pas admissible de la part d'une entreprise publique financée, entre autre, par l'argent du contribuable ! La Maison de la Radio, ce n'est pas Versailles et la présidence de l'institution se doit de gérer correctement le budget qui lui est alloué ! Avec 68 000 Euros, on rénove entièrement 2 appartements de 50m², cuisine y compris ! On ne peut donc pas allouer cette somme à rénover un simple bureau !

Le réameublement d'un bureau pour 18 836 Euros est dispendieux ! N'en déplaise à Bercy et au ministère de la Culture, cette somme est bien trop élevée au regard du but recherché ! Oser prétendre le contraire, c'est se rendre complice d'une dépense immodérée, dépense faite par le contribuable ! Quand on fait la somme du mobilier, de la moquette et de l'installation de stores, on en vient à un coût immodéré de 32 013 Euros, là aussi, c'est trop, beaucoup trop !

M. Mathieu Gallet, en tant que président, est responsable de ces dépenses. Il doit donc être sanctionné et non blanchi.

Mais c'est vrai que lorsque c'est Bercy qui absout, on peut se poser des questions sur la pertinence de ses propres services en matière de dépense publique. Rentre-t-il dans les attributions de Bercy de juger une institution qui dépend de l'Etat alors qu'elle même en fait partie ? Ce jugement ne relève-t-il pas d'un mode de fonctionnement où on est juge et partie et où on est d'accord avec de fortes dépenses à partir du moment où le bureau du Ministre à Bercy doit être aussi luxueux ?

Bref, cette décision de Bercy et du ministère de la Culture ressemble à s'y méprendre à une justification des méthodes de l'Etat aux dépends du contribuable et de la maîtrise des coûts.

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Radio France : ce que contient le rapport qui blanchit Mathieu Gallet

Un article du journal 'Le Figaro' Home ECONOMIE Médias & Publicité
Par Chloé Woitier Mis à jour le 21/04/2015 à 08:22 Publié le 20/04/2015 à 19:30

L'enquête, diligentée par Bercy et le ministère de la Culture, blanchit le président de Radio France des accusations de dépenses dispendieuses. L'affaire du bureau est surtout l'histoire d'un dérapage incontrôlé des coûts de restauration du palissandre.

Voiture, bureau, conseiller en communication ... le président de Radio France a-t-il un train de vie néfaste pour les comptes de l'entreprise? L'accusation, née de plusieurs articles du Canard Enchaîné, a donné lieu à une enquête de l'Inspection générale des Finances, diligentée par Bercy et le ministère de la Culture. Et les conclusions du rapport blanchissent Mathieu Gallet, avait révélé. «Je n'ai jamais douté des conclusions de l'enquête», affirme ce dernier après la publication, ce lundi, de l'intégralité du document. En voici les principaux points.

- Un dérapage incontrôlé du coût de la rénovation du bureau du président

Comme l'a répété plusieurs fois Mathieu Gallet ces dernières semaines, la décision de déplacer du 4e au 3e étage le bureau de la présidence de Radio France a été prise bien avant son arrivée l'été dernier. Cette dernière figure dans des appels d'offres datant de 2009, sous l'appelation «dépose pour conservation et repose avec soin du mobilier du président». Le coût est alors estimé à 19.781,85€.

Une entreprise de menuiserie procède en 2010 au démontage du fameux mur en palissandre. Mais la société fait faillite, et avec elle disparaît le plan de remontage du précieux meuble. Sans ce document, «les pièces constituaient un simple ‘fagot'», note l'IGF. Une nouvelle entreprise est missionnée pour remonter autant que faire se peut le palissandre. Mais le montage final «présente des défauts d'assemblage et de fixation néfastes à sa préservation», soulignent fin 2013 des architectes des monuments historiques. Il va falloir reprendre de zéro et restaurer les pièces abîmées, pour 34.500 euros. Mais le démontage s'avère plus délicat que prévu. Face à ces difficultés, il est décidé de «mettre en place une adaptation de l'ouvrage permettant un éventuel démontage ultérieur plus aisé». Coût total de l'opération: 68.244 euros.

- La mystérieuse origine du réameublement du bureau du président

Qui a décidé de remeubler le bureau de la présidence? Mathieu Gallet ou la direction de la réhabilitation de la Maison ronde? L'IGF n'a pu le déterminer. Mais le service de Bercy note que le coût total - 18.836 euros - «n'a pas de caractère dispendieux». Le rapport souligne la décision de ne pas changer les luminaires, qui auraient alourdi la note de 1296 à 7105 euros. Mathieu Gallet a choisi lui-même sa nouvelle table de réunion, mais les autres meubles ont dû être sélectionnés parmi un catalogue établi par ses services.

La moquette, de couleur aubergine, a été remplacée par une de couleur claire «pour retrouver une esthétique proche de celle existant avant le déménagement». Mathieu Gallet avait affirmé que la moquette originale avait été abîmée lors des travaux, mais l'IGF n'a pas pu confirmer ces dires malgré «des photographies et des entretiens». Mobilier, moquette et installation de stores mécaniques ont coûté 32 013 euros.

- Une voiture de fonction dans les standards de la Maison ronde

Le changement de voiture de fonction à l'arrivée de Mathieu Gallet n'avait rien d'irrégulier, souligne l'IGF. L'ancienne voiture de la présidence, une Citroën C6, avait quatre ans d'âge et plus de 120.000 kilomètres au compteur. Or, Radio France renouvelle son parc de voitures, louées ou achetées, tous les quatre ans en moyenne, et ses contrats de location ne dépassent jamais les 120.000 kilomètres. De plus, divers documents ont prouvé que la décision de changer la C6 du président a été prise bien avant la nomination de Mathieu Gallet.

