Quand la pourriture s'est installée à la tête de l'état (1/4)

Publié le 10 Septembre 2013

tapieOn remarque aujourd'hui que la pourriture s'est installée à la tête de l'Etat dans l'affaire Tapie. Entre M. Sarkozy, Mme Lagarde, M. Richard et tous les autres, on se rend compte que le citoyen a payé plus de 400 Millions dont 45 Millions pour préjudice moral, à la première pourriture qui soit : M. Tapie lui même.

La justice a été trop longue pour mettre ces faits au grand jour. J'ai remarqué dès 2008 que l'Etat était impliqué dans cette affaire ! L'Etat venait de perdre d'un coup d'un seul des millions, les juristes mettaient en cause l'arbitrage mais, pas à seul instant, il n'a fait appel ! C'était plus que douteux et l'on remarque aujourd'hui que le doute était permis.

Il était temps !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juin 2013

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M. Richard, le PDG d'Orange, est placé en garde à vue dans l'affaire Tapie-Lagarde
Jean-François Rocchi, l'ex-patron du CDR, était également interrogé par la police lundi 10 juin

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a été placé en garde à vue, lundi 10 juin au matin, par les policiers de la brigade financière chargés d'enquêter sur l'arbitrage litigieux qui, le 7 juillet 2008, avait permis d'accorder 403 millions d'euros à Bernard Tapie - dont 45 millions d'euros au titre du préjudice moral -, dans le cadre de son conflit avec le Crédit lyonnais. M. Richard était alors le directeur du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'économie et des finances. Celle-ci a été placée le 24 mai par la Cour de justice de la République sous le statut de témoin assisté. Jean-François Rocchi, l'ex-patron du Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé de gérer les passifs de la banque, a également été placé en garde à vue lundi.

Les policiers agissent sur ordre des juges d'instruction parisiens Serge Tournaire, Claire Thépaut et Guillaume Daïeff, qui tentent de déterminer dans quelles conditions l'arbitrage a pu être biaisé. Ils suspectent notamment l'un des trois arbitres, l'ancien magistrat Pierre Estoup, d'avoir eu partie liée avec le camp Tapie. De fait, selon des sources concordantes, il avait été désigné par l'avocat de M. Tapie, Me Maurice Lantourne, et avait entretenu des relations commerciales avec ce dernier, en ayant omis de les déclarer, alors que le compromis l'y contraignait. M. Estoup a été mis en examen le 29 mai pour " escroquerie en bande organisée ".

Interrogé par Le Monde avant son audition, M. Richard s'indignait à l'idée que l'on puisse lui " accrocher une qualification pénale ". " Je n'ai jamais eu aucun lien financier avec les acteurs du dossier, indiquait-il. A aucun moment je n'ai eu l'impression de forcer les choses. " Il devait être questionné sur ses relations avec Nicolas Sarkozy, lui-même enclin à une médiation avec M. Tapie depuis 2004, et son secrétaire général Claude Guéant. M. Richard a confirmé avoir notamment rencontré ce dernier en 2007 dans son bureau, à l'Elysée. M. Guéant lui aurait indiqué que l'arbitrage devait se faire, alors que plusieurs directions de Bercy contestaient le bien fondé de cette procédure (Le Monde du 23 mai).

M. Richard pointe le rôle joué par M. Rocchi, très actif dans le dossier. Trop ? De fait, la Cour de discipline budgétaire et financière, dans un réquisitoire daté de 2011, a considéré que les " omissions répétées commises par M. Rocchi, de par leur nombre et l'importance des informations retenues, ne peuvent qu'être le résultat d'un choix délibéré de gestion personnelle de ces contentieux ".

Outre la mise en oeuvre du processus, les policiers comptent aussi demander à M. Richard pourquoi il n'a pas engagé de recours contre la sentence arbitrale, sachant que l'un des arbitres aurait pu être récusé. De fait, le conseil d'administration du CDR, réuni le 28 juillet 2008, trois semaines après la décision défavorable à l'Etat, s'est prononcé contre l'introduction d'un recours. Bernard Scemama, qui pourrait lui aussi être entendu par les enquêteurs, était alors président de l'EPFR, l'organisme chapeautant le CDR. Il participait donc à ce titre à cette séance, et avait initialement indiqué qu'il s'abstiendrait de voter, avant de se raviser, se prononçant contre le recours. Entendu par la Cour des comptes, il a assuré avoir reçu ce 28 juillet 2008 des instructions orales du cabinet de Mme Lagarde.

Interrogé sur cet épisode par Le Monde, M. Richard s'est montré interloqué : " Je n'en ai aucun souvenir ! Cela me paraît peu probable et de toute façon, Mme Lagarde, sur la base de plusieurs expertises juridiques, avait donné des instructions écrites pour s'opposer au recours... "

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Rédigé par Philippe NOVIANT

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