Publié le 30 Octobre 2015

On ne peut pas faire n'importe quoi en matière de la loi sur l'eau !

Roybon est dans l'impasse et c'est une bonne chose. Toutes les petites conjectures économiques ne peuvent être prises pour argent comptant quand il s'agit de protéger la nature. Aujourd'hui on dit et on affirme que l'on ne peut pas violer impunément la Loi sur l'eau pour construire des parcs de loisirs : c'est une sage décision pour l'Homme et pour la nature.

La Loi sur l'eau a été faite pour protéger la nature qui ne peut être bétonnée ad-vitam. C'est sur ce principe qu'a été posé le jugement du tribunal administratif de Grenoble.

La Nature n'est pas le paillasson de l'économie car, lorsque l'on se comporte comme tel avec elle, elle a tendance à le faire payer cher. N'oublions pas que l'Homme n'est que le locataire de la Nature. En l'oubliant, on risque de rendre notre Planète comme un lieu particulièrement hostile. L'oeuvre a déjà commencé.

Définitivement, la maison continue à brûler, cessons donc de regarder ailleurs, même et surtout par principe économique.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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Coup de frein pour le Center Parcs de Roybon
La justice a annulé un arrêté préfectoral autorisant le chantier
Le Center Parcs de Roybon (Isère) va devoir attendre. Le tribunal administratif de Grenoble a annulé, jeudi 16 juillet, un arrêté préfectoral autorisant la destruction de zones humides dans la forêt de Chambaran, pris le 3 octobre 2014, préalable au démarrage du chantier de construction de ce centre de loisirs. Les opposants – la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), adhérente de France nature environnement (FNE), l'association Pour les Chambaran sans Center Parcs (PCSCP), la Fédération de la Drôme pour la pêche et la protection du milieu aquatique… – ont accueilli favorablement cette décision, qui leur donne satisfaction sur l'un des recours déposés.

La direction du groupe Pierre & Vacances, promotrice des Center Parcs en France, a annoncé, elle, son intention de faire appel, et confirmé sa volonté de mener à bien ce projet de " dôme tropical " et de village vacances (près de 1 000 cottages), sur plus de 200 hectares, destinés à accueillir de 5 000 à 6 000 personnes.

Le tribunal a estimé que les mesures compensatoires pour " la destruction autorisée, concentrée sur une superficie d'un seul tenant de 76 hectares de zone humide forestière " n'étaient pas conformes au schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Rhône-Méditerranée. Il était en effet prévu une " dispersion et un morcellement de seize sites de compensation, situés sur cinq départements, de l'Ardèche à l'Ain et au nord de la Haute-Savoie ". La loi sur l'eau instaure l'obligation de compenser – en créant ou en restaurant un milieu naturel comparable à celui détruit – toute destruction de zone humide, à raison de deux fois la superficie détruite. Pour 76 hectares détruits – à Sivens (Tarn), le projet de barrage en menaçait 13 –, le porteur du projet, la SNC Roybon Cottages, doit donc trouver 152 hectares, alors que l'arrêté préfectoral n'en avait prévu que 140. Ces zones de compensation ne doivent pas être dispersées ni éloignées du site prévu pour le Center Parcs.

" Décision incompréhensible "
" C'est une victoire pour les zones humides ; la loi sur l'eau - décembre 2006 - a des effets concrets et les promoteurs devront faire attention s'ils ne veulent pas voir leurs projets menacés, avance Stéphane Peron, président de PCSCP. La loi instaure le principe “ERC”, pour “éviter” de détruire, “réduire” l'impact et “compenser”. La compensation intervient en dernier recours, alors Pierre & Vacances n'a cherché qu'à compenser et au moindre coût. "

Cette victoire des opposants concernant la loi sur l'eau s'accompagne néanmoins d'une défaite. Ils n'ont pas obtenu gain de cause sur la défense des espèces protégées, le tribunal jugeant que l'arrêté pris " ne mettait pas en péril les espèces concernées compte tenu de la très faible superficie du projet rapportée à la surface totale de la forêt de Chambaran ". La Frapna et PCSCP vont étudier dans les prochains jours la possibilité de faire appel. " La décision du tribunal est incompréhensible : elle est basée sur une expertise qui a été réalisée par un bureau d'études payé par Pierre & Vacances, explique Stéphane Peron. Certaines espèces ne sont pas prises en compte. "

" Nous ne sommes pas satisfaits par la décision judiciaire sur les espèces protégées, commente Olivier Waille, de la Frapna. Mais, au-delà de ce jugement, on n'évoque pas le problème de l'artificialisation des terres. En décembre 2012, le préfet avait indiqué sa volonté de la diminuer de 50 % dans la décennie. On en est loin : ce Center Parcs représente 200 hectares, c'est énorme. "

Le jugement est-il de nature à bloquer définitivement le projet, devenu sensible, notamment avec la constitution d'une ZAD, zone à défendre, fin novembre 2014 ? Après la décision du tribunal administratif de Grenoble, le 11 décembre 2014, de suspendre les travaux, la ministre de l'écologie, Ségolène Royal, avait alors déclaré sur BFM-TV : " S'il faut réajuster le projet, on le fera. " Le 1er avril, le préfet avait confirmé qu'il n'y aurait pas d'évacuation de la zone tant que les recours déposés devant le tribunal ne seraient pas examinés.

Malgré l'annulation du décret, la direction de Pierre & Vacances ne compte pas renoncer à son projet. " Il y a deux jugements : l'un, favorable, sur les espèces protégées, qui reconnaît l'intérêt social et économique du projet ; l'autre, moins positif, qui nous oblige à revoir la compensation, affirme au Monde Gérard Bremond, le PDG du groupe. Nous allons continuer à rechercher un site conforme aux décisions judiciaires, notamment dans la Drôme, comme le tribunal nous y engage. " Selon lui, ce jugement n'interdit pas le Center Parcs. " Nous pourrions commencer à défricher - 40 hectares ont déjà été déboisés - , puisque l'arrêté sur les espèces a été validé, mais nous ne pourrions pas construire, à cause de celui sur l'eau, alors nous n'avons pas intérêt à nous précipiter ", a ajouté M. Bremond.

Pierre & Vacances estime qu'il faudra de douze à dix-huit mois pour valider l'ensemble du dossier au niveau juridique, puis trois ans pour construire le Center Parcs. L'ouverture initialement prévue en 2011 ne pourrait pas intervenir avant 2020.

" C'est le modèle des Center Parcs qui est remis en question, estime au contraire Benoît Hartmann, porte-parole de FNE. Est-il nécessaire d'artificialiser la nature pour la faire aimer ? " A ces arguments, la direction de Pierre & Vacances répond par un chiffre : " On vient d'ouvrir un centre dans la Vienne et le taux d'occupation est de 100 %, ce qui prouve le bien-fondé de ces projets ", fait valoir Gérard Brémond.

Rémi Barroux

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Octobre 2015

Quand Ségolène Royal multiplie les âneries...

J'ai rarement vu Ministre aussi incompétente que Ségolène Royal. On sait qu'il n'y a aucune raison écologique pour que le prix du Diesel soit différent du prix de l'essence. Les particules fines du Diesel sont aussi dangereuses, voire plus, que le CO2 dégagé par les moteurs à essence.

Dès lors, pourquoi vouloir persévérer dans l'erreur de favoriser le Diesel par rapport à l'essence ? Si c'est pour faire du populisme, ce n'est pas le rôle d'un Ministre de l'Ecologie ! Faire plaisir au citoyen ne sert à rien quand on agit contre son intégrité physique !

Par pur populisme et démagogie Mme Ségolène Royal veut donc promouvoir le Diesel car elle sait que les Français préfèrent ces véhicules. Alors, bien évidemment, revenir sur les dispositions fiscales du Diesel peut être la source de mécontentement et peut faire perdre des points dans les sondages !

Mme Ségolène Royal défend-t-elle ses sondages ou la Nature ? Le simple fait qu'elle soit revenue sur l'éco-taxe suffit à démontrer que Mme Ségolène Royal est plus ministre du populisme que Ministre de l'Ecologie.

Le problème c'est que, pendant ce temps, la maison continue à brûler et que Mme Ségolène Royal agit en pompier pyromane...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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FISCALITÉ

Ségolène Royal contre l'alignement sur l'essence de la fiscalité du diesel

La ministre de l'écologie, Ségolène Royal, a rejeté jeudi 16 juillet la proposition d'aligner la fiscalité du diesel sur celle de l'essence, avancée la veille par le rapport d'une commission sénatoriale sur le coût de la pollution. Tout en estimant l'alignement " souhaitable à terme ", elle a exclu cette mesure d'ici à 2020 et dit qu'il fallait " trouver un dispositif pour neutraliser les avantages du diesel sans augmenter la fiscalité ".

Le ministre des finances, -Michel Sapin, a quant à lui démenti sur Europe 1 vendredi matin l'information d'une éventuelle baisse de la TVA de 10 % à 5,5 % sur les transports en commun, révélée par Les Echosjeudi. Selon le quotidien économique, cette baisse coûterait entre 300 millions et 500 millions par an.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Octobre 2015

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la solution de l'économie n'est-elle pas la meilleure ?

Entre la gestion des zones humides et des espèces protégées, il reste encore beaucoup de boulot avant le début des travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Si les travaux sont votés, il faudra déménager l'aéroport existant ainsi que toutes les espèces protégées : là aussi un gros boulot...

On est donc pour le moins surpris d'apprendre que l'extension de l'aéroport existant pourrait être suffisant et pourrait plaire à tout le monde. Il suffit donc d'engager un référendum global et local en la matière plutôt que d'engager des travaux pharaoniques dont les impacts économiques ne sont pas très clairement démontrés.

Nantes a-t-elle besoin à ce point d'un nouvel aéroport alors qu'elle en a déjà un ? A priori des études vont dans ce sens.

A charge aux collectivités locales d'abandonner toute idéologie en la matière en se penchant sur ce projet afin d'économiser du temps et de l'argent au contribuable Nantais. A terme, il faudra aussi penser, comme je l'ai dit, à lui demander son avis.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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Derniers recours à Notre-Dame-des-Landes
Le tribunal administratif de Nantes jugeait vendredi dix-sept recours des opposants
Ce sera l'une des dernières confrontations judiciaires entre les opposants et les partisans du transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique vers le village de Notre-Dame-des-Landes. Vendredi 17 juillet, le tribunal administratif de Nantes devait se prononcer sur 17 recours déposés par les opposants au futur aéroport pour faire annuler deux arrêtés environnementaux pris par le préfet de Loire-Atlantique permettant au concessionnaire (Vinci Airports) de détruire les zones humides et déplacer les espèces protégées, préalables aux travaux.

Les magistrats vont de fait transférer ce très ancien dossier – le site de Notre-Dame-des-Landes a été choisi en 1967 – aux politiques. Le gouvernement a souvent déclaré que le chantier débuterait dès les ultimes recours jugés. Le premier ministre, Manuel Valls, avait même imprudemment évoqué l'échéance du printemps 2015. Il lui faudra donc trancher entre le démarrage du chantier et l'abandon ou le report du projet. C'est un dossier à haut risque : les " zadistes " qui occupent le site depuis cinq ans et les agriculteurs hostiles au projet n'ont pas l'intention de céder.

Mais le début des travaux n'est pas pour demain. Le tribunal devrait certainement rejeter les recours des opposants – l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport (Acipa), le Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (CéDpa), etc. –, ainsi que l'avait recommandé, le 18 juin, le rapporteur public, dont l'avis est souvent suivi. Les associations hostiles feront alors appel. Dans le cas contraire, ce seront la préfecture et Aéroport du Grand Ouest, filiale de Vinci Airports, concessionnaire du futur aéroport, qui feront appel.

Les anti-aéroports ont l'intention de contester un arrêté préfectoral en préparation concernant une espèce protégée, le campagnol amphibie. Oublié dans le texte précédent, le petit rongeur, qui apprécie la zone humide du bocage nantais, s'est invité dans le débat. Début avril, le Conseil national de protection de la nature (CNPN), organe consultatif du ministère de l'écologie, a rendu un avis défavorable (et consultatif) sur la demande de dérogation à l'interdiction de destruction de cette espèce protégée. " Cet avis négatif du CNPN renforce le point de vue des naturalistes, renvoie à la faiblesse du dossier sur le plan environnemental et fragilise la position de l'Etat et de Vinci ", avait alors estimé François de Beaulieu, membre du collectif des Naturalistes en lutte.

Du côté de la préfecture, on avance que le projet d'arrêté sur le campagnol amphibie est prêt. " Ce problème devra être réglé avant tout démarrage des travaux ; il faut compter un mois environ de consultation publique, estime Stéphan de Ribou, le sous-préfet en charge du dossier de Notre-Dame-des-Landes. Hormis ce point particulier, si l'ensemble est validé par le tribunal vendredi, le projet repart. "

Le renfort inattendu de la CGT
Outre le problème des campagnols, des tritons crêtés ou marbrés, des grands capricornes ou encore des flûteaux nageants, et celui de leur déménagement qui ne peut se faire qu'à certaines périodes, les arguments des opposants se sont portés dernièrement sur le plan économique et social.

Le transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Bouguenais, à 10 km au sud-ouest de Nantes, vers Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord de l'agglomération, n'est pas nécessaire selon eux. Dans leur démonstration de la viabilité de l'actuel aéroport, ils viennent de recevoir un renfort de poids, et plutôt inattendu : la CGT de Loire-Atlantique.

Des militants du syndicat diffusaient un tract et une brochure expliquant ce choix, lors du rassemblement national des opposants, à Vigneux-de-Bretagne, le week-end des 11 et 12 juillet. Depuis quatre ans, la CGT a étudié toutes les facettes du dossier. " Le maintien de l'aéroport sur le site actuel, avec toutes les améliorations nécessaires (…) présente davantage d'atouts que la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ", résume le syndicat.

Ce ralliement, qui n'a guère enchanté le Parti communiste local, favorable au projet de nouvel aéroport, fait écho à l'intense travail réalisé par les opposants. L'Atelier citoyen, qui réunit depuis sept mois des individus, experts ou non, a publié deux cahiers, " Economie et emplois " et " Finances ", aux conclusions selon eux sans appel. " Nous avons épluché les moindres détails du modèle financier présenté par Vinci et nous démontrons que, en restant sur l'ancien aéroport, et en le modifiant, tout le monde y gagne : l'Etat, Vinci, les collectivités et donc les citoyens ", explique ainsi Jean-Marie Ravier, chef d'entreprise engagé contre le projet de Notre-Dame-des-Landes.

" Le maintien de Nantes-Atlantique n'est pas une option que nous étudions, rétorque Eric Delobel, directeur délégué Ouest de Vinci Airports. Notre mission en tant que concessionnaire est de travailler à la réalisation du transfert de cet aéroport. "

R. Bx.

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Publié le 27 Octobre 2015

Netflix devrait intégrer que le travail en équipe est essentiel pour l'entreprise !

Quand je vois ces façons de faire, je ne peux m'empêcher de me poser des questions quand à l'ambiance générale au sein de l'entreprise.

La "liberté et responsabilité" ne peut être mis en avant que si elle est encadrée par une volonté farouche et constante de faire travailler les gens en équipe. Le milieu de l'entreprise est, par définition, ou la somme 1 + 1 doit faire plus que 2 ! Les stars à tous les postes ont leur limite ! On voit souvent des équipes faites de stars échouer lamentablement quand d'autres misent sur la cohésion pour gagner.

Le mode de management à l'anglo-saxonne n'est pas toujours le plus efficace car il peut oublier les aspects d'équipe pour valoriser des comportements individuels.

Ne pas fixer le nombre de jours, c'est ne pas accorder de jours. Cela inspire un climat malsain où les performances toujours plus grandes demandées à tous agiront forcément sur le repos des individus. En d'autres termes, on presse l'éponge et lorsqu'il n'y a plus d'eau, on la jette. A terme, ce n'est pas viable.

Quand on dit qu'une performance de second rang, même avec des efforts de premier rang n'est pas viable, c'est une connerie sans nom ! Les efforts finissent toujours par payer, c'est donc ceux-là qu'il faut favoriser ! De plus, quand quelqu'un est récompensé par des performances de premier rang, rien ne dit qu'il le sera sur le long terme ! La concurrence bouge et s'adapte et le meilleur d'aujourd'hui ne sera pas le meilleur de demain. Un management fondé uniquement sur la performance court donc automatiquement à sa perte !

On dit qu'un taux de 20% de renouvellement est un taux élevé. C'est faux. C'est un taux très-très élevé qui ne peut conduire, à terme, qu'à la mort de l'entreprise ! C'est un taux mortifère qui révèle et démontre une totale incompétence en matière de management ! Si, sur une équipe de 5 personnes, il faut en permanence en former une, ce n'est pas viable sur le long terme. Ce simple chiffre montre donc que Netflix n'a strictement rien compris en matière de management et qu'elle court à sa perte.

On critique souvent le modèle social de la France, mais il y a pire et porte un nom : Netflix.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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" Liberté et responsabilité " : le credo de Netflix
Le géant américain de la vidéo en ligne allie la valorisation du salarié à une dureté managériale assumée
On les entend au détour d'une phrase quand les salariés de Netflix parlent de leur travail. " Liberté et responsabilité ", ces mots sonnent comme la devise d'un Etat ou un slogan de parti. En ce jour de mai, des cadres enthousiastes expliquent les rouages techniques de leur service de vidéo en ligne à une trentaine de journalistes étrangers, invités à visiter le siège de la société, à Los Gatos, en Californie.

Le but de l'opération : présenter une autre facette de l'entreprise américaine, souvent décrite comme un catalogue de séries ou comme le fossoyeur des chaînes de télévision dans les cinquante pays où elle s'est implantée. Et où elle revendique désormais 65,5 millions d'abonnés, dont 3,3 conquis ces trois derniers mois, selon les résultats annoncés mercredi 15 juillet.