Ce dernier a porté son choix sur une Peugeot 508 hybride. Ce modèle écologique coûte plus cher que son équivalent diesel à la location, mais ouvre la porte à de nombreuses déductions fiscales et une forte réduction de la consommation de carburant. «Ces élements conduisent à réduire le prix mensuel d'un véhicule hybride de plus de 133 euros par rapport à un véhicule classique», souligne le rapport. Ce dernier indique également que le coût mensuel des voitures des présidents ne cesse de baisser depuis 2006. De même, contrairement à ses prédecesseurs, Mathieu Gallet ne peut pas utiliser son véhicule professionnel à des fins privées.

- Des finitions en bois oubliées

À noter que la Peugeot 508 aurait dû coûter plus cher. La présidence avait choisi l'option «pack bois», qui comprend de meilleurs sièges et des finitions en bois pour le tableau de bord, mais cette dernière a été oubliée lors de la commande du véhicule. Radio France a d'abord songé à demander l'ajout des éléments manquants, mais le coût de l'opération (1300 euros hors taxe) a entraîné l'abandon de ces travaux le 18 mars. Hasard ou coïncidence, il s'agit également de la date de parution du premier article du Canard Enchaîné sur les dépenses de la présidence.

- Des conseils en communication dans les normes

Certes, la présidence a choisi les services de Denis Pingaud sans mise en concurrence, «mais cela n'entraîne pas nécessairement un écart par rapport aux procédures habituelles de Radio France». L'IGF souligne que le contrat, initialement de tacite reconduction, a été remplacé par une date ferme de fin (fixée au 31 mai 2015) après une analyse du service juridique de la radio. Un appel d'offre en bonne et dû forme est en cours de préparation, une première pour Radio France. L'IGF estime également que la mission de Denis Pingaud «correspond bien à une prestation de conseil en stratégie de communication, et non à des opérations de promotion de l'image personnelle du président».

- Deux voyages remis en question

L'IGF n'a rien à redire sur les frais de déplacements de Mathieu Gallet. Les transports en taxi pris en charge par Radio France «sont consécutifs à des manifestations culturelles associant Radio France» et, dans le cas contraire, «ont été remboursées à l'entreprise par chèque». Le service de Bercy tique cependant sur deux voyages à l'étranger (sur onze réalisés depuis un an par Mathieu Gallet). La radio publique a pris en charge un aller-retour à Shanghaï dans le cadre du programme «Young Leaders», ainsi qu'un déplacement au Brésil «pour rencontrer les équipes de Radio France sur place et assister à un match» de football.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Août 2015

M. Thierry Lepaon : fraudeur ou incompétent ?

Qu'on le veuille ou non, la responsabilité d'un patron est la juste dépense de l'organisation qu'il préside. Ainsi, dire que le patron n'a aucune responsabilité quant aux dépenses faites par son organisation n'a juste aucun sens, car le rôle d'un patron est d'avoir justement la responsabilité de ces actes !

Si travaux il y a, elles sont forcément sous la responsabilité du patron. Le patron est-il donc un voyou ou un incompétent ? C'est la question à laquelle il faut répondre.

Si le patron n'a pas eu connaissance des devis, c'est une faute. S'il n'a pas su que son bureau était en cours de rénovation, c'est bien entendu un mensonge éhonté.

Le dédouanement est facile : il permet aux dirigeants actuels de justifier des dépenses injustifiables et permet de dire que l'on a le droit de dépenser un fric monstre à rénover un bureau alors que l'argent manque cruellement aux fonctions syndicales.

Le patron est responsable car il aurait dû engager des mesures correctives face à des abus. Même s'il n'est pas un voyou, il reste un incompétent et, à ce titre, son éviction est pleinement justifiée.

Quant aux "mesures correctrices", on frise le foutage de gueule en règle : en disant qu'il faut désormais 3 devis, on sous-tend que ce n'était pas le cas jusqu'à présent ! Encore une preuve de l'incompétence des dirigeants de la CGT...

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Thierry Lepaon blanchi par la CGT dans l'affaire des travaux de son appartement
Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 14.04.2015 à 20h26 • Mis à jour le 15.04.2015 à 04h50

La CGT est désormais « en capacité » de « rétablir la vérité sur (...) l'honnêteté » de Thierry Lepaon. Devant la commission exécutive confédérale mardi 14 avril, le secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez, a dédouané son prédécesseur de toute responsabilité dans l'affaire de la rénovation de son bureau et de son appartement de fonction.

S'appuyant sur une enquête interne, il a affirmé que les travaux « ont été réalisés en dehors de la responsabilité du secrétaire général », qui n'a « notamment pas eu connaissance des devis » et « a découvert les travaux une fois ceux-ci achevés ».

Une facture « en décalage »

L'ex-numéro un de la CGT avait fini par démissionner en janvier, après une succession de révélations sur le montant des travaux dans son appartement de fonction, puis dans son bureau et enfin sur une prime de départ qu'il avait touchée lorsqu'il avait quitté la CGT Normandie pour prendre la tête du syndicat.

« La vérité éclate enfin », a réagi l'ex-secrétaire général dans une interview au site L'Opinion.fr, qui assure avoir « vécu l'enfer ». « Je retrouve mon honneur, ma dignité, le fruit de mes engagements. »

S'il dédouane son prédecesseur, M. Martinez a en revanche estimé mardi que la facture des travaux était « en décalage par rapport à la réalité des prestations effectuées » et n'a pas exclu « un recours juridique ».

Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, le syndicat a pris « des mesures correctrices », a insisté M. Martinez. « Au moins trois devis » seront désormais requis pour « les montants supérieurs à 5 000 euros », et diverses autorisations seront nécessaires pour les montants supérieurs à 10 000 euros.

Mea culpa

La CGT a également décidé de recruter un directeur administratif et financier pour « travailler avec plus de rigueur », selon les mots de son numéro un.

