Publié le 31 Décembre 2013

Dieudonne.pngPetit rappel concernant M. Dieudonné : en novembre 2013, la Cour d'appel de Paris a condamné ce Monsieur à 28000 Euros d'amende pour provocation à la haine et à la discrimination raciale. Depuis 2000, c'est sa 7e condamnation pour les mêmes faits.

Ainsi donc, quand ce Monsieur invente un geste "anti-système", on peut avoir un peu de jugeote, un peu de réflexion, et on n'est pas obligé de le reprendre sans réfléchir. D'autant plus que, lorsque l'on gratte un peu, le système, pour ce Monsieur, est la main mise sioniste sur la société.

Pour le reste, je préfère laisser parler M. Carre-Pierrat qui a eu le don, par cet article, de parfaitement résumer les choses.

Il est tiré du site du nouvel observateur.

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Dieudonné et sa "quenelle" : lettre à mes amis (encore) fans de l'humoriste
Publié le 28-12-2013 à 16h48 - Modifié le 30-12-2013 à 14h50

Par Thomas Carre-Pierrat
Auteur

Vous êtes encore quelques-uns, dans mon entourage, à vouloir rigoler des blagues de Dieudonné. Pendant longtemps, il fut l’un de nos comiques préférés, pour ne pas dire le premier. Il était assurément l’humoriste le plus doué de sa génération ; un comédien génial et un auteur d’exception.
Comme vous, je suis encore capable de réciter certains de ses sketchs par cœur. Mais voilà, cela fait un moment que "Dieudo", comme vous l'appelez encore, ne me fait plus marrer. En fait, j’ai décroché le jour où j’ai compris qu'il se moquait ouvertement de nous.

Dieudonné a basculé dans la mouvance d'extrême droite

Malheureusement, Dieudonné n’est plus un provocateur, un type subversif qui utilisent l’humour pour taper où cela fait mal. Il est devenu un homme politique qui se sert de ses spectacles pour diffuser des idées qui nous ulcèrent par ailleurs.

Dans un souci de cohérence, j’ai dû arrêter de le soutenir car je ne pouvais plus cautionner un mec qui traîne dans la nébuleuse de l’extrême droite et fréquente des hauts responsables du Front national, ce parti contre lequel nous avons si souvent usé nos souliers.

Essayez de répondre franchement et de manière convaincante aux questions suivantes : comment peut-on apprécier un type qui était venu consoler Jean-Marie Le Pen après sa défaite à la présidentielle en 2007 ? A-t-on envie de s’asseoir sur les bancs de son théâtre qui a servi de salle de formation pour des militants du Front National ? Est-il vraiment drôle et subversif de choisir Jean-Marie Le Pen pour être le parrain de sa fille ? Auriez-vous envie comme Dieudonné, d’aller boire des coups avec Serge Ayoub, l’un des leaders des skinheads français, après la mort du militant antifasciste Clément Méric ?

La vérité est tristement factuelle. Dieudonné est aujourd’hui un militant d’extrême droite. Cela ne signifie pas que vous l’êtes également. Mais, lorsque vous regardez ses spectacles, un certain nombre de vos voisins viennent précisément pour cette raison.

Car eux, ont bien compris que Dieudonné ne blaguait pas sur les juifs comme il est capable de le faire avec les musulmans, les catholiques ou les bouddhistes. Ils savent que Dieudonné est passé, au fil du temps, d’antisioniste à antisémite. Il fait partie de ces gens qui croient réellement en l’existence d’un lobby juif dont nous serions les frêles marionnettes.

Un humoriste qui vous coupe l'appétit

Le seul trait de génie dont on peut encore créditer Dieudonné, est précisément de s’appuyer sur cette ambiguïté entre l’humoriste et le politique pour faire passer un message purement et banalement antisémite. En cela, et pour le paraphraser, Dieudonné est la branche comique de l’extrême droite.

Je préfère le répéter une nouvelle fois ; cela ne signifie pas, chers amis, que vous seriez également d’extrême droite, de la même manière que bien des "quenelles" n’ont aucun soubassement antisémite.

Mais, en participant à cela, vous cautionnez son combat nauséabond et vous faites prospérer la boutique de Dieudonné et de ses nouveaux camarades.

Comment peut-on critiquer, à juste titre, les hommes politiques qui stigmatisent les étrangers, les musulmans ou les Roms pour chasser sur les terres du FN et continuer d’applaudir un mec qui mange déjà à la table des Le Pen ? Personnellement, cela me coupe définitivement l'appétit.

Le "système" n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain

En réalité, Dieudonné vous a fait cocu avec l’extrême-droite et vous continuez à fermer les yeux parce que vous aimez son image de rebelle, pourfendeur du "système". Désolé de vous décevoir là-aussi, mais Dieudonné n’est qu’un rebelle de supermarché, un provocateur de bac à sable.

Franchement, peut-on se présenter comme un adversaire du "système" et se faire prendre en photo avec des Yannick Noah, Tony Parker ou Mamadou Sakho, c’est-à-dire des millionnaires, purs produits du système et dont la conscience politique est comparable à l’érudition de Nabila.

Si vous souhaitez éveiller vos consciences, ou lutter contre l’ordre établi, je vous recommande plutôt de lire des livres de Noam Chomsky ou Naomi Klein. Leurs œuvres sont moins drôles, mais légèrement plus pertinentes et argumentés que les saillies inutiles de Dieudonné.

Le "système" n’est pas l’ennemi de Dieudonné mais son gagne-pain. Dans la plus pure tradition de l’extrême droite, il joue sur les peurs et les indignations de son public en lui livrant un bouc-émissaire éternel, le prétendu lobby juif. En plus d’avoir perdu son sens de l’humour, Dieudonné est un piètre penseur sans idée et dont l’idéologie ne procède que d’un délire paranoïaque.

Il faut tourner définitivement la page

L’humoriste Dieudonné est malheureusement mort et il faut être capable d’en faire son deuil. Comme tous les grands, il est irremplaçable. Sa pathétique réincarnation qui s’agite au Théâtre de la Main d’or est épouvantable. Malgré les légères ressemblances, il est vain de vouloir le défendre. Il n’y a plus rien à faire si ce n’est tourner définitivement la page.

Plus que d’éventuelles interdictions des pouvoirs publics ou de sanctions judiciaires qui le maintiendraient confortablement dans sa position de victime, Dieudonné doit être condamné par son public.

Chers amis, en cette fin d’année, prenez une bonne résolution : cessez de rire aux sketches de ce personnage car, à chacun de vos applaudissements, derrière la scène, c’est l’extrême droite qui se frotte les mains.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Décembre 2013

35hJe ne comprends pas cette réforme. On avait une situation où l'on avait des semaines de classe de 4.5j. Sarkozy, l'a réduite à 4j. Maintenant que l'on repasse à 4.5j, ça revient plus cher aux communes qu'avant la réforme de Sarkozy, car il faut organiser les activités extra-scolaires.

J'ai une simple question : pourquoi ce ne sont pas les profs qui s'y collent ? Ils ont gagné 0.5j dans la semaine avec la réforme, donc, ils peuvent la dépenser à faire des activités extra-scolaires non ? Pourquoi dans notre pays, on est tout le temps en train de raser gratis mais que l'on ne revient jamais sur les réformes quand on a vu qu'elles étaient mauvaises ?

Si le prof n'est pas content de travailler 0.5j de plus dans la semaine, il y a des tas de jobs ailleurs que dans la fonction publique pour qu'il y exerce ses talents...

Bref, je ne comprends pas, ou plutôt, je comprends que c'est encore le contribuable lambda qui passe à la caisse pour que le prof continue à travailler de moins en moins... Et pendant ce temps, le militaire est obligé de dépenser ses 2500Euros pour se payer lui même son matos pour ne pas se faire dé-zinguer sur le théâtre des opérations... Notre pays ne va pas très bien ou c'est moi qui ne comprends rien ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Août 2013

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La réforme des rythmes scolaires se met en place en ordre dispersé
L'organisation du temps de classe et des activités périscolaires varie selon les communes

C'est " le " sujet dont tous les parents d'élèves parlent à cinq jours de la rentrée ; un sujet qui a éclipsé bien d'autres aspects de la " refondation de l'école " voulue par le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon. Dans les quelque 4 000 communes qui ont choisi de revenir, dès 2013, à la semaine de 4,5 jours d'école - la majorité préférant attendre 2014 -, l'épineuse réforme des rythmes scolaires se fait en ordre dispersé. C'était l'une des craintes mises en avant au plus fort de la contestation, début 2013. C'est aussi ce qu'a souligné, le 27 août, le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, en présentant les remontées du terrain de 2 000 écoles.

" Que ce soit en termes d'organisation du temps scolaire, de contenu des activités périscolaires, de leur encadrement ou de leur coût, la diversité prévaut dans la mise en oeuvre de la réforme ", affirme Sébastien Sihr, secrétaire général de ce syndicat. Une diversité qui rime parfois avec inégalités. Alors qu'à Paris, les 137 000 écoliers ploient un peu sous l'offre - 7 700 ateliers proposés, les mardis et vendredis, dans 662 écoles -, d'autres enfants devront se contenter de peu, selon le SNUipp-FSU, qui a déjà recensé une vingtaine de communes où ce sera " garderie tous les soirs ".

La diversité prévaut aussi dans les emplois du temps. La Rue de Grenelle avait fixé le cadre général, limitant les journées de classe à 5 h 30, en contrepartie du retour au mercredi matin travaillé - ou au samedi, sur dérogation. Et laissant chaque commune organiser la journée (et la semaine) de classe en y intégrant trois heures hebdomadaires de périscolaire. Schéma le plus fréquent (43 % des écoles) : une fin de la classe à 15 h 45 quatre jours par semaine. Le modèle dit " parisien ", avec des activités concentrées sur deux journées, n'a inspiré que 10 % des écoles. Dans 5 % d'entre elles, la cloche sonnera à 15 h 30, d'autres ont choisi d'allonger la pause déjeuner...

Une fois réglée la question du " quand ", reste celle du " où ". Autrement dit, des infrastructures. A Temple-de-Bretagne (Loire-Atlantique), 1 800 habitants, on s'apprête à jongler entre les emplois du temps des classes de maternelle et d'élémentaire pour pallier l'insuffisance de locaux. " Nous allons organiser un roulement entre les classes chaque soir, faute de place pour proposer des activités à 300 enfants en groupes restreints, explique Mathilde Levesque, secrétaire générale de cette mairie socialiste. Pendant que les plus petits suivront un atelier dans une salle, les grands joueront dans la cour ; ce sera l'inverse après la Toussaint. "

Pas de modèle unique non plus dans le recrutement des encadrants. Tandis que les grandes villes peuvent puiser dans le vivier associatif à leur disposition, à l'instar de Paris qui travaillera, entre autres, avec plus de 800 associations, certaines communes rurales se sentent à la traîne. " Quand on veut animer un atelier pointu, initiation à la photographie par exemple, on ne peut pas se passer des associations, note Mathilde Levesque, de Temple-de-Bretagne, or elles ont un tarif horaire élevé ". " Sans ville étudiante à proximité, il est plus difficile de trouver des animateurs ", ajoute Jacques Pouget, maire socialiste de Lalbenque (Lot), 1 600 habitants.

Drom (Ain) ou Cosse-en-Champagne (Marne) font partie des municipalités s'appuyant sur des bénévoles ou des retraités pour animer des ateliers. Idem à Bonnat (Creuse), 1 300 habitants, où l'offre périscolaire se fera un peu " à la carte ", reconnaît le maire (PS) Georges Guêtre : " Des bénévoles, un pêcheur du village par exemple, viendront ponctuellement présenter leurs talents, mais rien de régulier, c'est une année d'essai ; le reste du temps, ce sera jeux de société. " A Limogne-en-Quercy (Lot), 800 habitants, on mise sur des " jeux sportifs ", comme la balle aux prisonniers. " Je n'ai pas les diplômes requis pour encadrer du football ou du rugby ", confie un animateur.

La gratuité des activités, un temps évoquée Rue de Grenelle, souffre de quelques exceptions. Le syndicat de professeurs des écoles distingue des tarifs alignés sur le quotient familial, d'autres " au forfait ". A Lumbin (Isère), la mairie a choisi la première option : la facture adressée aux familles variera de 10 à 90 centimes d'euro de l'heure pour les ateliers. " C'est moins que la garderie, qui coûte de 90 centimes à 1,80 euro, souligne l'adjoint au maire M. Trumaut. En faisant payer une somme modique, nous voulons valoriser ces activités. "

En déplacement dans la banlieue de Lyon ce mardi, Vincent Peillon a promis " une révolution douce " qui va réduire les inégalités et permettre d'avoir des enfants " plus épanouis ". Côté enseignants, on demeure prudent. " L'heure n'est pas encore au bilan qualitatif ", reconnaît Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, ajoutant : " Le ministre a fait de l'offre périscolaire la vitrine de la réforme des rythmes. Aujourd'hui, elle en est le talon d'Achille. "
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Mattea Battaglia et Claire Estagnasié

    4 000 communes concernées dès la rentrée 2013

    Des disparités 4 000 communes reviennent à la semaine de 4,5 jours en septembre, sur les 24 000 possédant au moins une école, soit 22 % des élèves du public. Si aucun écolier ne change de rythmes dans le Val-de-Marne, moins de 1 % dans les Bouches-du-Rhône, ils seront 98 % à le faire en Ariège.

    250 millions d'euros, constituant un " fonds d'amorçage ", serviront à aider les communes qui franchissent le pas dès 2013. Elles perçoivent 50 euros par élève, 90 euros dans les zones en difficulté. S'y ajoute une prestation versée par les caisses d'allocations familiales, de 53 euros par an et par enfant. Le taux d'encadrement est d'un animateur pour 14 enfants en maternelle et d'un pour 18 en école élémentaire.

    49 % des Français estiment aujourd'hui que la réforme est " une bonne chose ", selon un sondage Harris Interactive pour le SNUipp-FSU, publié le 28 août. Ils étaient, en août 2012, près de 70 %.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Décembre 2013

editorialEncore une fois, nos politiques en exercice, auront montré leur incompétence. On fait une réforme où on augmente le coût des cotisations patronales mais on n'explique en rien comment on va baisser le coût du travail. Combien même on le ferait, où est la logique de donner d'une main ce que l'on reprend de l'autre ?

On fait aussi participer les salariés et les retraités, mais on oublie joyeusement de faire participer les destinataires des plus grosses inégalités que sont les salariés du public et les destinataires des régimes spéciaux !

La peine est double pour le contribuable lambda : en plus de se voir augmenter sa facture, il continue, toujours et toujours à financer les salariés du public et les destinataires des régimes spéciaux !

Car salariés du public et salariés des régimes spéciaux sont largement subventionnés par l'Etat, in fine, par les véritables contributeurs de la richesse de l'Etat ! Bien entendu, les fonctionnaires ont leur utilité, mais ils doivent se voir attribuer des mêmes droits et devoirs que les autres salariés, c'est une simple question d'égalité.

Quand l'égalité n'est pas préservée par nos politiques, ceux-ci peuvent être traités d'incompétents.

M. Hollande est-il incompétent ? Je crois que la démonstration vient d'être faite.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Août 2013

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ÉDITORIAL
Une réforme des retraites habile, trop habile

Dimanche 25 août, Jean-Marc Ayrault avait posé la question devant les militants socialistes réunis à La Rochelle : " Est-ce qu'une réforme courageuse doit être punitive ? Si on ne saigne pas les gens à blanc, cela veut-il dire qu'il n'y a pas de réforme ? " C'était, en creux, définir sa philosophie et sa méthode, qui est aussi celle du chef de l'Etat : concertation, équilibre et prudence.