" Liberté et responsabilité " ? C'est le titre de la bible interne des ressources humaines, également appelée " culture deck ". Une présentation PowerPoint de 124 pages, avec en couverture le signe du yin et du yang… Quoi de plus banal pour une entreprise que d'éditer un manuel de culture interne ? Netflix a la particularité d'avoir publié le sien sur le Web en 2009. Le document a depuis été vu 11 millions de fois.

Si le " culture deck " de Netflix a frappé les esprits, c'est qu'il est un vade-mecum très libéral, alliant la valorisation du salarié et la souplesse à un élitisme et une dureté assumés. " Nous sommes une équipe de sport de haut niveau, pas une équipe du dimanche pour enfants, y lit-on. Les dirigeants de Netflix embauchent, accompagnent et licencient de façon intelligente, afin de n'avoir que des stars à tous les postes. "

Qualité de vie et travail acharné
" Notre but n'était pas de créer de nouvelles règles de ressources humaines, mais plutôt d'en supprimer le maximum ", raconte Patty McCord, qui a élaboré le " culture deck " avec le PDG, Reed Hastings, au milieu des années 2000. " Il ne faut pas tout le temps s'inquiéter de ce que les gens peuvent faire de mal. Certains agissent en adultes ", pense celle qui a dirigé le département " talents " jusqu'à son départ de la société en 2013 pour devenir consultante.

Le changement le plus célèbre concerne les vacances : Netflix ne fixe aucun nombre de jours. " Certains ne partent qu'une semaine par an, d'autres trois, quatre, cinq ou plus ", raconte Cliff Edwards, responsable de la communication institutionnelle. Libres, les gens ne s'accordent-ils pas plus de congés ? Le dirigeant ne nie pas ce risque, tout en assurant qu'il n'y a pas de suivi chiffré des vacances. Selon Mme McCord, la mise en place du système n'a pas changé leur volume global.

Tout autour, le siège de Netflix, installé dans une bourgade résidentielle de la Silicon Valley, reflète ce mélange de qualité de vie et de travail acharné. Composé de bâtiments aux allures d'hacienda de série télé californienne, bordés d'arcades et de terrasses ensoleillées, il laisse place, à l'intérieur, à des plateaux en " open space " remplis de " cubicles ", ces petits espaces de travail à l'américaine séparés de demi-cloisons et personnalisés de photos d'enfants, d'autocollants ou de peluches.

Dans la plus grande cafétéria, une majorité de trentenaires au look relax, tennis de randonnée, jean et chemise. Dans la vaste cuisine équipée, chacun a pris une salade composée bio, un café, des fruits ou des bonbons… Tout est gratuit. Là encore, la générosité de l'employeur peut le servir : pas besoin de sortir des locaux pour déjeuner, les pauses sont plus courtes. Et comme en témoignent les ordinateurs portables posés sur les tables, on peut continuer à travailler en mangeant.

Au siège, qui accueille 1 300 salariés, les horaires sont ceux de la Silicon Valley, explique M. Edwards : Los Gatos se trouve à 80 kilomètresau sud de San Francisco, juste après Mountain View (siège de Google) et Cupertino (siège d'Apple). Parfois jeunes parents, les employés arrivent tard le matin, et, à 16 h 30, l'immeuble se vide pour les sorties d'école. Mais, le soir, une intense activité d'e-mails professionnels reprend depuis chez soi.

Le rythme est bien différent dans la seconde entité majeure de Netflix : l'unité qui achète et produit les films et les séries. Environ 500 employés sont installés dans des locaux à Beverly Hills, près de Los Angeles et de Hollywood. Là-bas, on porte le costume, on arrive tôt au bureau, on déjeune au restaurant et on rentre plus tard chez soi, mais on ne retravaille pas le soir.

Netflix se distingue des autres entreprises par sa volonté de ne pas être hypocrite dans les ressources humaines. " Une performance de second rang – même avec des efforts de premier rang – mène au départ, avec indemnités de licenciement et respect ", prévient le " culture deck ". La société se targue d'accorder des chèques " généreux ". Et de n'embaucher que des " adultes " expérimentés. Elle assure payer mieux que les autres, en ajustant régulièrement les rémunérations à la concurrence.

" La culture Netflix n'est pas faite pour tout le monde ", assume souvent Reed Hastings. Pour la journaliste Gina Keating, auteur du livre Netflixed (Penguin, 2013, non traduit), " les employés très créatifs et avides de résoudre des problèmes auront le bonheur de travailler à leur manière. Mais ceux qui ont besoin de davantage d'encadrement auront des problèmes ". Ces dernières années, le renouvellement des équipes a été estimé autour de 20 % par an, un taux élevé. Mme McCord rappelle que 60 % des équipes ont été remplacées au milieu des années 2000, quand Netflix, " menacé ", a dû passer de la location de DVD par courrier à la vidéo avec Internet.

" Religion " des données
Pour sa culture-maison, Netflix s'est attiré beaucoup de louanges. " Nous avons le droit de tenter des choses et de rater ", se réjouit Ryan Chanatry, l'un des responsables du département d'études-clients. Mais des ex-employés ont dénoncé une forme de " culture de la peur ", selon l'expression d'un témoignage anonyme publié en 2010 sur le site Glassdoor. Sur cette plate-forme de recrutement en ligne, on trouve 463 notes d'anciens salariés de Netflix, dont 69 % sont positives. Mais, parmi elles, on lit encore quelques réquisitoires sévères : " J'ai cru à cette farce de “liberté et responsabilité” ", regrette l'un. Il juge " ceux qui survivent à cette culture “j'embauche, je vire” " trop " froids et arrogants ". " L'autonomie, c'est bien quand il y a un contrepoids dans le système et que ce n'est pas juste un discours politique qui consiste à ne pas aider les nouveaux arrivants ", écrit un autre, regrettant l'absence de formation.

Netflix est à l'image de la Silicon Valley, où l'on change souvent d'employeur et où les entreprises se disputent les salariés, raconte Mme McCord. Pour Mme Keating, la plate-forme de vidéo a surtout une culture d'" ingénieur ". C'est la profession de son fondateur tutélaire, Reed Hastings, qui n'a pas de bureau, pour être plus " disponible ". Ici, il ne faut pas craindre d'avoir des relations de pair à pair et de voir ses dossiers débattus en réunion, met en garde M. Edwards.

Netflix revendique aussi une " religion " des données : Todd Yellin, responsable de l'innovation produit, est fier de mener beaucoup de " tests A/B ". Il s'agit d'essayer une nouvelle solution auprès d'un échantillon d'abonnés, avant de la déployer pour tous… si les résultats sont concluants. L'entreprise choisit ainsi la petite affiche qui présente chaque film et série sur son interface. Mais Netflix ose aussi soumettre au " test " des projets qui ont nécessité des mois de travail, comme la dernière version du site. " Les données ne mentent pas ", dit en substance M. Yellin, qui y voit presque un facteur égalitaire : les chiffres ne dépendent pas de l'intuition, parfois trompeuse, d'un dirigeant, ni de la politique ou des effets de cour dans l'entreprise, argumente-t-il.

Quel est l'avenir de la culture Netflix ? La dernière mise à jour du " culture deck "a concerné la " diversité ", sujet de débat dans la " Valley ". Transparente, l'entreprise reconnaît avoir 79 % d'ingénieurs mâles. Et accueillir moins de 4 % d'Afro-Américains, contre 41 % à 66 % de " Blancs ". La minorité visible la plus importante : 33 % d'" Asiatiques " parmi les ingénieurs.

Autre défi : l'internationalisation. " Reed Hastings a toujours voulu garder un esprit start-up, mais, avec la croissance de l'entreprise et la confrontation à des habitudes de travail étrangères, cette culture est menacée ", estime Mme Keating. Netflix compte, en 2015, arriver en Espagne ou au Japon. Mais veut surtout, d'ici à la fin 2016, être disponible dans le monde entier. Le défi culturel n'en sera que plus grand.

Alexandre Piquard

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Octobre 2015

Les maux typiquement Français en matière d'entrepreneuriat

Il serait peut être un peu temps de se mettre à réformer le Code du travail qui nous plombe aux entournures en matière de compétitivité nationale et internationale.

En effet, comment se fait-il que nos entreprises soient à ce point brisées dans leur élan quand elles veulent grandir ?

Le poids des normes est un énorme frein et lorsqu'on pense que souvent, en matière économique, quand on n'avance plus, on meurt, on ne peut que comprendre comment la France perd son rang, année après année en matière de compétitivité internationale.

La France ne promeut pas le risque, pire, elle le dissuade ! Dans un pays où le modèle est le fonctionnariat, ce n'est pas brillant et augure des jours très sombres pour notre pays : une dette toujours plus grande que notre croissance ne pourra résorber quand nos entreprises ne seront pas suffisamment nombreuses et costaud pour le faire...

Nous avons trop d'entreprises qui disparaissent au bout de 5 ans et nous avons trop de petites entreprises dont le nombre de salariés est inférieur à 50.

On dit que les chefs d'entreprise sont trop prudents mais il faut penser que l'Etat ne fait que les considérer comme des porte-monnaie sur pattes, ce, sans aucune valorisation ! A qui donc la faute ?

Il est temps de soutenir l'entrepreneuriat dans notre pays : notre survie économique en dépend !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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Ces entrepreneurs qui ne veulent pas grandir
La France compte deux fois moins d'entreprises de taille moyenne que ses voisins allemand ou britannique. Un fossé administratif, réglementaire… mais aussi culturel
C'est l'" effet Peter Pan ", sourit Frédéric Andrès, économiste chez Euler Hermes. Et l'un des paradoxes de l'économie française. Les jeunes entrepreneurs enthousiastes sont légion, les créations d'entreprises ont rebondi en juin – au nombre de 44 362, selon les chiffres publiés par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vendredi 17 juillet. Mais le passage à l'âge adulte pose problème. Bon nombre d'entre elles n'arrivent pas, ou " ne veulent pas " grandir, comme le résume M. Andrès.

Entrepreneur lyonnais, Nicolas Daumont est patron d'Illico Travaux, un courtier qui met en relation particuliers et artisans, et de Camif Habitat, la filiale de rénovation de l'ancienne coopérative mutualiste. " En quinze ans, j'ai créé et repris cinq entreprises. Mais quand la crise est arrivée, j'ai eu l'impression qu'on m'enfonçait davantage. Je me suis entendu dire que j'allais perdre ma maison si j'allais trop loin dans ma tentative de sauver mon entreprise. Aujourd'hui, mon groupe est redevenu bénéficiaire. Pourquoi irais-je prendre de nouveaux risques en grossissant tous azimuts ? ", interroge ce dirigeant de 38 ans, jeune papa de jumeaux. Il se sent aujourd'hui déchiré. " Au fond de moi, j'aimerais continuer à créer des entreprises… "

En France, le nombre d'entreprises de taille intermédiaire (ETI) reste désespérément stable. Selon le METI, leur association professionnelle, la France compte 4 600 ETI, ces structures de plus de 250 salariés ou 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Bien moins que l'Allemagne (12 000), le Royaume-Uni (10 000) ou même l'Italie (8 000).

Or, derrière ces ETI, il y a un enjeu central. En matière d'emploi notamment. " Seules 5 % des entreprises françaises ont plus de 10 salariés, alors qu'elles sont 10 % au Royaume-Uni, 18 % en Allemagne, 24 % aux Etats-Unis. Si nous arrivions à 10 % d'entreprises de plus de 10 salariés, on pourrait créer 400 000 emplois net ", relève Gonzague de Blignières, président de Raise, un fonds d'investissement lancé en 2014 avec Clara Gaymard, la patronne de General Electric en France. Aujourd'hui, les ETI emploient 3,3 millions de personnes, soit 23 % des salariés français.

" En France, on se méfie "
La situation n'est pas nouvelle mais, à l'heure où l'entreprenariat est érigé en valeur et où la mode des start-up bat son plein, elle interpelle. La culture hexagonale est réputée peu favorable à l'entrepreneur : " Aux Etats-Unis, si un entrepreneur connaît l'échec, on se dit qu'il réussira la fois suivante. En France, on se méfie ", résume Mme Gaymard.

Pourtant, " contrairement aux idées reçues, en France, le taux de création d'entreprises rapportée au stock - … - existant est de 9 %, au niveau de la moyenne européenne ou des Etats-Unis - 11 % - ", souligne une étude publiée en mars et réalisée par le cabinet Bain avec Raise. Facilité dans l'acte de création d'entreprise, dynamisme du capital-risque et dispositifs fiscaux avantageux aident les nouveaux venus, relève l'étude.

Mais c'est après que le bât blesse. La moitié de ces sociétés ont disparu au bout de cinq ans ! Pourquoi ? Sans surprise, charges trop lourdes et complexité administrative sont les bêtes noires des petits patrons. Ceux-ci ont beau approuver les dernières mesures du gouvernement – pacte de responsabilité, crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), barème d'indemnités prud'homales… –, ils en déplorent la frilosité. " Ces réformes restent homéopathiques. Il faudrait mettre le paquet sur les secteurs délocalisables, comme l'industrie ", estime Bruno Grandjean, le patron de Redex, 300 salariés, qui fabrique des machines-outils.

Autre épouvantail : les seuils sociaux. Celui des 50 salariés à partir duquel l'entreprise doit se doter d'un comité d'entreprise (CE) et d'un comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) – désormais regroupés au sein de la délégation unique du personnel (DUP) – est jugé redoutable. " Il y a deux fois plus d'entreprises de 49 que de 50 salariés ", note M. Andrès. A l'Insee, on relativise ce constat, en soulignant que les entreprises ont tendance à se " couper " en entités juridiques plus petites afin de contourner les seuils.

La course à la croissance se heurte aussi aux difficultés de management que suscite un changement d'échelle. " Quand vous devez à la fois recruter, effectuer une deuxième levée de fonds, trouver de nouveaux clients, bref passer d'un mode start-up à une entreprise organisée, savoir gérer les priorités est essentiel. Par nature, un entrepreneur se dit souvent : “je vais faire moi-même”, alors qu'il gagnerait à être accompagné ", souligne Mme Gaymard.

" Croître signifie revoir l'organisation de la société, déléguer une partie du management, donc se remettre en cause ", confirme Elise Tissier, à la tête du Lab, un think tank consacré aux PME-ETI chez Bpifrance.

Par ailleurs, les chefs d'entreprise se montrent " parfois trop prudents ", souligne Philippe Mutricy, directeur des études chez Bpifrance, au point de passer " à côté des occasions de croître ". Le bras armé de l'Etat en matière de financement des entreprises a consacré 4,6 milliards d'euros en 2014 à l'aide de 1 650 ETI hexagonales, à travers des prêts à l'export ou à l'innovation, ou en préfinançant le CICE. Mais " 80 % des PME françaises ne font pas de croissance. Elles vivent sur leurs fonds propres, produisent et vendent localement ", rappelle Patrick Artus, le chef économiste de Natixis.

Pourtant, l'export constitue un accélérateur essentiel : si 43 % des ETI prévoient une hausse de leurs ventes cette année, celles qui réalisent la quasi-totalité de leur chiffre d'affaires dans l'Hexagone ne constatent pas d'amélioration de leur carnet de commandes, selon une étude publiée, en juin, par Bpifrance.

Attirer les bons profils
L'export, M. Grandjean, chez Redex, le considère comme naturel. " Après mes études d'ingénieur, j'ai passé trois ans à l'université Stanford, aux Etats-Unis. Cela m'a donné une ouverture internationale ", explique ce patron de 51 ans, qui a repris l'entreprise de son grand-père à Ferrières-en-Gâtinais (Loiret). Présence en Chine depuis dix ans, rachat du concurrent allemand il y a deux ans… Les ventes ont plus que doublé depuis le début des années 2000, pour atteindre 50 millions d'euros.

Encore faut-il, une fois le cap de l'international franchi, pouvoir recruter en conséquence. " Il faut trouver des leaders pour porter ses projets ", indique Hervé Lecesne, PDG de Nactis Flavours, un fabricant d'arômes alimentaires, dont les 250 salariés sont présents en Belgique, en Tunisie, en Pologne ou en Bulgarie. Or attirer les bons profils relève souvent du parcours du combattant. " En France, contrairement à l'Allemagne ou à l'Italie du Nord, on ne fait pas carrière dans une PME quand on sort d'une grande école ", peste M. Grandjean.

Même si elle est régulièrement évoquée, la question du financement des PME-ETI n'apparaît pas la plus ardue, à en croire les observateurs. " Pour une PME dans une situation correcte, la question ne se pose pas, même si le financement par la Bourse reste encore trop faible ", estime M. Andres.

En revanche, les concessions à faire pour trouver des fonds freinent les ambitions des PME. " Si nous avions ouvert davantage le capital, l'entreprise se serait peut-être développée plus vite. Mais j'ai privilégié sa pérennité ", explique M. Lecesne qui, à 65 ans, possède 75 % de Nactis Flavours et espère la transmettre à ses enfants.

" On entend souvent que les patrons d'ETI ne veulent pas ouvrir leur capital : c'est faux ! Mais il faut leur proposer ce qu'ils veulent, c'est-à-dire des actionnaires minoritaires ", martèle M. de Blignières. Sinon, " les entreprises en forte croissance sont massivement rachetées par les grands groupes. Elles perdent alors de leur flexibilité et de leur réactivité ", regrette M. Artus. Sur les 4 600 ETI françaises, seules 3 000 sont réellement indépendantes.

La fiscalité de la transmission est d'ailleurs au centre des réflexions pour doper le nombre d'ETI.Celle-ci est soumise à l'impôt sur les plus-values de cession, donc taxée jusqu'à 45 %, même s'il existe des abattements (dispositif Dutreil). Un rapport remis la semaine dernière au gouvernement préconise de simplifier ce dispositif.