Autre mea culpa : le syndicat a « individuellement et collectivement sous-estimé la gravité de la crise » qu'elle traversait, « ce qui nous a conduits à un manque de clarté et de réactivité », a estimé M. Martinez.

Celui-ci a de nouveau regretté que « des documents pris en interne » aient été « diffusés à la presse, alimentant une campagne de presse sans précédent à l'encontre du premier dirigeant de la CGT et de son honneur. »

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Août 2015

Le FN ne vaut pas mieux que les autres !

Toute la stratégie du parti de Marine Le Pen repose sur le fait qu'elle se dit différente des autres partis, en particulier de l'UMP et du PS. Las, cette stratégie ne résiste pas à l'épreuve des faits. La magouille sait aussi être présente dans ce parti.

Il est donc temps de le rejeter en masse pour ce qu'il est et ce qu'il représente. Le FN est et reste un parti d'extrême droite raciste et xénophobe, qui n'hésite pas à user de toutes les magouilles pour arriver au pouvoir.

Il ne représente en rien un nouveau moyen démocratique mais est la quintessence d'une politique qu'un pays démocratique comme la France ne peut tolérer.

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 17 Avril 2015

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Marine Le Pen rattrapée par l'affaire du financement du FN
Imprimeurs imposés, signatures imitées, prêts suspects… Les candidats aux législatives de 2012 ont raconté aux enquêteurs les dessous de leur campagne

Ce sont juste quelques mots, piochés au cours d'une conversation téléphonique, mais ils signent l'implication personnelle de Marine Le Pen dans l'affaire visant le financement de son parti. Ce mercredi 15 avril 2014, c'est la panique au FN. Les policiers multiplient les auditions, sur la piste d'un financement illégal de la campagne des élections législatives 2012. Imprimeurs imposés, signatures imitées, prêts suspects… Un expert-comptable, Nicolas Crochet, est en ligne de mire, et la liste des délits possibles s'allonge.

Axel Loustau, le trésorier de Jeanne, un microparti satellite du FN, relate alors l'énervement de sa patronne, dans une conversation téléphonique avec Frédéric Chatillon, autre membre de la galaxie frontiste, patron de la société Riwal, une interface commerciale imposée aux 559 candidats du FN. Les policiers sont à l'écoute : " J'viens d'avoir Marine, elle est un peu agacée ", indique M. Loustau. Réponse de M. Chatillon : " Elle est au courant de tout depuis le début… " Réplique de M. Loustau : " Nous faut qu'on ferme notre gueule (…). J'vais te dire, avant qu'on soit mis en examen hein, moi, chez Jeanne, j'ai les couilles propres. "

Pas très visionnaire sur le coup, M. Loustau a été mis en examen un an plus tard, en mars 2015, pour " escroquerie ". Dans un procès-verbal lié aux écoutes, la brigade financière note que " Marine Le Pen s'enquiert et est informée du choix des imprimeurs et de la répartition des quantités pour chacun d'eux et semble influencer ces décisions. Elle est en lien direct avec Nicolas Crochet et se tient très au courant au sujet de Chatillon, des articles de presse le concernant ainsi que concernant Loustau, Jeanne et Riwal. Elle semble d'ailleurs en être contrariée et être informée et au courant de tout ", concluent les policiers. Qui notent par ailleurs, à propos de M. Chatillon, placé sur écoute, " qu'il informe Marine Le Pen de - leurs - investigations ".
" Elle était du FN et jolie fille "

Elle sait tout, notamment, de cette campagne des législatives, en 2012, où le FN a dû faire face à ses deux maux classiques :peu de moyens financiers, et des candidats souvent inexpérimentés. C'est en effet ce double constat qui émerge de l'enquête menée par les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi, chargés de démêler le système alambiqué de financement " obligatoire " mis en place.

En témoigne le cas de ce peintre en bâtiment à la retraite en Haute-Savoie, Patrick Chevallay. Il est de toutes les élections. Tant pis si cela l'expose à quelques visites désagréables de policiers. Comme en ce mois d'avril 2014, quand la police vient lui demander de décrire par le menu le financement de sa campagne, en 2012. Ces détails ne l'intéressent pas, manifestement. Pourquoi avoir choisi tel mandataire financier, par exemple ? " Elle était du Front national et elle était jolie fille, dit-il, je préfère une jolie fille qu'un mec pas beau. " Argument imparable. Comme son amour des meetings : " On a fait tous les meetings possibles, se souvient-il, mais il n'y a jamais personne dans ces réunions, c'est histoire de boire un coup et de prendre un casse-croûte. " Les enquêteurs n'en sauront guère plus. D'ailleurs, M. Chevallay n'a pas donné suite, non plus, aux courriers de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), lorsque celle-ci lui a demandé des précisions sur diverses irrégularités relevées. " Oui, j'en ai reçu, mais moi je les ai déchirés… ", relate l'ex-candidat.

M. Chevallay n'est pas un cas isolé. Procédant par échantillons, les enquêteurs se sont concentrés sur le Puy-de-Dôme, la Savoie et la Haute-Savoie, afin de mieux comprendre le système de financement mis au point par le FN pour les législatives de 2012. Ils ont souvent obtenu les mêmes réponses à leurs interrogations. Véronique Drapeau, candidate dans la 1ere circonscription de Savoie, s'est souvenue : " Nous avons été obligés de prendre l'expert-comptable de Paris ", convenant avoir " signé plusieurs documents " sans en " avoir pris connaissance ".

Les enquêteurs sont repartis avec le vague sentiment d'avoir été menés en bateau. " Nous avons pu constater que les derniers candidats perquisitionnés et entendus semblaient nous attendre et connaître à l'avance les réponses à nos questions ", relève ainsi une capitaine de police, le 10 avril 2014, dans un rapport adressé à sa hiérarchie.