Deux jours plus tard, le premier ministre en a fait la démonstration sur l'un des dossiers réputés les plus explosifs de la rentrée : la réforme des retraites. Ou, plus exactement et modestement, le renflouement du régime général de retraite, celui qui finance les pensions des salariés du secteur privé et que la réforme adoptée par le gouvernement Fillon en 2010 n'a pas permis d'équilibrer durablement : chacun s'accorde, au moins, sur le constat qu'il manquera, en 2020, quelque 7,6 milliards d'euros dans ses caisses.

Pour y parvenir, le gouvernement propose un cocktail de mesures soigneusement dosées. La base est une hausse progressive des cotisations sociales (0,3 point d'ici à 2017), répartie à égalité entre les salariés et les entreprises. S'y ajoute une mise à contribution, non négligeable, des retraités actuels. Comme annoncé, salariés du privé, entreprises et retraités sont donc invités à mettre la main à la poche dans des proportions comparables.

Le gouvernement complète la recette avec une série de dispositions destinées à corriger des injustices particulières du système actuel, esquivées lors de la réforme de 2010 : en faveur des femmes, des jeunes, des salariés qui ont eu des carrières heurtées ou à temps partiel, ou encore pour ceux qui ont exercé des métiers pénibles.

Touche finale, enfin : s'il refuse de retarder l'âge légal de départ en retraite, le gouvernement prolonge, jusqu'en 2035, l'allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension à taux plein. Et valide donc le partage, à l'oeuvre depuis dix ans, des gains d'espérance de vie entre le temps passé au travail (deux tiers) et la retraite (un tiers).

M. Ayrault peut donc se flatter d'engager une réforme " équitable ". Il peut espérer éviter une levée de boucliers générale à l'automne. Tout indique, cependant, que cette réforme ne sera pas plus " durable " que les précédentes.

D'une part, elle ne traite qu'un tiers seulement du problème global de financement des retraites. Comme toujours depuis vingt ans, le déficit du régime des fonctionnaires et des régimes spéciaux (8 milliards d'euros au bas mot) est passé par profits et pertes. En clair, il continuera à creuser celui de l'Etat. Quant au déficit des régimes de retraites complémentaires (de l'ordre de 5 milliards à l'horizon 2020), les partenaires sociaux qui les gèrent sont invités à s'en débrouiller. D'autre part, tout l'échafaudage repose sur des prévisions de croissance, d'emploi et de niveau de cotisations dont chacun sait qu'elles sont pour le moins optimistes.

Tout indique donc que cette réforme ne sera pas la dernière. Et que de lourds problèmes sont, une nouvelle fois, occultés. Pour les affronter sérieusement, il faudra plus que de l'habileté : de l'audace.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Décembre 2013

1336126214KalachC'est une honte de ce qui se passe dans notre armée : nos hommes sont obligés de payer sur leur propre solde des éléments indispensables à leur mission ! Non, leur équipement ne relève pas du confort ! Quand on a un sac de couchage qui n'est pas assez chaud, on n'est pas en forme pour pouvoir affronter un combat d'égal à égal et on met sa vie en danger !

Il est honteux qu'un militaire doive payer 2500 Euros pour s'acheter un équipement indispensable à sa mission !

Pendant ce temps là, nos fonctionnaires, confortablement assis à leur bureau, font leurs 35h hebdomadaires et ne se posent pas de question quant à savoir si leur faible équipement va leur sauver la vie ou non !

Il faut donc de la priorité à l'affectation de nos moyens financiers : si on a une armée, il faut l'équiper en conséquence. Si on ne le fait pas, on est des amateurs.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Août 2013

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Armée : 2 500 euros pour s'équiper convenablement

A la caisse du surplus militaire Doursoux, dans le 15e arrondissement de Paris, un sous-officier d'un régiment parachutiste en partance pour Gao, au Mali, vide un drôle de panier de courses : un gilet et une tenue de combat, des chaussures de randonnée, un sac à dos, un sac de couchage bivouac, une sangle et une poignée de fusil d'assaut Famas, des sous-vêtements isolants, des lunettes antibalistiques, des genouillères, un sac d'hydratation et un chèche militaire. Total de l'addition : 2 225 euros.

Ces dépenses permettront notamment à ce sous-officier de remplacer son sac à dos de dotation trop lourd, la toile de son gilet réglementaire qui casse facilement et sèche mal, ou encore sa gourde officielle, dont le joint - véritable nid à bactéries - transmet toutes formes de maladies. " La République est censée nous offrir tout le nécessaire pour nous équiper mais, dans les faits, elle va au moins cher, déplore ce soldat. Au final, c'est nous qui payons. "

Au surplus Doursoux, à deux pas de la gare Montparnasse, des dizaines de soldats de l'armée française viennent ainsi chaque semaine dépenser une partie de leur solde pour compléter ou remplacer l'équipement que leur fournit l'état-major.

Le règlement militaire interdit tout achat individuel, mais une bonne partie des troupes ne se satisfait pas du matériel de dotation, souvent jugé dépassé ou inadapté aux missions.

" Absolument tous les soldats français améliorent leur barda dans des surplus, assure Rémy César, gérant de l'établissement et lui-même ancien militaire. Même le plus fauché viendra nous acheter un sac de couchage digne de ce nom pour remplacer le sac bas de gamme officiel dans lequel aucun homme normalement constitué ne peut trouver le sommeil en cas de température négative. "

Acquérir un attirail militaire de qualité coûte cher. Un soldat qui s'apprête à partir en opération extérieure dépense en moyenne 2 500 euros de sa poche pour s'équiper correctement. Un chiffre qui surprend au ministère de la défense, même si celui-ci admet les achats individuels.

Gel des dépenses

" L'équipement militaire de dotation est optimum et adapté à tous les théâtres, assure le lieutenant-colonel Pierre-Yves Sarzaud, chef de la cellule média du Sirpa Terre, qui souligne les nettes améliorations de la qualité de l'équipement depuis l'engagement en Afghanistan. Il est ensuite du ressort de chaque soldat de s'acheter ou non du matériel de confort. "

Cette personnalisation de l'équipement ne pose selon lui pas de problème : " Le droit international indique qu'un soldat est reconnaissable de par sa tenue. Par conséquent, les chefs de corps tolèrent les équipements de confort tant que ceux-ci restent discrets et ne trahissent pas l'allure de la tenue de combat officielle ", indique Pierre-Yves Sarzaud.

La marge de tolérance varie donc en fonction de l'appréciation de chacun des chefs d'unité. Mais le gel des dépenses de défense décidé par le gouvernement pour 2014 risque d'inciter les militaires français à dépenser encore un peu plus leur solde dans les quelque cent douze surplus que compte le pays.

Fabien Fougère

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Décembre 2013

joyeux-noelJe vous souhaite un joyeux Noël

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Candidature

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Publié le 24 Décembre 2013

La décentralisation rend service à beaucoup, mais pas à l'intérêt général.

En multipliant les élus locaux, les prérogatives souvent redondantes, elles sont considérées comme étant la source de l'augmentation sans fin des fonctionnaires locaux et du mille-feuille administratif. Quand Mme Lebranchu veut réformer ce mode de fonctionnement, elle trouve forcément des freins car cela ne fait pas plaisir à certains de voir leur statut d'élus remis en cause, ainsi que de voir partir une partie des fonctionnaires.

La décentralisation ne rend pas service au peuple car elle représente un surcoût que l'on ne peut plus se permettre avec la situation financière que vit la France actuellement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Juin 2013

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Le chemin de croix de Marylise Lebranchu
Une réforme a minima de la décentralisation a été adoptée par le Sénat

C'est la ministre " punching ball ", celle sur laquelle " les élus sont autorisés à tirer ", concède un conseiller gouvernemental. Marylise Lebranchu, routière expérimentée des traverses gouvernementales, ministre de la réforme de l'Etat et de la décentralisation, prend des coups. Elle a sauvé ce qui pouvait l'être de la première partie du projet de loi décentralisation, adopté, jeudi 6 juin, par le Sénat. Mais si la création des métropoles lyonnaises et marseillaises a été validée, le Grand Paris est passé à la trappe, tout comme le nouveau schéma de gouvernance des territoires.

Les coups les plus appuyés sont venus de sa famille. Dès le 30 mai, jour de l'ouverture de l'examen de la loi, dans la salle de conférence du Sénat, Roland Povinelli (PS, Bouches-du-Rhône) dit son indignation à l'encontre du projet. " On veut nous tuer ", lance le bouillant septuagénaire avant de passer aux menaces : " Je vais mettre le feu ! " Et d'appeler au départ du gouvernement de Mme Lebranchu. Ambiance.

La fronde des élus socialistes, la ministre de la réforme de l'Etat s'y frotte depuis que le président Hollande lui a confié la mission d'alléger le mille-feuille de la fonction publique territoriale, de rationaliser les compétences croisées des collectivités. Mot d'ordre de l'Elysée : " écarter les superpositions, les enchevêtrements... " Ancienne vice-présidente de la région Bretagne, fine connaisseuse du dédale des institutions locales et de leur conservatisme, Marylise Lebranchu avait a priori tout pour être la femme de la situation. Lorsqu'elle accepte le ministère, elle a un plan : faire vite, avec un texte court, qui pose un cadre pour un nouvel acte de décentralisation. Cela " sans entrer dans les détails des compétences pour ne pas fâcher les lobbies d'élus ", explique alors son entourage.

Mais la méthode n'est pas compatible avec celle de l'Elysée. " Il a fallu d'abord écouter tous les partis ", rend compte sobrement Anne-Marie Escoffier, ministre chargée de la décentralisation. " François Hollande a géré le projet selon sa méthode habituelle : il reçoit et assure de son soutien chacun des protagonistes et puis, fouette cocher !, on verra bien ce qui se passera ", illustre le socialiste Jean-Pierre Balligand, président de l'Institut de la décentralisation.

La ministre se conforme à la ligne présidentielle et consulte tous azimuts. Mais, de consultation en consultation, le climat s'envenime, chaque représentant de collectivités s'agaçant de ne pas obtenir de réponse positive à ses doléances. Le projet de la ministre, c'est " un vaste foirail ", lui lance Michelle Vauzelle, président PS de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur. " De la bouillie ", insiste Alain Rousset, président PS de l'Association des régions de France. Au Sénat, le projet n'est pas mieux reçu. Un texte " flou, lourd, confus ", cingle Jean-Pierre Sueur (PS, Loiret).

" Marylise paie pour tout le monde ", estime Claudy Lebreton, président de l'Assemblée des départements de France. " Elle assume les arbitrages de Matignon et des ministères de l'économie, du logement, des transports qui se sont discrètement glissés dans le projet de loi pour faire passer ce qui les encombrait en la laissant seule au front face aux élus ", liste l'élu breton.

Quant aux associations d'élus, " il leur faut trouver un bouc émissaire à leur propre échec puisqu'ils ne sont pas parvenus à s'entendre après des mois de concertation ", analyse Olivier Dussopt, député PS (Ardèche) et rapporteur du texte à l'Assemblée. Le projet de loi dépecé passera à l'Assemblée en juillet. " Il faut changer de méthode ", tonne Jean-Marie Le Guen, député PS (Paris). " Après l'étape du compromis, il faut trancher. Marylise Lebranchu est un poids moyen ", ajoute-t-il, laissant entendre que pour gagner ce combat, c'est un poids lourd qu'il faudrait placer sur le ring. Mme Lebranchu continue d'encaisser les coups. Mais étale désormais ses doutes : " J'ai comme une impression de solitude. "

Eric Nunès
 

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Décembre 2013

2826be1dIl n'y a aucune raison pour qu'artisans et auto-entrepreneurs se fassent la guerre, car leur domaine d'activité n'est pas le même. Entre un artisan qui va gagner 2000Euros / mois et un auto-entrepreneur, issu quelques fois de la SNCF, l'entreprise ferroviaire laissant (...beaucoup...) de jours de congé à son personnel, il y a un gouffre.

Gouffre réglementaire tout d'abord : si un chantier impose des normes avec formations indispensables en désamiantage, en sécurité électriques et assurances décénales, l'auto-entrepreneur ne pourra y avoir accès. Inversement, il n'y a pas besoin de faire appel à un artisan (qui ne voudra pas nécessairement le marché d'ailleurs, car trop petit) pour redisposer un meuble de cuisine, remplacer un robinet ou réparer une chasse d'eau.

Bref, à chacun son marché : à l'artisan, les gros chantiers aux prérogatives réglementaires indispensables, à l'auto-entrepreneur, les menus travaux réalisés en deux heures maximum.

Il devra en revenir à la loi de définir les domaines d'activité, précis, alloués à une catégorie ou à l'autre afin que la guéguerre intestine entre artisans et auto-entrepreneurs cessent et que l'on favorise la notion de travail dans notre pays. En effet, notre pays souffre en ceci qu'il ne travaille pas assez : les 35h doivent déjà être réformées car, à elles seules, elles sont déjà un motif de concurrence vis à vis des artisans. Car nombreux sont les cas de salariés SNCF et autres branches de la fonction publique, travaillant au black ou en tant qu'auto-entrepreneurs afin d'arrondir leur fin de mois, alors que l'entreprise SNCF (en y incluant bien entendu RFF) est déjà déficitaire et bénéficie déjà largement des subsides de l'Etat, in fine, de l'argent public.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Août 2013

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" La concurrence que nous faisons aux artisans est dérisoire "

Questions à François Hurel, président de l'Union des autoentrepreneurs

Que pensez-vous du projet de loi qui va modifier le statut des autoentrepreneurs ?

YSi le seuil de chiffre d'affaires à partir duquel l'autoentrepreneur intégrera le droit commun - qu'ilsoit fixé par voie réglementaire ou législative - durcit le régime actuel, j'y serai opposé. Ce texte vise à briser un régime qui fonctionne bien en lui imposant une durée déterminée de deux ans. Le système actuel a démontré qu'il fonctionne parce qu'il est simple et accessible à tous. La création, par le gouvernement, de la commission confiée au député Laurent Grandguillaume, est un signal fort, positif, mais ce n'est pas un résultat. Il devra mettre autour d'une table tous les acteurs, pour discuter ensemble de la question des seuils.

Pourquoi les artisans sont-ils opposés au régime actuel ?

Il faut engager une vraie discussion, en finir avec cette tension extrême qui s'apparente à du poujadisme. Pour tondre une pelouse ou changer une ampoule, le consommateur s'y retrouve en faisant appel à un autoentrepreneur. Pour refaire un tableau électrique, il aura, en revanche, besoin d'un électricien, diplômé, assuré. Or, la concurrence que nous faisons aux artisans est dérisoire, selon le rapport de l'inspection générale des affaires sociales et de l'inspection générale des finances.

Que préconisez-vous ?

Il faut opérer une distinction claire entre les métiers des artisans et les activités des autoentrepreneurs. Plusieurs pistes de réflexion pourraient être explorées : arriver à une analogie des régimes, séparer les activités réservées à l'un et à l'autre, modifier le statut des artisans... Cette loi est focalisée sur les artisans, alors que seuls 25 % des autoentrepreneurs ont des activités à la frontière de celles des artisans. Ce qui revient à pénaliser 75 % des autoentrepreneurs, ceux qui travaillent dans le conseil, l'informatique... Leurs activités risquent d'être bridées.

