Une entreprise ne doit jamais oublier qu'elle vit grâce à ses clients !

Publié le 24 Mai 2016

Une entreprise ne doit jamais oublier qu'elle vit grâce à ses clients !

Quand une entreprise a une situation de monopole, elle a une fâcheuse tendance à oublier qu'elle ne vit que grâce à ses clients !

Une entreprise sans client est une entreprise qui meurt : c'est une réalité et une réalité inaltérable du marché et du monde économique !

La première des choses, la base de l'entreprise, c'est la clientèle et quand on oublie qu'on a des clients, on meurt : c'est inéluctable !

La SNCM, tout enfermée qu'elle ait été dans un milieu monopolistique a oublié qu'elle devait choyer des clients. Aujourd'hui, la réalité économique, par le jeu de la concurrence vient lui rappeler de façon brutale ce principe.

Ce qui arrive aujourd'hui à la SNCM, viendra demain à la SNCF, c'est forcé et c'est inéluctable.

Pour le moment, à la SNCF, on raconte des conneries :
- La concurrence augmentera le coût des billets
- La concurrence signera la fin des subventions de la Région
- La concurrence signera la mort des trains
- La concurrence signera la perte de compétence des transporteurs

Tous ces principes sont faux, sont des mensonges éhontés. Mais c'est vrai que c'est tellement plus simple de crier et de huer que d'agir...

En attendant, les responsables et les salariés de tout niveau à la SNCF seraient bien avisés de regarder ce qu'il se passe à la SNCM car la situation va se reproduire à coups sûrs...

Je l'ai déjà dit, on m'a insulté...

Qui aura raison demain ? J'espère franchement que j'aurai tort car je n'ai pas envie que la SNCF devienne un deuxième France Télécom, avec tout son lot de morts à la clé...

Cependant, j'ai peu d'espoirs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 janvier 2016

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La nouvelle SNCM face à un concurrent inattendu
Des repreneurs éconduits ont décidé de lancer leur propre compagnie, provoquant l'ire des salariés
Rien ne s'est passé comme prévu. En Corse, la semaine devait être marquée par la renaissance de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) sous l'égide de Patrick Rocca, le repreneur choisi en novembre 2015 par le tribunal de commerce de Marseille. Le premier bateau devait appareiller jeudi 7 janvier, marquant un nouveau départ pour cette entreprise de transport maritime si chahutée au fil des ans.

Mais les navires de la compagnie créée par M. Rocca sur les décombres de la SNCM risquent de rester à quai. Les salariés ont déposé un préavis de grève, renouant ainsi avec la grande tradition de la société. Surtout, l'homme d'affaires corse s'est fait prendre de vitesse. Deux de ses anciens rivaux pour la reprise des actifs de la SNCM se sont en effet alliés afin de lancer une compagnie, Corsica Linea, à partir de rien et sans subvention. Elle a entamé dès lundi soir ses navettes avec le continent et risque de casser les prix sur un marché déjà difficile…

Pour M. Rocca, cette nouvelle concurrence met " en danger " les 895 emplois " chèrement sauvegardés " de l'ex-SNCM. Inquiet, il s'interroge, dans un courrier envoyé lundi 4 janvier aux syndicats, sur la " réelle motivation " de cette initiative. " En dehors de toute réalité économique ", elle pourrait viser, selon lui, à " satisfaire les intérêts hégémoniques de certains sur l'économie corse ". Le patron de la nouvelle SNCM, renommée MCM (Maritime Corse Méditerranée), envisage déjà de donner " des suites " judiciaires à l'affaire.

Dans sa ligne de mire : François Padrona, le patron du groupement d'entrepreneurs corses Corsica Maritima, et l'armateur franco-tunisien Daniel Berrebi. Pour le lancement de leur société Corsica Linea, ces deux candidats malheureux au rachat de la SNCM avaient organisé lundi midi à Bastia une fête inaugurale dans le Stena-Carrier, un cargo affrété auprès du groupe scandinave Stena. Une fois les coupes de champagne vidées, le navire a commencé à charger des marchandises. Une cinquantaine de remorques bourrées notamment de clémentines corses. Direction : Marseille. " Avec la grève à la SNCM, tous les transporteurs nous appellent, et on a rempli ce premier bateau bien mieux que prévu ", se réjouit M. Berrebi.

Concentré sur le fret
En novembre, les entrepreneurs de Corsica Maritima avaient annoncé leur intention, si leur offre n'était pas retenue par la justice, d'entrer malgré tout sur le marché du transport avec la Corse. Grands clients de la SNCM, ils se disaient prêts à exploiter deux navires, afin de ne plus dépendre de ce prestataire et éviter une flambée des tarifs. Leur modèle : Brittany Ferries, la compagnie fondée en 1972 pour permettre aux coopératives agricoles bretonnes d'exporter leurs productions dans de bonnes conditions.

M. Padrona et ses associés ont tenu parole. Mieux, ils ont rallié à leur cause leur ex-rival M. Berrebi. Celui-ci aura une part minoritaire de Corsica Linea. Il devrait en revanche tenir la barre de Maghreb Ferries, une seconde société que les partenaires comptent mettre en place en avril pour assurer la liaison entre la France et l'Afrique du Nord. " Au total, nous allons investir 30 millions d'euros en fonds propres, 15 millions chacun ", précise M. Berrebi.

Avec cet argent, Corsica Linea a déjà acheté un bateau d'occasion, L'Antarès, qui prendra la relève du Stena-Carrier à la mi-février. Une deuxième ligne Ajaccio-Marseille devrait ouvrir le 1er février, avec un navire affrété auprès d'un armateur allemand.

Les marins de l'ex-SNCM craignent plus que tout ce concurrent menaçant. C'est un " projet mortifère ", affirment les syndicats. A leurs yeux, de nombreux clients de la SNCM, notamment les hypermarchés, risquent de se tourner vers le nouveau venu. D'autant plus que celui-ci entend offrir des prix très compétitifs.

Alors que les trois acteurs actuels du marché – La Méridionale (groupe STEF), l'ex-SNCM et la compagnie franco-italo-suisse Corsica Ferries – transportent à la fois des passagers et des marchandises, Corsica Linea se concentre en effet sur le fret. Ce qui nécessite 30 % ou 40 % de marins en moins, et réduit d'autant les frais. " A la louche, un navire de marchandises coûte moitié moins cher à exploiter qu'un bateau de passagers ", confirme M. Berrebi. En outre, le cargo actuel de la nouvelle compagnie bat pavillon danois, ce qui revient là aussi moins cher que le pavillon français de l'ex-SNCM.

Les dirigeants de Corsica Linea promettent néanmoins un équipage " 100 % corse " dès le printemps, et prévoient d'entamer des traversées avec des passagers en juin, pour la saison touristique. Cela devrait rééquilibrer le jeu. Mais d'ici là, " l'arrivée d'un opérateur de pur fret pourrait en quelques semaines déséquilibrer totalement la desserte de l'île ", redoute Pierre Maupoint de Vandeul, délégué CFE-CGC de la SNCM. La nouvelle bataille navale corse est lancée.

Denis Cosnard

Les dates
1969

Création de la Compagnie générale transméditerranéenne.

1976

La compagnie maritime devient la Société nationale Corse Méditerranée.

2006

Privatisation de la SNCM par le gouvernement Villepin.

2014

4 novembre

Dépôt de bilan.

2015

20 novembre

Reprise par Patrick Rocca à la barre du tribunal de commerce.

2016

5 janvier

Renaissance, sous une nouvelle forme, de la compagnie maritime.

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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