Mais certaines langues se sont déliées. Tout est parti du courrier d'un certain Gérald Perignon, candidat dans le Puy-de-Dôme. Juste après les élections, il reçoit un chèque de 17 400 euros sur son compte personnel. En préfecture, on lui indique qu'il s'agit là du remboursement de sa campagne, qui ne lui a coûté que… 450 euros. Il avait consenti un prêt auprès de la structure Jeanne, sans même s'en rendre compte. Et pour cause : sa signature avait été contrefaite. Etonnement, énervement : il écrit le 2 février 2013 à la CNCCFP, et rappelle que sa fédération frontiste lui avait dit ceci : " que je faisais chier de téléphoner à Paris ou à la préfecture au sujet de cette somme et que je devais la renvoyer à l'association Jeanne sans me poser de questions. "

La Commission s'en pose, elle, des questions. Le FN, en 2012, a opté pour un financement mutualisé de ses candidats en leur imposant des " kits de campagne ". C'est l'entreprise Riwal, dirigée par M. Chatillon, très impliqué dans Jeanne, qui fournit le matériel.

Le 2 mai 2012, dans un mail adressé à ses sous-traitants imprimeurs, il lance la campagne et précise ceci : " Je vous donne la version définitive des kits de campagne auxquels doivent souscrire tous les candidats. " Autre obligation, les candidats doivent faire appel aux services de l'expert-comptable parisien Nicolas Crochet, co-commissaire aux comptes de Jeanne.
" Situations inacceptables "

Le 28 mars 2013, la CNCCFP dénonce auprès du parquet de Paris la " complexité du montage " qui peut " certainement conduire à des situations inacceptables ". Pour la Commission, les " deux organismes Riwal et Jeanne ne sont que des émanations directes du Front national ". Du coup, les " prestations sont unilatéralement arrêtées par le parti ", et les " dépenses facturées peuvent être surévaluées ". Dans les mois suivants, la brigade financière examine les bilans de Riwal et Jeanne. Selon Tracfin, l'organisme antiblanchiment de Bercy, Riwal a enregistré " entre avril 2012 et janvier 2014 des mouvements créditeurs provenant pour une large part de Jeanne, à hauteur globale de près de 7 millions d'euros ". Les responsables du FN tentent de s'en expliquer auprès de la CNCCFP. En pure perte.

D'autant que les policiers relèvent les marges bénéficiaires importantes obtenues par Riwal : 2,43 millions d'euros, jusqu'à 44,5 %, selon les calculs des assistants spécialisés du pôle financier. " Je suis une entreprise privée donc je fais les marges que je veux ", se justifie devant les policiers M. Chatillon. Les imprimeurs, eux, n'ont pas eu le choix. Le système choisi leur est expliqué dans un salon de réception, près de Nanterre, en présence des Le Pen père et fille.

Jean-Philippe Tauran, président d'Imprimatur, s'en souvient devant les enquêteurs : " On nous a expliqué qu'il y aurait une société en charge de la gestion des documents électoraux, à savoir Riwal, et que c'était à prendre ou à laisser. " Riwal n'est pas la seule structure à profiter du système. Nicolas Crochet, l'expert comptable, empoche pour sa part 657 630 euros pour la campagne des élections législatives, " un montant particulièrement important " pour la justice.

Dans un rapport de synthèse, la brigade financière dénonce des " faux et des documents antidatés ayant permis un remboursement par l'Etat d'un montant apparemment plus élevé que le coût réel, et ce de façon systématique ". Les juges parlent désormais de " manœuvres frauduleuses ".

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Les manœuvres financières du parti durant les élections de 2012

Considérés comme illégaux par les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi, les tours de passe-passe financiers auxquels le Front national a eu recours lors des dernières élections présidentielle et législative, au printemps 2012, sont de diverses natures.

Il y a d'abord les soupçons d'" escroquerie ", en l'occurrence le fait d'avoir proposé aux candidats du FN l'achat de " kits de campagne " coûtant 16 650 euros, ensuite facturés à l'Etat. Composés de tracts, affiches et sites Web, ces kits, vendus par la société Riwal à l'association Jeanne, le microparti du FN, étaient ensuite revendus aux candidats. Ils leur auraient en fait été largement surfacturés, " dans l'unique but de majorer des dépenses électorales remboursables ". " Certaines prestations étaient basées sur des fausses factures ", assurent même les juges.

Par ailleurs, ces kits auraient été imposés aux candidats, ce que proscrit le code électoral. C'était " la contrepartie obligatoire de leur investiture ", notent les enquêteurs.

Surtout, pour financer l'achat des kits, les candidats frontistes aux législatives se sont tous vu proposer par Jeanne des prêts, assortis d'un taux d'intérêt (6,5 %) bien supérieur à celui des banques. L'occasion pour Jeanne d'empocher une plus-value aux dépens des contribuables.
" Dons déguisés "

" Les conventions de prêts entre les candidats et Jeanne semblaient antidatées ", ont par ailleurs noté les enquêteurs dans un rapport de synthèse. " Ces faux, concluent les policiers, permettaient le remboursement par l'Etat de dépenses de campagne dont la réalité, mais aussi le véritable besoin étaient difficilement vérifiables, dépenses qui semblaient surfacturées au bénéfice de l'association Jeanne et de la société Riwal. "

Les faits de " financement illicite de parti politique " – et de " campagne électorale " – visent pour l'essentiel les relations incestueuses entretenues par le FN avec Riwal. Les juges reprochent à Riwal d'avoir salarié, en mai et juin 2012, deux proches de Mme Le Pen, David Rachline et Nicolas Bay, alors en campagne pour les législatives. " Lesdits salaires versés par la SARL Riwal uniquement pendant les campagnes présidentielle et législatives 2012 s'analysent en dons déguisés aux candidats ", concluent les juges.