Propos recueillis par N. V.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Décembre 2013

ddrm cruas01Le nucléaire est accusé de tous les maux. C'est vrai que ce n'est pas la situation de Fukushima qui va redorer son blason : le nucléaire est une filière qui respecte assez bien la planète en ce qui concerne les rejets de CO2 et son impact climatique par l'effet de serre. Par contre, le nucléaire, en tout cas celui basé sur l'Uranium, est particulièrement dangereux et néfaste.

A-t-on le choix ? En matière énergétique, deux composantes sont mures techniquement et économiquement parlant : le nucléaire et le charbon.

Si on réduit le nucléaire, il faut compenser par le charbon et vice-versa.

En Allemagne, on a réduit la part du nucléaire. Résultat, avec une taxe carbone au plus bas, on assiste à une relance généralisée de la filière charbon, et, avec elle, des catastrophes écologiques graves par des fermetures de villages entiers pour relancer l'exploitation de charbon.

Il faut donc continuer à réfléchir et ne pas s'orienter vers des solutions qui seraient pires que le mal. On sait que les exploitants de la filière nucléaire n'ont pas été parfaits, et loin s'en faut, au Japon. Mais ce n'est pas une raison pour jeter bébé avec l'eau du bain et se rapprocher du filière très polluante comme l'est le charbon.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Août 2013

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REPORTAGE
Les effets pervers des choix énergétiques allemands

Des villages vont être rasés pour laisser place à de nouvelles mines de charbon, un combustible très polluant

C'est un des effets pervers de la transition énergétique allemande. L'arrêt progressif des centrales nucléaires, associé à la faiblesse actuelle des prix sur le marché des émissions de CO2, a conduit à un renouveau inattendu de l'énergie la plus polluante qui soit : le charbon.

Présent en grande quantité dans le sous-sol allemand, il permet aux grands électriciens du pays de produire de l'électricité à moindre coût. Mais son extraction, dans des mines à ciel ouvert, a des conséquences radicales sur l'environnement. Des dizaines de villages doivent être rayés de la carte.

C'est le cas d'Immerath (Rhénanie-du-Nord-Whestphalie), un village rural planté entre Düsseldorf et la frontière néerlandaise. Dans les rues silencieuses, les boîtes aux lettres ont été bâillonnées. A l'école fermée, les fenêtres arborent de vieux dessins d'enfants décolorés, qui sourient aux passants venus en pèlerinage. Parce que son sous-sol regorge de lignite, une variété de charbon au pouvoir calorifique faible - il contient un grand pourcentage d'eau -, Immerath est condamné, comme les villages voisins. Au plus tard en 2017, les bulldozers raseront le pays. Leur succéderont les excavatrices géantes de la mine de Garzweiler, exploitée par le groupe électricien RWE pour alimenter ses centrales thermiques.

" J'ai encore du mal à y croire ", soupire Marlies Bereit, présidente de l'association chargée de la paroisse du village. Jeudi 15 août, cinq bénévoles se sont rassemblés pour évoquer trente ans de lutte avec les bourgs alentour contre l'avancée des excavatrices. Les yeux humides, Marlies présente les richesses de l'église de style néoromantique condamnée : le maître-autel richement décoré, les vitraux, le tympan sculpté. Une église si grande qu'elle est surnommée dans la région la " cathédrale d'Immerath ".

Inaugurée en 1891, l'église est classée monument historique. Un statut inopérant contre la loi générale des mines de 1937, toujours en vigueur. A l'époque, le parti nazi au pouvoir avait fait de l'indépendance énergétique une priorité nationale. Près de quatre-vingts ans plus tard, l'exploitation du charbon prime toujours sur le droit à la propriété et au respect du domicile, sur la protection du patrimoine et de l'environnement.

Car l'Allemagne, malgré l'essor des énergies renouvelables, est encore largement dépendante du minerai noir dans sa production d'énergie : 45 % de l'électricité allemande est toujours issue du charbon, dont 26 % avec le seul lignite. En 2012, la production des centrales à lignite a augmenté de 4 %, à 150 milliards de kilowattheures. Dans le même temps, les émissions allemandes de CO2 ont, elles, progressé de 2 %.

L'effondrement des prix sur le marché du carbone - que les industriels sont obligés d'acheter pour compenser leurs émissions polluantes - a rendu la production d'électricité à partir de centrales à charbon particulièrement rentable. RWE, premier électricien allemand, profite à plein de l'aubaine : 50 % de son électricité produite en 2012 provenaient de ses centrales à charbon, en nette hausse par rapport à l'année précédente.

Aux accusations de pollueur, RWE rétorque n'avoir guère le choix. La décision politique, en 2011, d'arrêter les réacteurs nucléaires les plus anciens du pays a privé le groupe d'un outil de production très rentable. Comme ses concurrents E.ON, Vattenfall et EnBW, RWE a dû revoir en urgence son modèle économique. Les trois centrales à charbon qui fument autour d'Immerath tournent actuellement à plein régime.

A quelques kilomètres du village fantôme, la gigantesque tranchée minière de Garzweiler fend la campagne. Du point de vue aménagé par RWE, on peut admirer le paysage lunaire, qui s'étend sur 66 km2. Au fond, sept excavatrices géantes creusent la terre à un rythme 350 000 mètres cubes par jour. Garzweiler II, l'extension de la mine démarrée en 2006, recèle 1,3 milliard de tonnes de minerai. " Une réserve d'énergie pour trente ans ", vantent les panneaux d'information.

" L'âme du village disparaît "

Une énergie trop peu efficace au regard des dégâts sur l'environnement, a jugé l'institut économique de Berlin DIW en avril 2013. Les centrales à charbon, non flexibles, sont inadaptées pour jouer le rôle de relais de la production fluctuante des énergies renouvelables. La combustion du lignite dégage du dioxyde de carbone et des particules fines, du dioxyde de soufre ou de l'oxyde d'azote.

Le plan d'élargissement de la mine de Garzweiler II court jusqu'en 2045. Les douze villages placés sur la zone d'exploitation seront rasés, 7 600 habitants seront relogés. En 2045, le trou laissé par les excavatrices sera replanté ou transformé en lac.

A Neu-Immerath, " Immerath-le-neuf ", les paroissiens devront se contenter d'une chapelle. Les rues portent le même nom qu'à Immerath l'ancien, mais le tout ressemble davantage à un lotissement de banlieue qu'à un village de campagne. Seuls 55 % des habitants expropriés ont, pour l'instant, choisi de s'y installer. " La vie de voisinage est brisée, c'est l'âme du village qui disparaît ", résume Günter Salentin, l'ancien curé de la paroisse.

Les Geiser, les derniers agriculteurs d'Immerath, se demandent combien ils obtiendront pour leurs terres et leur belle ferme en briques. " La terre, ici, est excellente. Nous y cultivons des pommes de terre depuis des générations. Nous avons peu d'espoir de retrouver l'équivalent ailleurs ", explique Mme Geiser, entourée de sa mère et de sa fille. Elles ont remarqué des changements dans l'écosystème avec l'avancée de la mine : les bêtes sauvages ont perdu leurs refuges habituels, la flore est perturbée par l'assèchement des nappes phréatiques. " C'est une expulsion, pure et simple ", tranche la fermière.

Dirk Jansen, directeur de la section locale de l'association écologiste BUND, garde un espoir de freiner les excavatrices. Avec un habitant d'Immerath, il a déposé une plainte devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg), jugée recevable.

Une audience a eu lieu en juin. " L'intérêt que porte la Cour à ce problème est encourageant. Si les juges décidaient que la loi de 1937 n'était pas indispensable pour la politique énergétique du pays, cela pourrait bouleverser les pratiques minières ", veut croire le militant écologiste. Le jugement est attendu dans les prochains mois. Trop tard, en tout cas, pour Immerath et sa " cathédrale ".

Cécile Boutelet

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Décembre 2013

2826be1dLes exonérations fiscales ne privilégient pas l'intérêt général. En quoi une personne qui gagnerait correctement sa vie serait exonérée par des heures supplémentaires alors qu'un travailleur pauvre ne le serait pas à son niveau ?

Comme toujours, on oppose à de réels problèmes de mauvaises solutions, mauvaises solutions qui vont alimenter un mille-feuille légal où tout le monde s'y perd, et, en premier lieu l'intérêt général.

D'ailleurs, on voit bien qu'il y a une catégorie de population que l'on veut choyer : celle des professeurs qui sont largement bénéficiaires d'heures supplémentaires. Ceci est une aberration sans nom ! Un professeur est un cadre et le cadre, dans le privé, est au forfait jour (son temps de travail est défini en nombre de jours dans l'année, et non en nombre d'heures dans la semaine).

On l'aura compris : le cadre de la fonction publique qu'est le professeur voit ses avantages augmentés par l'intermédiaire de ses heures supplémentaires, ce, sur l'argent public. Le professeur travaille déjà beaucoup moins qu'un salarié lambda (70 jours de congés payés) dont le travail à domicile ne compense nullement ce nombre extravagant de jours vaqués car leur nombre d'heures devant la classe est largement inférieur aux 35h hebdomadaires du salarié lambda. Quand on pense donc qu'il bénéficie d'heures sup' et qu'en plus ce sont ses enfants qui ont les meilleurs résultats scolaires (...dû en grande partie à la disponibilité du professeur), on se dit réellement que notre pays marche sur la tête !

A quand la remise en cause de ces passe-droit ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Août 2013

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Heures sup : des élus PS jettent un pavé dans la mare

Thierry Mandon et Laurent Grandguillaume proposent de revoir le dispositif pour les salaires modestes

Un an après la loi du 16 août 2012 supprimant les exonérations fiscales et sociales dont bénéficiaient les heures supplémentaires depuis 2007, le sujet refait débat dans les rangs du PS. Non pas sur l'opportunité de la mesure, intégrée dans la première loi de finances rectificative, élaborée par la nouvelle majorité après l'élection de François Hollande, mais sur l'évaluation de son impact pour les salariés les plus modestes.

Dans un billet mis en ligne sur son blog, mardi 20 août, Thierry Mandon, député (PS) de l'Essonne et porte-parole du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, estime qu'" il appartient aux parlementaires de faire le bilan, en s'assurant que, pour les heures vraiment exceptionnelles et faiblement rémunérées, car réalisées par des salariés modestes, cette mesure n'aura pas eu un impact sur leur pouvoir d'achat ". La veille, sur Europe 1, il allait jusqu'à suggérer que le dispositif, tel qu'il avait été conçu, avait peut-être été une " erreur ". " Peut-être qu'on a été trop rapide et global sur cette mesure ", admet M. Mandon, joint par Le Monde. Il précise : " C'est le député de l'Essonne qui parle, pas le porte-parole du groupe, même si nous avons déjà eu l'occasion, à plusieurs reprises, d'évoquer ce sujet dans nos réunions. "

Le député ne cache pas que ce retour critique tient, pour beaucoup, aux " remontées de terrain ". " J'ai été saisi de plusieurs cas, des salariés vraiment modestes pour qui une demi-heure ou une heure supplémentaire hebdomadaire est une bouée indispensable, qui découvrent avoir été pénalisés par un surcroît d'impôt, voire par un changement de tranche, relève M. Mandon. La mesure que nous avons prise se justifiait et se justifie toujours, mais ses impacts sociaux méritent d'être regardés de près. " D'autant que, pour les enseignants, qui fournissent au PS un fort contingent électoral, les " heures sup'" avaient constitué un coup de pouce non négligeable

" Comme Thierry Mandon, je pense qu'il faut revenir sur la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires en ciblant la mesure ", a relayé sur son compte Twitter Laurent Grandguillaume, député (PS) de la Côte-d'Or. " Quand on prend des mesures, même si on a pris des engagements, on peut aussi s'interroger et en mesurer les effets ", indique le jeune député, fidèle soutien du chef de l'Etat.

Pour ces parlementaires qui n'ont rien de trublions au sein de la majorité, il est inenvisageable de remettre en question l'ensemble du dispositif. La mesure phare adoptée au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la loi du 21 août 2007 sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), a eu un coût en année pleine de plus de 3,6 milliards d'euros - en privant les régimes sociaux d'environ 3 milliards d'euros - et des effets destructeurs pour l'emploi. Pour les entreprises, les exonérations liées aux heures supplémentaires ont constitué un véritable effet d'aubaine. Le nombre moyen d'heures supplémentaires trimestrielles, de 7 heures au troisième trimestre 2007, est monté jusqu'à 11,3 heures avant de redescendre à 9,7, au premier trimestre 2013.

La suppression de ce dispositif avait été un des premiers gestes forts de la majorité élue en 2012, destiné à rompre avec un symbole du " travailler plus pour gagner plus ". La droite, revenue dans l'opposition, s'était battue avec acharnement contre cette mesure, qu'elle considérait comme une " faute ", promettant à la nouvelle majorité que ce " coup de sabre antisalarial " serait son " boulet ".

Franchise fiscale

Autant dire que procéder, un an après, à un examen de ses effets risque d'attiser de nouveau un débat sensible. Les deux députés souhaitent néanmoins l'aborder en vue du prochain projet de loi de finances (PLF) pour 2014. " On nous demande de réfléchir à des mesures de soutien au pouvoir d'achat dans le prochain PLF, note M. Mandon. Celle-ci pourrait en faire partie. " Il suggère d'introduire une franchise fiscale - de l'ordre de 500 euros - pour les salariés modestes effectuant un nombre limité d'heures supplémentaires. Son coût annuel, estime-t-il, n'excéderait pas 100 millions d'euros.

Pour le député, ce serait " un message aux classes populaires ". D'autant plus indispensable que l'arrivée prochaine des feuilles d'impôt dans les foyers risque de réserver de mauvaises surprises. Les deux députés souhaitent que le débat commence à être mené lors de l'université du PS qui s'ouvre le 22 août à La Rochelle.

Pour l'heure, la question n'est pas d'actualité du côté du ministère de l'économie et des finances. " Par définition, aucun débat n'est tabou, mais on n'en est pas là ", indique le cabinet de Pierre Moscovici. " Je suis quelqu'un qui respecte les parlementaires, je suis pour un dialogue constant avec eux, notamment avec Thierry Mandon, qui est un formidable animateur, a souligné le ministre, interrogé mardi sur France Inter. Mais il faut se souvenir de deux choses. La première, c'est que ce régime d'heures supplémentaires n'a pas créé d'emplois. La deuxième, c'est que ça coûtait extrêmement cher. " Il sera difficile à la majorité d'échapper au débat. " Si nous voulons raccrocher avec les couches populaires, nous devons avoir le courage d'engager cette réflexion et de proposer des mesures concrètes ", plaide M. Mandon.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Décembre 2013

X62GRR0S1 webIl faut vite stopper le laxisme en matière de vols dans nos campagnes : il en va de la légitimité de l'Etat dans ces territoires ! On ne peut, en effet, toujours cautionner ces vols qui mettent en péril les agriculteurs. Ceux-ci ont le droit le plus fondamental de vivre de leur travail. Il est donc hors de question de ne pas prendre en compte leurs plaintes ou de ne rien faire pour connaître les auteurs de ces délits qui embêtent tout le monde.