" Le tissu industriel français est comme une forêt qui aurait brûlé. Il faut désormais s'assurer que les survivants ne disparaissent pas. Cela passe par la fiscalité, une réglementation pas trop contraignante, et de bonnes pratiques, comme la mise en place de filières ", préconise M. Grandjean. Pour M. Daumont, " les petits patrons n'attendent pas d'aides ou de subventions. Juste de ne pas être freinés par des contraintes démotivantes. "

Audrey Tonnelier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Octobre 2015

Quand le Front de gauche ne sait plus où il est dans l'affaire Grecque

Décidément, il est bien dur d'être un idéologique pur et un idéaliste en oubliant les réalités économiques actuellement. Ce n'est pas le Front de gauche qui va affirmer le contraire...

Il ne sait plus où il est et il se cherche et c'est normal : à force de se dé-responsabiliser en permanence et de faire passer l'idéologie avant toutes les réalités économiques de base, quand elles nous rattrapent, on ne sait plus que faire, on ne sait plus que dire...

Comment dire qu'on peut dépenser sans compter et qu'on n'est pas obligé de gérer convenablement un budget quand on n'a plus un rond pour faire tourner le pays ? C'est la question que ne s'est jamais posé le Front de gauche et à laquelle il est sommé de le faire actuellement.

Il faut urgemment que le Front de gauche ne mette pas son idéologie avant les réalités : une économie se prévoit et se tient avec rigueur et quand elle n'est pas faite avec rigueur, on se plante.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Juillet 2015

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L'accord entre la Grèce et Bruxelles déboussole le Front de gauche
Les alliés français de Syriza sont partagés entre la dénonciation du texte et le soutien à M. Tsipras
La première expérience de la gauche radicale en Europe ne sera-t-elle qu'une parenthèse ? Alexis Tsipras a-t-il encore les moyens de gouverner après l'adoption par le Parlement grec, mercredi 15 juillet, de l'accord sur un nouveau plan d'aide européen grâce aux voix de l'opposition ? C'est la question que se posent ses alliés français du Front de gauche.

Lors de l'accession au pouvoir de Syriza, en janvier, ces derniers avaient placé de nombreux espoirs dans le jeune premier ministre grec pour faire la démonstration qu'une autre politique que celle de " l'austérité " était possible en Europe.

Six mois plus tard, le constat est rude. Au terme d'une négociation marathon, M. Tispras a été contraint de signer un accord auquel lui-même, a-t-il reconnu, ne croit pas. En France, les parlementaires communistes, qui avaient d'abord choisi d'afficher leur soutien à M. Tsipras, ont au final voté contre l'accord, mercredi.

" Vengeance politique "
Depuis, le Front de gauche joue les équilibristes entre soutien au leader de Syriza et condamnation de l'accord. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, juge ce dernier " pourri et détestable ", mais refuse d'accabler le premier ministre grec. " Quand on est partenaires, on ne se lâche pas, explique-t-il. Seul, Tsipras ne pourra pas y arriver. " Au Parti de gauche, la préférence va désormais clairement à Yanis Varoufakis, l'ex-ministre grec des finances. " On ne peut pas soutenir la position de Tsipras aujourd'hui, mais on refuse de confondre les victimes et ceux qui tiennent le pistolet ", estime Eric Coquerel, coordinateur politique du PG.

Les partenaires du Front de gauche jugent que la Grèce ne disposait pas du rapport de force nécessaire. Economiquement faible, étranglé financièrement, Athènes ne pouvait pas s'imposer. La situation était d'autant plus délicate que les manifestations de soutien à la Grèce, notamment en France, sont restées confidentielles. " Si on n'est pas capable de mobiliser sur l'idée d'une autre construction européenne, on sera en grande difficulté ", met en garde Ian Brossat, adjoint communiste à la maire de Paris. Pour tous au Front de gauche, l'Eurogroupe a voulu faire un exemple avec la Grèce par peur d'une contagion si les Espagnols de Podemos venaient à remporter les élections législatives cet automne. Pour M. Brossat, il s'agit d'une " vengeance politique " : " Il y avait la volonté très forte de mettre en échec la tentative d'une autre politique en Europe. "

La crise grecque remet aussi en lumière les divergences au sein du Front de gauche sur la question de l'euro. C'est d'ailleurs le soulagement de voir Athènes éviter le " Grexit " qui explique une première réaction plutôt positive du PCF, lundi, à la suite de la signature de l'accord." Pour nous, cela aurait été le drame absolu, indique un dirigeant communiste. Le fait que l'Allemagne échoue dans sa stratégie première a été vécu comme un point positif. Après, la réalité de l'accord s'est imposée. "

Pour Pierre Khalfa, un des dirigeants d'Ensemble, la troisième force du Front de gauche, c'est précisément ce sujet qui a constitué le point faible de la Grèce. " A partir du moment où la question de la sortie de l'euro était totalement exclue, le gouvernement grec était pieds et poings liés, juge celui qui est aussi coprésident de la Fondation Copernic. L'Eurogroupe avait compris que la Grèce n'avait pas de plan B. " La conclusion de M. Khalfa est simple : " Mieux vaut une sortie de l'euro qu'une capitulation en rase campagne. "

" Plan B "
Contrairement au PG, le PCF ne s'inscrit pas dans une stratégie de " plan A " – établir un rapport de force au sein de l'Union – et de " plan B " – sortir de l'euro en cas d'échec. " Si nous nous situons dans l'exclusion, ce sont les tenants de l'ordre actuel qui garderont la main ", prévient M. Dartigolles. Le porte-parole du PCF reconnaît cependant le besoin de " remise à niveau " des propositions européennes du Front de gauche. " Et pas qu'un simple toilettage ", insiste-t-il.

Pour M. Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, la question de la sortie de l'euro se pose plus que jamais. " Si demain nous arrivons au pouvoir, c'est indispensable d'avoir un plan B concret et réaliste, souligne-t-il. La Grèce vient de faire la démonstration que l'on ne peut pas changer quoi que ce soit dans le cadre de l'Europe des traités et de l'euro fort. " Une délégation du Parti de gauche se rendra cet été en Grèce dans l'intention d'y rencontrer les principaux dirigeants de Syriza.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 22 Octobre 2015

Quand la Russie fait tout pour faire croire à son innocence... sans arriver à convaincre

Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est que la Russie emploie tous les arguments possibles et imaginables pour tenter de démontrer qu'elle n'est pas responsable du crash de l'avion MH17.

Las, ses tentatives se trouvent vaines car les arguments contraires sont pour le moins solides.

Il est particulièrement acquis que le crash a eu comme cause principale la rencontre de l'appareil avec un missile sol-air de type BUK-M1. Le problème c'est que les Russes ont affirmé à de multiples reprises que la cause était due à des avions de chasse ukrainiens. La version du missile BUK-M1 est avalisée car des chefs séparatistes disposent de cette arme. Pire, un chef rebelle indique avoir abattu un avion ukrainien au lieu où l'on a retrouvé l'épave de l'avion civil.

Les médias Russes, dont on connait l'indépendance, devant toutes les preuves de l'utilisation d'un missile BUK, ont alors changé de version pour affirmer que la partie Ukrainienne disposait de ces missiles. Ce changement de version alors que l'on avait incriminé des chasseurs Ukrainiens à la base, est pour le moins douteuse car pourquoi changer de version si on n'a rien à se reprocher ?

Pire un lanceur Russe est retrouvé en Ukraine alors que les Russes ont toujours affirmé ne pas y avoir envoyé troupes et matériels : nouveau mensonge...

Face à ces preuves, les Russes changent à nouveau de version : ils disent que le lanceur appartient à la partie Ukrainienne en soutenant dans le même temps que des avions Ukrainiens se cachaient derrière des avions civils pour échapper aux missiles BUK : il faudrait savoir ! Les BUK sont Russes ou Ukrainiens ? Les Ukrainiens se planquent-ils derrière des avions civils ou les dégomment-ils ?

Bref, on assiste à une communication très diffuse et très confuse se contredisant elle-même allant jusqu'à inventer des témoignages n'existant pas...

La Russie voudrait démontrer son entière responsabilité dans cette histoire, elle ne s'y prendrait pas autrement que d'essayer de démontrer son innocence de façon aussi incompétente...

L'avantage c'est que, maintenant, la vérité on la connait...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 juillet 2015

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Ukraine : l'enquête impossible sur le crash du MH17
Un an après la destruction en vol du Bœing de la Malaysia Airlines, qui a fait 298 morts dans l'est de l'Ukraine, Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité de la catastrophe, et les considérations géopolitiques entravent le travail des enquêteurs
Le 17 juillet 2014, un Bœing 777 de la Malaysia Airlines était abattu dans le ciel ukrainien. A bord de ce vol MH17 qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur, se trouvaient 298 passagers et membres d'équipage. Leurs corps sont retrouvés éparpillés sur des kilomètres à la ronde dans les mornes plaines du Donbass, une zone sous le contrôle des rebelles séparatistes pro-russes en lutte contre Kiev.

Le monde met enfin un mot sur les actions en cours depuis déjà plusieurs mois dans l'est de l'Ukraine : guerre. Cet événement dramatique, qui fait suite à des combats déjà sanglants, pousse les capitales occidentales à élever, une dizaine de jours plus tard, le niveau de leurs sanctions économiques contre la Russie qui soutient activement la rébellion.

Une enquête, difficile, commence, sur fond de tensions entre la Russie et l'Europe. Mais un an après la catastrophe, le dossier du MH17, qui fait l'objet d'une intense bataille médiatique et diplomatique, n'est toujours pas bouclé. Moscou et Kiev, cette dernière étant soutenue par les capitales occidentales, s'accusent mutuellement d'avoir abattu l'appareil.

Aucun message de détresse

Rapidement, un groupe de pays (Australie, Malaisie, Belgique, Pays-Bas, Ukraine) s'est formé pour mener une enquête afin d'établir les circonstances et les responsabilités de ce drame. Sa direction est assurée par les Pays-Bas, dont 193 ressortissants se trouvaient à bord du MH17. En septembre 2014, un rapport intermédiaire a écarté la piste d'une erreur technique ou humaine. Selon ce document, le Bœing 777-200 a été touché, ce 17 juillet à 16 h 20, heure de Kiev, " par un grand nombre d'objets de haute énergie ", ce qui semble correspondre à l'effet de l'explosion d'un missile sol-air de type BUK-M1, qui se disloque juste devant sa cible. Le rapport note aussi qu'aucun autre appareil n'était présent au moment du drame dans un rayon de 30 km et qu'aucun message de détresse n'a été émis, ce qui semble disqualifier la thèse plusieurs fois avancée par la partie russe d'une attaque menée par un ou des avions de chasse ukrainiens.

Une première version du rapport final, attendue pour le mois d'octobre, a été transmise début juillet 2015 aux pays participants. Sans dévoiler son contenu, la Russie a fait part de ses critiques et dit espérer que ses remarques seront intégrées au rapport final.

Plusieurs éléments semblent indiquer que les enquêteurs ont avancé dans leurs recherches par rapport à leurs conclusions de septembre 2014. Six mois plus tard, fin mars, les autorités néerlandaises ont en effet lancé un appel à d'éventuels témoins du transport et du lancement d'un missile BUK. Ils mettent notamment en avant des enregistrements de conversations téléphoniques attribuées à des chefs séparatistes dans lesquelles il est question d'un tel système de missiles. Peu après, le parquet néerlandais indiquait avoir identifié des " personnes d'intérêt ", pas encore qualifiées de suspects. Le 13 juillet, l'Australie, la Belgique, la Malaisie, les Pays-Bas et l'Ukraine demandaient officiellement au Conseil de sécurité des Nations unies de créer un tribunal pénal international. Moscou, qui a la possibilité de mettre son veto à ce projet, l'a d'ores et déjà qualifié d'" inopportun et contre-productif ".

Les conclusions " officielles " sont donc encore maigres. En marge de commémorations à Kuala Lumpur, le 11 juillet 2015, le premier ministre malaisien expliquait pourtant avoir une " image claire " des événements. De nombreux journalistes et collectifs d'enquêteurs ont apporté des éléments permettant de combler les trous et de se faire une image des responsabilités dans la catastrophe.

De mai à juillet 2014, les séparatistes ont abattu pas moins de sept appareils militaires ukrainiens, avions ou hélicoptères. Ceux-ci volaient à une altitude inférieure aux 10 000 mètres du Bœing, et le MH17 n'a pas pu être abattu par les systèmes de missiles portatifs utilisés jusque-là, mais ce fait rappelle que la rébellion avait fait de la lutte pour les airs un enjeu. Le 17 juillet 2014, à l'heure précise où le MH17 se désintègre, le chef militaire des rebelles indique sur les réseaux sociaux que son armée a abattu un avion militaire ukrainien AN-26, " au-dessus de Torez ", là où seront retrouvés les débris du Bœing. Le message sera par la suite effacé, mais les médias russes ont eu le temps de reprendre l'information. Dans les semaines précédentes, ces mêmes médias avaient indiqué que la rébellion disposait de systèmes de missiles BUK, supposément capturés à l'armée ukrainienne.

Jerœn Akkermans, journaliste de la télévision néerlandaise RTL, a fait expertiser par un laboratoire indépendant des débris rapportés des lieux du crash, établissant qu'il s'agissait bien de fragments de missile BUK. D'autres ont recueilli, dans une zone entre les villes de Snijné et de Torez, encore aujourd'hui contrôlée par les séparatistes, les témoignages d'habitants affirmant avoir observé ce 17 juillet 2014 le tir d'un missile sol-air, et aperçu un lanceur BUK dans la zone.

Le collectif d'enquêteurs Bellingcat, spécialisé dans l'étude des réseaux sociaux et qui a gagné sa crédibilité autant sur le théâtre ukrainien que sur celui de la Syrie, a retrouvé des photos plus anciennes du lanceur appartenant à la 53e brigade russe de défense antiaérienne, stationnée dans la ville de Koursk, et dont les numéros d'identification correspondent à ceux visibles sur le lanceur repéré dans le Donbass.

" Responsabilité partielle "
Le seul mystère qui semble subsister est celui de l'identité des opérateurs du BUK, un système perfectionné dont le maniement demande maîtrise et expérience. S'agissait-il de rebelles du Donbass ? De soldats de l'armée russe, à l'époque impliquée dans les combats ? Les preuves, dans ce domaine, font défaut.

Correct ! V, un site d'investigation allemand, a affirmé avoir retrouvé la trace de la feuille de décharge de l'armée russe de trois soldats de la 53e brigade de Koursk. Cette technique – faire démissionner les soldats avant de les envoyer en Ukraine – a été utilisée par Moscou. D'autres membres de cette brigade ont posté sur les réseaux sociaux des photos prouvant leur présence en Ukraine.

La présence dans la zone Torez-Snijné de nombreux chars est également attestée. Selon la doctrine militaire russe, et selon plusieurs experts – non russes – interrogés par Correct ! V, les unités de tanks ne se déplacent qu'avec la couverture de lanceurs BUK, sans lesquels ils constituent une proie facile pour les avions de chasse ennemis.

Dans son enquête très fouillée, le collectif conclut aussi à la " responsabilité partielle " de la partie ukrainienne, qui aurait eu pour habitude de profiter de la présence des avions civils pour faire voler ses appareils militaires et ainsi les " dissimuler " aux systèmes de défense antiaériens. Il incrimine également les pays européens, qui, en ne prenant pas la mesure des événements dans l'est de l'Ukraine, n'ont pas appliqué les mesures adéquates, comme l'interdiction du survol par leurs compagnies aériennes des zones de combat.

A 0 h 40, dans la nuit du 17 au 18 juillet 2014, la première réaction du président russe, Vladimir Poutine, entouré de membres du gouvernement, est filmée au Kremlin au cours de ce qui devait être une réunion consacrée aux questions économiques. " A plusieurs reprises, nous avons demandé aux parties - belligérantes - d'arrêter leurs agressions et de négocier. On peut être sûr que si, le 28 juin, les opérations militaires à l'est de l'Ukraine n'avaient pas recommencé, cette tragédie n'aurait pas eu lieu ", déclare, la mine grave, le chef de l'Etat russe. Le ton est donné. La responsabilité du drame est imputée aux forces ukrainiennes.

Sans attendre, les médias russes tels que Russia Today et LifeNews, proches du pouvoir, ont déjà incriminé l'aviation ukrainienne. Le 21 juillet, le chef des opérations de l'état-major des forces aériennes russes, le général Andreï Kartapolov, affirme disposer de " données vidéo " et de " photos satellitaires " qui montrent, selon lui, qu'un avion militaire ukrainien SU-25 se trouvait ce soir-là dans la trajectoire du vol de la Malaysian Airlines – " ceci est prouvé par des vidéos reçues du centre de surveillance de Rostov-sur-le-Don " – et qu'un tel appareil " peut atteindre une altitude de 10 000 mètres avec des missiles air-air pouvant tirer jusqu'à 12 kilomètres ". Le gradé évoque aussi l'hypothèse d'un tir de missile BUK, mais en l'attribuant à la partie ukrainienne, qui aurait acheminé le lanceur dans la région de Zorochtchenské, qu'elle était censée contrôler.

La thèse du SU-25 ukrainien sera sans cesse relayée par les médias russes. Des photos, grossièrement truquées, seront même exhibées par la chaîne de télévision Perviy Kanal le 14 novembre suivant. Le témoignage d'un contrôleur aérien espagnol basé à Kiev sera aussi avancé – mais l'homme n'existe pas.

Mais très vite, la Russie a donc aussi admis l'hypothèse d'un tir de BUK, qu'elle est la seule à fabriquer. Le pouvoir a cependant toujours nié farouchement avoir fourni le " moindre équipement " aux séparatistes pro-russes du Donbass. Et, tandis que les condamnations pleuvent, cette ligne, qui finit par s'imposer à Moscou, sera tenue pendant des mois.