G. Da. et F. Lh.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Août 2015

L'emploi peu qualifié : victime collatérale du salaire minimum en Allemagne

La mise en place du salaire minimum n'est pas la panacée car elle vise, en priorité, l'emploi peu qualifié. Tous les emplois peu qualifiés sont donc visés.

Raison de plus, dans un pays comme le nôtre, de mettre la priorité sur la qualification des emplois afin qu'ils ne puissent être visés par les effets délétères du salaire minimum. Il faut donc que l'éducation nationale s'améliore ainsi que les institutions délivrant les diplômes d'études supérieures.

Il est impossible de rester dans une situation où l'on impose un salaire minimum tout en s'affranchissant du devoir que l'on porte de générer une main d'oeuvre qualifiée dans notre pays : la compétitivité économique même de notre pays en dépend.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Avril 2015

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L'Allemagne découvre les effets du salaire minimum
Très populaire, le smic allemand a des conséquences sur les prix et sur l'essor des " minijobs ", ces contrats d'activité réduite

Hausse des prix, fermeture de milliers de petites entreprises, suppression de centaines de milliers d'emplois… tel était le scénario catastrophe que promettaient à l'Allemagne les détracteurs du salaire minimum. Cent jours après l'entrée en vigueur de la réforme, qui prévoit une rémunération minimale de 8,50 euros de l'heure pour la quasi-totalité des travailleurs, force est de constater que le cataclysme annoncé ne s'est pas produit. Le taux de chômage n'a jamais été si bas (4,8 %), le nombre de faillites d'entreprises est resté stable, les hausses des prix ont été très ponctuelles.

La plus grande réforme du marché du travail depuis dix ans en Allemagne, plébiscitée par 86 % de la population, semble avoir réussi sa période d'essai. Certes, il est encore trop tôt pour tirer un bilan détaillé. " Les effets réels sur l'emploi ne se feront sentir que dans quelques années, assure Hagen Lesch, expert à l'Institut économique de Cologne (IW), proche des milieux patronaux. Là, on pourra savoir combien de coiffeurs par exemple sont passés de salariés à autœntrepreneurs, si le nombre de faux indépendants (n'ayant qu'un seul client) a augmenté ou non. Cela ne se voit pas dans les chiffres du chômage. "

Sur les prix, en revanche, on peut déjà mesurer l'ampleur des hausses. " Je pense que la réaction sur les prix est déjà achevée, parce que le prix est la première courroie d'ajustement des entreprises au salaire minimum, estime Ferdinand Fichtner, de l'Institut économique de Berlin (DIW). Et on peut dire que l'introduction du salaire minimum n'a pas conduit à une augmentation des prix si importante que cela aurait percé un trou dans la poche des gens ". La bonne santé actuelle de l'économie allemande et les grandes hausses de salaires du début d'année ont permis d'encaisser globalement les hausses des prix.

Certaines régions, à l'économie moins dynamique, accusent tout de même le coup. C'est le cas à l'est du pays, où la productivité est moins forte qu'à l'ouest. Le passage à 8,50 euros y a conduit à de fortes augmentations de salaires… qu'il n'est pas toujours possible de répercuter sur les prix en raison du fort taux de chômage et du faible pouvoir d'achat. Exemple : la gastronomie.

Dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, très tourné vers le tourisme, la fédération des hôtels et restaurants a noté une augmentation des prix de 4,8 % par rapport à 2014, contre 2,5 % dans le reste de l'Allemagne. Certains établissements ont déjà réduit leurs horaires d'ouverture. Les fleuristes estiment de leur côté qu'il y aura forcément des fermetures d'entreprises à l'est, tant les bénéfices sont faibles dans ce secteur et la concurrence forte. Des suppressions d'emploi à terme ne sont donc pas à exclure.

Des branches professionnelles, très concernées par les bas salaires, ont déjà licencié. C'est le cas des livreurs de journaux. Selon le syndicat fédéral des distributeurs de journaux (BDZV), le surcoût pour la profession engendré par l'entrée en vigueur du smic s'élève à 205 millions d'euros pour cette année.
Suppressions d'emplois

Deux mille livreurs auraient déjà perdu leur emploi et 1 250 autres devraient suivre. Ceci alors que ce secteur dispose d'encore deux ans pour faire passer la rémunération minimale à 8,50 euros. C'est surtout dans les régions rurales, où les trajets entre deux boîtes aux lettres sont longs, que les licenciements ont été les plus nombreux. " Pour près d'un demi-million de foyers, la livraison de journaux n'est plus rentable. Chaque groupe de presse doit décider s'il peut encore fournir les foyers pour qui le coût de livraison ne peut plus être couvert par l'abonnement ", martèle Dietmar Wolff, président du syndicat BDZV.

La branche taxi, qui a dû augmenter ses tarifs de 10 %, n'a pas vu l'effondrement redouté de ses clients. Mais la fédération professionnelle rapporte que de nombreuses entreprises ont dû réduire le nombre de voitures en circulation, devenues moins rentables. Dans un pays où il est possible de trouver un taxi immédiatement, à toute heure du jour et de la nuit, même à la campagne, quelques files d'attente pourraient faire leur apparition.

Autre conséquence de l'entrée en vigueur du salaire minimum, les fameux minijobs sont désormais moins attractifs pour les entreprises. Ces contrats d'activité réduite, dont la rémunération n'excède par 450 euros pour un nombre d'heures laissé auparavant à la négociation, ont vu leur nombre fortement baisser, car moins rentables. Un effet secondaire plutôt bienvenu tant ces contrats symbolisaient la culture de bas salaires qui s'est installée en Allemagne depuis dix ans.