Il faut donc engager des moyens et changer l'état d'esprit des gendarmes dans ces territoires afin de faire cesser ces pratiques honteuses.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Août 2013

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Les agriculteurs exaspérés et démunis face aux vols sur leurs exploitations

Champs de fruits pillés, gasoil siphonné, piquets en fer arrachés... les paysans se disent impuissants face à ces actes qui seraient plus fréquents

Si cela se trouve, le temps de notre conversation, on m'a démonté un appareil... " Comme ce producteur de maïs de Gironde, les agriculteurs sont plutôt tendus, cet été, persuadés que les vols sur leurs exploitations n'ont jamais été aussi fréquents ni aussi importants. Onze tonnes de pêches ont disparu de deux fermes des Pyrénées-Orientales, six tonnes de blé dans le Vaucluse, six autres dans la Nièvre, durant la seule première quinzaine d'août.

Ni la justice ni la gendarmerie ne disposent de statistiques nationales sur ces larcins agricoles. Mais dans les représentations locales de la FNSEA, le principal syndicat agricole, un même constat revient : depuis quatre ou cinq ans, ces vols prennent de l'ampleur, surtout en périphérie des grandes agglomérations. Les gendarmeries sont mobilisées, les procureurs interpellés, les préfets tiennent réunion... Sans grand effet, semble-t-il. Il y a toujours eu du maraudage dans les campagnes " mais là, c'est puissance dix, témoigne Joël Hospital, président régional (Champagne-Ardenne) de la FNSEA. En juin, nous avons demandé un renforcement des rondes, mais la gendarmerie manque d'effectifs ".

Ses 105 hectares de cultures variées ont été visités quatre fois en deux mois. Il y a quelques jours, les 350 litres du réservoir de son tracteur ont été siphonnés. " On ne peut plus laisser d'engin en plein champ le soir sinon, au matin, il n'y a plus de gasoil. " Qui se vole aussi dans les citernes alimentant les pompes d'irrigation. L'agriculteur a bien tenté de placer des blocs de béton de 300 kg sur sa citerne. " Mais les voleurs viennent avec des barres à mine, et se mettent à quatre ou cinq pour pousser. " Parfois, plutôt que de siphonner, c'est un coup de pioche dans le réservoir du camion. 450 euros de réparation pour 150 euros de gasoil...

Fer et cuivre sont prisés, eux aussi. Des champs disparaissent les câbles électriques en cuivre des travées d'irrigation, les piquets en fer des clôtures ou des vignes, les asperseurs, des morceaux de serre, tout le petit outillage qui a le malheur de traîner. Sans compter les tracteurs, ou leurs batteries, les plants de vignes, les animaux d'élevage, parfois dépecés sur place pour leur viande, les fruits et légumes dont des champs entiers sont pillés le temps d'une nuit. Les camions, les caisses, la main-d'oeuvre pour cueillir, tout est prévu.

Tout cela coûte

" Une gangrène ", résume Hervé Peloffi, éleveur en Ariège et président de la FNSEA Midi-Pyrénées, qui explique combien ces vols incessants usent ses confrères. " On vient saccager un travail déjà pénible et peu rémunérateur. Les gens deviennent fous ! " A mener une vie sur le qui-vive, " où chaque matin on se demande ce que l'on va trouver ", raconte Serge Vialette, céréalier dans l'Aude. Où la charge de travail augmente sans cesse - enterrer les câblages, ramener le tracteur à la ferme ou le cacher loin des routes, faire chaque soir le tour des parcelles isolées, des systèmes d'irrigation... Où l'on se claquemure, creuse des fossés, s'entoure de chiens, s'équipe de portails électriques, de systèmes anti-pompage à codes pour les cuves, de caméras de vidéosurveillance analogiques à infrarouge, vraies ou fausses, de systèmes anti-démarrage et de géolocalisation des tracteurs.

Mais on ne peut clôturer et filmer tous les champs, savent-ils. Et tout cela coûte. Joël Hospital calcule : " A 80 centimes le litre de gasoil, ce sont rapidement 5 000 à 10 000 euros de perte. " Les assurances ne couvrent pas tout (notamment pas les vols en plein champ). On ne les prévient pas forcément, non plus, pour des questions de franchises, ou par crainte qu'elles ne finissent un jour pas refuser d'assurer. De même qu'on ne porte pas toujours plainte. A quoi bon ? Ces délits sont jugés mineurs par la justice. " En un mot, c'est "Débrouillez vous !", pense Yves Aris, producteurs de fruits dans les Pyrénées-Orientales. Je vous défie de trouver une seule condamnation pour vol de produits agricoles ! Les procureurs classent sans suite ou demandent des peines avec sursis. La gendarmerie ne peut pas patrouiller partout. "

Incompréhension. Sentiment d'injustice. Discours sur l'impunité offerte aux malfrats. Sur ces réseaux de revente auxquels les forces de l'ordre ne s'attaquent pas assez : les ferrailleurs et leurs succursales en Espagne, ceux qui pratiquent la vente directe, et auxquels on ne demande pas de prouver leur qualité d'agriculteur... Du coup, des rondes de surveillance nocturne s'organisent dont on ne parle pas trop aux journalistes.

En revanche, on les avertit bien qu'" un jour, ça finira mal ". Parce que les gens n'en peuvent plus, selon Hervé Peloffi : " Récemment un groupe d'agriculteurs qui "tournaient" a pris sur le fait deux Roumains en train de voler des câbles. Ils les ont pourchassés. C'est très dangereux, ils auraient pu avoir des armes et leur régler leur compte. "

Chacun a son histoire d'agriculteur qui a tiré en l'air, ou sur un camion, ou qui a bien failli le faire, et se souvient de ce trufficulteur de la Drôme qui, fin 2010, a abattu un voleur à coups de fusil à pompe. Jean-Louis Dubourg, cultivateur de maïs en Gironde, raconte, placide : " Il y a de plus en plus d'alarmes sur les appareils d'irrigation. Quand elles se déclenchent en pleine nuit, les gars n'y vont pas avec un bâton. " L'ambiance a bien changé dans les campagnes, jadis réputées accueillantes. Quelque chose s'est cassé, regrette Hervé Peloffi. " Le Front national grimpe, chez ces bosseurs qui ne supportent plus le laxisme. " La République, croient-ils, les a abandonnés à leur sort.

Pascale Krémer

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Décembre 2013

debout-condamnes-lump-L-pvltaZJe ne sais pas à quoi sert un politologue. Je ne sais pas non plus la plus-value qu'il peut apporter à la société Française. Je ne sais pas à quoi sert le Cetan. D'ailleurs, j'ai été incapable de retrouver le moindre site Internet ni la moindre information concernant le CETAN, sauf que son directeur est Roland Cayrol... Par contre, je sais que M. Cayrol est au CEVIPOF, organisme public. Bref, la France continue à verser des salaires à des Universitaires dont on a aucune idée de leur utilité et dont leur analyse est largement soumise à caution. Dont acte.

Par contre, je sais que ce Monsieur n'a rien compris à la situation de l'UMP et que ses analyses sont fausses.

Point de départ : l'électorat de gauche, par définition, vote à gauche. L'électorat de droite, par définition aussi, vote à droite. Ainsi, l'électorat de gauche qui vote à droite ne peut le faire que par absence de son candidat de référence, car cet électorat est inamovible, par définition.

Car un électeur de gauche qui vote à droite alors qu'il y a un candidat à gauche, n'est pas un électeur de gauche, car c'est par sa faculté à voter pour son électorat qu'on le définit !

Maintenant, qui fait les élections en France ? C'est le camp des 'pivots', des abstentionnistes réguliers, des indécis, des pragmatiques. Ce sont eux, qui décident de l'issue des élections ! Dans tout le paysage politique, il y a des indéfectibles, mais il y a aussi, et ce sont les plus nombreux, des gens qui vont s'intéresser au nom du candidat, à ses pensées, à son programme, qui vont décider de l'issue finale et qui vont influencer directement l'issue du vote.

C'est la même chose aux Etats-Unis : les élections se faisant par Etats, des Etats bénéficient d'un budget très conséquent pour convaincre l'Etat, alors que d'autres seront totalement délaissés. Ces Etats, on les appelle des 'Swing-States', car ils peuvent faire basculer leur Etat en tant que vote Démocrate ou Républicain.

C'est la même chose en France : c'est ce que l'on peut appeler le 'Swing-Electeur' qui fait les élections.

Revenons-en à nos moutons : notre directeur du Cetan pense qu'il n'y a pas de droit d'inventaire à mener car l'électorat de droite s'en fout. Peut-être. Quid, dans ce cas, du 'Swing-Electeur' ? Lui, lors des dernières élections a délaissé la droite pour se reporter sur Hollande. Tout l'enjeu de la droite consiste à ramener dans son camp cet électeur ! Pour le ramener dans son camp, il faut engager le droit d'inventaire et essayer de convaincre à nouveau cet électorat indispensable pour faire gagner les élections.

C'est en ce sens que ce directeur n'a rien compris et qu'il fait une erreur politique grave en affirmant que la ligne de conduite de la droite n'a pas besoin d'être remise en question. C'est au contraire le seul moyen pour la droite de gagner à nouveau les prochaines échéances électorales.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Août 2013

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QUESTIONS à
" Ce débat est une totale erreur stratégique "

Roland Cayrol, politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse (Cetan)

Pourquoi le droit d'inventaire fait-il quasiment consensus à l'UMP, après avoir été inenvisageable pendant plus d'un an ?

YA l'origine de cette volonté, les ténors de l'UMP se sont demandé : pourquoi a-t-on perdu à la présidentielle ? Comme le débat stratégique sur la pertinence du ton droitier de la campagne n'a jamais été soldé, il reste un vrai " mystère " sur les réelles causes de la défaite. La demande d'inventaire illustre la bataille politique interne mais elle ne résout rien sur le fond. Elle ne répond pas à la question stratégique : l'UMP doit-elle se situer à droite toute, ou se tourner davantage vers l'électorat modéré et centriste, comme dans la plupart des grands pays européens ?

Est-ce que, derrière ce débat, se cache un nouvel épisode de la guerre des chefs à l'UMP ?

Absolument. Il n'y a que des stratégies individuelles derrière la volonté de mener l'inventaire du sarkozysme. Il n'y a pas de demande de l'opinion. La majorité des électeurs de droite ont voté pour Nicolas Sarkozy et n'exigent pas cet examen critique.

Pourquoi autant de ténors appellent cet inventaire de leurs voeux ?

Cela tient à des raisons tactiques. Cela permet de critiquer le quinquennat de Nicolas Sarkozy, en disant en gros : " On aurait pu faire plus et il faudra aller plus loin la prochaine fois. " Beaucoup de ténors UMP pensent que la droite a gardé trop d'héritages de la gauche, comme les 35 heures, sans oser les affronter. D'après eux, il faut être davantage à droite. Pour ne pas froisser des militants restés majoritairement sarkozystes, ils le disent sans épingler la personnalité de Sarkozy.

A l'UMP, certains pensent que le parti ne peut s'exonérer d'un bilan critique du quinquennat de Sarkozy pour être crédible et refonder un projet présidentiel...

Non, ce débat est une totale erreur stratégique car il ne porte pas sur les questions que les électeurs de droite se posent. Le bilan du quinquennat passé ne sera pas le problème des élections municipales, ni des européennes et encore moins de la primaire de 2016 pour la présidentielle. Mais comme la majorité du parti joue la surenchère sur le thème " N'ayons pas peur du droit d'inventaire ", chacun est forcé d'y adhérer. L'essentiel n'est pourtant pas là. Les électeurs de droite veulent savoir si l'UMP sera unie, avec un candidat commun. L'autre question fondamentale sera de savoir ce que propose la droite pour la France dans les cinq années qui viennent.

Quels effets un droit d'inventaire peut-il avoir sur un ancien dirigeant voulant effectuer un retour ?

La situation de Nicolas Sarkozy à l'UMP est inédite et passionnante car, à l'exception de Berlusconi en Italie, dans un régime parlementaire, aucun dirigeant occidental sortant, battu, ne s'est représenté. Ailleurs, il y a comme une évidence : dans le cas d'une défaite, la page est tournée. Immédiatement après, on désigne le nouveau leader qui représentera le parti pour la prochaine élection. Comme on a perdu, le bilan est fait, et l'on passe à autre chose. C'est le cas partout, sauf en France.

S'il veut se représenter, M. Sarkozy peut-il s'exonérer d'un bilan critique de son quinquennat ?

Oui, car il ne s'agit plus de revenir sur le passé. Si son retour reste plus que compliqué, ses tentatives de retour ne doivent pas se situer sur ce terrain de l'inventaire. Il s'agit désormais d'affronter la situation actuelle et de savoir ce qu'il faut proposer pour l'avenir.

Propos recueillis par Al. Le.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Décembre 2013

2826be1dQuand on vous demande ce que vous gagnez par mois, vous donnez le brut ou le net ? Le net bien sûr car c'est lui qui tombe dans votre poche. Pour le chiffre d'affaires (CA) d'une entreprise c'est pareil : le CA est le montant total des ventes et... c'est tout...

En aucune façon la divulgation du CA n'est associée à la bonne santé d'une boite : si vous vendez des Ferrari, en tant que concessionnaire, votre CA sera mirobolant, mais si vous les vendez à perte, votre entreprise ne durera pas 2 ans.

Ainsi, une loi basée sur la notion du chiffre d'affaires ne fait que révéler l'idiotie et l'incompétence de nos politiques. Dans certaines catégories d'activité, le taux de marge brute (différence brute entre les ventes et les achats) peut varier de 2% à plus de 50%. On comprend dès lors que le CA est une notion qui ne veut absolument rien dire.

Cela n'empêche pas nos politiques de l'utiliser car ils comprennent le mot dans leur sens premier : ce qui est dans la poche de l'entrepreneur... ce que le CA n'a jamais été.

Il faut donc renvoyer nos politiques de tous poils sur les bancs de l'école car ils en ont besoin.

Donc, il faut déjà organiser cette réforme à l'aune d'une notion de marge brute, voire de bénéfice, pour savoir réellement ce qui tombe sur le compte en banque de l'investisseur afin de lui appliquer un taux d'impôt en véritable adéquation avec ses gains.

De plus, la notion de respect des normes ne tient pas entre les artisans et les auto-entrepreneurs : si un chantier doit imposer des normes de sécurité et que l'auto-entrepreneur n'a pas ces garanties, il doit être écarté du marché, point.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Août 2013

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Autoentrepreneurs : l'exécutif joue la montre

Le projet de loi, très flou sur le nouveau statut, est présenté en conseil des ministres, mercredi 21 août

Au menu du conseil des ministres de rentrée, mercredi 21 août, figure le projet de loi relatif à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises. S'il traite aussi bien des baux commerciaux que de la promotion de l'artisanat, ce texte est très attendu pour le sort qu'il réserve au régime avantageux des autoentrepreneurs. Ces derniers ne paient de charges qu'à partir du moment où ils réalisent un chiffre d'affaires.

Depuis des mois, ce sujet donne lieu à un bras de fer entre le gouvernement et les représentants des autoentrepreneurs, notamment le mouvement des " poussins ". Les pouvoirs publics ne font pas mystère de leur volonté de réformer ce statut très favorable qui placerait une partie des autoentrepreneurs dans une situation de concurrence déloyale par rapport aux artisans.

En vigueur depuis 2009, ce statut permet de créer de façon simple et rapide une entreprise et compte actuellement 900 000 adeptes. Un peu moins de la moitié sont économiquement actifs et seulement 6,1 % déclarent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 30 000 euros.