" Pardonne-nous, Hollande "
Il faut attendre le 5 mai pour que le journal indépendant Novaïa Gazeta – qui avait titré en gros caractères le 21 juillet 2014, quatre jours après le drame, sur sa " une " : " Pardonne-nous, Hollande " –, publie plusieurs pages de texte, photos et graphiques présentées comme un document confidentiel des ingénieurs militaires russes destiné aux enquêteurs des Pays-Bas. Son contenu est conforme à la position défensive adoptée par Moscou. Le missile BUK y est identifié sous son nom de série, 9M38M1. Et, conformément à la ligne officielle, le missile aurait été tiré à partir de la région de Zorochtchenské, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Donetsk.

Quelques jours plus tard, le 2 juin, le fabricant d'armes russe Almaz-Anteï sort à son tour du silence. Lors d'une conférence de presse organisée à Moscou, le responsable du consortium, Mikhaïl Malichevski, soutient lui aussi que le tir provient d'un BUK 9M38M1 " équipé d'une ogive 9H314M ", depuis la région de Zorochtchenské. L'entreprise russe, placée sur la liste des sanctions européennes, se dit formelle : ce type de missiles n'est plus fabriqué en Russie depuis 1999, et les derniers construits " ont tous été livrés à l'étranger ".

Selon le directeur général, Yann Novikov, les ogives désormais utilisées en Russie sont de type 9M317M, et " l'armée ukrainienne disposait en 2005 de près de 1 000 missiles semblables à celui qui a abattu le MH17 ". Le lendemain, Vladimir Markine, porte-parole du Comité d'enquête russe, le bras judiciaire du Kremlin, assure sur la télévision promilitaire Zvezda disposer du témoignage d'un mécanicien de l'armée de l'air ukrainienne selon lequel le 17 juillet 2014, " dans l'après-midi, un SU-25 a décollé pour une mission de combat " avec à son bord " le capitaine Volochine " qui aurait déclaré à son retour de mission : " L'avion s'est retrouvé au mauvais moment au mauvais endroit. " M. Markine cite le nom de ce témoin ukrainien réfugié en Russie " soumis au détecteur de mensonges ", Evgueni Vladimirovitch Agapov.

Cette version, Moscou n'en démord pas. Le 5 juin, le ministre des affaires étrangères néerlandais, Bert Kœnders, qui se rend discrètement à Moscou rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov, pour, selon ses termes, " évoquer la catastrophe du MH17 et la nécessité de poursuivre les responsables ", en fait les frais. " Ce ne sont pas des discussions faciles, parce que nous sommes en désaccord sur de nombreux points ", commente à la sortie le ministre néerlandais désappointé. Les médias russes ne donneront aucun écho à cette visite.

Isabelle Mandraud et Benoît Vitkine (à paris)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Octobre 2015

Rechercher la satisfaction client, est-ce un si grand mal ?

Je trouve l'auteur de cet article particulièrement dur avec cette mode de demander aux clients ce qu'ils pensent de leurs achats...

Au contraire de l'auteur, je ne pense pas que les entreprises dissimulent leurs dysfonctionnements car, si elles le faisaient, elles se verraient écrasées par le jeu de la concurrence.

Car le point central réside dans la concurrence : c'est parce qu'elle est devenue exacerbée par le jeu de la mondialisation et de l'Internet, que bon nombre d'entreprises n'ont d'autres choix que de faire des enquêtes de satisfaction, pour essayer de garder leurs clients !

Alors, bien sûr, il y a toujours des brebis galeuses : quand la SNCF se prête au jeu de la consultation client, ça ne trompe et ça n'abuse personne car on sait très bien que, dans ce cas précis, c'est du pur marketing. Mais c'est du pur marketing car la SNCF n'a pas de concurrence dans le transport ferroviaire ! Ainsi, quand on dit à la SNCF qu'il est inacceptable qu'un billet, qui n'a pu être utilisé à cause de grèves, ne puisse donner lieu à dédommagement, on se voit répondre par un refus poli. On est là, dans le marketing pur. Mais ce marketing disparaîtra de lui-même quand viendra le jeu de la concurrence.

Je pense donc que les enquêtes client sont un très bon moyen pour une entreprise de savoir ce que pense sa clientèle afin qu'elle ne puisse aller à la concurrence. C'est peut être du marketing, mais le rôle premier du marketing n'est-il pas de fidéliser sa clientèle ?

Je pense donc que cet article a été écrit par agacement du journaliste vis à vis des entreprises et a négligé de faire montre d'empathie envers ses mêmes entreprises pour savoir ce qu'elles pouvaient faire pour garder sa clientèle. C'est dommage. D'autant plus que l'auteur n'a pas nécessairement tort en révélant les biais de la démarche. De là à dire que la satisfaction n'est que pure communication, il y a un pas énorme qui ne peut être franchi car justement freiné par la situation concurrentielle exacerbée favorisée par la mondialisation et Internet.

Je ne pense donc pas que les entreprises font tout pour dire que tout va bien : elles n'y ont pas intérêt car en faisant cela, elles favorisent la concurrence, in fine, la mort de leur propre activité.

Quant à l'utilisation de leur propre score pour favoriser l'acte d'achat vis à vis de la clientèle, ça serait très clairement prendre le client pour un imbécile ! En effet, si l'entreprise scande qu'elle est la meilleure alors que ce n'est pas la vérité, le retour du consommateur, ne serait-ce que par les réseaux sociaux, risque d'être cinglant et clairement contre-productif !

Cet article est bourré de mensonges et de contre-vérités quand il affirme que les erreurs ne sont pas traitées : le jeu de la concurrence est là pour qu'il soit traité ! De plus, les réseaux sociaux en donnant la parole aux consommateurs imposent une exemplarité en la matière !

Loin de refléter la réalité économique des enquêtes de satisfaction, cet article révèle la frustration de son auteur quant aux réponses à apporter à ces enquêtes...

Et tant pis s'il faut tordre la vérité en la matière en oubliant que le client a la capacité d'être indépendant face à ce qu'il pense d'un service par les réseaux sociaux, et en oubliant joyeusement le jeu de la concurrence...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Juillet 2015

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Satisfaction client, inefficacité managériale

L'enquête de satisfaction est devenue la boussole des stratégies marketing. Au point de dissimuler les véritables dysfonctionnements
Nous sommes entrés depuis un certain temps dans l'idolâtrie des " enquêtes de satisfaction ". Les entreprises, y compris les entreprises publiques et les administrations censées être modernes, ont les yeux fixés sur les résultats de ces enquêtes réalisées sans discontinuer auprès de leurs clients.

Dès que vous avez la mauvaise idée de contacter par téléphone une entreprise pour acheter un produit, un service ou tout simplement pour demander un renseignement, vous êtes sûr que le service satisfaction va vous interroger par mail ou par téléphone pour savoir si vous êtes satisfait des renseignements, de l'accueil, du service, de l'interlocuteur… Ce service n'a bien sûr pas imaginé une seconde qu'il allait vous déranger et donc vous mécontenter.

Car, étant donné qu'il est censé être parfait dans son approche et ses méthodes, il n'a, lui, pas besoin d'être contrôlé. Il serait amusant de savoir ce que pensent les clients de ces appels qui vous interrogent le soir chez vous alors que vous êtes fatigué de votre journée, que vous n'avez pas vraiment envie de parler à un inconnu, et que vous ne vous souvenez même pas de ce qui s'est passé lors de l'acte commercial ou de la banale demande d'informations !

Les entreprises pensent être proches des clients en mettant l'accent sur ces enquêtes, alors qu'elles ne se rendent pas compte de leurs nombreux travers sous-jacents.

Les entreprises conçoivent elles-mêmes leurs enquêtes et leurs baromètres. Etant donné que cet outil est devenu un argument marketing dans la concurrence (" regardez le niveau exceptionnel de satisfaction de nos clients ! "), il est évident qu'elles " s'arrangent " pour que le résultat de ces enquêtes soit au minimum bon.

Ces prospections n'ont pas pour objectif de détecter des problèmes ou de réaliser une étude objective des relations avec les acheteurs, mais de faire comme si tout allait bien. Il faut montrer à ses clients que l'on s'occupe d'eux, que l'on tient compte de leurs préoccupations et remarques, alors que, en fait, on ne tire jamais les conséquences des défauts ou manques constatés, quand de manière exceptionnelle ils arrivent à apparaître.

L'alpha et l'oméga
In fine, toutes les entreprises sont satisfaites… de leurs enquêtes. Et pour cause : elles ne sont pas faites pour autre chose !

Un biais psychologique fausse encore un peu plus la réalité : les interviewés, qui connaissent dans beaucoup de cas leurs conseillers ou chargés d'affaires, font preuve d'une certaine mansuétude, compréhensible sur le plan humain.

Les salariés et opérateurs des entreprises sont soumis à cette nouvelle dictature des enquêtes de satisfaction, devenues l'alpha et l'oméga du marketing et de la réflexion stratégique de beaucoup d'entreprises, en particulier celles qui n'ont justement pas beaucoup de vision à long terme. Ce sont désormais les salariés qui ont la responsabilité ultime et écrasante de satisfaire leurs clients, malgré les défauts, erreurs et manques de leurs entreprises.

En procédant à ce transfert de responsabilités, les entreprises évitent de se poser des questions sur leur fonctionnement, sur leurs imperfections. Les processus défaillants, les délais anormaux de livraison, les erreurs de toutes sortes ne sont pas traités, car il faudrait alors remettre en cause beaucoup de positions acquises ou d'habitudes. Il vaut mieux faire semblant de s'attacher à l'humeur des acheteurs, plutôt que réfléchir à améliorer les services rendus aux clients.

Cette recherche très théorique de la satisfaction clientèle est à rapprocher du traitement des " réclamations ". Les services marketing raffolent des réclamations et en font un argument commercial : regardez comme nous répondons rapidement et comment nous compensons nos erreurs ! Mais on ne se pose pas la question de savoir pourquoi tant de clients manifestent leur insatisfaction sur un même sujet.

Supercherie
C'est le serpent qui se mord la queue : plus il y a de réclamations, et plus l'entreprise réagit plus qu'elle n'agit, sans se rendre compte que la confiance du client est entamée. Pour couronner le tout, ces acheteurs qui ont réclamé sont interrogés… pour savoir s'ils sont satisfaits : il se trouve qu'ils le seront, car ils auront obtenu certaines compensations, mais l'entreprise, elle, n'aura pas réglé les problèmes sous-jacents.

Les enquêtes de satisfaction et le traitement des réclamations sont devenus les deux mamelles des services marketing, pour le moins moutonniers.

Voici pour finir deux anecdotes significatives de cette supercherie marketing. Quand on téléphone à un opérateur de télécoms très connu pour traiter une panne répétitive, le conseiller ne manque pas de vous dire que vous allez sans doute recevoir une enquête de satisfaction, et que vous seriez sympathique si vous pouviez répondre de manière positive à la question numéro X qui concerne sa prestation… Cet opérateur ferait mieux de mettre en œuvre des moyens pour renforcer la fiabilité de ses matériels et de ses connexions.

Un " petit " artisan local qui installe des inserts chez les particuliers téléphone pour connaître le niveau de satisfaction de son client après le travail de son équipe. Il a simplement oublié de venir lui-même à un précédent rendez-vous pour la mise en route de l'insert, et n'a pas répondu à plusieurs relances téléphoniques…

par François Long

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Octobre 2015

Quand un ex-ministre Français commet quelques maladresses

Très clairement, M. Pierre Moscovici a été bien plus que maladroit dans cette affaire. Ceci est fâcheux de mettre tout le monde 'dans le même sac' quand on pense que M. Pierre Moscovici n'a jamais brillé par son orthodoxie budgétaire lorsqu'il était ministre du budget en France.

La France passe encore pour une superbe donneuse de leçon qui s'affranchit royalement de ses responsabilités : il n'y a qu'à voir la situation désastreuse de notre dette pour s'en convaincre !

Bref, l'image de notre pays s'en trouve encore écornée quand on donne des responsabilités à des incompétents...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Juillet 2015

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L'HISTOIRE DU JOUR

L'étrange liste noire de Pierre Moscovici

Loin de les apaiser, la réponse qu'ils viennent de recevoir, signée de la main de Pierre Moscovici, ravive leur courroux. Les uns s'agacent du ton " désinvolte " du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. Les autres évoquent des déclarations " intolérables ". Parlent d'incident diplomatique.

Engagée le 17 juin, la controverse autour de la publication, à l'initiative de M. Moscovici, d'une liste de trente paradis fiscaux non coopératifs ne faiblit pas. Cette dernière, qui fait la synthèse de listes existant dans dix-huit des vingt-huit pays membres de l'Union européenne, a déclenché l'ire de nombreux centres financiers offshore, parmi lesquels les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans, Anguilla, Montserrat, les îles Turques-et-Caïques, l'île Maurice, le Liechtenstein…

De fait, publiée en pleines négociations internationales avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la " liste Moscovici ", drôle d'inventaire à la Prévert, ne tient pas compte des récentes promesses de normalisation de ces territoires. Toutes signataires de l'accord entérinant le passage à l'échange automatique de données (sur les contribuables du monde entier) en 2017, voire 2018 – la meilleure arme antifraude –, ces juridictions se retrouvent ainsi clouées au pilori des nations au côté de pays non signataires. Et pour leur part réfractaires au changement, tel Panama. De surcroît, aucun paradis fiscal européen n'est fiché.

Les protestations ont donc afflué à Bruxelles. Dûment mandaté par le G20 pour combattre l'évasion fiscale, l'OCDE s'est étonné du timing. Un projet de liste noire mondiale, endossé par les chefs d'Etat, ne doit-il pas être discuté en novembre ? De leur côté, les pays fichés ont pris la plume. Une lettre a été adressée, le 29 juin, par le lobby carribéen au commissaire européen pour dénoncer une initiative qui " sape tout le travail accompli sous l'égide (…) de l'OCDE ". Le Liechtenstein a protesté. L'île Maurice a soulevé des erreurs, soulignant qu'elle n'apparaissait plus dans la liste noire italienne, contrairement aux dires de Bruxelles.

Mais, aujourd'hui donc, la réponse fluctuante de M. Moscovici les laisse déconfits. Au Liechtenstein, par exemple, le commissaire déclare entendre " les préoccupations ". Puis défend une publication dont le but serait de faire converger des listes disparates : " L'opinion publique et les politiques réclament de la transparence et une bonne gouvernance fiscale (…). Les listes noires des Etats membres sont faites selon des méthodologies trop différentes et incompatibles. " Avant de laisser entendre, dans une jolie pirouette, que sa liste pourrait évoluer : " J'ai pensé qu'il serait utile de vous écrire pour vous expliquer comment et pourquoi cette liste a été établie et comment nous pourrions envisager de la faire évoluer. "

A peine publiée, déjà caduque, la liste Moscovici ? Trop pressé ou trop zélé, soucieux d'afficher sa volonté de lutter contre l'évasion fiscale des grandes entreprises, M. Moscovici semble s'être pris les pieds dans le tapis.

Anne Michel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Octobre 2015

Quand de bons arguments aboutissent à de mauvaises solutions

"Il ne faut pas revenir sur les avantages de l'église, sinon, elle n'aura plus les moyens de soutenir les pauvres !". C'est une phrase qui est séduisante mais qui ne va pas au bout de la logique : quand une institution empêche à une économie de fonctionner normalement, n'est-elle pas elle-même à l'origine de la création de la pauvreté qu'elle prétend combattre ?

Dans une société démocratique digne de ce nom, la lutte contre la pauvreté relève de l'Etat. C'est à l'Etat de faire en sorte que toutes les composantes du pays soient prises sur un même pied d'égalité et d'imposer à toutes ses composantes un impôt lié aux différents train de vie de ces composantes.

L'Etat Grec a failli dans ses prérogatives en abandonnant ses obligations régaliennes et en donnant trop d'avantages à l'Eglise sous le prétexte fallacieux qu'elle luttait contre la pauvreté.

L'Etat Grec doit donc reprendre la main dans cette affaire en assistant les plus nécessiteux et en rétablissement un impôt juste à l'Eglise.

Ainsi, contrairement à ce que dit l'Eglise Orthodoxe, la Grèce serait peut-être plus riche si elle n'existait pas, car cela voudrait dire que des avantages ne lui seraient pas alloués à ce point.

La Démocratie est à ce prix.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Juillet 2015

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Des comptes bien peu orthodoxes
Alors que l'Etat grec, ruiné, est sommé de pratiquer une fiscalité rigoureuse, les richesses de l'Eglise restent intouchables
La grand-mère du Père Seraphim Dimitriou, un gros pope à la bouche gourmande et à l'œil mutin, était communiste. Et c'est la mine déconfite et la colère rentrée qu'elle a observé, impuissante, l'irrésistible attirance de son petit-fils pour les fastes et la solennité de l'Eglise orthodoxe. A 4 ans, il participait, fasciné, à toutes les cérémonies religieuses. A 6 ans, il chantait à tue-tête les cantiques en y mettant son cœur. A 12 ans, il assistait le pope de son village du Péloponnèse pour les différentes messes. A 15 ans, il entrait au séminaire et, à 18, se précipitait dans un monastère.

Ce fut un coup rude pour cette batailleuse qui avait essayé d'inculquer au petit l'horreur de l'injustice, le mépris des richesses et le goût de la résistance. " Elle me fit donc la guerre ", raconte-t-il en souriant. Puis en bonne stratège, elle lui proposa un compromis : " Pope, d'accord ! Au moins tu pourras créer une famille. Pas moine ! " L'aïeule fut convaincante. Il a quitté le monastère pour entrer à l'université et est devenu pope. Sans désir de mariage. Le testament de la grand-mère précisait : " Je te lègue ma maison. A condition que tu ne la transformes ni en église ni en monastère ! "

Cela fait donc vingt-cinq ans que le Père Seraphim est pope-fonctionnaire dans une banlieue d'Athènes. Un petit pope, dit-il, lissant sa barbe pointue. Et sans la moindre envie de grimper dans la hiérarchie – " Il faudrait pour cela faire des choses qui ne me plairaient pas ". Il refuse d'en dire plus, mais ajoute : " Un petit-fils de communiste ne peut pas devenir prince ! " Car c'est bien ainsi que se vivent les évêques. Mais l'église d'Agia Marina, à Ilioupoli, étant tout de même son domaine, c'est avec fierté qu'il nous en fait faire le tour. Ici, le lieu de culte principal, éclairé par des cierges. Au premier sous-sol, une salle des fêtes et des classes pour le catéchisme du dimanche. Plus bas encore, des bureaux et une cuisine pleine de " magnifiques bénévoles " prêts à distribuer la soupe populaire.