Selon les chiffres de l'agence fédérale pour l'emploi, le nombre de personnes exclusivement en activité réduite s'élevait à 4,86 millions en mars, soit 2,4 % de moins qu'un an plus tôt. " Le recul peut être lié à l'introduction du salaire minimum ", note l'agence.

Comment réagissent les entreprises, dont certaines coupaient volontiers un emploi pour en faire deux minijobs ? Entre création de vrais emplois et augmentation du travail au noir, il est encore trop tôt pour le savoir. Reste que l'écrasante majorité de la population s'accorde à dire que le salaire minimum, même s'il ne concerne que 4,4 % des salariés, rend le pays un peu plus juste.

Cécile Boutelet

Les chiffres

42,7

C'est, en millions, le nombre de personnes au travail outre-Rhin en 2014.

4,4 %

Il s'agit du pourcentage de travailleurs concernés par l'entrée en vigueur du smic, à 8,50 euros.

22,2 %

C'est la part des travailleurs à bas salaire en Allemagne. Ils gagnent moins de 9,15 euros de l'heure, soit deux tiers du salaire brut moyen, en 2010. Leur nombre a augmenté de 2,3 millions depuis 1995.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Août 2015

Les agriculteurs, comme les autres, doivent participer à l'effort pour obtenir un air sain

Il faut rappeler quelques faits :

D'après un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Mars 2014 : "[...] Selon le rapport d'avril 2013 du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa), les principaux secteurs émetteurs de PM10 (particules d'un diamètre inférieur à 10 micromètres) sont la transformation d'énergie par l'industrie (31 %), la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %) et l'agriculture avec l'utilisation d'engrais (20 %) devant le trafic routier (15 %)."

L'agriculture représente donc plus de part de pollution que l'automobile. Il faut donc qu'elle fasse des efforts.

Tout le monde doit en faire et par priorité : l'industrie, les particuliers, les agriculteurs et les automobilistes. Personne ne doit être privilégié, et personne ne doit être lésé.

C'est à ce prix que l'on se battra contre la pollution pour que tout le monde ait droit à un air pur à respirer.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Avril 2015

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Pollution de l'air : " On stigmatise les agriculteurs "
Dans l'Oise, les céréaliers, critiqués pour les épandages d'engrais, dénoncent l'" hypocrisie " des élus des villes

Sous le hangar d'une splendide ferme, dont certains bâtiments remontent au début du XVIIIe siècle, les deux engins, un distributeur d'engrais et un imposant pulvérisateur vert fluo, sont à l'arrêt. Ici, à Fontaine-Chaalis, petit bourg de l'Oise d'à peine 400 habitants, ce jeudi 9 avril, le soleil réchauffe les champs et les bois alentours, la température atteint les 18 degrés… et Paris, distante d'une quarantaine de kilomètres, vit pour le deuxième jour consécutif un pic de pollution. La concentration de particules fines PM10 (d'un diamètre inférieur à 10 microns) a atteint, dans la capitale, 78 microgrammes par mètre cube d'air.

En cause, la circulation automobile, le chauffage, l'industrie… et l'agriculture. Et, tout particulièrement, les épandages d'engrais, nécessaires en ce début de printemps, qui produisent de l'ammoniac (NH3). " Lors de ces pics de pollution, on observe une part importante de particules “secondaires” qui sont le résultat d'une réaction chimique entre les oxydes d'azote émis par le trafic routier et l'ammoniac issu de l'épandage de fertilisants sur les terres agricoles ", explique Karine Léger, ingénieure d'Airparif, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France. La combinaison chimique de ces deux produits donne du nitrate d'ammonium, une particule très fine qui pénètre dans les poumons.

Les agriculteurs sont-ils responsables de la pollution des villes ? A Fontaine-Chaalis, l'accusation exaspère. Emeric Duchesne, 32 ans, qui produit sur quelque 200 hectares du blé, de la betterave sucrière, du colza ou encore du lin, préfère en sourire. " Vous pensez qu'au prix où j'achète mon fertilisant, je vais en épandre au risque d'en voir un tiers s'évaporer et aller polluer Paris ? questionne-t-il. Je suis un chef d'entreprise qui ne va pas dépenser plus de solution azotée - sous forme liquide - ou d'ammonitrate - en granulés - que nécessaire et seulement si cela se montre efficace. "

Réactions chimiques

Avec la chaleur, une partie du produit s'évapore. Emeric Duchesne dit ne pratiquer l'épandage que s'il est sûr qu'une pluie prochaine rincera les plantes et emmènera le produit aux racines. Le matin, quand la rosée perle sur les pousses vertes de blé tendre, l'épandage se fait plus couramment. " Les températures fraîches du matin et un ensoleillement en journée sont propices à de telles réactions chimiques, souligne Karine Léger. Lors des épisodes de pollution de mars 2014 et 2015, les particules secondaires représentaient certains jours plus de 60 % de la masse de PM10 observées en Ile-de-France. "

Alexis Patria, à la tête d'une exploitation de 512 ha et maire de Fontaine-Chaalis, dénonce, lui, " l'hypocrisie des élus de la ville qui ne veulent pas s'attaquer à la pollution domestique, urbaine, pour ne pas heurter leurs électeurs, et préfèrent stigmatiser les agriculteurs ". Lors des précédents pics de pollution, fin mars, l'agriculteur dit avoir procédé à des épandages. " Si on m'avait interdit de le faire, je risquais de perdre jusqu'à 10 % de ma récolte ", plaide-t-il.