La réforme, telle qu'elle avait été présentée le 12 juin, prévoyait qu'un autoentrepreneur qui, durant deux années consécutives, réaliserait un chiffre d'affaires supérieur à 19 000 euros dans les services ou 47 500 dans le commerce (contre 32 600 et 81 500 aujourd'hui) serait contraint de sortir de ce régime fiscal avantageux pour rejoindre le droit commun.

L'article 12 du projet de loi présenté mercredi entretient toutefois le flou. S'il maintient l'idée d'une sortie du régime en cas de dépassement d'un niveau de chiffre d'affaires, le texte reste muet sur le niveau de ces seuils. Ils seront fixés par décret ultérieurement.

Statuts valables pour tous

L'entourage de la ministre de l'artisanat et du commerce, Sylvia Pinel, précise que " rien n'est changé par rapport à la version du 12 juin ". Le gouvernement prendra en compte les résultats de la commission de travail sur l'entreprenariat individuel, confiée au député PS de Côte-d'Or, Laurent Grandguillaume. " L'idéal serait que nous ayons terminé nos travaux, qui démarrent fin septembre, avant la fin de l'examen du texte par le Parlement ", assure M. Grandguillaume, dont l'objectif est de " sortir de l'opposition entre autoentrepreneurs et artisans ". Il s'agirait, selon lui, de parvenir à des pistes de simplification des statuts valables pour tous.

Le député de la Côte-d'Or évoque la possibilité de simplifier les régimes fiscaux et sociaux actuels des artisans, ce qui aurait pour principal avantage de lever les réticences des autoentrepreneurs au moment de basculer de leur régime dérogatoire vers le droit commun. La problématique de ce débat, pour l'instant mal engagé entre les entrepreneurs et le gouvernement, serait alors inversée.

Les autoentrepreneurs redoutent le pire si les seuils - le nerf de leur guerre - sont fixés par décret. Adrien Sergent, initiateur des " poussins ", dénonce " la manoeuvre du gouvernement pour passer en force, par décret, car beaucoup de parlementaires, de droite comme de gauche, ne sont pas d'accord avec la limitation du régime dans le temps et dans le chiffre d'affaires ".

M. Sergent craint que le projet de loi soit validé " avant les conclusions de la commission Grandguillaume ". " Mme Pinel n'a déjà pas tenu compte des conclusions du rapport de l'inspection générale des finances et de l'inspection générale des affaires sociales qu'elle avait commandé et qui déconseillait une limitation du régime ". La Fédération des autoentrepreneurs est prête à " négocier avec le gouvernement et le Parlement sur la base d'un texte et d'un calendrier clairs ".

Le porte-parole des " poussins " veut pouvoir faire avancer, dans la commission Grandguillaume, les questions de la formation, l'accès au microcrédit ou encore la fiscalité. La ministre est prête à donner aux entreprises qui basculeront dans le régime général " des leviers d'investissement et de développement " inexistants pas dans le régime des autoentrepreneurs, comme la déduction des frais professionnels, les amortissements ou la déduction de la TVA. Et promet de faciliter l'accès au financement de la formation.

Les artisans, les plus hostiles au statut actuel, restent sur leur ligne. " Les autoentrepreneurs nous font une concurrence qui nous gêne beaucoup ", affirme Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment, qui regroupe 57 000 adhérents, soit deux tiers de l'activité du secteur dans l'Hexagone. " Nous sommes soumis à des normes extrêmement contraignantes de sécurité, d'hygiène, de formation, d'assurances, alors que les autoentrepreneurs ne le sont pas. Rien ne les oblige à respecter la réglementation sur l'amiante par exemple. Ils ne font pas non plus payer la TVA, donc le client gagne d'office 20 % sur les travaux effectués ", assure M. Ridoret.

" Un salarié d'une entreprise de BTP peut aussi être déclaré comme autoentrepreneur et travailler 24 heures sur 24, sept jours sur sept ", affirme-t-il. A ses yeux, tous les corps de métiers sont touchés - plombiers, électriciens, peintres, maçons, entreprises de gros oeuvre... " Il faudrait qu'artisans et autoentrepreneurs bénéficient des mêmes mesures, or le régime actuel ne donne des avantages qu'à certains ", souligne M. Ridoret, qui milite depuis quatre ans pour " que les métiers du BTP sortent du régime des autoentrepreneurs ".

Le Medef, qui s'est saisi du sujet il y a deux mois, tente de jouer les conciliateurs. En n'affichant plus officiellement de montant pour les seuils de sortie du régime des autoentrepreneurs, le gouvernement choisit de " dépassionner le débat et renoncer à agiter un chiffon rouge " devant les autoentrepreneurs, argumente Thibault Lanxade, président de la commission PME du Medef. L'organisation patronale considère que, par leur attitude, les pouvoirs publics donnent un nouveau départ à cette réforme controversée.

Le bricoleur et l'artisan

" Pour sortir par le haut, les discussions ne doivent pas se résumer à un débat sur les seuils. " M. Lanxade préconise que la réflexion s'oriente plutôt sur une distinction entre " activité " et " métier " afin de distinguer le bricoleur du véritable artisan. Cette piste de travail figurait dans le rapport sénatorial Dini-Kaltenbach rendu le 3 juillet. N'évoquant jamais un éventuel abaissement des seuils et estimant que la réforme Pinel revenait à prendre un " marteau pour tuer un moustique ", le socialiste Philippe Kaltenbach est opposé à une limitation générale de la durée d'activité.

Pour le sénateur, la solution serait de faire la distinction entre " un autoentrepreneur qui refait toute votre électricité et celui qui viendrait repeindre un volet ". Faire la différence donc entre gros travaux et bricolage. " Une fois cette distinction techniquement établie et économiquement juste, la question des seuils ne se posera plus ", pronostique M. Lanxade.

Anne Eveno et Nicole Vulser

Cacophonie sur un dossier empoisonné

1er octobre 2012
Bercy confie une mission d'évaluation du régime de l'autoentrepreneur à l'inspection générale des finances et à l'inspection générale des affaires sociales.
23 mai 2013
La ministre déléguée à l'artisanat, au commerce et au tourisme, Sylvia Pinel, annonce une limitation dans le temps (entre un et cinq ans) du régime de l'autoentrepreneur quand il s'agit d'une activité principale.
31 mai
Jean-Marc Ayrault, pour calmer la fronde des autoentrepreneurs, assure que seuls ceux du bâtiment verront leur activité limitée dans le temps. MmePinel affirme que rien n'est acté.
12 juin
Le projet de réforme est présenté. Il abaisse les seuils de chiffre d'affaires à partir desquels un autoentrepreneur bascule dans le régime classique. Ces seuils ne pourront être dépassés deux années de suite.
21 août
Le projet de loi réformant le régime des autoentrepreneurs est présenté en conseil des ministres. Le niveau des seuils n'est pas précisé, mais la limitation dans le temps est maintenue.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 13 Décembre 2013

18 Assemblee NationaleRegarder dans 10 ans, en matière économique est une hérésie. Le monde économique est fortement chaotique et est soumis à l'effet papillon : un détail, un petit rien peut changer la face du monde en quelques mois... alors quand il s'agit de faire une prospective à 10 ans, autant appeler Madame Soleil à la rescousse ! De plus, toutes ces projections se sont faites sans aucune justification, sans aucune motivation des propos et sans aucune démonstration : on a connu mieux comme travail d'expertise et d'analyse !

Le problème c'est que notre gouvernement n'est pas au niveau : il n'a, bien entendu, pas été capable de voter un budget à l'équilibre cette année. On a l'habitude, car c'est la même chose depuis 30 ans. Mais il n'a pas été capable de limiter les dépenses d'un Etat toujours plus dépensier, en particulier vis à vis des dotations aux collectivités locales. Le seul moyen utilisé pour éviter le trou budgétaire a été, une fois de plus concernant un gouvernement ouvertement incompétent, l'appel à l'impôt.

De plus, la réforme de l'emploi est un ensemble de mesurettes qui ne permettront nullement d'inverser les problématiques de chômage que nous connaissons. Nous continuons à être un pays qui travaillons bien trop peu avec notre record mondial de journées de congés.

Comment voudrait-on nous faire croire que notre gouvernement puisse être capable de faire des projections à 10 ans alors qu'il n'a pas été capable de prendre en compte le rapport de l'équipe Jospin de l'année dernière ?

M. Hollande : soyez plus au service des Français actuellement et gardez pour vous vos belles idées une fois que vous aurez rempli vos missions. Vous en êtes loin, alors ayez un peu plus la tête aux missions actuelles et cessez de faire des prospectives alors que vous n'en n'avez pas les capacités.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Août 2013

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Hollande lance son " projet 2025 " pour rompre avec le déclinisme

Trois défis pour la France : la capacité d'influence, l'innovation et le " vivre-ensemble "

En organisant à l'Elysée, lundi 19 août, un séminaire, réunissant le gouvernement au grand complet, sur le thème de " La France de 2025 ", François Hollande entend mettre en oeuvre l'élaboration d'un " projet stratégique pour la France " à l'horizon d'une décennie.

Pour le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui devait conclure les travaux, ce rendez-vous est " un outil de mobilisation pour avoir une France qui retrouve sa place et son rang dans les dix ans qui viennent ". Il marque le point de départ d'un travail de réflexion, associant les acteurs économiques et sociaux, conduit par Jean Pisani-Ferry. A la fin de l'année, le commissaire général à la stratégie et à la prospective remettra au chef de l'Etat un rapport final. Puis viendra le temps des décisions d'investissement pour l'avenir dans les secteurs où il va falloir " mettre le paquet ". Pour le chef de l'Etat, fixer un horizon long peut et doit contribuer à redonner la confiance et à retrouver une croissance durable.

Avant le premier conseil des ministres de la rentrée, mercredi, l'exécutif a choisi de se projeter dans un avenir de moyen terme. La droite n'a pas manqué de railler l'exercice, le jugeant déconnecté des réalités et estimant que le gouvernement ferait mieux de se préoccuper des problèmes de l'heure. Le vice-président de l'UMP, Laurent Wauquiez, a jugé ce séminaire " surréaliste au vu des difficultés actuelles ". L'Elysée, comme Matignon, balaie ces critiques : " On ne fuit pas la réalité, on l'affronte. " Quant aux dossiers chauds de la rentrée - retraites, budget et réforme pénale -, le chef de l'Etat assure qu'ils seront tranchés " avant la fin du mois d'août ".

" Le temps long ne joue pas contre le temps court, explique l'entourage du président de la République. Il s'agit de réfléchir aux défis qui se posent à la France de 2013 afin de ne pas louper le train du progrès, de mettre en chantier dès maintenant les choix stratégiques qui permettent de redonner un élan à notre nation et de redonner confiance aux Français dans leur destin. "

Retrouver la confiance : c'est le maître mot de cet été, où le chef de l'Etat s'est consciencieusement appliqué à faire passer le message que la page de la " décennie noire " est en train de se tourner, que la France a les moyens - et le devoir - de se mobiliser autour de l'avenir qu'elle veut se construire. M. Hollande se dit convaincu qu'un discours positif, fixant un horizon à moyen terme, est aujourd'hui plus audible. Il en fait même une condition pour rendre acceptables les efforts demandés et les réformes entreprises.

" Ce qui manque à la France, c'est la capacité à se projeter, estime M. Ayrault. Notre rôle est double : il faut agir dans l'urgence, traiter les souffrances les plus grandes et aussi engager les réformes de fond, celles qui feront la France de dans dix ans. " Le premier ministre résume cette ligne de conduite en une formule qui lui est chère : " Agir près et voir loin. "

Pour M. Pisani-Ferry, " la société française n'a plus confiance en l'avenir parce qu'elle n'a plus confiance en elle-même ". Or, estime le commissaire, " si la France dans dix ans pèsera sensiblement moins dans le monde, elle dispose de réserves de croissance ". " Il nous faut fixer notre mode d'insertion dans un processus de mondialisation que nous ne pilotons pas ", ajoute-t-il.

Pour cela, l'Etat a un rôle majeur à jouer. Fixer des perspectives de moyen terme en rompant avec un discours de déclinisme, tel est l'objet de ce séminaire. Tous les ministres avaient été invités, pendant leur brève période de repos estival, à rédiger une note dans laquelle ils exposaient leur vision de la France dans dix ans dans leurs domaines d'intervention respectifs.

A partir de cet exercice, le chef de l'Etat entend établir un diagnostic précis et déterminer les faiblesses, les forces et les atouts de la France. Dans son esprit, trois défis sont à relever. Celui de la souveraineté : le pays sera-t-il encore influent sur la scène mondiale dans dix ans, à quelles conditions, avec quels moyens ? Autre enjeu : la capacité à produire, à être innovant et, donc, dès à présent, à investir dans ces secteurs d'avenir qu'Anne Lauvergeon, présidente de la commission " Innovation 2030 ", devait présenter dans un rapport introductif.

Enfin, une des trois tables rondes de ce séminaire devait porter sur le " vivre ensemble " : comment maintenir et renforcer l'unité du pays, en dépit de ses disparités et de ses fractures. Selon l'Elysée, " ces trois défis et le sentiment, depuis des années, qu'ils ne sont pas relevés sont au coeur du malaise français ". On sort de la crise, s'évertue à répéter le chef de l'Etat, refusant le scénario d'un inexorable déclin tout comme celui d'une France " cabotant au jour le jour, de crise en crise, en essayant d'éviter les écueils ".

Renouant avec un exercice de planification stratégique que la France avait déjà pratiqué après-guerre avec la reconstruction, dans les années 1960 avec la modernisation et dans les années 1980 avec le dessein européen de François Mitterrand, il souhaite engager des réformes structurantes pour les dix ou vingt ans à venir. En clair, selon M. Hollande, " l'avenir, c'est maintenant ".

Le séminaire de l'Elysée ne devrait pas, dans l'esprit de ses promoteurs, rester un exercice de style sans lendemain. A partir de la base de travail élaborée par M. Pisani-Ferry, l'ensemble du gouvernement va être appelé à apporter des réponses concrètes dans les domaines productif, éducatif et écologique. Dans l'esprit du chef de l'Etat, " dix ans, c'est un horizon assez lointain pour construire des politiques d'avenir mais assez proche pour que chacun puisse s'y projeter ". M. Hollande entend ainsi répondre à ceux qui l'accusent de ne pas avoir de vision stratégique à long terme.

Gérard Courtois et Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Décembre 2013

coffret-de-secours---medecine-du-travail---farmor-913054J'adore ce témoignage : d'après ce médecin mercenaire, "il n'y a rien de honteux", mais il prend bien garde à ne pas révéler son identité ! Mauvaise foi, bonjour ! Et bonjour le courage aussi !

Et bien si, c'est honteux, car c'est le contribuable qui paie cette situation ubuesque ! C'est le contribuable qui va surpayer des médecins à travailler moins car les politiques n'ont pas eu le courage d'augmenter le numérus clausus, ni de remettre en cause la liberté d'installation des médecins sur le territoire !

C'est une situation honteuse car la situation des déserts médicaux est une situation de fait !

Il est réellement temps que les politicards oublient la voix des médecins pour privilégier la voix du peuple : c'est cela que l'on appelle la démocratie !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Août 2013

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TéMOIGNAGE
Médecin mercenaire ? " Il n'y a rien de honteux à cela "

Elle a 32 ans, et travaille depuis trois ans et demi comme urgentiste. Dont une bonne partie comme intérimaire. Comme mercenaire ? " Le terme ne me gêne pas, je sais pourquoi je fais mon boulot : je le fais pour le faire bien ", explique la jeune médecin, qui souhaite rester anonyme. Le choix de ne pas occuper un poste de titulaire, elle l'explique par une " envie de liberté ".