Les voilà justement qui arrivent, les pauvres de cette paroisse de 18 000 âmes, à qui le pope fait faire une rapide prière, et qui vont emporter des boîtes de nourriture offertes par des commerçants et restaurants locaux ou des portions de spaghettis préparées par des dames à cheveux blancs. Cent quatre-vingts à deux cents personnes sont ainsi aidées chaque mois, les besoins ne cessant de croître. Et le pope, virevoltant, de nous montrer ici des piles de vêtements issus d'une collecte locale, là des sacs de bouchons de plastique, de piles et de bidons d'huile de cuisine prêts au recyclage. Une tonne d'huile rapporte 400 euros, affectés immédiatement aux œuvres de l'Eglise, laquelle organise aussi des collectes de sang qui, hélas, sont de moins en moins fructueuses, car les Grecs, épuisés, économisent même leur sang.

" philanthropie "
" L'Eglise n'a pas attendu la crise pour faire de la philanthropie, contrairement à l'Etat grec qui ne songe aux pauvres que depuis 1981, affirme le Père Seraphim. C'est autour de l'Eglise que s'organisent toutes les œuvres sociales : crèches, maisons de vieux, distribution de nourriture et de médicaments… Si on n'était pas là, je me demande où en serait la Grèce ! "

Les popes, jure-t-il, sont d'ailleurs les meilleurs témoins de la crise puisqu'ils vivent au milieu du peuple. Et au diapason. Son salaire ? 1 020 euros par mois (600 euros pour son jeune collègue en début de carrière), brusquement diminué de 200 euros, " comme tout le monde ". Ses impôts ? Prélevés à la source, comme tout le monde. " Je me retiens de faire de la politique dans mes sermons – l'Eglise n'est pas là pour diviser –, mais sur mon Facebook personnel, je me lâche. " Il jubile en annonçant 5 000 " amis " sur le réseau social et tend son téléphone. Voyons… Tenez, par exemple, le soir de l'annonce du référendum par le premier ministre : " Bravo Alexis - Tsipras - ! Nos grands-pères n'avaient pas peur, et ont donné leur vie en faisant la guerre pour leur liberté. Au lieu de ça, nous, on se précipite pour faire la queue devant des distributeurs… " Une semaine plus tard, juste après la proclamation du triomphe du non : " On fait la fête ici, avec du vin. Venez donc ! La Grèce a donné naissance à l'Europe. Et c'est la Grèce qui impulsera sa renaissance ! "

Il sourit de notre surprise – l'archevêque d'Athènes s'était déclaré dans la presse pour le oui au référendum. Alors il élève la voix : " Ce sont tous les Européens qui devraient partir en guerre contre ceux qui imposent la dictature de l'argent ! Heureusement que notre premier ministre se bat comme un beau diable ! " Il s'échauffe, lève les bras, trouve son Tsipras moderne et respectueux de l'Eglise, même s'il représente la gauche radicale, se proclame athée, vit en concubinage, n'a pas baptisé ses enfants et a même refusé de prêter serment sur une bible. " Je préfère un honnête homme plutôt qu'un hypocrite ! "

N'est-ce pas le moment d'aborder la question de l'improbable séparation de l'Eglise et de l'Etat dans ce pays qui n'a pas 200 ans ? Il soupire, déçu qu'on en soit encore là. " Même le parti Syriza, autrefois véhément sur nos prétendus privilèges, s'est calmé sur la question en accédant au pouvoir, dit-il. Il a découvert l'ampleur du travail social effectué par l'Eglise et sait que l'Etat serait incapable de prendre le relais. Et puis si l'Etat cessait de payer tous les popes, il faudrait qu'il rende les terres que l'Eglise lui a généreusement données au fil des ans. Il ne nous reste plus que 4 % des biens que nous avions ! Alors, croyez-moi, les contribuables ont beaucoup plus à y perdre qu'à y gagner ! "

Nous y voilà. Sujet explosif et désormais tabou. Qui convoque l'Histoire et les fondements de l'identité grecque. Qui exige un rappel du rôle fédérateur et protecteur joué par l'Eglise orthodoxe sous l'occupation ottomane, puis de son intégration naturelle à l'Etat grec lors de sa création en 1830. " Les livres scolaires insistent avec outrance sur la façon dont les prêtres ont combattu pendant la révolution, note Effie Fokas, chercheuse à la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère (Eliamep). Ce n'est pas vrai du haut clergé. L'implication de l'Eglise devrait être nuancée. "

De fait, dans un pays dont la Constitution est écrite " au nom de la Trinité sainte, consubstantielle et indivisible ", Etat et Eglise sont imbriqués l'un dans l'autre. Les salaires et retraites du clergé sont payés par l'Etat (200 millions d'euros en 2014). L'enseignement religieux est obligatoire dans les programmes. Des icônes sont présentes dans les tribunaux, et les personnages les plus importants de l'Etat doivent prêter serment devant l'archevêque ou son représentant. Les chefs de l'Etat et de l'Eglise président conjointement célébrations et cérémonies officielles. L'archevêque est enterré avec les honneurs de l'Etat… Et quiconque remet en cause l'étroitesse de ces liens et les privilèges de l'Eglise déclenche les foudres d'un clergé puissant, conscient de son immense pouvoir d'influence dans une nation où, pour plus de 80 %, la population se déclare orthodoxe.

En 2000, toutefois, le gouvernement prit la décision de retirer la mention de l'appartenance religieuse sur les cartes d'identité grecques. Il se conformait ainsi aux exigences d'une directive européenne sur la protection des données personnelles, mais l'archevêque de l'époque, le terrible Christodoulos, dénonça une attaque contre l'identité grecque et exigea, en vain, un référendum. Trois millions de signatures (pour 11 millions d'habitants) n'ont pas réussi à faire reculer le gouvernement, mais elles ont démontré, s'il en était besoin, le pouvoir menaçant de l'Eglise. " Et depuis, constate Mme Fokas, aucun parti politique n'a proposé de changement majeur dans les relations de l'Eglise et de l'Etat. Au contraire ! Les politiques continuent de consulter l'archevêque pour certaines décisions importantes et même de lui demander sa bénédiction avant les élections. Même Syriza se couche, brusquement louangeur sur le travail caritatif des popes. "

opacité organisée
Mais les impôts ? Est-il possible, au moment où l'Etat grec, ruiné, est sommé de pratiquer une politique fiscale rigoureuse, d'en exempter encore l'Eglise ? Les évêques consultés, quoique toujours affables, entrent dansde grandes colères lorsqu'on leur pose la question. " Ça suffit, les clichés, s'insurge Mgr Gabriel, évêque de Nea Ionia. L'Eglise est désormais imposée comme tous les citoyens grecs. Impôts sur les revenus locatifs et commerciaux, impôts sur la propriété. Le budget de mon diocèse est de 82 000 euros, et je paie 25 000 euros d'impôts. Mon salaire mensuel est de 1 502 euros et l'impôt sur le revenu est de 3 000 euros. En 2014, l'Eglise a versé 2,5 millions pour l'impôt sur la propriété. Vous voulez d'autres chiffres ? "

Oui, bien sûr, on aimerait. Par exemple, une estimation de l'ensemble des biens de l'Eglise – terres, forêts, immeubles, actions, hôtels, appartements, parkings. Mais là, il n'y a pas de réponse. Impossible de savoir. Il n'existe pas de centralisation des archives et titres de propriété, pas de cadastre, pas d'inventaire. Les 6 700 églises, monastères, fondations constituent autant de personnes juridiques et ne rendent de comptes à personne. Sans parler de la République monastique du mont Athos, immensément riche, propriétaire de grands bâtiments au centre d'Athènes et qui bénéficie d'un statut à part. Une commission parlementaire avait étudié le sujet en 2013 et évalué l'étendue des terres à 170 000 hectares, mais le patrimoine des 500 monastères, gigantesque, est impossible à estimer. Quant au portefeuille immobilier de l'Eglise, il comporterait plus de 1 400 propriétés foncières dans tout le pays, dont des immeubles de grande valeur à Athènes, une centaine d'appartements disponibles à la location, ainsi que des propriétés dans des sites protégés comme celui de Vouliagmeni, que l'Eglise rêve d'exploiter à des fins touristiques, promettant même à l'Etat de partager avec lui la moitié des revenus. Mais tout est si opaque. Et organisé pour le rester.

Une liste de questions adressées à Syriza pour connaître sa position sur le statut de l'Eglise et son imposition nous a valu une réponse indigente. C'est à Yannis Ktistakis, avocat spécialisé et professeur à la faculté de droit de Thrace, qu'il revient de décrypter le statut fiscal de l'Eglise. Impôt sur les revenus : 20 % depuis 2010. Taxes sur les donations et legs : 0,5 % (formidablement bas). Exemption de l'impôt foncier de toutes les propriétés dédiées au culte, à l'éducation ou à la philanthropie (c'est-à-dire la plupart) et de ce qui n'est pas loué. Exemption de la taxe spéciale créée en 2011 pour les bâtiments reliés à l'électricité. Exemption des taxes municipales. " La solution à ce statut choquant est évidemment la séparation de l'Eglise et de l'Etat, affirme Me Ktistakis. Pas une séparation unilatérale ! Il faudrait une négociation. Mais il n'y a aucune raison pour que l'Etat continue d'entretenir le clergé. "

Mais qu'à cela ne tienne, répondent les évêques, que l'Etat nous rende alors ces biens que nous lui avons cédés pour les réfugiés d'Asie Mineure, pour les agriculteurs, pour les hôpitaux. L'avocat s'étrangle : " La prise en charge des salaires du clergé s'est faite au début de la guerre civile, puis sous la dictature, pour des raisons strictement politiques. En aucune façon en vertu d'un échange contre des propriétés. " Et quand il y a eu transfert de biens à l'Etat, précise-t-il, ce fut toujours dans un cadre juridique précis : expropriation ou donation. " Il n'y a donc aucune raison de revenir sur ces opérations légales. "

Le dossier est venimeux et, pour le moment, seul le parti libéral Drassi se prononce clairement pour une franche séparation. Tsipras, lui, marche sur des œufs et soigne ses bonnes relations avec l'archevêque. " Si l'on nous pénalise, nous ne pourrons pas poursuivre notre immense travail caritatif, prévient Mgr Antonios, évêque de Salona. Nous offrons chaque jour des dizaines de milliers de repas. Imaginez le nombre de Grecs qui auront faim… " Un chantage qui, en ces temps de crise, s'avère d'une efficacité redoutable.

Annick Cojean

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Octobre 2015

La pollution nous coûte de l'argent ! Engageons donc les actions pour lutter contre elle !

On oppose souvent la lutte contre la pollution aux aspects économiques. On argue trop souvent que la recherche pour lutter contre la pollution coûte cher et qu'elle engendre des coûts importants.

Las, cette analyse n'est pas bonne puisque l'on montre à présent que ne rien faire coûte bien plus cher. Il faut donc prendre en compte la recherche pour la lutte contre la pollution comme un investissement salutaire pour tous, en particulier pour l'intégrité physique des habitants.

Ne pas agir nous coûte et coûtera d'autant plus que nous engagerons les mesures tardivement. Il faut donc agir maintenant et mettre tous les moyens économiques en oeuvre afin d'investir massivement pour éviter les drames humains et économiques de demain.

Il faut donc, concrètement et dès à présent, abandonner l'attrait économique du diésel par rapport à l'essence et rétablir au plus vite l'écotaxe trop vite abandonné par notre ministre de l'écologie, Ségolène Royal qui est totalement incompétente à son poste. L'écotaxe était une mesure juste car elle était basée sur le principe "pollueur-payeur". Son abandon est donc une faute lourde comme est une faute lourde de libéraliser les transports par autocar, mesure mise en place par notre ministre de l'économie M. Macron, frappé lui aussi d'incompétence aigüe.

Le feu brûle ! Arrêtons de regarder ailleurs !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Juillet 2015

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Pollution de l'air : le coût de l'inaction
Les sénateurs estiment que la pollution de l'air coûte 100 milliards d'euros par an en France
Intitulé " Pollution de l'air, le coût de l'inaction ", le rapport, voté à l'unanimité des 17 membres de la commission, presse le gouvernement d'agir. " La pollution n'est pas qu'une aberration sanitaire, c'est aussi une aberration économique ", soulignent les sénateurs, tout en rappelant que les particules fines et l'ozone, deux des principaux polluants atmosphériques, sont à l'origine de42 000 à 45 000 décès prématurés par an en France.

Bronchite chronique, asthme, cancer du poumon, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde… Si les nombreux maux provoqués par la pollution de l'air sont connus, le coût qui leur est associé (hospitalisation, indemnités journalières, pensions d'invalidité, absentéisme, perte de productivité, etc.) n'est pas " suffisamment appréhendé par les pouvoirs publics et les entreprises ", constatent les sénateurs, qui ont auditionné une centaine de responsables d'administrations, économistes et acteurs, et analysé l'ensemble des études publiées sur la pollution.

Selon leur évaluation, le coût sanitaire de la pollution est compris entre 68 et 97 milliards d'euros, dont 3 milliards pour l'impact sur la Sécurité sociale. 650 000 journées d'arrêt de travail seraient prescrites chaque année du fait de la mauvaise qualité de l'air. " Et encore, ce coût reste sous-évalué ", souligne la sénatrice Europe Ecologie-Les Verts de Paris Leila Aïchi, instigatrice et rapporteure de la commission. " Les études jusqu'alors menées comportent d'importantes limites. Elles reposent sur un nombre très restreint de polluants. Les effets cocktail ne sont nullement pris en compte. Et le coût sanitaire de la pollution de l'air intérieur n'est quasiment jamais intégré. "

La mauvaise qualité de l'air intérieur représente à elle seule une charge annuelle nette de 19,5 milliards d'euros, mais la commission, veillant à rester au plus près de la réalité, a préféré ne pas l'intégrer dans son estimation globale, impacts de la pollution de l'air intérieur et extérieur se recoupant en partie.

Au-delà des dommages sanitaires, la pollution de l'air a aussi des conséquences néfastes sur les rendements agricoles, la biodiversité ou encore les bâtiments. L'INRA estime par exemple que le rendement du blé en région parisienne est réduit en moyenne de 10 % par rapport à une région non polluée, sous l'effet de la pollution à l'ozone. Ces impacts non sanitaires restent encore mal connus. Les quelques études existantes montrent toutefois que leur coût est loin d'être négligeable. Réalisant un premier chiffrage avec les données disponibles, la commission évalue, " a minima ", ce coût non sanitaire à 4,3 milliards d'euros.

Renforcer les normes existantes
La commission formule une soixantaine de propositions pour lutter " efficacement " contre ce fléau. En premier lieu, elle presse l'Etat de mettre fin sans tarder à " l'anomalie de la France " sur le diesel. Les gouvernements successifs ont accordé une fiscalité très avantageuse à ce carburant, malgré sa dangerosité. Résultat : la France dispose du parc le plus diésélisé au monde (60 % des automobiles en circulation).

Les sénateurs appellent le gouvernement à aligner progressivement, d'ici à 2020, la fiscalité de l'essence et du gazole, et à permettre la déduction de la TVA aux entreprises s'équipant de véhicules essence ou électriques, comme c'est le cas pour les voitures diesel. " A moins de manquer de volonté, il est tout à fait possible de gagner à l'horizon de cinq ans les 17 centimes d'écart entre l'essence et le diesel ", insiste Jean-François Husson. Déplorant la suppression de l'écotaxe, la commission préconise de mettre en place une véritable fiscalité écologiqueet de renforcer les normes existantes, en veillant " à ne pas simplement reporter le coût de la pollution sur les émetteurs ".

Une taxe sur les émissions d'azote, d'oxyde d'azote et de particules est préconisée. " Les taxes visent à inciter les émetteurs à modifier leur comportement, insistent les sénateurs. Ceci suppose que des alternatives non polluantes, et donc non taxées, existent, notamment pour les redevables les plus modestes. "

Aussi mettent-ils l'accent sur la nécessité de soutenir l'innovation pour produire " des ruptures technologiques " favorisant notamment le développement de transports les moins polluants possibles. A cette fin, ils invitent l'Etat à développer les partenariats public-privé et à lancer un programme d'investissement d'avenir. " Ce serait là un message fort ", souligne Jean-François Husson, qui insiste sur l'effet incitatif des normes " dès lors que des alternatives crédibles existent ". Et Leila Aïchi d'abonder : " Il y a là des opportunités de croissance et d'emplois considérables. "

Laetitia Van Eeckhout

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Publié le 15 Octobre 2015

Une très bonne idée pour lutter contre les vétos !

"Une inversion de la charge de la preuve" : ce qui a été adopté, dans le domaine juridique, en partiulier en droit social en France, a été plus ou moins repris au sein de l'ONU. On parle ainsi d'inversion du mode d'intervention en matière de véto, et c'est très finement et très bien joué !

Le concept est très simple : au lieu qu'un pays puisse s'opposer à des sanctions en mettant son véto, il faut qu'il y ait unanimité de la levée des sanctions pour qu'elle soit de mise !

Ainsi, si un pays juge, en motivant son opinion bien entendu, que les sanctions doivent être rétablies, elles le seront de fait.

C'est une très grande avancée et une très bonne chose pour éviter que certains pays puissent engager des actions à acquérir l'arme nucléaire sous couvert de recherches civiles.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Juillet 2015

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Et les diplomates inventèrent l'arme absolue contre le veto...