Car la menace d'une interdiction plane, alors que le cadre réglementaire existe déjà. Un arrêté du 26 mars 2014 du ministère de l'écologie autorise les préfets à prendre des mesures " de restriction ou de suspension de certaines activités concourant à l'élévation de la concentration du polluant considéré ". " L'interdiction n'est pas une bonne idée, il y a déjà la directive nitrate pour lutter contre la pollution de l'eau, et d'autres textes. En rajouter serait problématique, estime Sophie Agasse, responsable des dossiers environnementaux à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. La question de fond n'est pas un pic, mais la pollution permanente qui n'est pas qu'agricole. " Sophie Agasse met en avant d'autres solutions, comme la couverture des fosses à lisier, et l'amélioration de l'alimentation des animaux, avec des conséquences sur la qualité du fumier.
Changer de modèle de production

Serge Orru, ancien directeur général de WWF France et conseiller de la maire de Paris, Anne Hidalgo, plaide, dans une tribune publiée le 8 avril sur le site du Nouvel Observateur, pour une limitation des épandages en cas de pic de pollution. Se défendant de " montrer du doigt les campagnes pour innocenter les villes ", il demande au monde agricole d'" attendre quelques jours avant d'épandre les intrants chimiques " et de limiter le recours à l'ammonitrate. " Notre agriculture dépend tellement des engrais chimiques que les pollutions sont inévitables, professe François Veillerette, responsable de l'association Générations futures. On n'empêchera pas les agriculteurs de travailler, il faut juste changer le modèle de production. "

Rémi Barroux, et Laetitia Van Eeckhout, (à paris)

Vitesse et poids lourds visés vendredi

Au 3e jour d'une pollution élevée aux particules en Ile-de-France, vendredi 10 avril, le préfet de police a décidé de maintenir l'abaissement de 20 km/h de la vitesse sur les routes franciliennes, mais aussi d'obliger les poids lourds en transit à contourner l'agglomération – une mesure également valable dans le Nord - Pas-de-Calais, autre région fortement touchée. " Pour la santé de tous les Parisiens et pour le Marathon de Paris - qui se tient dimanche - , il nous faut agir dès aujourd'hui ", a déclaré Anne Hidalgo. Et la maire de Paris de prévenir : " Si - vendredi - les prévisions de pollution sont de nouveau préoccupantes, je demanderai à l'Etat d'instaurer la circulation alternée dès samedi. "

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Août 2015

Le vrai monde de l'économie, ce n'est pas ça !

De nouveau, on assiste à des pratiques honteuses au sein de certaines entreprises. De nouveau le court terme remplace le long terme et l'on se sert de l'entreprise comme d'un porte-monnaie sur pattes tout juste bonne à rétribuer ses actionnaires aux dépends de sa propre survie.

Dans ce cadre, on ne peut pas continuer à verser des salaires à de prétendus grands patrons avant même qu'ils n'aient démontré quelques talents vis à vis de leurs fonctions.

La mondialisation a engendré des pratiques inexcusables. Il faut mettre fin à ces pratiques afin qu'elles ne servent pas de prétexte à des guignols d'extrême gauche pour essayer de démontrer que la mondialisation est néfaste dans son ensemble, et leur donner une excuse de jeter bébé avec l'eau du bain.

Il est urgent que nos politiques et nos dirigeants, nationaux et internationaux, agissent en la matière en ayant conscience de l'abus de telles pratiques intolérables et inexcusables.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Avril 2015

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Le " golden hello " sourit aux audacieux

Dans la République romaine, l'accueil d'un nouvel édile donnait lieu à des festivités qui étaient financées par celui-ci. Il devait faire preuve de sa générosité en donnant des fêtes, en construisant des édifices, mais aussi en distribuant des subsides au peuple au nom duquel il allait exercer sa fonction. Ce que l'on appelle l'évergétisme ad honorem, c'est-à-dire lié à la charge, était une pratique caractéristique de la cité antique, comme l'a montré Paul Veyne (Le Pain et le cirque. Sociologie historique d'un pluralisme politique, Seuil, 1976).

Il permettait de signaler que, pour exercer son pouvoir, celui qui prétendait gouverner les autres devait sacrifier une partie de sa fortune pour en faire bénéficier ceux qu'il avait l'honneur de diriger. Les édifices construits à cette occasion portaient par exemple la mention " Fait avec son argent " (ou DSPF pour " De Sua Pecunia Fecit "). La mise en scène du pouvoir passait par les dons comme preuves que l'on se consacrait au public en s'engageant personnellement, puisque le nouvel édile n'hésitait pas à mettre à contribution son patrimoine privé pour le bien commun. Il manifestait ainsi symboliquement que la richesse personnelle lui était moins précieuse que la charge qui lui était confiée.

Cette représentation du pouvoir est radicalement inversée dans les grandes entreprises modernes, comme le montre avec éclat la pratique des " golden hello " versés aux grands patrons. Le " golden hello " (littéralement : " une bienvenue en or ") est un défraiement sous forme de primes et d'avantages pécuniaires attribués au dirigeant qui accepte de prendre la tête de l'entreprise. Contrairement à l'antique évergétisme, ce n'est pas le nouveau venu qui distribue son or pour faire preuve de munificence désintéressée lors de sa prise de fonctions : c'est au contraire le conseil d'administration qui offre des libéralités au nom de l'entreprise.

Les gouvernés doivent ainsi sacrifier un peu de leurs avoirs en signe de bienvenue au chef. Par exemple, Sanofi a annoncé, en février, qu'Olivier Brandicourt percevra 4 millions d'euros de " golden hello "pour saluer son accession à la direction générale de l'entreprise. A cette prime s'ajoutent 66 000 actions gratuites, puis 220 000 stock-options par an et 45 000 actions sous condition de performance. Tout se passe comme si les 110 000 employés du groupe pharmaceutique avaient versé tout de suite 37 euros chacun à leur nouveau patron pour l'accueillir dignement à leur tête.
idéologie néolibérale

Cette pratique des " golden hello " est un surgeon de l'idéologie néolibérale et de son corollaire, la survalorisation du talent individuel. Dans cette logique, l'entreprise est un espace d'épanouissement et d'exploitation des capacités, des connaissances et des habilités développées par chaque employé. C'est moins une communauté de travail qu'une pépinière de compétences singulières. A sa tête doit donc se trouver l'image même du talent reflétant symboliquement la valeur de ceux qu'ils dirigent. Dans un monde marchand, cette image se traduit par un prix élevé, tribut à payer par l'entreprise pour démontrer qu'elle est assez riche pour attirer le meilleur.