Après son internat, la jeune femme a commencé à exercer dans un hôpital de Seine-Saint-Denis, près de chez elle. Elle a aimé soigner la population défavorisée qui se présentait aux urgences. Mais pas les conditions de travail : services fermés dans l'hôpital, ce qui compliquait l'orientation des malades, violence de certains patients " qui veulent tout, tout de suite ", etc. Au bout d'un an, elle a préféré aller voir ailleurs.

Elle goûte alors à l'intérim, seulement six mois. Puis se fixe plus d'un an dans un hôpital des Yvelines. Le peu de temps disponible pour la formation des internes ou la recherche, les gardes surchargées du fait du manque de médecins, l'impossibilité de travailler à mi-temps pour la même raison - elle voulait faire de l'intérim à côté pour financer la reprise de ses études - lui font à nouveau jeter l'éponge.

" On m'a proposé de rester "

En septembre, cela fera un an qu'elle ne fait plus que de l'intérim, par le biais d'une agence. Ainsi, elle gagne autant qu'avant, mais en travaillant moins, ce qui lui permet de suivre des études de sciences : elle touche 500 euros la journée (de dix à douze heures) ou la nuit (de douze à quatorze heures), et 1 000 euros net la garde de vingt-quatre heures. Frais de transport, de restauration et d'hôtel lui sont payés.

Pendant plusieurs mois, l'urgentiste a bouché les trous, d'hôpital en hôpital, d'une préfecture à l'autre. " Chaque fois que je suis passée quelque part, on m'a proposé de rester et de prendre un poste, dit-elle. Des hôpitaux où il manque des médecins, il y en a en région parisienne, alors imaginez dans le Massif central ! " De cette expérience, elle retient " qu'entre Paris et la province, les médecins n'ont pas les mêmes moyens, et qu'ils réfléchissent du coup très différemment ".

Maintenant, elle n'a plus envie de tourner. Elle se consacre à un seul hôpital, en Bourgogne. Dans son service, la moitié des gardes sont effectuées par des intérimaires. Les gens de son profil, elle le sait, ne sont pas toujours les bienvenus. " Moi, je n'ai jamais eu de problème. Je suis une jeune femme, et je suis souriante ", explique-t-elle.

Les intérimaires qu'elle a croisés sont plutôt plus âgés qu'elle. " Il y a même des chefs de service. Mais il n'y a rien de honteux à cela. S'il était possible d'avoir des heures supplémentaires payées à l'hôpital, c'est dans leur établissement qu'ils en feraient ", juge la jeune femme.

Enfin, si elle reconnaît que certains intérimaires peuvent manquer de sérieux, elle souligne que le problème se pose aussi parmi les titulaires.

Laetitia Clavreul

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Décembre 2013

X62GRR0S1 webEn matière d'agriculture, il y a une bizarrerie : le consommateur paie cher ses produits, alors que les agriculteurs ont du mal à en vivre. Est-ce à dire que le consommateur sous-paie ses produits ? En fait non, mais le consommateur paie toute une série d'intermédiaires qui prennent leur part au passage.

A l'arrivée, on est obligé de subventionner des agriculteurs alors que s'ils vendaient directement au consommateur, tout le monde serait content.

Donc, plutôt que de subventionner des agriculteurs pour graisser indirectement des intermédiaires, pourquoi ne les aiderait-on pas à construire des structures pour vendre directement leur produit au consommateur final ? On pourrait monter des coopératives qui seraient chargées de vendre directement les produits dans des points de vente dédiés.

Tout le monde serait gagnant :
- Le consommateur aurait un produit de meilleure qualité et traçable.
- Le consommateur cesserait de subventionner par son impôt des intermédiaires dont la valeur ajoutée reste à déterminer
- Le producteur serait payé par son travail. La valorisation de sa production serait enfin reconnue.

Je ne dis pas que cette mesure est la solution à tous les problèmes, mais elle mériterait largement d'être creusée.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Août 2013

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Les petits producteurs d'oeufs accusent la grande distribution de les asphyxier
Après s'être adapté aux normes de " bien-être animal ", le secteur fait face à une surproduction

Une trentaine de producteurs d'oeufs bretons sont en colère. Après avoir multiplié, la semaine dernière, de spectaculaires opérations de destruction de centaines de milliers d'oeufs à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) et dans le Finistère (à Ploumagoar, Carhaix-Plouguer et Morlaix) pour protester contre la faiblesse des cours, ces éleveurs devaient être reçus, mardi 13 août après-midi, à Rennes, en présence du ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, et du préfet de la région Bretagne, Patrick Strzoda.

Ces producteurs, qui ne sont affiliés à aucune organisation syndicale, réclament des mesures d'urgence pour tenter de faire repartir le cours des oeufs à la hausse. Ce mécontentement a explosé en Bretagne, la région qui produit le plus d'oeufs dans l'Hexagone (plus de 40 % en volume).

Le fait de casser autant d'oeufs pour en faire une omelette médiatique a, certes, donné à ces patrons de PME un moyen de pression vis-à-vis des pouvoirs publics, mais a été largement critiqué par le public, écoeuré par ce gaspillage massif et ces montagnes d'oeufs qui auraient pu être données à des associations caritatives.

" C'est la détresse. Il y en a qui vont peut-être devoir mettre la clé sous la porte dès demain parce qu'on est dans le pic des bas prix ", a expliqué à l'AFP un de ces producteurs. Un autre se plaint de vendre le cent d'oeufs à " 4,30 euros, soit 2,70 euros en dessous du prix de revient ".

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) leur a apporté son soutien en affirmant : " Les producteurs d'oeufs français sont aujourd'hui à bout. Après avoir lourdement investi pour mettre leurs élevages aux normes "bien-être animal", ils doivent désormais faire face à une situation excédentaire, qui se traduit par une importante chute des cours et par la dénonciation de certains contrats de production. Les efforts de producteurs ne sont pas récompensés. Pire, leur avenir est en jeu ", insiste ce syndicat, qui demande aux pouvoirs publics " de soulager la trésorerie des producteurs dans cette période de transition ".

Christian Marinov, directeur de la Confédération française de l'aviculture, estime entre " 5 % à 6 % la surproduction actuelle ". L'adaptation des poulaillers aux nouvelles normes européennes - visant à donner un peu plus d'air à chaque poule en lui attribuant l'équivalent d'une feuille de papier de format A4 comme nouvel espace de vie - est, à ses yeux, effective sur tout le territoire depuis le 1er janvier 2012. Ce qui n'est pas encore le cas en Espagne ou en Italie.

Ce chantier s'était traduit, pendant les travaux d'adaptation, par une baisse de la production d'oeufs, de l'ordre de 10 % en 2011. Or, depuis septembre 2012, " on assiste à la mise en place de nouveaux cheptels et la production est sérieusement repartie à la hausse ", dit-il. Au point que la France a retrouvé, avec 13 milliards d'oeufs produits par an, sa première place en Europe devant l'Allemagne et augmenté depuis le début de l'année ses exportations de 20 %.

La colère de ces producteurs est d'autant plus paradoxale que le prix des oeufs pour le consommateur avait plus que doublé entre janvier 2011 et janvier 2012 (+ 106 % selon la revue Agreste du ministère de l'agriculture). Cette hausse avait même atteint + 133 % en février 2012 et + 119 % en mars 2012, et avait été répercutée sur le prix des gâteaux et des pâtes.

Mais, depuis cette adaptation conjoncturelle aux nouvelles normes, les distributeurs n'ont guère fait chuter les prix des oeufs pour les consommateurs. Ce qui ne les a pas empêchés de tirer vers le bas les prix payés aux producteurs. Ceux d'entre eux qui travaillent directement avec les marchés de gros - indexés à la cotation du jour - sont les plus fragiles quand le cours de l'oeuf s'effondre.

M. Le Foll a appelé la grande distribution, lundi 12 août sur France Inter, à cesser d'exercer une pression sur les prix des oeufs. Elle se doit " d'anticiper les choses et d'éviter d'accentuer les difficultés " du secteur, a-t-il dit en rappelant qu'il ne dispose " d'aucun moyen autoritaire " pour régler ce dossier.

Contrairement aux filières du lait ou de la vigne, l'Etat ne peut pas intervenir pour aider financièrement les producteurs, sous peine de se le voir reprocher par la Commission européenne, souligne-t-on l'entourage du ministre.

" On a une grande distribution qui continue à tirer les prix - pratiqués aux producteurs - vers le bas, au mépris de l'appareil de production d'oeufs français ", a renchéri Yves-Marie Beaudet, président de la section oeufs de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne. Il faut " compter 7 euros pour produire 100 oeufs ", mais " le producteur les vend moins de 5 euros ", dit-il.

Pour lutter contre la surproduction, l'interprofession propose des méthodes drastiques, comme l'allongement artificiel de la période de désinfection des poulaillers avant le renouvellement des gallinacées, l'abattage anticipé des poules ou une pause dans la création des élevages. En contrepartie, elle demande à l'Etat des appuis financiers, des aides à l'exportation ou des allégements de charges.

Nicole Vulser

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Décembre 2013

israel-palestineIl faut savoir le dire une fois pour toutes : Israël se moque du monde (et le mot est faible !) ! C'est un fait ! Où, ailleurs dans le monde, a-t-on un pays qui se permet d'aller construire chez le voisin ? A-t-on des Allemands qui viennent annexer des terres en France pour y construire maisons et villas, tout cela sous le principe fallacieux que le terrain est libre ?

Israël dit qu'elle veut faire la paix, mais continue, perpétuellement, à aller implanter des colonies chez son voisin !

Le droit fondamental de son voisin est baffoué et tout cela se fait avec l'assentiment des autres pays. C'est une honte !

Maintenant, quand on voit comment les autres pays agissent, Israël aurait tort de ne pas le faire : quand on prend les gens pour des imbéciles et qu'ils sont d'accord, pourquoi ne pas continuer ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Août 2013

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Israël relance la colonisation malgré les négociations
Les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens s'ouvrent, mercredi 14 août, dans un climat très tendu
Jérusalem Correspondance

Ce n'est que le début. La mélodie - de la colonisation - ne peut s'arrêter ", a averti, dimanche 11 août, Uri Ariel, le ministre israélien du logement, alors qu'il posait la première pierre d'une nouvelle colonie, au sud de Jérusalem, près du village palestinien de Jabal Mukaber. Les projets de construction s'enchaînent en effet. Mardi 13 août, la municipalité de Jérusalem a approuvé un plan de 942 nouveaux logements dans la colonie de Gilo, à Jérusalem-Est. La veille, les autorités israéliennes avaient lancé un appel d'offres de plus d'un millier de logements au-delà de la " ligne verte " qui sépare Israël de la Cisjordanie. Cette série d'annonces met fin à un ralentissement relatif des constructions israéliennes observé ces derniers mois, en Cisjordanie.

Le coup d'accélérateur des autorités israéliennes sur la colonisation est un premier coup dur pour la diplomatie américaine du secrétaire d'Etat, John Kerry, qui a exprimé ses " graves inquiétudes ", ajoutant que les Etats-Unis " considèrent comme illégitimes toutes les implantations ". Le nouveau médiateur du Proche-Orient était pourtant parvenu à arracher, fin juillet, une relance " historique " du dialogue, au terme de trois années de silence. Les rencontres prévues, à Jérusalem, puis à Jéricho le 14 août, constituent la première étape de neuf mois de discussions bilatérales sous patronage américain.

Mais, en réalité, le véritable coup d'envoi est prévu dans la soirée du 13 août, avec la libération de 26 détenus palestiniens, issus d'une liste de 104 prisonniers de la période pré-Oslo (avant 1993) approuvée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou le 28 juillet. Ce " geste de bonne volonté " a été consenti en échange de l'abandon par le président palestinien, Mahmoud Abbas, de ses " préconditions " à la reprise effective des négociations : le gel total de la colonisation israélienne, ou encore le respect strict des frontières de 1967.

Le gouvernement israélien n'a pas attendu longtemps avant d'annoncer un nouveau train de mesures soutenant la colonisation. Début août, il a dressé une nouvelle carte de zones déclarées " priorité nationale ", incluant près de 90 localités juives de Cisjordanie, dont certaines étaient encore considérées comme illégales il y a seulement quelques mois. En parallèle, les autorités israéliennes ont décidé d'approuver rétroactivement une série de constructions illégales constatées dans des colonies isolées, au coeur de la Cisjordanie.

A la veille de la reprise des pourparlers, ces annonces portent l'empreinte de la droite nationaliste israélienne, menée par Naftali Bennett, partenaire de coalition - " nuisible ", selon le quotidien de gauche Haaretz -, qui n'a jamais fait mystère de son opposition à un Etat palestinien. Mais à qui le premier ministre Nétanyahou a dû donner des gages : " Bennett était opposé à la libération des prisonniers palestiniens. Pour ne pas faire éclater la coalition, Nétanyahou a dû faire preuve de bonne volonté concernant les colonies ", analyse le politologue israélien Gershon Baskin, fondateur du Centre de recherche et d'information Israël/Palestine (Criip).

Il est clair que le mauvais " timing " de ces annonces en série ne peut qu'affaiblir la position de Benyamin Nétanyahou face aux Etats-Unis. Dans l'entourage du premier ministre, on tente de minimiser la portée des dernières annonces de construction : " Nous n'en sommes qu'aux appels d'offres. L'ensemble du processus s'étale sur un an, voire plus. Il n'y aura donc pas de constructions effectives durant toute la durée des négociations ", plaide Michel Ben Ami, le représentant du Likoud à Jérusalem.

Autre argument pour ne pas être perçu comme le " fossoyeur " du processus de paix : faire valoir que les récentes annonces de construction concernent surtout les grands blocs de colonies - comme Maalé Adoumim ou Goush Etzion - quasiment acquis à Israël, dans le cadre d'un futur accord avec les Palestiniens.

A Ramallah, l'atmosphère s'est tendue, comme le prouvent les propos du négociateur palestinien Mohammed Chtayyeh, qui a dénoncé le " sabotage " israélien des efforts de paix. Pour autant, Mahmoud Abbas ne semble pas vouloir encore enterrer les pourparlers de mercredi. Un changement de stratégie notable, si l'on se réfère aux derniers pourparlers de septembre 2010, qui virent le président palestinien claquer la porte en raison, justement, de la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Une " souplesse " nouvelle qui pourrait s'expliquer par la volonté de l'Autorité palestinienne d'assurer, coûte que coûte, la libération des prisonniers palestiniens. Par ailleurs, selon des sources proches de M. Abbas, le président aurait reçu des " garanties officieuses solides " de la part des Etats-Unis, assurant que " quoi qu'il se passe actuellement dans les colonies ", la Cisjordanie dans les frontières de 1967 - excepté les grands blocs de colonies juives - et Jérusalem-Est reviendront au futur Etat palestinien.

Reste que la colère monte en Cisjordanie, où l'on fait état d'" intenses discussions " au sein même du Fatah et de l'OLP pour exiger l'officialisation de ces fameuses garanties américaines. Et à défaut d'obtenir une telle assurance, se rabattre sur un " boycottage de protestation " de la rencontre du 14 août. Pour Gershon Baskin, la reprise des négociations ne tient ainsi qu'à un fil : " Si les Palestiniens quittent la table des négociations dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures, c'est que les promesses américaines auront fait long feu. " - (Intérim.)