Le très subtil " snap back " inséré dans le mécanisme de l'accord du 14 juillet permet le rétablissement automatique des sanctions
Ceux qui ont une impression de déjà-vu en matière de vérification d'accord antiprolifération – et se souviennent du Suédois Hans Blix, le chef des inspecteurs de l'ONU en Irak, et de ses comptes d'apothicaires devant le Conseil de sécurité en 2002 – seront peut-être réconfortés par une innovation diplomatique contenue dans le compromis de Vienne sur le programme nucléaire iranien : le " snap back " (littéralement " refermer brusquement "). Ou comment contourner la paralysie qui s'empare de l'ONU dès qu'un pays membre du club des cinq permanents du Conseil – la Russie pour ne citer personne – décide de mettre son veto pour protéger un pays ami, client ou tout simplement pour nuire aux intérêts de ses rivaux.

Dans l'entretien publié le 14 juillet dans Le Monde, Laurent Fabius décrit le snap back comme un mécanisme de rétablissement automatique des sanctions en cas de violation par les Iraniens de leurs obligations. Un dispositif susceptible de rassurer tous ceux qui n'ont qu'une confiance modérée dans la sincérité de Téhéran et la capacité des Occidentaux à revenir à une position de fermeté comparable à celle de 2010, alors que le climat s'est considérablement dégradé entre Washington et Moscou.

" Créativité "

Selon l'accord, le snap back interviendra dans le cas de figure où l'un des six Etats signataires de l'accord avec l'Iran (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) constate une violation et que Téhéran " ne fournit pas d'explication crédible ", explique le ministre des affaires étrangères. L'Etat mécontent pourra alors provoquer un vote du Conseil de sécurité de l'ONU. Innovation : le vote ne portera pas sur la réintroduction des sanctions mais sur la reconduction de la levée. L'Etat en question pourra alors opposer son veto. " Il obtiendra alors à coup sûr le rétablissement des sanctions ", souligne M. Fabius.

Au lieu du veto négatif, qui empêche la condamnation, le snap back crée donc une sorte de veto proactif, qui rétablit automatiquement les sanctions. " Je vous concède que c'est subtil, mais c'est à ce prix qu'on réalise des compromis efficaces sur des sujets aussi complexes ", ajoute le chef de la diplomatie française. La Russie ne pourra pas bloquer le processus : si les Occidentaux estiment que l'Iran triche, les sanctions seront automatiquement réinstallées.

Un processus qui pourrait se révéler compliqué, néanmoins, compte tenu des échanges économiques qui auront repris. L'accord prévoit d'ailleurs que le -retour aux sanctions ne sera pas rétroactif. Le fonctionnement du snap back est détaillé dans le Joint Comprenhensive Plan of Action, signé à Vienne. Celui-ci prévoit la création d'une commission conjointe de résolution des conflits, composée de huit membres : les cinq membres permanents du Conseil, l'Allemagne, l'Union européenne et l'Iran. Le droit de veto ne s'y applique pas.

Si une majorité de cinq membres tombe d'accord pour estimer que l'Iran ne joue pas le jeu, la question est renvoyée au Conseil de sécurité. " Sur réception de la notification du participant plaignant, incluant une description des efforts effectués de bonne foi pour résoudre le différend, le Conseil de sécurité des Nations unies, en accord avec ses procédures, votera sur une résolution aux fins de maintenir la levée des sanctions. Si la résolution n'a pas été adoptée dans les trente jours suivant la notification, les dispositions des anciennes résolutions du Conseil seront remises en vigueur, à moins que le Conseil n'émette une décision contraire. "

Dans un article publié par UN Dispatch, site spécialisé dans la couverture de l'ONU, Mark Leon Goldberg, le rédacteur en chef, se félicite de la " créativité " des diplomates. Selon lui, le snap back est " l'élément le plus brillant de l'accord iranien ". Privé du soutien inconditionnel d'un des membres du Conseil, analyse-t-il, l'Iran sera " très fortement incitée à respecter l'accord ".

Le Conseil de sécurité va examiner l'accord dans les prochains jours, et devra entériner le snap back. Selon M. Fabius, " la France a beaucoup œuvré pour proposer et faire adopter " ce dispositif. Gérard Araud, l'ambassadeur à Washington, ancien négociateur français dans les premiers pourparlers avec l'Iran et représentant de la France à l'ONU jusqu'à l'été 2014, l'avait évoqué le 28 mai devant le cercle de réflexion Atlantic Council à Washington, en ne faisant pas mystère que l'objectif était d'empêcher les Russes et les Chinois d'empêcher l'éventuel retour aux sanctions en faisant usage de leur veto. La délégation française l'a proposé à la session de négociations de Lausanne.

A l'occasion du 14 juillet, l'ambassadeur s'est permis un léger cocorico sur son fil Twitter. Le snap back est " une idée française ", a-t-il révélé.

Corine Lesnes

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 14 Octobre 2015

Quand les réformes successives en matière d'éducation aboutissent à une baisse de niveau

L'école n'intéresse pas les élèves. L'école les ennuie. Il faut donc trouver le moyen de les faire changer de niveau avec des connaissances toujours plus basses.

Solution trouvée par nos politiques : baisser le niveau ! Comme ça, le bac est obtenu par toujours plus de monde, mais la place de la France sur l'échelon international continue de chuter, année après année...

Dernier exemple en date : la réforme des lycées où l'accent n'est plus mis sur la connaissance mais sur le fait d'aller chercher l'information dans le sujet. Le problème c'est que le niveau acquis pour le supérieur est largement insuffisant.

Il est temps de changer de paradigme afin de redonner envie aux élèves d'étudier, et dans un même temps, améliorer le niveau : c'est une question de survie de notre pays dans le monde économique globalisé tel que nous le connaissons.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 Juillet 2015

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DEPUIS 2010, LES PROGRAMMES DES LYCÉES SAPENT LES BASES DE LA FORMATION SCIENTIFIQUE, POURTANT NÉCESSAIRE À LA RECONSTRUCTION DU SOCLE INDUSTRIEL DU PAYS. LE CRI D'ALARME DES ENSEIGNANTS ET DES PHYSICIENS

La science au lycée, une réforme atterrante

La réforme des programmes des collèges fait l'objet d'un débat fourni depuis ce printemps. Au cœur de ce débat, l'équilibre du duo compétences-connaissances est une question pertinente, à condition de ne pas perdre de vue que l'exercice éclairé des compétences se fonde sur des connaissances solides.

Précédant la réforme du collège, de nouveaux programmes ont été mis en place au lycée, en septembre 2010 en seconde, en septembre 2011 en première, et en septembre 2012 en terminale. Cette réforme a concerné toutes les filières, générales comme technologiques, la différenciation s'opérant en première. L'enseignement supérieur a ainsi accueilli à la rentrée 2013 des bacheliers formés avec ces nouveaux programmes.

Pour établir un diagnostic de l'effet de cette réforme, la Société française de physique (SFP), l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS) et l'Union des professeurs de physique et de chimie (UdPPC) se sont mobilisées en menant trois enquêtes successives, accompagnant la progression de la réforme.

Les dernières consultations, à l'automne 2014, ont ciblé les enseignants de première année de l'enseignement supérieur – universités, instituts universitaires de technologie (IUT), classes préparatoires – à la fin de l'année scolaire 2013-2014. Les 268 enseignants ayant répondu à l'enquête SFP-UPS se répartissent pour 50 % en première année de licence de l'université, 35 % en classes préparatoires, 15 % en première année d'IUT.

Le constat est alarmant. Depuis 2013, le bac S (scientifique ! ?) ne prépare pas convenablement aux cinq années d'enseignement supérieur qui ouvrent aux carrières scientifiques, celles qui mènent aux métiers de l'ingénieur comme celles qui préparent à l'enseignement et à la recherche.

Les concepteurs des programmes ont parié sur une plus grande diffusion de la culture scientifique au détriment d'une formation fondée sur le raisonnement, les connaissances démontrées et l'effort d'assimilation de concepts nouveaux. Par exemple, a disparu des connaissances enseignées la distinction entre masse et force de gravité, qui permet de comprendre que, sur la Lune, l'homme est plus léger sans avoir perdu un gramme.

Plus précisément, il apparaît que mener une démonstration développée en plusieurs étapes, maîtriser les outils mathématiques de base et s'astreindre à la rigueur pour construire un raisonnement sont des objectifs éliminés de la formation donnée aux bacheliers de la série S. La compétence majeure est devenue : " extraire l'information ".

Dans l'exercice sur le boson de Higgs de l'épreuve de physique-chimie du baccalauréat français de la session 2014, pratiquement toutes les questions trouvaient leur réponse dans l'énoncé et les documents joints : formules physiques, valeurs numériques, contexte scientifique. Une seule question demandait une réponse absente des documents : " Comparer l'énergie de l'ensemble des protons circulant simultanément dans le LHC - le grand accélérateur du CERN - avec l'énergie cinétique d'une rame de TGV lancée à pleine vitesse. Le candidat sera amené à proposer un ordre de grandeur de la vitesse d'un TGV. "

Au grand étonnement des correcteurs, une partie significative des copies répondait que la vitesse du TGV était de 299 792 458 m/s ! Le TGV à la vitesse de la lumière ! Pourquoi une telle réponse ? C'est que la seule grandeur homogène à une vitesse fournie par l'énoncé était bien… la -vitesse de la lumière. Voilà deux compétences -acquises : extraire l'information et vérifier une homogénéité. Il n'en reste pas moins que cette approche du raisonnement scientifique est un encouragement à renoncer au bon sens et à penser par soi-même.

Ces programmes ont été conçus avec l'idée que la majorité (les deux tiers) des élèves de filière S ne poursuivra pas d'études supérieures scientifiques. Effectivement, en 2014, parmi les 163 100 lauréats du baccalauréat S, seuls environ 52 000 jeunes, le tiers, se lancent dans des études scientifiques pour obtenir un diplôme de sortie au niveau bac + 5. (Le bac S, comme les autres baccalauréats généraux, a un taux de réussite important, 89 % en 2006 et 92 % en 2014.)

L'enquête montre que les meilleurs étudiants scientifiques quittent le lycée avec une vision -erronée de la physique et de la chimie. Ils sont très mal préparés à utiliser des outils formels et à pratiquer des démarches scientifiques rigoureuses. Ils n'ont reçu au lycée qu'un vernis culturel superficiel asséné par des arguments d'autorité.

La compréhension de la démarche scientifique est une construction lente, qui ne saurait attendre l'entrée dans l'enseignement supérieur. Elle requiert, notamment, une pratique concrète de la modélisation mathématique, essentielle à l'enseignement de la physique, de la chimie et de la biologie. La formation scientifique a des impératifs : en plus d'apprendre à observer, à questionner, à formuler des hypothèses, à imaginer et réaliser des tests, il faut aussi comprendre, déduire d'un raisonnement en plusieurs étapes, bénéficier d'une caisse à outils qui mobilise et astreint à une démarche rationnelle.

Atterrés par ce constat alarmant, les présidents de l'UPS, de l'UdPPC et de la SFP se sont adressés à la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, pour faire connaître leur diagnostic. Lors d'une entrevue qui s'est déroulée le 25 mars, il leur a été répondu qu'il était trop tôt pour tirer un bilan de cette réforme. Une semaine après, le ministère annonçait aux syndicats que ce bilan allait leur être présenté. Preuve que ce bilan existe ! Mais le lendemain, contre-ordre, la publication du rapport sur la réforme était repoussée sine die. Pourtant, le feu est dans la maison !

Il est urgent d'agir dès maintenant, car l'effondrement durable de l'enseignement des sciences, physique et chimie au lycée aura des conséquences graves, non seulement sur la formation de nos futurs citoyens, mais aussi sur la formation et le recrutement des cadres scientifiques (techniciens, ingénieurs, entrepreneurs, chercheurs, professeurs) dont la France a besoin pour maintenir son rang au sein d'une économie mondialisée.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 13 Octobre 2015

Quand les juges s'emmêlent dans leur jugement

Je ne comprends pas tout à ce jugement... Ca ressemble à du "Jacques Martin" aux plus belles heures de "l'école des fans" : tout le monde a gagné !

Pas de diffamation, de la bonne foi pour tout le monde et M. Jouyet n'a jamais eu l'intention de nuire...

Le problème c'est que le tribunal dit tout et son contraire en affirmant qu'il n'y a pas eu intention de nuire mais en notant que les propos "pouvaient être reconnus diffamatoires". Et là, on touche, à l'incompétence du judiciaire : c'est diffamatoire ou ça ne l'est pas ! Le rôle du judiciaire est de dire ce qui est, non ce que ça pourrait être ! Le jugement dit que M. Fillon pouvait s'estimer lésé face à un acte... qui n'est pas reconnu...

Comprenne qui pourra... Moi, ce que je comprends surtout c'est que l'on a encore eu affaire à des juges incompétents payés une blinde à rendre une justice inaudible qui ne sert en rien l'intérêt général.

Quand une justice dit que des propos "doivent être considérés comme diffamatoires" mais qu'elle ne les condamne pas, n'est-ce pas une preuve évidente d'une totale incompétence de ces juges ?

Incompétence encore lorsque le tribunal va à l'encontre de M. Fillon démontrant qu'il connaissait les démêlés de M. Sarkozy avec la justice... mais qu'il ne condamne toujours pas...

Incompétence toujours lorsqu'il affirme que le secrétaire général n'avait "aucune animosité personnelle" envers M. Fillon, sans le démontrer...

Bref, une belle preuve d'incompétence de nos instance juridiques !

Souriez, c'est vous qui payez !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juillet 2015

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Jean-Pierre Jouyet et les journalistes du " Monde " relaxés
L'ancien premier ministre François Fillon poursuivait pour diffamation le secrétaire général de l'Elysée, Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Le tribunal dit le droit. Parfois, son jugement semble arranger tout le monde et il devient alors, même sans le vouloir, une forme de maestria politique. Il en a été ainsi, jeudi 9 juillet, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, chargée de la presse. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, et Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au Monde, ont été relaxés des charges de diffamation à l'encontre de François Fillon. Aux trois a été accordée la bonne foi ; à Jean-Pierre Jouyet, nulle intention de nuire ; aux deux journalistes, la volonté de servir l'intérêt général.

Mais le tribunal a aussi estimé que les propos tenus par Jean-Pierre Jouyet sur l'ancien premier ministre devant les deux journalistes et rapportés par eux, pouvaient être " reconnus diffamatoires ". Et Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat de François Fillon, a aussitôt estimé que l'honneur de son client et plaignant était " lavé ".

La plainte faisait suite à la publication par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, à la fin de 2014, dans un livre paru chez Stock, intitulé Sarko s'est tuer, puis dans les colonnes du Monde, de la teneur d'un déjeuner, le 24 juin 2014, entre Jean-Pierre Jouyet et François Fillon. Ces deux hommes entretenaient des relations de confiance : Jean-Pierre Jouyet avait été deux ans ministre des affaires européennes dans le gouvernement Fillon.

Selon les deux journalistes, il avait été question au cours de ce repas des affaires qui commençaient à éclore autour de l'UMP. De l'une d'entre elles surtout, concernant le remboursement par l'UMP des dépassements de dépenses lors de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2012. A l'audience avaient été produites les dix minutes de conversation sur le sujet, enregistrée par les deux journalistes lors de leur rencontre avec le secrétaire général de l'Elysée, le 20 septembre 2014. Jean-Pierre Jouyet y affirmait que François Fillon lui aurait demandé de faire accélérer les procédures contre Nicolas Sarkozy, de " taper vite ", de lui " casser les pattes ", alors que l'ex-président de la République entamait son retour en politique.

Le jugement estime que François Fillon pouvait de bon droit aller en justice. " Les propos poursuivis qui - lui - imputent d'avoir demandé aux plus hautes autorités de faire pression sur la justice afin d'enclencher une procédure visant un de ces rivaux politiques, doivent être considérés comme diffamatoires ", indique le texte. Mais il ne retient pas la thèse du complot politique ourdi par l'Elysée, qu'avançait l'ancien premier ministre. " Cette thèse ne repose, en tout état de cause, que sur des suppositions. "

" Rencontres clandestines "

Il ne retient pas non plus un autre argument avancé à l'audience par François Fillon et sa défense : il ne connaissait pas encore les démêlés de l'UMP concernant les dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy, à la date du déjeuner. Le jugement développe la chronologie des événements pour démontrer qu'il ne pouvait alors les ignorer complètement. Il assure par ailleurs que le secrétaire général n'avait aucune " animosité personnelle " envers l'ancien premier ministre et que " ses propos relatifs aux informations et demandes présentées par François Fillon étaient dignes de crédit ".

Me Versini-Campinchi constatait malgré tout, jeudi, que, même si François Fillon avait été débouté, " sa plainte n'a en rien été considérée comme abusive ". " Le tribunal reconnaît que les informations publiées par Gérard Davet et Fabrice Lhomme étaient exactes et d'intérêt général, se réjouissaient à l'inverse les avocats des journalistes du Monde, Marie Burguburu, François Saint-Pierre et Christophe Bigot. Le tribunal dit clairement que les rencontres clandestines entre MM. Fillon et Jouyet n'avaient pas à demeurer secrètes comme le demandait M. Fillon. Il était également important de faire connaître au public, et c'est ce qui se trouve dans la réponse de M. Jouyet à M. Fillon lors de ce déjeuner, que François Hollande avait affirmé ne pas vouloir interférer dans les procédures judiciaires. "

Le droit est donc dit, même si François Fillon peut encore faire appel. Mais, à n'en pas douter, ce jugement va désormais être sujet à dissertation, politique cette fois.

Benoît Hopquin

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Publié le 12 Octobre 2015

Quand cette pourriture de Tapie ne manque pas d'air !

Tapie n'a jamais mis énormément d'argent dans Adidas et n'a jamais perdu des dizaines de millions d'Euros dans cette affaire, comment peut-il donc en demander des centaines ?