Pour le dirigeant, prendre la tête d'une entreprise, c'est consentir à mettre son talent à son service alors que l'on pourrait fort bien en diriger une autre. Ainsi s'établit une mise en scène du pouvoir selon laquelle la tâche de diriger n'est pas vue comme un service si honorable qu'on serait prêt à lui sacrifier sa fortune, mais, au contraire, comme une étape dans une trajectoire d'excellence individuelle qui exige gratification.

L'inversion par rapport à l'évergétisme antique est donc totale car tout au long de l'exercice de sa charge (dès son arrivée, durant son mandat et même à son départ, sous forme de " parachute doré "), un haut dirigeant recevra des dons sous forme de primes, bonus et stock-options pour honorer sa présence, son talent et ses performances – selon une réinterprétation moderne du vieil adage latin Audaces fortuna juvat ! (" la fortune sourit aux audacieux ").

par Pierre-Yves Gomez

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Août 2015

Quand la course aux dividendes assassine des entreprises

Il n'est pas normal que certains n'utilisent les entreprises que par pur intérêt financier personnel à court terme. Une entreprise, c'est comme un être vivant : pour prospérer, on doit lui donner du temps. On doit investir, travailler pour faire grandir l'activité et en faire une affaire rentable et profitable sur le long terme.

L'entreprise doit être pérenne et sa direction doit être menée sur le long terme en favorisant ses succès propres, et non le succès financier de ses actionnaires.

Quand l'actionnaire se sert directement sur la bête en la saignant de ses actifs, l'entreprise meurt et cesse d'être profitable : si on achète 100 poissons pour faire de l'élevage, il ne faut pas être devin pour constater que si on vend ces 100 poissons sur le marché le lendemain, l'activité de l'entreprise sera mise en péril.

A ce titre, il faut cesser d'embaucher de parfaits incompétents financiers à la tête des entreprises. Il faut privilégier l'embauche de spécialistes de l'activité afin de rendre l'entreprise pérenne.

La justice et nos politiques ont un rôle phare à jouer en ce sens : se servir sur la bête, ça s'appelle de l'abus de bien social. Il faut donc savoir condamner juridiquement et lourdement ce genre de pratiques afin de les éliminer car elles sont néfastes pour tout le monde, y compris pour les actionnaires qui n'auront plus rien une fois qu'ils se seront sucrés...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Avril 2015

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Et, à la fin, c'est le salarié qui trinque

Oui, il arrive que la finance tue des emplois. L'appât du " toujours plus de gains " pour les capitaux investis a amené des entreprises à la faillite. Le cas des leveraged buy-out (LBO) est emblématique de ces dérives. Non que ce type d'opération financière d'acquisition d'entreprise financée par de la dette soit mauvais par essence ; la finance, permet aussi, grâce à la dette, d'obtenir les moyens d'investir et de développer les sociétés – certains LBO ont ainsi permis de belles aventures d'entreprise.

Le groupe Vivarte, qui possède les enseignes La Halle aux vêtements, La Halle aux chaussures, André, Kookaï ou Naf Naf, est au contraire l'exemple des dégâts que peut provoquer une finance à la gourmandise débridée. La facture aujourd'hui présentée aux salariés est plus qu'amère. Vivarte a annoncé, mardi 7 avril, un plan de 1 600 suppressions de postes, soit un salarié sur dix en France. Il est particulièrement douloureux à La Halle aux vêtements et à La Halle aux chaussures, où se concentre l'essentiel des réductions d'effectifs.

S'ajoute au drame social l'indécence de personnes qui vivent dans un autre monde. Le Parisien a révélé, jeudi 9 avril, que Marc Lelandais, le PDG du groupe remercié en octobre 2014, serait parti avec un chèque de 3,08 millions d'euros. L'ancien patron de Lancel, société où il n'avait manifestement pas fait d'étincelles, sera resté seulement deux ans en poste chez Vivarte. Il a démenti fermement le chiffre du Parisien, dénonçant un " document erroné ".

On peut certainement ergoter sur les chiffres, mais la réalité ne devrait guère être éloignée de cette somme puisque, selon nos informations, la transaction négociée par les avocats de M. Lelandais comprenait, outre deux années de salaire, un bonus pour avoir bouclé la restructuration financière. Vivarte croulait sous 2,8 milliards d'euros de dette. C'est le fonds britannique Charterhouse qui faisait supporter par la " bête " la dette qu'il avait lui-même contractée pour la racheter. Il a fallu desserrer le nœud coulant. M. Lelandais y est parvenu. C'est à mettre à son actif.

Jetons de présence

C'est ainsi que les quatre fonds spécialisés dans le rachat de dettes décotées – Alcentra, Babson, GoldenTree et Oaktree – sont devenus actionnaires. Leurs représentants au conseil d'administration touchent chacun 250 000 euros de jetons de présence, au-dessus de la moyenne pratiquée dans le CAC 40. Ils se croient sans doute au " board " de Goldman Sachs à New York !

On pourrait continuer la litanie des financiers qui se sont littéralement enrichis sur le dos de Vivarte, dont le fonds Atticus avait pris le contrôle en 2000 avant de le céder au fonds PAI en 2004, puis à Charterhouse… A la fin, il ne reste plus grand-chose pour indemniser les salariés qui, pour nombre d'entre eux, se sont montrés plus fidèles à l'entreprise que ses propriétaires successifs.

Jean-Baptiste Jacquin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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