    104 libérations tributaires des progrès des négociations

    Le 28 juillet, le gouvernement israélien a donné son feu vert à la libération de 104 prisonniers palestiniens qui, à l'exception d'un seul, avaient été interpellés avant les accords d'Oslo de 1993 pour le meurtre d'Israéliens ou de Palestiniens soupçonnés de collusion avec Israël. Parmi eux se trouvent 55 résidents de Cisjordanie, 25 de la bande de Gaza, 10 Palestiniens de Jérusalem-Est et 14 Palestiniens citoyens d'Israël, qui devraient être libérés en quatre contingents.

    La décision du gouvernement Nétanyahou d'étaler ces libérations sur neuf mois, selon les progrès des négociations, a suscité les critiques des familles et associations palestiniennes. La crainte existe que certains détenus soient empêchés, au nom de considérations de sécurité, de s'installer en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est. En Israël, la libération inédite des 14 détenus citoyens fait ainsi débat.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Décembre 2013

ManuelValls.jpgIl est évident que lorsque l'on reproche quelque chose à quelqu'un, il faut savoir lui dire en face. M. Valls ne l'a pas fait. C'est une faute.

Cependant, sur le fond, il a plutôt raison. Et il a raison car les principes de la répression pénales reposent sur 3 piliers :
- La punition. Lorsque l'on commet un méfait vis à vis de la société, on doit être puni.
- L'éducation. Quand on commet un méfait, la société doit dire ce qu'il faut faire pour être en phase avec elle. Elle doit donc, en plus de sévir pour ce qui a été mal fait, dire ce qu'il faut faire dans la société en donnant les armes citoyennes pour ce faire.
- La protection de la société. En clair, enfermer les personnes dangereuses qui mettent à mal la tranquilité de la société.

Aujourd'hui, on parle essentiellement de la prévention de la récidive, c'est à dire de l'éducation. Mais c'est oublier les deux autres pendants, surtout lorsque l'on n'est pas sûr que la personne a été à même d'intégrer les reproches et de savoir ce qu'elle doit faire pour respecter les règles de la société.

Est-ce à dire que Madame Taubira n'a pas toutes les armes pour effectuer sa mission normalement ? En effet, où sont les deux autres piliers lorsqu'elle fait des discours sur les fondamentaux de sa mission ?

J'ai l'impression que Madame Taubira se laisse trop facilement déborder par son idéologie et qu'elle en oublie l'intérêt général.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Août 2013

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Manuel Valls et Christiane Taubira s'affrontent sur la réforme pénale
Dans une lettre au chef de l'Etat, obtenue par " Le Monde ", M. Valls dénonce les projets de la garde des sceaux

La sourde passe d'armes, début août, entre Christiane Taubira et Manuel Valls dissimulait en fait un désaccord frontal. Le ministre de l'intérieur s'était dit " très surpris et inquiet " de la décision, le 1er août, du parquet de Chartres de ne pas incarcérer trois condamnés parce que la prison était pleine. La garde des sceaux avait rappelé le nécessaire aménagement des peines, il avait insisté : " Moi, je suis pour une exécution ferme des peines de prison, même les plus courtes. "

Les relations entre les deux ministres sont en réalité extrêmement tendues. Manuel Valls a envoyé une note, jeudi 25 juillet, au président de la République, pour torpiller la réforme de la procédure pénale du ministère de la justice. Il n'en a rien dit à Christiane Taubira, qui a découvert le courrier avec stupéfaction pendant la polémique de Chartres. L'affaire n'est pas une simple péripétie. C'est un couac majeur dans le dispositif conçu par François Hollande. Celui-ci a voulu rassembler les contraires, Taubira sur sa gauche, Valls sur sa droite, mais l'équilibre vacille dès qu'il s'agit de trancher. Le ministre de l'intérieur se dit " furieux " de la fuite de son courrier au Monde. Ce n'est pas certain : il entendait prendre date.

" J'attire votre attention sur les désaccords mis en lumière par le travail interministériel qui s'est engagé récemment autour du projet de réforme pénale présenté par le ministère de la justice ", a écrit Manuel Valls, le 25 juillet, au président de la République.

Même s'il juge lui aussi nécessaire " d'engager très rapidement des réformes organisationnelles indispensables à la crédibilité de notre politique de lutte contre la récidive ", le ministre de l'intérieur explique que " la quasi-totalité des dispositions de ce texte a fait l'objet de discussion, voire d'oppositions du ministère de l'intérieur ". Les divergences sont telles - " l'écart entre - leurs - analyses demeure trop important " -, qu'il demande à l'Elysée d'arbitrer : " Je souhaite à ce stade que nous définissions collectivement les principes directeurs de cette réforme. "

Manuel Valls a reçu le projet de loi le 12 juillet, quatre réunions interministérielles entre le 19 et le 25 ont suffi à lui faire comprendre qu'aucun accord n'était possible sur un projet " techniquement dense et politiquement sensible, tant au sein de notre propre majorité que vis-à-vis de l'opposition ".

Le texte a déjà pris beaucoup de retard. Une " conférence de consensus sur la prévention de la récidive " avait remis le 20 février son rapport au premier ministre ; la chancellerie a depuis longuement travaillé sur un projet de loi qui devait être finalement présenté début juillet en conseil des ministres et a été repoussé sine die. Manuel Valls y est résolument hostile, Jean-Marc Ayrault hésite et François Hollande ne semble pas pressé d'ouvrir un front politiquement risqué à la veille des élections municipales de 2014.

Manuel Valls s'est ainsi senti les mains libres pour engager franchement les hostilités sur le texte du ministère de la justice, sans avoir l'élégance d'en prévenir Christiane Taubira. " Je ne peux que m'étonner qu'un tel document ne m'ait pas été communiqué, s'offusque la ministre, d'autant qu'il comporte des propositions de réforme du droit de la peine, domaine qui ne ressort d'aucune façon aux compétences du ministre de l'intérieur. "

Elle en est " d'autant plus surprise " qu'elle a téléphoné à Manuel Valls le 29 juillet et qu'il ne lui en a pas soufflé mot ; qu'elle l'a rencontré deux jours plus tard, le 31, au comité interministériel de la coopération international et du développement, avant d'aller boire un verre le soir à Matignon. A aucun moment, " le ministre de l'intérieur n'a saisi ces deux occasions pour - l' - informer de la teneur de cette lettre ".

D'autant que la lettre à l'Elysée est sévère. Sur la méthode d'abord. " Ce projet de loi repose sur un socle de légitimité fragile, la conférence de consensus ", écrit le ministre. Or " la somme de connaissances accumulées ne reflète pas tous les courants de pensées ", les conclusions du jury ont fait l'objet de " fortes réserves au sein même de la magistrature ". C'est en réalité très discutable : les poins de vue les plus opposés ont été entendus lors de la conférence, qui a réuni les meilleurs experts français et étrangers. Les réserves viennent surtout du principal syndicat, l'Union syndicale des magistrats (USM). " Surtout, reprend le ministre, je rappelle que le consensus de la société civile n'était qu'une aide à la construction d'un compromis politique, d'abord avec notre majorité, ensuite, et sans doute plus difficilement, avec la représentation nationale. "

Sur le fond, le ministre n'est pas plus enthousiaste. " Ce projet de loi part d'un premier postulat que je ne peux intégralement partager : la surpopulation carcérale s'expliquerait exclusivement par le recours "par défaut" à l'emprisonnement et par l'effet des peines planchers. " Manuel Valls ne veut pas les supprimer et estime, comme l'opposition, qu'il faut construire d'autres prisons. C'est dit moins brutalement : on ne peut " totalement ignorer la question du dimensionnement du parc immobilier pénitentiaire ".

Le ministre partage certes le second postulat - la prévention de la récidive passe par l'individualisation des peines et les politiques d'insertion -, mais pas la façon d'atteindre l'objectif. Il rappelle " avoir alerté, dès le mois de février, sur les dangers d'une stratégie qui faisait de la loi pénale un vecteur de communication politique, au risque de provoquer un débat passionnel et irrationnel ", et il ajoute méchamment : " Reproduisant en cela les méthodes de l'ancien gouvernement, alors même que nous les dénonçons. "

Il est vain pour lui de penser comme Christiane Taubira que " les évolutions législatives constituent le socle de la réforme ". Il faut d'abord profondément transformer " les structures porteuses du changement ", c'est-à-dire les parquets, " qui déterminent le volume et la nature de la production judiciaire ", et l'administration pénitentiaire qui doit consacrer ses forces au milieu ouvert.

C'est assez flou, mais à la demande de l'intérieur, Christiane Taubira a confié le 2 juillet un rapport sur le parquet à Jean-Louis Nadal, l'ancien procureur général à la Cour de cassation, qui doit travailler sur " la modernisation de l'action publique ".

Troisième postulat : les récidivistes. Manuel Valls estime que leur traitement " oblige à une exigence accrue de prévisibilité et de fermeté ", quand les études sur la récidive insistent au contraire sur le besoin d'accompagner les condamnés plutôt que de les enfermer. Pour le ministre de l'intérieur, la plupart des prévenus qui comparaissent devant le tribunal " ont déjà fait l'objet de plusieurs mises en garde ", voire de plusieurs gardes à vue. " Ils sont multiréitérants et inscrits dans des parcours délinquants, certes de plus ou moins grande gravité, mais en tout cas durablement ", bref il faut sévir.

" Je comprends donc les réflexions des responsables des parquets, de la police et de la gendarmerie, rencontrés lors de mes déplacements en ZSP, - zones de sécurité prioritaires - qui soulignent l'inefficacité de nos pratiques actuelles de probation autant que l'inadéquation des modes de traitement de la délinquance ", indique le ministre.

Il estime que Christiane Taubira serait bien avisée de faire comme lui " les réformes de structures " qu'il a entrepris dans son propre ministère et conclut non sans humour, " dans ce cadre, je réaffirme mon engagement total aux côtés de la garde des sceaux ".

Franck Johannès

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Décembre 2013

CarteSubvention.pngIl n'est bien évidemment pas normal que nos parlementaires puissent décider, seuls, à qui doit profiter l'argent de l'Etat. Cet argent est l'argent du contribuable. Il doit donc être distribué dans l'intérêt général, dont dans l'intérêt d'élus voulant acheter leurs voix.

Ce qui est intéressant c'est que cette distribution ne sert d'ailleurs pas toujours leurs auteurs : c'est une bonne chose et cela prouve que l'électeur n'est pas dupe.

On voit aussi que Sarkozy avait la main sur cette réserve et qu'il en faisait ce qu'il voulait. Là aussi, il a perdu.

L'électeur sait donc se rappeler à ceux qui abusent des fonds de l'Etat. L'électeur devra aussi se rappeler au bon souvenir de ceux qui cumulent des mandats, car un cumulard ne peut pas matériellement travailler efficacement à tous ses mandats.

L'image est cliquable.

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Réserve ministérielle : 27 millions d'euros distribués en toute opacité

Le Monde.fr | 13.08.2013 à 15h37 • Mis à jour le 14.08.2013 à 09h32 | Par Alexandre Léchenet

Parmi les circonscriptions choyées par la réserve ministérielle, celles de François Fillon, Jean-François Copé et Valérie Pécresse figurent en bonne place.

Vingt-sept millions d'euros pour des "aides exceptionnelles aux collectivités territoriales" ont été attribués par le président et certains ministres en 2012 au titre de la "réserve ministérielle", et 32 millions le furent en 2011. Avantageant principalement les territoires d'élection des ministres ou les proches du président, la répartition de cette cagnotte reste floue.

Le montant de la réserve ministérielle représente 20 % de la réserve parlementaire, et son fonctionnement est similaire : les collectivités présentent des demandes de subventions au ministère de l'intérieur, qui sont ensuite "mises sur le dessus de la pile" par les ministres, ou, sous le précédent gouvernement, par le président. En effet, depuis 2008, Nicolas Sarkozy s'était accaparé les deux tiers de la réserve du ministère de l'intérieur.

Les subventions de la réserve peuvent également concerner des subventions à des associations, mais leur répartition n'a pas été dévoilée. D'autres cagnottes existent dans d'autres ministères. René Dosière, député PS de l'Aisne spécialisé dans les finances de l'Etat, les détaille : "En plus des réserves parlementaires et ministérielles au ministère de l'intérieur, il y avait aussi une réserve à Bercy, dont pouvaient disposer les anciens ministres du budget. Elle aurait été supprimée il y a deux ou trois ans. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales en 2008 (PDF) évoquait le financement discrétionnaire de certains hôpitaux par le ministre et préconisait sa disparition. Le ministère des sports également dispose d'un petit budget, comme l'a évoqué Mediapart. Je vais faire en sorte de poser des questions aux ministères pour savoir s'il en existe d'autres."

DES SUBVENTIONS EN FAVEUR DE L'EXÉCUTIF

Malgré la publication par le ministère de l'intérieur, pour 2011 et 2012, de l'utilisation de la réserve parlementaire, les subventions du "programme 122 au titre de la réserve ministérielle" ne sont pas fléchées : impossible de savoir qui, président ou ministre, est à l'origine de la demande. Certains rapprochements sont néanmoins possibles. En croisant ces subventions avec les circonscriptions législatives, certaines semblent beaucoup plus avantagées que d'autres. Ainsi, plus de 5 % de la réserve ministérielle, soit plus de 3 millions d'euros sur deux ans, financent des collectivités locales dans la quatrième circonscription de la Sarthe. Avant d'être nommé premier ministre, François Fillon y fut député.

La carte ci-dessous superpose les circonscriptions législatives en 2012 et les subventions au titre de la réserve ministérielle en 2011 et 2012. Chaque subvention versée est représentée par un cercle dont la taille varie en fonction du montant. Plus il y a de subventions dans une région, plus les cercles sont rouges.

Voir la carte en plus grand : " La réserve ministérielle en 2011 et 2012"

Parmi les circonscriptions les plus favorisées, on trouve celles d'Eric Woerth, ancien ministre du budget, dans l'Oise, de Valérie Pécresse, dans les Yvelines, et de François Baroin, dans l'Aube. Ces trois ténors de l'UMP sont tous les trois passés par le ministère du budget pendant la présidence de Nicolas Sarkozy. La réserve ministérielle est d'ailleurs plutôt généreuse avec le département de l'Aube, terre d'élection de l'ancien ministre de l'économie, puisque ce département arrive second en termes de financement, avec 2,7 millions d'euros sur deux ans. Dominique Bussereau, député UMP de Charente-Maritime et ancien secrétaire d'état aux transports, complète ce classement. Une partie de la réserve avait été utilisée pour aider les communes après la tempête Xynthia.

LES AMIS POLITIQUES NE SONT PAS OUBLIÉS

Mais parmi ces dix territoires choyés par la réserve ministérielle, il en est d'autres où aucun ministre n'est élu. La circonscription de Jean-François Copé a ainsi reçu près de 1,5 millions d'euros de subventions à ce titre en 2011 et 2012. Pour compléter ce classement, on trouve également l'ancienne deuxième circonscription de la Creuse, faisant aujourd'hui partie de la circonscription unique. Dans la deuxième circonscription de l'Eure-et-Loir, de nombreuses subventions ont été attribuées. Olivier Marleix (UMP), fils de l'ancien secrétaire d'état aux collectivités territoriales Alain Marleix, y a été élu député en 2012.

La première circonscription du Territoire de Belfort en fait également partie. Elle a reçu en 2011 et 2012 près de 1,2 millions d'euros. Damien Meslot, député UMP, y voit une récompense de son "soutien sans faille au président de la République" ou de l'aide qu'il a pu apporter à certains ministres. S'il a obtenu autant de réserve, c'est qu'il a multiplié les demandes de subventions : "C'est aussi le rôle du député que de représenter sa circonscription."