Tout le monde sait que Adidas a été achetée par le Crédit Lyonnais qui a toujours avancé de l'argent à Bernard Tapie. Bernard Tapie n'était propriétaire d'Adidas que sur le papier, cette société ayant été largement acheté par les banques soutenues par le pouvoir politique en place à ce moment là.

En effet, il était de bon ton pour la France de pouvoir dire que Adidas était Français.

Las, aujourd'hui M. Tapie s'estime floué alors même qu'il n'a rien perdu dans cette affaire.

En attendant, ce Monsieur est mis en examen pour "escroquerie en bande organisée", ce qui est normal car M. Tapie est et a toujours été un pourri et un escroc.

Le propre d'un escroc c'est de ne douter de rien : c'est à ça qu'on le reconnaît...

A quand cet escroc derrière les barreaux ?

Il est aussi plus que temps que l'Etat récupère les 400 Millions d'Euros abusivement versés à M. Tapie dans cette affaire...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Juillet 2015

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Adidas : Tapie réclame 1 milliard d'euros à l'Etat
L'homme d'affaires compte sur son nouvel avocat,Emmanuel Gaillard, spécialiste reconnu de l'arbitrage

Ils se donnent du " monsieur le Ministre " et du " monsieur le Professeur ", et s'échangent des SMS jusque tard dans la nuit. Entre Bernard Tapie, 72 ans, et son nouvel avocat, Me Emmanuel Gaillard, l'homme qui a obtenu la condamnation de l'Etat russe à une amende de 50 milliards de dollars dans son conflit avec Ioukos, c'est vraiment du sérieux.

Un attelage redoutable en tout cas, qui va réclamer à l'Etat, le 29 septembre, devant la cour d'appel de Paris, la somme record d'un milliard d'euros, agrémentée d'intérêts courant sur plus de vingt ans. Toujours dans le cadre de l'interminable litige entre l'homme d'affaires et le Crédit lyonnais, lié à la revente d'Adidas en 1993. Bernard Tapie estime avoir été floué par sa banque, accusée d'avoir encaissé de fortes plus-values dans son dos. Il ne lâchera rien, d'autant qu'il a retrouvé un fol espoir, après avoir nourri de sombres pensées.

" Frauduleusement faussé "

Qu'importe sa double mise en examen pour " escroquerie en bande organisée " et " détournement de fonds publics ", dans le cadre de l'arbitrage qu'il avait suscité et organisé, en 2007, dans le but, déjà, de solder ses comptes avec le Crédit lyonnais. Passé maître dans l'art du rebond, l'ancien patron de l'OM entend revenir sur le fond du dossier, désormais.

Il avait gagné, dans un premier temps, en 2008 – un tribunal arbitral un peu trop partial lui accordant la somme de 405 millions d'euros. La justice pénale, depuis, y a trouvé à redire, qualifiant même la procédure de " simulacre ". A tel point que la cour d'appel, au civil, a prononcé, le 17 février, la rétractation de la sentence, en s'appuyant sur les conclusions de l'enquête pénale.

D'ailleurs, depuis cette décision du 17 février, qui l'a mis à terre, Bernard Tapie a été interrogé à deux reprises par le juge Serge Tournaire. Il a semblé admettre ses torts, en reconnaissant ce qu'il avait d'abord démenti dans ses interrogatoires devant les policiers. Oui, il a bien " acheté " l'aide de petits porteurs pour le soutenir dans son combat. Oui, il a sollicité Nicolas Sarkozy et lui a rendu visite à dix-sept reprises, lui parlant plusieurs fois de l'arbitrage souhaité. " Est-ce que l'arbitrage pouvait avoir lieu sans que Nicolas Sarkozy donne son accord ? La réponse est non ", lâche-t-il même au juge, le 10 mars. Oui, aussi, la désignation par son avocat Me Maurice Lantourne du juge arbitre Pierre Estoup, qui concentre toutes les suspicions, n'était pas une bonne idée : " Ils se sont rencontrés, ils se sont consultés, a indiqué M. Tapie. (…) M. Estoup a eu incontestablement des contacts avec Lantourne avant. Aucun avocat n'est assez sot pour désigner un arbitre qui lui soit hostile. " Or, M. Estoup – soumis à une obligation de " révélation étendue " – avait omis de signaler ces liens de proximité. Selon les déclarations de M. Tapie, Me Lantourne aurait également caché cet état de fait à son client.

Les investigations sont presque terminées, tous les actes des magistrats enquêteurs ont été confirmés par la chambre de l'instruction. Ainsi, le 15 janvier, la cour d'appel a dit ceci, en réponse à une requête de Bernard Tapie visant à l'annulation de sa mise en examen : " L'ensemble du processus décisionnel de recours à l'arbitrage, de mise en place de celui-ci, a pu être frauduleusement faussé et altéré dans son principe et dans ses exigences de loyauté et d'impartialité. " En vieux routier des procédures judiciaires, Bernard Tapie sait maintenant qu'il a toutes les chances d'être bientôt renvoyé devant le tribunal correctionnel. Mais il s'est trouvé un nouveau combat, dont l'issue, si elle lui était favorable, lui permettrait de se retrouver sur le banc des prévenus avec un milliard d'euros en poche… et sa bonne foi reconnue par la justice civile.

400 arbitrages à son actif

Pour ce faire, il compte désormais sur les talents de Me Emmanuel Gaillard. Professeur de droit, patron de la division arbitrage du cabinet Shearman & Sterling, il règne sur soixante collaborateurs rien qu'à Paris et compte près de 400 arbitrages à son actif. Le combat gagné face à Poutine lui a rapporté 60 millions d'euros, mais il ne court pas après l'argent, assure-t-il. " J'ai toujours pensé, de loin et sans connaître les protagonistes, que Bernard Tapie avait été victime des agissements de sa banque, confie-t-il au Monde. Je n'ai rien à gagner dans cette affaire, si ce n'est aider à la manifestation de la vérité. On peut aimer ou détester M. Tapie, mais il reste une victime dans ce dossier. "

En spécialiste reconnu de l'arbitrage, Me Emmanuel Gaillard semble avoir intégré le fait que son client n'a plus grand-chose à espérer de la justice pénale. Il le reconnaît à demi-mot, confiant vouloir s'attaquer au fond du dossier. " Moi, je n'avais jamais osé lui demander son aide, raconte Bernard Tapie. D'ailleurs, il m'a dit, au début : “Vous n'avez pas les moyens de me payer.” Il a juste exigé, après l'arrêt de la cour d'appel prononçant la rétractation de la sentence arbitrale, d'avoir accès aux pièces du dossier. Il est arrivé, avec sept collaborateurs. Et a ensuite accepté de prendre ma défense. "

Précautions oratoires

Etrange duo. M. Tapie, pour une fois, paraît respecter son conseil. Use de précautions oratoires. Goûte le franc-parler de Me Gaillard. S'émerveille de ses méthodes. A l'anglo-saxonne, Emmanuel Gaillard a profité des énormes ressources de son cabinet d'avocats. A mobilisé une équipe d'avocats, puis a passé un temps fou à expertiser les cartons de documents saisis au siège du CDR, l'organisme chargé d'apurer le passif du Crédit lyonnais.

C'est ainsi qu'il a mis la main sur un document, signé par un banquier mandaté par le Crédit lyonnais et daté du 1er février 1993, qu'il juge essentiel, car à même de prouver que la banque a sciemment trompé son client, Bernard Tapie. Selon Me Gaillard, cette note démontrerait que, " dès le départ, la banque avait imaginé de capter la plus-value résultant de la mise en Bourse d'Adidas à un montant qui pouvait atteindre 11 milliards de francs - 2,09 milliards d'euros - ". Or, M. Tapie avait revendu Adidas à un pool d'actionnaires pour " seulement " 318 millions d'euros, en février 1993. Le camp Tapie estime ainsi que l'établissement bancaire a pu capter 470 millions d'euros de plus-value lors de la revente d'Adidas, au détriment de son client.

Une thèse vivement contestée par Me William Bourdon, qui représente les intérêts de l'Etat : " Nous restons confiants quant à l'issue positive de la procédure tant les preuves de l'énorme boniment d'origine sont accablantes, c'est-à-dire la créance inventée de M. Tapie sur le Crédit lyonnais. "

Reste que les pouvoirs publics semblent gênés aux entournures par cette nouvelle initiative de M. Tapie. Tout comme Bercy paraît s'être éloigné du dossier. Ainsi, la restitution des sommes données indûment à M. Tapie n'a jamais été réclamée, comme le permettait pourtant l'arrêt de février 2015 de la cour d'appel.

L'Etat semble même hésiter à utiliser une autre carte. En effet, Me Gaillard, en expert incontesté de l'arbitrage, avait rendu, le 3 juin 2011, à Christine Lagarde, alors ministre de l'économie de M. Sarkozy, une consultation sur… l'arbitrage Tapie. Il s'agissait pour Mme Lagarde, alors en partance pour le Fonds monétaire international, de justifier sa décision de ne pas intenter de recours contre l'arbitrage. Me Gaillard avait eu accès à bon nombre de documents, déjà, et avait conclu en ces termes : " Le recours à l'arbitrage était parfaitement légal (…). Le recours en annulation était voué à l'échec " – ce qui n'a pas empêché Mme Lagarde d'être, depuis, mise en examen pour " négligence ".

Cependant n'y aurait-il pas là un éventuel conflit d'intérêts à soulever ? " Je ne vois pas où se situe le conflit d'intérêts, rétorque Me Gaillard. J'étais saisi en ma qualité de professeur de droit spécialisé en droit de l'arbitrage, je n'intervenais au bénéfice d'aucune des parties à l'arbitrage, et je ne prenais pas parti sur le fond du dossier. "

Bernard Tapie s'apprête à passer ses vacances à Saint-Tropez. Avec le sourire, et plus que jamais l'envie d'en découdre.

Gérard Davet, et Fabrice Lhomme

Un document favorable à M. Tapie

Le document date du 11 juillet 2004, et le camp Tapie s'est fait un malin plaisir de l'exhumer des archives judiciaires. A l'époque, l'actuelle patronne du parquet national financier, Eliane Houlette, est substitut général au service commercial du parquet général de la cour d'appel de Paris. Sollicitée par sa hiérarchie, elle donne son opinion sur l'intérêt d'une médiation entre le Crédit lyonnais et Bernard Tapie, en des termes très favorables à l'homme d'affaires : " En droit, la position de la SDBO - Crédit lyonnais - présente une fragilité certaine : elle ne paraît pas avoir respecté son devoir de loyauté et de transparence à l'égard de son mandant - Bernard Tapie - , ce qui est susceptible d'engager sa responsabilité. (…) C'est par ailleurs le Crédit lyonnais qui a entièrement financé l'acquisition d'Adidas par M. Louis-Dreyfus, en ayant recours à une opération de portage, par le biais de plusieurs sociétés. " Soit exactement les arguments avancés aujourd'hui par M. Tapie…

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Octobre 2015

Ne pas prendre la Grèce comme un porte-monnaie sur pattes

La Grèce a fait des erreurs dans la gestion de ses finances publiques : c'est vrai. Mais ce n'est pas une raison pour l'étrangler à ce point et l'humilier. Un peuple humilié peut se révolter car il n'a plus rien à perdre : il s'agit de ne pas oublier ces préceptes.

Qu'on puisse instaurer l'austérité en Grèce se conçoit pour qu'elle assainisse ses dépenses : ceci dit, toute chose à ses limites et l'Europe, par les préceptes qu'elle a imposé à la Grèce à touché à ses limites. La Grèce doit rembourser ce qu'elle a emprunter. Même si c'est à taux zéro, elle doit rembourser, mais quand on assassine un pays, on empêche qu'il puisse rembourser quoi que ce soit : c'est la raison pour laquelle trop d'austérité tue l'austérité.

Le problème c'est que cette austérité a touché en priorité le peuple : la baisse du salaire minimum est une très mauvaise chose car c'est une mesure oh combien humiliante. Il aurait mieux valu toucher les plus hauts revenus : c'est cela qu'il faut faire pour endiguer la crise de ce pays, c'est aux plus hauts revenus à payer d'avantage que les plus bas revenus...

L'austérité a donc touché ses limites : il faut donc inciter la Grèce à rembourser ses dettes mais ne pas l'asphyxier car quand on asphyxie, on tue, et un mort ne rembourse jamais ses dettes...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Juillet 2015

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La plus longue cure d'austérité de la zone euro
En Grèce, la rigueur a été aussi brutale que dans les autres pays, mais n'a pas réussi à relancer l'économie

La dette n'est pas la seule pomme de discorde entre Athènes et les autres pays européens. Il y a aussi l'austérité. Celle que les Grecs ont rejetée lors du référendum du 5 juillet. Celle, surtout, que le pays a appliquée depuis 2010. " Mon pays est devenu un laboratoire de l'austérité et l'expérience a échoué ", a déclaré, mercredi 8 juillet, Alexis Tsipras, le premier ministre grec, devant le Parlement européen.

Du côté des pays baltes, l'argument passe mal. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie se sont infligé une violente cure de rigueur avant d'entrer dans l'euro, respectivement en 2011, 2014 et 2015. Pourquoi Athènes refuserait-elle de fournir les mêmes efforts ? Sans parler de l'Irlande et du Portugal, également passés sous assistance européenne, et de l'Espagne, agacés à l'idée que le pays de Tsipras se voit accorder des faveurs auxquelles ils n'ont pas eu droit…

Qui a fait le plus de sacrifices ? La réponse est moins simple qu'il n'y paraît. Elle exige de passer en revue une multitude de critères parfois très subjectifs. Ceux-ci dressent un tableau bien plus nuancé que les jugements à l'emporte-pièce énoncés sur le sujet ne le laissent croire.

Tous ces pays ont en commun d'avoir enregistré une terrible récession pendant la crise : le produit intérieur brut (PIB) des pays baltes a reculé de 15 % en 2009, celui de l'Irlande de 6,4 %, de l'Espagne de 3,6 %, du Portugal de 3 %, tandis que celui de la Grèce a plongé de 8,9 % en 2010. Ils ont ensuite entamé des cures de rigueur pour redresser leurs finances publiques. " Les mesures qu'ils ont appliquées ont beaucoup d'éléments en commun ", souligne Céline Antonin, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). A savoir baisse des salaires, coupes dans les dépenses, recul de l'âge de départ en retraite…

" Ajustement colossal "

Résultat : entre 2009 et 2014, le déficit public grec est passé de - 15,2 % à - 2,7 %, ce qui représente un effort de 12,5 points de PIB. " Il s'agit d'un ajustement colossal ", commente Ludovic Subran, chef économiste d'Euler Hermes. Sur la même période, l'Espagne a concédé un effort de 5,1 points, la Lituanie de 8,6 points, la Lettonie de 6,1 points et l'Estonie, de 2,3 points. Si l'on s'intéresse au seul déficit structurel, c'est-à-dire en éliminant les effets de la conjoncture, la Grèce a là aussi procédé à l'ajustement le plus brutal.

L'analyse se révèle plus délicate en matière de dépenses publiques. A première vue, le pays qui s'est le plus serré la ceinture est l'Irlande, en ramenant les siennes de 47,6 % du PIB en 2009 à 36,1 % aujourd'hui, soit 11,5 points d'effort. Mais la Grèce suit de près avec 9,7 points d'ajustement (- 53,9 % à 44,2 %), comme la Lituanie (43,7 % à 34,1 %, soit 9,6 points), puis la Lettonie (43,4 % à 36,4 %, soit 7 points).

" Mais attention : ces chiffres ne reflètent pas les véritables efforts de la Grèce, car sur la même période, son PIB a baissé de 25 %, un triste record ", prévient M. Subran. En valeur, la Grèce a en effet réduit ses dépenses publiques de… 47 milliards d'euros, contre 10 milliards en Irlande et 12,8 milliards en Lituanie.

Après le choc de 2009, les pays baltes ont tranché net dans les salaires et la fonction publique. En Lettonie, le nombre d'agents publics a fondu de 20 % et leurs salaires de 25 %, tout comme en Lituanie. Le traitement des fonctionnaires espagnols a baissé de 5 % en 2010 avant d'être gelé, comme au Portugal, qui a supprimé le treizième mois. La Grèce est le seul pays européen à avoir baissé son salaire minimum (de 680 à 586 euros). Et les rémunérations ont chuté de près de 25 % dans le privé. " La Grèce est également l'un des pays qui a le plus assoupli son marché de l'emploi ", commente Mme Antonin. Entre 2009 et 2014, les coûts du travail unitaire réel, corrigé de l'inflation, ont ainsi baissé de 9 % en Grèce, selon M. Subran. C'est moins qu'en Lituanie (- 10 %), mais plus qu'en Irlande et Portugal (- 8 %), Espagne (- 7 %), Lettonie (- 6 %) et Estonie (- 3 %).

Athènes fait bien partie des pays qui ont le plus fait de sacrifices depuis 2009. Comment expliquer, dès lors, l'agacement des Lituaniens ou des Espagnols ? Cela tient peut-être au calendrier. " La Grèce est en austérité permanente depuis 2009 alors que les autres ont levé le pied plus vite, en particulier les pays baltes, et surtout, ont renoué avec la croissance ", souligne M. Subran. " Nous avons fait autant d'efforts que les Grecs, mais concentrés en une seule année ", constate Zygimantas Mauricas, économiste à la banque Nordea, à Vilnius. D'où le sentiment que l'austérité y a été plus profonde.

Après une brutale saignée, les économies baltes ont retrouvé une croissance solide. Le PIB estonien a ainsi rebondi de 8,3 % en 2011, et le Lituanien, de 6,1 %. L'Irlande elle aussi a renoué avec la croissance en 2014 (4,8 %), comme l'Espagne (+ 1,4 %) et le Portugal (+ 0,9 %). Après une timide éclaircie mi-2014, la Grèce a quant à elle replongé en récession. " On touche ici à la spécificité grecque : l'austérité n'a produit aucun effet positif sur l'économie, alors qu'ailleurs, elle a permis aux exportations de rebondir ", résume Patrick Artus, chef économiste de Natixis.

Délabré et asphyxié par le manque de liquidité, le tissu industriel grec n'a pas profité de la baisse des coûts du travail pour augmenter ses ventes à l'étranger. " La leçon à en tirer est que la Grèce n'a pas besoin de plus d'austérité : cela ne fonctionne pas ", ajoute M. Artus. Comme nombre d'économistes, il juge que la priorité devrait être les réformes structurelles à même de renforcer l'économie, comme la lutte contre les rentes et les mesures favorisant l'investissement.

Marie Charrel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Octobre 2015

Quand la SNCF continue de creuser sa tombe...

Je ne comprends pas comment ce moyen de transport rapide et écologique merveilleux qu'est le train, peut être confronté à de telles difficultés.

D'abord, je ne comprends pas comment la Loi Macron peut donner une libéralisation aux cars, alors même que les intercités sont en déficit. A l'heure de la prise en compte de nos difficultés écologiques, la priorité était-elle de donner du poids aux cars alors que les trains souffrent de sous-investissement chronique ?

Notre gouvernement est champion du Monde pour faire en sorte de faire mourir des moyens de transport qui ne demandent qu'à vivre ! Comment a-t-on pu enterrer aussi rapidement l'écotaxe ?

Le grand responsable dans cette affaire, c'est bien évidemment la SNCF qui s'est trop longtemps reposé sur les TGVs et a oublié d'investir dans les intercités.

Il est vrai que la SNCF est la pire entreprise de France en matière de compétence. Quand elle entrera en concurrence, elle sera entraînée dans la même spirale que la SNCM avec des drames sociaux incommensurables.

Le PDG, M. Guillaume Pépy est un incompétent notoire qui aurait du être viré suite au drame de Brétigny. Il est toujours là.

Ce n'est donc pas un hasard si un tel moyen de transport aussi bon marche aussi mal : quand un incompétent gère une bonne entreprise, elle devient mauvaise...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Juillet 2015

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Intercités : l'Etat retarde les décisions difficiles
Cette activité de la SNCF devrait encore perdre 450 millions d'euros en 2015

Il est urgent d'attendre. Cela fait vingt ans que les trains Intercités se détériorent... Et le gouvernement continue à repousser les décisions sur une activité de la SNCF qui perd 340 millions d'euros par an. En 2016, ces trains devraient encore causer 450 millions de pertes au groupe public, selon les calculs de la commission Duron, qui a publié fin mai un rapport sur ce " maillon faible " du système ferroviaire.

Mardi 7 juillet, Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des transports, a tracé la feuille de route " pour un nouvel avenir des trains d'équilibre du territoire (TET) - qui désignent les Intercités - ". Ses prédécesseurs au ministère avaient multiplié les annonces, sans décider quoi ce soit. Plus prudent, M. Vidalies trace une route sans trop s'engager,ce qui va jusqu'à réjouir la CGT mais désespère les observateurs qui souhaitent sauver ce secteur en déshérence.

Concurrencés par le TGV, le covoiturage et bientôt l'autocar longue distance, les Intercités, qui transportent chaque année 100 000 passagers sur 34 lignes, dont un tiers de trains de nuit, sont en sursis. Pour la commission Duron, si rien n'est fait – un renouvellement du matériel, un redéploiement de l'offre voire une expérimentation de la concurrence pour baisser les coûts d'exploitation des lignes –, ces trains sont condamnés. M. Vidalies a annoncé le déblocage d'un budget de 1,5 milliard d'euros pour renouveler une partie du parc vieillissant (31,5 ans d'âge moyen) des Intercités. Cela s'ajoute à une première commande de 34 rames pour 510 millions d'euros confiée en 2013 à Alstom. Le nouvel appel d'offres doit être organisé d'ici à la fin de l'année.

" D'ici à 2025, tous les trains de ces lignes seront renouvelés ", assure le ministre. L'horizon est lointain et le gouvernement ne dit pas comment l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), en charge de cet achat, paiera ces trains. En enterrant l'écotaxe en 2014, l'agence a perdu une ressource importante.

Parallèlement, dans le cadre des contrats de plan Etat-régions 2015-2020, le gouvernement a rappelé que 2 milliards d'euros allaient être concentrés sur l'amélioration du réseau existant, emprunté exclusivement par les Intercités et les TER.

Concernant l'évolution de l'offre de trains, M. Vidalies n'entend pas pour l'instant tailler dans le vif. A l'approche des élections régionales, en décembre, et des élections professionelles à la SNCF, il n'est pas question de heurter les exécutifs régionaux, presque tous de gauche aujourd'hui, et de donner des armes aux syndicats les plus revendicatifs.

" La concurrence, un horizon "

Le gouvernement est néanmoins conscient que des fermetures de lignes sont inévitables, notamment pour les trains de nuit, qui devraient tous disparaître à terme, sauf le Paris-Rodez et le Paris-Briançon.

Il fera tout pour repousser le plus longtemps ces décisions impopulaires. A la SNCF de se débrouiller dans l'intervalle avec les pertes. C'est le préfet François Philizot qui va plancher avec les régions sur l'évolution de l'offre de TET, le transfert de certaines lignes aux régions, le renforcement de l'offre ou la fermeture de certains trajets.

La philosophie de sa mission est simple : si les régions veulent sauver les lignes les plus déficitaires, elles le pourront en participant à leur financement… Pour faciliter le dialogue, M. Vidalies créé un conseil consultatif pour les TET réunissant notamment l'Etat, les régions, des parlementaires et des usagers.

Enfin, le ministre a confirmé la création d'une autorité organisatrice des TET. Cette instance, qui manquait cruellement jusqu'à présent, va négocier avec la SNCF une convention d'exploitation pour les années 2016-2020. A aucun moment, M. Vidalies n'a évoqué les efforts que la SNCF devra faire pour améliorer ses coûts d'exploitation. Il s'est contenté de lui demander une politique commerciale dynamique.

Cette décision enterre de fait toute expérimentation de la concurrence sur ces lignes avant 2020. " La concurrence n'est pas un choix, mais un horizon, rappelle M. Vidalies. Si l'on se précipite sur ce sujet, on risque l'échec. "

Pour l'Association française du rail (AFRA), qui rassemble les opérateurs concurrents potentiels de la SNCF (Transdev, Deutsche Bahn, etc.), c'est encore une occasion perdue de démontrer qu'il est possible d'exploiter des trains de manière moins cher que la SNCF. L'AFRA regrette que " les mesures annoncées ne garantissent pas le maintien des TET et par conséquent la continuité du service public ferroviaire sur l'ensemble du territoire ".

Philippe Jacqué

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Octobre 2015

La justice doit aller au bout de sa logique en donnant des amendes à la hauteur de la faute commise !

Bouygues a été condamnée, mais l'amende n'est très clairement pas au niveau de la faute commise. Ainsi, elle pourra continuer à s'affranchir des règles élémentaires régissant le Code du travail puisque elle n'aura pas été punie pour sa faute, ou, ce qui revient au même, pas suffisamment.

A quoi cela a-t-il donc servi de mener une enquête pendant 3 ans, si c'est pour rendre un verdict aussi clément ? Les juges ont fait montre d'une extraordinaire lâcheté dans cette affaire ! Le chantage à l'emploi a joué à plein dans ce jugement car Bouygues aurait du licencier son personnel si elle avait été trop condamnée : en effet, une amende supérieure à 30 000 euros l'aurait évincée des marchés publics.

Cependant, cette excuse ne tient pas : les salariés licenciés auraient pu être embauchés par des entreprises concurrentes de Bouygues qui, elles respectent les règles du jeu !

Cette lâcheté, cette pleutrerie aigüe de nos juges qui sont censés servir le citoyen ne sert personne ! Cette incompétence pousse à la la faute et est un blanc-seing à des pratiques honteuses ! Le judiciaire se rend complice de ces fautes par cette lâcheté ! Ce tribunal, par la justice pourrie qu'il rend, avalisant des faits par lâcheté ne mérite pas son titre, ces juges ne méritent pas la robe qu'ils portent !

Une honte pour l'intérêt général, assurément, une honte d'une justice qui se dit rendre ses actes au "nom du peuple Français"...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Juillet 2015

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Droit du travail et chantage à l'emploi

On peut juger le code du travail trop lourd et vouloir le simplifier, mais on ne peut s'affranchir impunément de ses règles. Il en est ainsi pour les travailleurs détachés de l'étranger employés par des entreprises françaises. Pour leur salaire et leur durée de travail, ils sont soumis au droit du travail français, mais leurs employeurs sont exonérés de cotisations sociales, qui restent dues dans leur pays d'origine. C'est donc une main-d'œuvre bon marché : le travailleur détaché coûte 30 % moins cher.

Pour avoir eu " recours aux services d'une entreprise pratiquant le travail dissimulé, prêt illicite de main-d'œuvre et marchandage ", en employant, entre 2008 et 2011, 163 salariés polonais et 297 Roumains sans couverture sociale et médicale sur le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, le groupe Bouygues Travaux publics a été condamné, mardi 7 juillet, par le tribunal correctionnel de Cherbourg à 25 000 euros d'amende. Une pichenette.

Cette décision de justice, au terme d'une enquête de trois ans, est l'épilogue du plus important procès jamais tenu en France sur l'emploi de travailleurs détachés. Bouygues avait fait appel à plusieurs sous-traitants comme l'agence d'intérim Atlanco, d'origine irlandaise et basée à Chypre, qui fait l'objet de multiples poursuites et dont la justice a perdu la trace, et le groupe roumain Elco Construct. Avec Bouygues, ce sont au total cinq sociétés qui sont condamnées à des amendes oscillant entre 5 000 et 70 000 euros. Le groupe de BTP, affirmant ne pas être au courant de la situation anormale de ses sous-traitants, a fait appel.

La clémence des juges de Cherbourg est d'autant plus étonnante que les pouvoirs publics ont récemment décidé de renforcer les sanctions contre le travail illégal. Fin 2013, la France avait été en pointe pour obtenir de l'Union européenne un meilleur encadrement de l'emploi de travailleurs détachés, en introduisant la responsabilité du donneur d'ordre en cas de fraude par un prestataire. Si l'emploi de travailleurs détachés - on en comptait sur notre sol 230 000 en 2014, dont 37 % dans le BTP, contre 7 500 en 2000 - est légal, une partie d'entre eux bascule dans le travail illégal. C'est contre cette fraude au détachement que le gouvernement entend lutter. Pour Manuel Valls, " une réaction forte et rapide s'impose " face à des entreprises qui " s'affranchissent des règles pour employer des salariés venus de toute l'Europe, dans des conditions parfois inacceptables ". La loi Macron va porter l'amende maximale pour fraude au détachement de 150 000 euros aujourd'hui à 500 000.

Mais le respect du droit du travail est bien fragile quand il fait l'objet d'un chantage à l'emploi. A Cherbourg, le procureur avait requis une amende de 150 000 euros, qui, finalement, a été six fois moindre. Pourquoi un tel écart ? Une amende supérieure à 30 000 euros aurait entraîné l'exclusion automatique de Bouygues de l'accès aux marchés publics. En d'autres termes, une condamnation à la hauteur de ce que prévoit la législation actuelle se serait traduite par un cortège de licenciements. Cet argument massue de l'emploi a été admis par l'avocat de la CGT, partie civile, même si des militants du syndicat se sont insurgés contre cette clémence. Si la lutte contre le travail illégal s'arrête dès que l'emploi légal est en péril, de telles pratiques abusives ont encore de beaux jours devant elles.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Octobre 2015

Entre le prof et l'élève, le plus immature n'est pas toujours celui que l'on croit...

Madame Najat Vallaud-Belkacem a mis en place une réforme du collège. Le syndicat SNPDEN-Unsa la juge inacceptable. Cette réforme irait-elle à l'encontre de l'intérêt suprême, par définition, de l'élève ?

Et bien non ! C'est parce que la réforme va à l'encontre, selon ce syndicat, de "l'autonomie et la responsabilité supplémentaires accordées aux établissements et à leurs chefs" !

On assiste donc à une petite guéguerre intestine entre les profs et les chefs d'établissement, ce qui fait que certains soutiennent la réforme et pas les autres...

Et moi qui croyais naïvement que chefs d'établissement et profs avaient comme ligne de conduite de privilégier l'intérêt de l'élève, car, après tout, ils sont payés pour ça et rien que pour ça !

Au lieu de ça, on assiste incrédules à un petit conflit larvé de défense de ses petits intérêts propres : c'est bien simple, on se croirait dans une cour d'école avec une immaturité au niveau d'élèves de CM1 qui se battraient pour savoir à qui appartient telle ou telle carte Pokemon !

Profs, chefs d'établissements, un peu de tenue voyons ! La France vous regarde et constate que le boulot d'éducation de nos enfants n'est toujours pas fait !

Le système coûte trop cher, a des résultats médiocres et est profondément inégalitaire, mais pendant ce temps là on se chamaille car une réforme donne plus de pouvoirs aux chefs d'établissement pour mener à bien des réformes. Après tout, si un chef d'établissement a des prérogatives de chef, n'est-ce pas normal ? D'un autre côté quand un chef d'établissement met en place des programmes sans l'assentiment des profs, ceci ne conduit-il pas à l'échec ?

Ce point dans la réforme de notre ministre est un détail, c'est un point d'une importance négligeable et cela ne mérite nullement autant de raffut... Il est temps que chaque camp en prenne conscience et s'attèle à la tâche pour résorber les véritables maux de notre Education Nationale en abandonnant définitivement toute tentative de privilégier ses intérêts propres !

Profs et chefs d'établissement : redevenez adultes et remémorez-vous que vous êtes là pour la défense de vos élèves !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Juillet 2015

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Les chefs d'établissement marchandent leur soutien

Après les politiques et les intellectuels, les académiciens et une partie des syndicats enseignants, la réforme du collège risque de rencontrer de nouveaux adversaires. Le SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissement, a prévenu la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, lundi 6 juillet, qu'il " décidera s'il continue d'apporter son soutien à la réforme du collège lors de sa conférence nationale " en septembre. Cause de cette menace à peine voilée : la circulaire d'application de la réforme publiée au Bulletin officiel le 2 juillet. Ce mode d'emploi du nouveau " collège 2016 " est jugé " inacceptable " par le SNPDEN-Unsa.

" Par l'interprétation qu'elle apporte ", elle " vide de son contenu la principale raison pour laquelle - le syndicat - a apporté son appui à la réforme du collège " précisent les chefs d'établissement. C'est, selon eux, le cœur même de la réforme qui est remis en cause dans la circulaire d'application : l'autonomie et la responsabilité supplémentaires accordées aux établissements et à leurs chefs.

" Lobby disciplinaire "

La réforme prévoit en effet que les collèges puissent utiliser, comme ils le souhaitent, 20 % de leur emploi du temps sur du travail en petits groupes, de l'accompagnement personnalisé, ou pour les nouveaux " enseignements pratiques interdisciplinaires " (EPI). C'est d'ailleurs cette liberté accordée aux chefs d'établissement, considérés par certains comme les grands " gagnants " de cette réforme, qui fait craindre à ses détracteurs de les voir se transformer en " petits chefs ". Et qui a mis dans la rue 24 % des enseignants le 19 mai, selon le ministère, et moitié moins lors de la journée de grève nationale du 11 juin.

Sauf que la circulaire, en fléchant fortement quel usage doit être fait des heures dévolues aux groupes à effectifs réduit, " empiète systématiquement sur les compétences dévolues par le code de l'éducation aux instances de l'établissement ", juge le SNPDEN.

Le SNPDEN regrette aussi que la circulaire " se mêle de fixer comment les élèves doivent être répartis dans les classes ", alors même que le code de l'éducation stipule queles collèges disposent d'une autonomie qui porte sur les modalités de répartition des élèves.

" Soit on nous confie plus de responsabilités et on nous laisse ensuite travailler, soit le ministère fait tout et il n'a donc pas à nous demander notre avis ", s'agace Philippe Tournier, le secrétaire général du syndicat, qui indique toutefois qu'il ne s'agit pas pour le SNPDEN " de devenir un adversaire de la réforme ".

Du côté du ministère on confirme bien que l'écriture de la circulaire " vise évidemment à rassurer ceux qui pouvaient être inquiets " mais sans remettre en cause la " plus grande autonomie " portée par la réforme.

" A trop vouloir rassurer ceux qui ont peur, on prend le risque de démotiver ceux qui y croient et qui ont envie ", commente Frédéric Sève, du SGEN-CFDT, l'un des deux syndicats enseignants favorables à la réforme. Il s'agit maintenant de " trouver le bon point d'équilibre, ajoute Christian Chevalier, du SE-UNSA, afin de rassurer d'un côté les enseignants, de l'autre les chefs d'établissement ".

Séverin Graveleau

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Publié le 5 Octobre 2015

Je ne comprends rien aux Etats-Unis

Voila un type qui a une arme, qui dézingue des noirs dans une Eglise. Dans un pays intelligent, on pourrait se dire qu'il faut interdire la vente d'armes en vente libre pour éviter ce genre de catastrophe qui a une facheuse tendance à se reproduire...

Et bien, pas aux States ! Là-bas, quand un malade mental dézingue des blacks par racisme primaire, on interdit... les drapeaux !

Décidément, la connerie humaine est sans limite... et la lâcheté aussi...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Juillet 2015

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états-Unis
La Caroline du Sud retire le drapeau confédéré

Le Sénat de l'Etat de Caroline du Sud, aux Etats-Unis, a voté lundi 6 juillet le retrait du drapeau confédéré du toit du Parlement local, par une majorité de 37 voix contre 3. Ce drapeau est considéré comme un symbole raciste par les militants des droits civiques. Il fait l'objet d'une vive controverse depuis le massacre de neuf Noirs dans une église de Charleston (Caroline du Sud), le 17 juin, par Dylann Roof, un militant suprémaciste blanc revendiquant cet emblème. – (AFP.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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