Jean-Luc Warsmann, député UMP des Ardennes et maire de Douzy, également favorisé par la réserve ministérielle, en est satisfait. "Je suis élu d'un territoire qui essaie de s'arracher au déclin. Je me suis toujours battu pour que le département ait le maximum d'aides. Et il est normal que les parlementaires les plus engagés soient les plus écoutés." M. Meslot ne se cache d'ailleurs pas de l'utilisation de ces subventions : elles figurent en bonne place dans ses documents électoraux.

Le député belfortain modère cependant l'influence des ces subventions sur le vote. "Raymond Forni, mon prédécesseur, était président de l'Assemblée nationale et les subventions tombaient comme à Gravelotte dans la circonscription. Malgré ça, je l'ai battu." Même constat ailleurs : dans la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales, la réserve ministérielle et présidentielle a permis d'accorder 750 000 euros de subventions, dont plus de 400 000 à la ville de Prades, dont Jean Castex, conseiller de Nicolas Sarkozy, était maire. Le conseiller était également candidat aux élections législatives dans la circonscription. Les subventions ne l'ont pas empêché d'être battu par la candidate du Parti socialiste, Ségolène Neuville.

De même, autour de Toul, les quelque 800 000 euros de subventions de la réserve ministérielle dépensés dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle n'ont pas permis la réélection de Nadine Morano, battue par le candidat socialiste Dominique Potier. Et les subsides attribués par le ministère de l'intérieur aux alentours de Ploërmel, où le fils de Claude Guéant était candidat, n'ont pas non plus permis son élection.

Depuis l'arrivée de François Hollande, l'Elysée assure que le président n'a plus la main sur cette réserve. "C'était de toute manière anticonstitutionnel, et cela n'a existé que sous Sarkozy", se félicite M. Dosière. Pour les autres ministres, le Canard enchaîné déclarait que les caisses étaient vides à leur arrivée en juin 2012. Interrogé par le Monde.fr, le ministère de l'intérieur n'a pas été en mesure de nous confirmer l'existence de la réserve ministérielle ni de détailler son utilisation.

    Alexandre Léchenet
    Journaliste au Monde

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Décembre 2013

coffret-de-secours---medecine-du-travail---farmor-913054Force est de constater que notre système de santé marche sur la tête : on a un numérus clausus qui est au plus bas. Ceci implique un taux d'échec en médecine qui est considérable, même avec des notations se rapprochant de la moyenne en Université.

Cela ne serait pas grave si on ne disposait pas, en parallèle, de multiples déserts médicaux en France ! Donc, on manque de médecins dans certains territoires, mais on n'augmente pas le numérus clausus et on n'oblige nullement les médecins à remplir ces déserts !

Donc, on a faux sur toute la ligne ! Et, maintenant le plus fort : on subventionne des mercenaires, surpayés, à remplacer des postes vacants !

Face à pareille incompétence de nos politiques, je reste sans voix : on peut faire des erreurs politiques, de là à les faire toutes...

Quand va-t-on en France se soucier de l'intérêt général en matière de santé ?

C'est à dire :
- Augmenter le numérus clausus
- Obliger les médecins à s'implanter dans des territoires sous-dotés, en remettant en cause la liberté d'implantation sur le territoire (comme de multiples professions comme les pharmaciens, les biologistes, les notaires, etc.).
- Plafonner les indemnités des médecins remplaçants.

En conclusion, il est temps que les politiques écoutent moins le lobbying des médecins, et un peu plus le citoyen qui paie la sécurité sociale par son travail.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Août 2013

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L'intérim à l'hôpital, un tabou qui coûte cher
En 2012, les services ont consacré 67 millions d'euros aux médecins " mercenaires ", qui pallient les sous-effectifs

Profession recherchée : réanimation. Structure : centre hospitalier. Localisation : Nord-Pas-de-Calais. Dates de remplacement : du 12 au 19 août matin. Conditions : 650 euros nets/jour et 1 300 euros nets/24 heures. Logement, repas et frais de déplacement pris en charge par la structure. Pour postuler : Cabinet Prodie Santé. " L'annonce est classique : face aux problèmes de recrutement, et particulièrement l'été, les hôpitaux ont pris l'habitude de faire appel à des intérimaires. Certains disent " mercenaires ", parce qu'ils font monter les enchères.

Le sujet est tabou, les pratiques irrégulières, mais la boîte de Pandore pourrait s'ouvrir. Un groupe de travail parlementaire s'y attelle, lancé par le député (PS) de l'Isère Olivier Véran. Ses propositions sont attendues pour octobre. Dès qu'il a fait part de son initiative, en mai, le parlementaire a senti que les acteurs de terrain avaient beaucoup à dire, notamment les directeurs d'hôpitaux. " J'ai dû payer des intérims de pédiatrie à 3 000 euros les vingt-quatre heures ", a témoigné celui de l'hôpital de Vienne sur le blog du député.

En juillet, les auditions ont commencé avec les agences d'intérim et les syndicats de médecins hospitaliers, pour comprendre comment " ce marché complexe fonctionne ", et " combien ça coûte en plus aux hôpitaux ". " Passer par l'intérim, cela peut être un bon moyen pour remplacer un arrêt maladie. Mais, ce qui est inquiétant, c'est que des services ne tiennent que par ça, et que cela entraîne une concurrence entre hôpitaux pour attirer des médecins, estime M. Véran. On assiste à des démissions de praticiens, parce qu'en dix jours d'intérim, ils gagnent autant qu'en un mois dans leur hôpital. "

Selon la Fédération hospitalière de France, il en a coûté 67 millions d'euros aux hôpitaux en 2012 - un chiffre en hausse de 30 % sur trois ans -, soit l'équivalent de 350 équivalents temps plein. Il n'existe pas de chiffres sur le nombre de médecins concernés, pas de contrôle non plus, puisque le Centre national de gestion (CNG), rattaché au ministère de la santé, n'est chargé que des titulaires. " Mais tout se sait. Nous en discutons souvent avec les directeurs d'hôpitaux qui y ont recours ", reconnaît le directeur d'une agence régionale de santé.

Presque tous les établissements sont concernés. Davantage les petits, mais désormais aussi les centres hospitaliers universitaires. En 2012, 15 000 postes de titulaires étaient vacants en raison de la désaffection pour certaines régions ou certaines spécialités. Cela représente 23,7 % des postes chez les praticiens à temps plein, 41,1 % pour les temps partiels. Ces emplois sont occupés par des contractuels, souvent des étrangers en contrat précaire. Pour les périodes courtes, l'intérim permet de boucher les trous, surtout en anesthésie-réanimation et aux urgences.

" De 1 300 à 1 400 euros les vingt-quatre heures incluant la garde, cela fait un smic mensuel, c'est énorme ", s'offusque Didier Réa, anesthésiste-réanimateur à Orléans. Pour la journée, c'est en général 650 euros : " Cela fait 13 000 euros par mois, deux fois le salaire du dernier échelon, poursuit-il. On peut comprendre que certains regardent cela avec grand intérêt. "

Les médecins passent par des agences ou négocient directement avec les établissements. Ce sont des étrangers, des professionnels proches de la retraite qui veulent accroître leurs revenus ou en finir avec les lourdeurs de l'hôpital, ou de jeunes diplômés qu'un premier CDI à 3 000 euros par mois ne satisfait pas. Certains exercent ainsi à part entière, d'autres à mi-temps.

Tout le monde le sait, il y a aussi des titulaires qui font des " ménages " sur leur temps de repos, une pratique interdite pour des raisons de sécurité. Des signalements peuvent être faits au CNG. Mais, " compte tenu de la difficulté de se procurer des preuves, les engagements réels de procédures sont rares ", y explique-t-on.

Les petits arrangements proposés pour attirer les praticiens sont multiples : les contrats sont basés sur un nombre de gardes maximal, des heures fictives sont rémunérées, etc. Jusque-là, le silence régnait, parce que " c'est honteux pour un hôpital d'avouer qu'on a des postes vacants, et risqué de dire qu'on bricole avec la réglementation, juge Nicole Smolski, du syndicat SNPHAR-E (anesthésistes-réanimateurs). Il faut mener une réflexion nationale, et non laisser chaque hôpital se débrouiller. Or nous n'avons jamais eu de réponse des pouvoirs publics ".

" Les directeurs sont soumis à l'obligation de continuité des soins. Ils n'ont pas d'autre choix que de recourir à ces pratiques et le regrettent ", affirme de son côté Christophe Gautier, président du SMPS (directeurs d'hôpitaux). Certains petits hôpitaux redoutent d'être contraints de fermer un service s'ils ne font pas appel à ces intérimaires.

En 2003, déjà, le ministère avait commandé un rapport à l'Inspection générale des affaires sociales. Depuis, le recours à l'intérim s'est accru. Régulièrement, les rapports des chambres régionales des comptes consacrés à des hôpitaux dénoncent les coûts élevés et les irrégularités que cela entraîne.

Les choses changeront-elles ? Le secteur de l'intérim se montre ouvert à la réflexion. " Nous sommes favorables à la transparence ", explique Jerick Develle, directeur d'Adecco Medical. Les syndicats de médecins veulent aussi se faire entendre, agacés de voir débarquer des remplaçants mieux payés, mais à qui les titulaires laissent moins de responsabilités pour des raisons de sécurité. " A Orléans, nous avons fait une black-list avec ceux dont on ne veut plus ", raconte même M. Réa. Son syndicat, le SNPHAR-E, souhaite la création d'une communauté nationale de remplaçants, gérée par le CNG.

" Je ne peux qu'appeler à la régulation. Mais, si les conditions de recours à l'intérim sont limitées sans autre solution, cela créera encore plus de difficultés ", s'inquiète M. Gautier. Personne n'ose néanmoins évoquer des mesures contraignant les médecins à travailler là où les besoins sont les plus criants. Le ministère réfléchit à des incitations financières destinées aux jeunes. Déjà, des postes mieux payés ont été créés, comme ceux de cliniciens hospitaliers.

" Ouvrir vraiment le dossier impliquerait de mettre sur la table la question du statut des praticiens hospitaliers et de moduler la rémunération en fonction du manque d'attractivité et de la quantité de travail des postes à occuper ", lance, provocateur, Stanislas Johanet, un ancien du SNPHAR-E, en poste à l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé. Aucun ministre ne s'y est jamais risqué.

Laetitia Clavreul

    Les déserts médicaux, à l'hôpital aussi

    Emploi Au 1er janvier 2013, il y avait 42 267 praticiens hospitaliers occupant un poste de titulaire. Au total, 15 000 postes n'étaient pas pourvus, ce qui explique le recours massif aux contractuels et aux intérimaires. Un casse-tête pour les hôpitaux publics.

    Spécialités En 2012, en radiologie, 37,3 % des postes à temps plein n'étaient pas occupés par un praticien titulaire. En anesthésie-réanimation, c'était 26,6 %, en psychiatrie, 25,8 %, et en chirurgie, 24,2 %.

    Régions En Basse-Normandie, le taux de " vacance statutaire " s'élève à 34,7 %, proche de ceux enregistrés outre-mer (45,3 % en Guyane, 36,5 % en Guadeloupe et 33,2 % en Martinique). Autour de la barre des 30 %, on trouve la Picardie, l'Auvergne, le Centre ou encore le Limousin.

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Publié le 4 Décembre 2013

gaz de schisteC'est honteux ce qu'il se passe aux Etats-Unis, le pays le plus démocratique au monde, dit-on.

Là bas, on peut acheter le silence à coup de dollars, comme en Sicile, le pays de la Mafia.

C'est donc bien à un système mafieux auquel on a affaire : les victimes sont contraintes d'accepter la transaction financière pour fuir des terres empoisonnées. Avec la transaction financière, est liée une clause de silence.

Cette clause ne peut figurer dans un contrat, car elle est très clairement abusive. En droit, toute clause abusive est réputée non écrite. Si la Loi était bien faite, les victimes pourraient profiter de la manne offerte tout en gardant leur droit élémentaire lié à leur liberté d'expression.

Quand un pays baffoue la liberté d'expression, est-ce encore un pays démocratique ? En plus, on nage en pleine hypocrisie car c'est ce même pays, qui ne condamne pas le racisme sous le sacro-saint principe de la liberté d'expression !

Les Etats-Unis ont donc encore beaucoup de progrès à faire en matière de démocratie.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Août 2013

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Gaz de schiste américain : " Silence, on fore ! "

Condamnée au silence à vie sur le gaz de schiste, une famille de Pennsylvanie est sauvée d'affaire par le brouhaha médiatique. Seuls les époux Hallowich sont désormais visés par l'arrangement amiable qu'ils ont conclu avec une compagnie de forage en 2011 les contraignant au silence. Leurs enfants, âgés de 7 et 10 ans, n'auront pas à tenir leur langue, contrairement à ce que spécifiait le compte rendu d'audience à huis clos, jusque-là confidentiel, mais rendu public mercredi 31 juillet par la presse locale.

Le couple avait attaqué en justice quatre compagnies pétrolières (Range Resources, Williams Gas/Laurel Mountain Midstream et MarkWest Energy), dont les activités polluaient leur ferme de Mount Pleasant, située près du gisement de gaz de schiste Marcellus Shalle, l'un des plus importants des Etats-Unis.

Selon Chris et Stephanie Hallowich, les produits chimiques utilisés par ces entreprises de forage sont à l'origine des brûlures aux yeux, à la gorge et aux oreilles ainsi que des maux de tête dont ils ont été victimes.

L'accord amiable proposé par Range Resources, typique pour ce genre de litige, consiste en une indemnité de 750 000 dollars offerte aux plaignants en échange de leur silence. " Pour la sécurité et la santé de nos enfants, nous avions besoin - de cet argent - pour les retirer de cet endroit ", avait expliqué l'épouse.

L'industrie du gaz de schiste a trouvé la parade, souligne le site Alternet, fleuron du militantisme en ligne, qui résume ainsi le choix donné aux victimes : " Recevoir une compensation financière pour les dégâts causés à leur santé (...) ou dénoncer publiquement les abus qui ont causé ces dégâts. Mais comme personne ne peut se passer d'une compensation, personne ne parle. "

" Fiasco "

En acceptant cette somme, la famille Hallowich s'est donc engagée à ne jamais parler en public de fracturation hydraulique, cette technique controversée d'exploitation du gaz de schiste très polluante, selon les écologistes, et encore moins de la compagnie attaquée. Mais qui dit " famille ", dit parents " et " enfants. Motus et bouche cousue pour petits et grands.

En 2011, un avocat de Range Resources, James Swetz, avait martelé face au juge : " Notre position est que cela s'applique à toute la famille ", en référence au gag order ou " obligation de silence ". Une décision inédite, selon le défenseur des Hallowich, Peter Villari.

" Nous savons que nous avons signé pour nous taire pour toujours, mais pourquoi cela doit-il lier nos enfants qui sont encore mineurs et empiéter sur leurs droits ? ", avait réagi la mère des deux enfants lors de l'audience.

Devant le tollé provoqué par l'affaire, Range Resources a fini par se rétracter, mercredi 7 juillet, assurant que la décision n'avait jamais été censée s'appliquer aux enfants. Un rétropédalage un peu tardif qualifié de " fiasco " par les médias américains.

Alexandra Geneste (New York, Nations unies, correspondante)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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